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Critique de GuyMontag


GuyMontag
  18 novembre 2019
Dans son livre, Edward Snowden nous détaille son cheminement, de l'employé qui obéit aux ordres sans se poser de questions jusqu'à la rupture, à la dénonciation du monstrueux dispositif de surveillance globale de la NSA. Je ne peux m'empêcher de rapprocher Edward Snowden et Guy Montag, héros du roman « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury. Leur cheminement est identique. La prise de conscience progressive, la crainte de se voir repérer (Guy Montag a peur du chien robot renifleur à l'entrée de la caserne des pompiers, tout comme Edward Snowden craint que des logiciels, eux aussi « renifleurs », ne le repèrent en train de consulter des documents auxquels il ne devrait pas accéder) puis l'action, en sachant pertinemment les risques encourus, que tout retour en arrière sera impossible, qu'il faudra abandonner une vie matérielle des plus confortables pour une errance plus ou moins misérable, voire la prison. Oui ! pour moi Edward Snowden est un héro de la trempe d'un « Guy Montag ».
Une question brûlante est posée par ce livre : pourquoi, parmi les dizaines de milliers d'employés de la NSA, de sous-traitants, de contractuels, n'y-a-t-il eu qu'un seul Edward Snowden ? Certes, tous ne sont pas « administrateurs système » et donc en capacité de rassembler les morceaux du puzzle pour comprendre l'effroyable vérité, mais tout de même. Et depuis la divulgation par Snowden en 2013, je n'ai pas entendu parler de vagues de démissions massives… Pourquoi personne n'a fait comme Patrick McGoohan dans le générique de la cultissime série « le prisonnier » où on le voit démissionner avec fracas du service de renseignement où il travaillait (série précédente : « Destination danger ») ? Edward Snowden donne un élément de réponse : « Il est toujours dangereux de laisser un individu, quel que soit son niveau de qualification, gravir les échelons trop vite, avant qu'il ait eu assez de temps pour devenir cynique et abandonner tout idéal.» Ce qui serait son cas. Il n'aurait donc pas eu le temps de devenir cynique ? Je suis convaincu qu'il aurait tout balancé, même si n'avait pas gravi les échelons aussi vite.
La question précédente en entraîne une autre, peut-être encore plus dérangeante, : qu'aurais-je fait, moi, si j'avais été à sa place, ou si j'étais actuellement employé par la CIA ou la NSA ? Mais beaucoup de lectures nous font nous poser cette lancinante question : qu'aurais-je fait, que ferais-je ?…
En 2013, je n'ai pas vraiment fait attention aux reportages des journalistes concernant la surveillance dont nous sommes l'objet. Il a fallu la lecture de ce livre pour que je prenne la mesure de la globalité et de la surveillance de tous les instants dont nous sommes l'objet, de l'énormité de la chose. Je n'avais pas réalisé l'importance des métadonnées. J'ai discuté de ce livre avec des proches qui sont convaincus que puisqu'ils n'ont rien à se reprocher, il ne peut rien leur arriver ; peu importe la surveillance dont ils sont l'objet, du moment que cela peut permettre d'arrêter des terroristes… Inquiétante réaction !
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