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EAN : 9782072765575
848 pages
Gallimard (03/01/2019)
4.39/5   45 notes
Résumé :
"Voici l'histoire d'un meurtre politique de masse." C'est par
ces mots que Timothy Snyder entame le récit de la catastrophe au cours de laquelle, entre 1933 et 1945, 14 millions de civils, principalement des femmes, des enfants et des vieillards, ont été tués par l'Allemagne nazie et l'Union soviétique stalinienne. Tous l'ont été dans un même territoire, que l'auteur appelle les "terres de sang" et qui s'étend de la Pologne centrale à la Russie occidentale e... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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C'est un ouvrage à lire absolument.

Auschwitz représente dans notre inconscient collectif l'horreur absolue, le mal du XXième siècle. Or, il n'est que la partie émergée d'un iceberg d'horreur au coeur de l'Europe où, entre 1933 et 1945, les régimes nazis et soviétiques massacrèrent quelques 14 millions de personnes, non pas 14 millions de soldats morts du fait des combats, mais bien 14 millions de civils, sans distinction de sexe ou d'âge, des familles entières décimées délibérément. Les images bien connues de ce haut lieu de l'horreur, juxtaposant camp de concentration et camp d'extermination, ne sont donc malheureusement pas toute l'histoire, elles n'en sont même pas l'introduction, selon les propres mots de l'auteur.

L'écrasante majorité de ces 14 millions de victimes ne virent d'ailleurs jamais un camp de concentration. Elle subirent une violence de masse jamais connue dans l'histoire de l'humanité. Elles périrent victimes de méthodes passablement primitives, délibérément affamées pour plus de la moitié d'entre elles, au bord de fosses une balle dans la nuque (Katyn, Babi Yar, Minsk, Varsovie...), abattues à la mitrailleuse, brulées vives dans des bâtiments où elles furent parquées ou encore gazées dans des usines de mort telles que Tréblinka, Sobibor, Belzec, Chelmno et Majdanek.

Une violence extrême, indicible dont l'étendue nous était encore trop peu révélée et qui frappa la Pologne, les Etats Baltes, l'Ukraine, la Biélorussie, et la frange occidentale de la Russie soviétique. Une région où les plans impériaux de Hitler et de Staline se chevauchèrent, se nourrirent mutuellement dans une forme de complicité belligérante. Cette zone que Timothy Snyder baptise les "Terres de sang" est celle où la plupart des sites de tueries se situent, là où se concentraient aussi la plus grande partie des Juifs européens, que les nazis avaient décidé d'éradiquer. Une zone à laquelle les occidentaux n'eurent pas accès au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Il aura fallu attendre la fin de la guerre froide pour que les archives soient enfin accessibles et que les historiens puissent entreprendre ce travail sans lequel notre perception occidentale de ce que fut cette période effroyable serait restée trop parcellaire.

L'étude de Timothy Snyder réunit ainsi l'histoire criminelle des régimes nazis et soviétiques, l'histoire juive et l'histoire européenne ainsi que les histoires nationales.

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Depuis toujours l'histoire me passionne et j'ai beaucoup lu en particulier sur la 2ème Guerre mondiale, le régime stalinien ou le nazisme.

Au fil des lectures on enrichit ses connaissances mais il est rare qu'un livre soit un tel choc. Il se classe pour moi à coté de l' Archipel du Goulag. ou des grands témoignages comme ceux de Primo Levi ou Jorge Semprun

J'ai lu ce livre trois fois depuis sa parution, une fois très vite après son achat et j'ai été sonné et je l'ai immédiatement relu. Je viens de le relire et je peux vous assurer que le temps n'a en rien diminué mon impression de départ, bien au contraire. Les évènements récents en Ukraine prouvent s'il en était besoin que l'Histoire est une des clés de compréhension des problèmes actuels dans bien des points de l'Europe.

Tout semble avoir été dit sur la Seconde guerre mondiale, les prémices, la montée du nazisme, la Shoah, le rideau de fer et le bloc de l'Est....

Thimoty Snyder apporte pourtant un changement de perspective, une lumière neuve sur cette période de notre histoire.

Pour cela il nous invite à nous détacher des particularismes régionaux ou nationaux et à considérer à la fois une période, qu'il fixe de 1933 à 1945, et un espace géographique. Il ne s'agit plus d'une nation ou d'une catégorie de population mais d'un espace beaucoup plus large qu'il a dénommé Terres de sang où se déroulèrent la plupart des tueries, des massacres, des meurtres de masse de la Seconde Guerre.

Entre 1933 et 1945, 14 millions de personnes perdirent la vie sur ces territoires !

Le livre est aussi une comparaison de deux systèmes, de deux pouvoirs, de deux chefs d'état qui furent à l'origine des tueries, massacres et meurtres de masse.

Ce que Timothy Snyder présente l'a déjà été mais toujours avec un parti pris national ou identitaire. Jamais les liens entre les deux régimes et les répercussions sur les populations de ces Terres de sang n'avaient été aussi clairement définis que dans ce livre.

L'histoire de ces territoires est effrayante, ils ont subi non pas une, ni même deux, mais souvent trois occupations successives chacune apportant violence, souffrance, massacres, délations, exécutions et résistance.

Les deux régimes voulant conquérir ces territoires, les soviétiques pour renforcer leur régime, les nazis en quête d'espace vital pour la future race des seigneurs.

L'Ukraine, la Bielorussie, la Pologne et les Etats Baltes furent les grandes victimes des deux régimes. 97% des victimes juives ne parlaient pas l'allemand et étaient issues de ces territoires.

Pas question pour moi de vous faire un résumé exhaustif de ce livre mais plutôt de vous dire en quoi il fut un choc de lecture. C'est la similitude de comportement des deux régimes et des deux chefs qui m'impressionne le plus.

Quelques exemples :

La famine qui fut l'arme de Staline pour faire plier les paysans, les Ukrainiens, les Bielorusses et autres peuples non russes de l'Union Soviétique fit sans doute plus de 3 millions de mort, la famine fut également utilisée par Hitler qui espérait détruire par la faim l'URSS. 3 millions de prisonniers russes en firent les frais sans compter le million de morts de Léningrad.

Les deux régimes éliminèrent sans pitié les hommes ou groupes qui entravaient leurs objectifs, la Grande Terreur coûta la vie à au moins 700 000 personnes en URSS, Hitler et Staline ont tenté par tous les moyens de détruire le peuple polonais en signant un pacte que bien des communistes français applaudirent, en se partageant le pays, en tuant les élites (21 892 officiers polonais tués à Katyn) en déportant au Goulag la population, en livrant les opposants à la nation d'en face.

Staline et Hitler ont également partagé une haine pour les Juifs qui étaient très nombreux sur ces territoires, beaucoup plus qu'en Allemagne par exemple. Les juifs massacrés dans les terres de sang ont creusé des fosses dans lesquelles ils ont été abattus, c'est la Shoah par balles, ou gazés comme à Treblinka, Chelmno, Belzek ou Sobibor.

Si ces usines de mort sont moins connues que les camps comme Bergen Belsen ou Buchenwald c'est que le rideau de fer est retombé sur ces noms grâce à Staline qui ne souhaitait pas que la Shoah vienne masquer les efforts de guerre soviétiques.

Dans les Terres de sang les victimes instrumentalisées par les nazis participèrent aussi aux massacres, ces peuples étaient enclins à l'antisémitisme et pressés de faire payer les terribles exactions des soviétiques et de son NKVD dont étaient membres à l'époque de nombreux juifs.

Sur les 6 millions de juifs victimes de la Shoah, 4 millions étaient issus des Terres de sang.

J'ai été surprise aussi par les mouvements de population en Pologne à la fin de la guerre dont je n'avais jamais réalisé l'ampleur : déplacements de population que l'on peut assimiler à un nettoyage ethnique concernèrent plusieurs millions de personnes et cela à la demande de Staline et avec, hélas, la complicité bienveillante des alliés.

Tout au long du livre T Snyder s'attache à personnaliser ces victimes, à transformer les chiffres en personnes. Il raconte grâce à de multiples documents les vies brisées et l'on entend la voix des victimes de façon poignante.

Les tentatives des Ukrainiens pour faire reconnaitre le génocide perpétré par Staline furent bien vite stoppées sous la pression des gouvernements en place.

Un livre tout à fait indispensable pour comprendre non seulement ce qui s'est passé mais les retombées qui agitent encore aujourd'hui ces territoires.


Lien : http://asautsetagambades.hau..
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L'auteur choisit de partir de le fin de la première guerre mondiale pour scruter comment le régime soviétique avec Staline et le nazisme avec Hitler se sont mis en place chacun de leur côté, sur quelles valeurs et quelles expériences.

Il passe ensuite à la seconde guerre mondiale à proprement parler en se limitant "aux terres de sang" à savoir, pour tout ou partie de leur territoire, l'Ukraine, la Pologne, les pays Baltes et la Biélorussie.

Les habitants ont pu passer de domination soviétique à domination allemande pour repasser pour certains sous domination soviétique, autant dire une situation catastrophique. Toujours traites à l'un ou l'autre et souvent aux deux, la population a payé très cher cette situation impossible à tenir, expérimentant à hautes doses les tortures, massacres et autres monstruosités des deux envahisseurs.

Les chiffres donnés donnent le tournis, on se demande comment il peut encore exister des Polonais par exemple, d'ailleurs on se le demande encore plus quand après guerre les populations sont expédiées ici ou ailleurs niant culture et appartenance .

Commencé en "fanfare ", si j'ose dire, par le régime soviétique, famine organisée, grande terreur, déportation de population vers les camps du Goulag, condamnations à la peine de mort et autres, le massacre des populations a continué avec les Allemands qui ont joué la famine eux aussi, les tueries à grande échelle, le nettoyage par le feu etc...

Au milieu de cette horreur, certains ont payé plus que d'autres, les Polonais par exemple et bien sûr, les Juifs ! Ni sous le régime soviétique ni sous le nazisme ,pas plus que par une bonne partie des populations, ils n'étaient bien vu et leur disparition n'était pas vraiment un problème, d'autant plus qu'une bonne propagande de chaque côté les rendait responsables de tous les maux.

Que dire de plus, si ce n'est que l'on découvre ce qui s'est passé à l'Est et que c'est une abomination qui s'avère encore plus meurtrière que ce qu'il y a eu à l'Ouest.

Tout au long de ce pavé, l'auteur nous amène à voir comment ont évolué les politiques et les théories sous-jacentes en fonction de ce qui se passait sur le terrain, des victoires et défaites .

Deuxième livre sur le sujet que je lis et je reste sidérée par la violence, le sadisme, les manipulations qui ont été mis en oeuvre avec constance tout au long de cette période. Il m'est difficile d'imaginer la situation de ces personnes qui ne pouvaient que subir, l'un , l'autre, de toute façon ils étaient toujours du mauvais côté. Quand le cannibalisme devient ordinaire, quand Oradour est multiplié par cent ,par mille, quand on détruit une ville,Varsovie, méthodiquement, je me questionne sur les survivants et la force de vie qu'il leur a fallu pour continuer.

D'autres questions, sont là, auxquelles je n'ai pas de réponses mais j'apprécie encore plus la saveur de la paix dans laquelle j'ai la chance de vivre.


Lien : http://theetlivres.eklablog...
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Terres de sang retrace l'histoire de la Pologne, de l'Ukraine et de la Biélorussie (principalement), entre 1919 et 1953.

Ces terres qui ont été à tous de rôle soviétique, allemande puis encore soviétique. Qui ont connu l'Holodomore (la famine), ma Grande Terreur et l'Holocauste.

C'est un travail essentiel qu'a fait Snyder, mais ce n'est pas une lecture facile. (C'est un livre académique, et les atrocités s'enchaînent à toute vitesse.) J'y ai appris beaucoup sur mes origines polonaises.

C'est aussi un livre fascinant à lire alors que la présente guerre en Ukraine a lieu. L'élimination d'une part importante de la population ukrainienne semble quasiment une tradition russe. Et la solidarité entre la Pologne et l'Ukraine ne date pas d'aujourd'hui.

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Terres de sang

Grâce à masse critique et à Babelio, j'ai eu une chance inouïe : lire ce livre. Depuis plus d'un an, je me passionne pour l'histoire de ces peuples russes, baltes…C'est un livre d'histoires que j'ai reçu…Ces Terres de Sang. Au coeur de l'Europe, au milieu du XXème siècle, les régimes nazi et soviétique assassinèrent quelque 14 millions d'hommes. C'est l'histoire d'un meurtre politique de masse. Les Terres de sang n'étaient pas un territoire politique, réel ou imaginaire ; c'est simplement là que les régimes européens les plus meurtriers accomplirent leur oeuvre meurtrière. C'st une histoire de gens tués par les politiques de dirigeants lointains. Les patries des victimes se situent entre Berlin et Moscou ; elles devinrent les terres de sang après l'essor de Hitler et de Staline. Ces Terres sont Polonaises, Ukrainiennes, Baltes, Lituaniennes, Biélorusses. de 1919 à 1950, ces peuples vécurent dans la terreur, eurent des choix à faire, parfois malheureux espérant simplement sauvés leur vie et les leurs. D'abord, les Russes avec la collectivisation, les réquisitions amenant à la famine et aux déportations, puis les Allemands avec l'occupation polonaise, le massacre des populations, des juifs, puis la guerre entre Allemands et Russes, le massacre encore des populations, des Juifs, puis la libération. Mais les victimes ont continué d'être persécutés car inquiétés pour espionnage. Bref, une génération d'hommes suspectée.

Ce livre explique les raisons de ces massacres de masse, compare les deux régimes.

De nombreux chapitres. Bien ordonnés. Bien construits. Par ordre chronologique. Expliquant les deux aspects de ces massacres dans ces régions occupées tantôt par les Russes tantôt par les Allemands. le déroulement des faits est bien expliqué. L'auteur ne prend pas parti. Il explique juste des faits.

Mais si ce livre est un livre d'histoires, c'est aussi un livre qui rend hommage et justice à tous ceux qui sont décédés pour des raisons sombres. Car derrière ces chiffres de 14 millions d'individus tués il y a aussi tant d'individus, tant de petites histoires, tant de vies racontées. L'auteur rend hommage à tous ces gens en racontant leurs vies, leurs dernières heures.

Enorme documentation. Très bien construit.

Ce livre a été pour moi très accessible à la lecture. Je sais que je m'intéresse à l'histoire mais cette histoire mérite d'être connue. Je garde cet ouvrage. Je le relirais.

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critiques presse (8)
LesEchos
24 août 2022
Autant le dire tout de suite, on ne sort pas indemne de cette histoire de tueries de masse, parue initialement en 2012 et rééditée ces jours-ci avec une nouvelle postface.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique
07 juin 2022
Timothy Snyder situe en Europe de l'Est des violences de masse jamais vues dans l'Histoire.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaViedesIdees
18 février 2013
Il y a des livres qui changent notre regard sur une période historique : Terres de sang est de ceux-là. Quelques vingt années après la chute du mur de Berlin, l’ouvrage de Timothy Snyder contribue à transformer nos représentations du proche passé de l’Europe.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
NonFiction
20 novembre 2012
Ce livre jette un éclairage nouveau sur la Shoah et les grands massacres de civils perpétrés par l’URSS stalinienne et l’Allemagne nazie entre 1930 et 1945 et en tire une vision originale de la Seconde Guerre Mondiale et de l’ère des totalitarismes en Europe.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Lexpress
04 mai 2012
D'une anecdote, d'un graffiti oublié sur le mur d'une prison ou de quelques lignes d'un journal intime, l'auteur parvient à donner chair à quelques-uns de ces 14 millions d'inconnus qui, à défaut de pierre tombale, ont désormais une histoire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde
02 mai 2012
Vaste fresque savante, Terres de sang possède un contenu aussi grandiose et terrifiant que son titre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation
23 avril 2012
Timothy Snyder offre une synthèse remarquable de ces terres soumises, des décennies durant, au double joug du nazisme et du soviétisme. Bien informé, le récit, souvent poignant, apportera beaucoup aux lecteurs peu familiers des drames qui se jouèrent à l’Est.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro
20 avril 2012
[Un] désir chez Snyder de raconter, derrière les données chiffrées, les vies brisées. «Si nous ne le faisons pas, Hitler et Staline auront façonné non seulement notre monde, mais aussi notre humanité.» Ne serait-ce que pour cette raison, ce livre mérite un grand intérêt.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation

« A partir de 2013, les dirigeants et propagandistes Russes, tenant d’un nouveau colonialisme, ont imaginé d’anéantir les Ukrainiens voisins, ou les ont présentés comme des »sous-Russes« . Dans des tableaux qui rappellent ce que Hitler disait des mêmes Ukrainiens (et Russes), les dirigeants Russes ont décrit l’Ukraine comme une entité artificielle, sans histoire, sans culture ni langue, soutenue par un conglémérat de Juifs, de gays, d’Européens et d’Américains.

Dans la guerre contre l’Ukraine que cette rhétorique était sensée justifier, les premiers gains furent les gisements de gaz de la mer Noire, près de la péninsule de Crimée, que la Russie envahit et anexa, en 2014. Les terres fertiles d’Ukraine continentale, sa terre noire, en font un pays exportateur de nourriture très important, ce que n’est pas la Russie. En matière de politque étrangère, le président Poutine a élaboré une doctrine de guerre ethnique.

Ce raisonnement, qui mène du language à l’invasion, celle de la Tchéchoslovaquie par Hitler, ou de l’Ukraine par Poutine, réduit à néant la logique de souveraineté des états, et prépare le terrain à leur destruction. Il transforme des régimes politques reconnus en cibles d’agression délibérées, et les individus en objets ethniques dont les intérets présumés sont déterminés de l’étranger. Poutine s’est placé aussi en tête des forces populistes, fachistes et neo nazis en europe.

Tandis que les migrants du sud continuent d’arriver sur le continent européen, poussés par le changement climatique et l’effondrement des états qui va de pair, l’extrème droite européenne gagne en popularité et en voix. .... Tout en soutenant des politiciens qui imputent à la communauté juive mondiale les problèmes planétaires et en appliquant des techniques de destruction des états,Moscou a engendré un nouveau bouc émissaire : Les homosexuels. La nouvelle idée Russe d’un »lobby gay« responsable de la décadence du monde n’a pas plus de sens que la vieille idée nazies d’un »lobby juif« responsable de la même chose, mais cette idéologie se répand largement aujourdh’ui dans le monde ». « Terre noire » ( la terre d’ukraine) reprend la génèse de l’extermination des juifs, avec pour fond d’écran le « lebensraum », cet espace vital à conquérir, en particulier sur les terres très riches d’Ukraine, qu’Hitler jugeait indispensable au développement de « la race Allemande »

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Les utopies d’Hitler s’écroulèrent au contact de l’Union soviétique, mais plutôt que de les rejeter, il les remodela. […] Six mois après le lancement de l’opération Barbarossa, Hitler avait reformulé ses buts de guerre pour donner la priorité à l’extermination physique des Juifs.

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Aux premières étapes de l'opération polonaise, de nombreuses arrestations eurent lieu à Leningrad, où le NKVD disposait de larges effectifs et où des milliers de Polonais étaient à portée de main. La ville était un lieu d'implantation traditionnelle des Polonais depuis l'époque de l'Empire russe.

Ces premières arrestations devaient changer le cours de la vie d'une jeune Polonaise de Leningrad, Janina Juriewicz. Benjamine de trois sœurs, elle était très attachée à Maria, l'aînée. Celle-ci s'éprit d'un jeune homme, Stanilaw Wyganowski : tous les trois allaient se promener ensemble, la petite Janina faisant office de chaperon. Maria et Stanislaw se marièrent en 1936 et formèrent un couple heureux. Quand Maria fut arrêtée en août 1937, son mari savait apparemment ce que cela signifiait : « Je la retrouverai sous la terre », dit-il. Il alla aux nouvelles auprès des autorités et fut à son tour arrêté. En septembre, le NKVD perquisitionna le domicile de la famille Juriewicz, confisqua tous les livres polonais et arrêta l'autre sœur de Janina, Elzbieta. Maria, Stanislaw et elle furent tous trois exécuté d'une balle dans la nuque, et ensevelis anonymement dans les fosses communes. Quand la mère de Janina interrogea la police à leur sujet, elle eut droit au mensonge classique : ses filles et son gendre avaient été condamnés à « dix ans sans droit de correspondre ». Comme c'étaient une des condamnations possibles, les gens y croyaient et espéraient. Beaucoup continuèrent d'espérer des décennies durant.

Les Juriewicz et leurs pareils, qui n'avaient pas le moindre rapport avec aucune espèce d'espionnage, étaient « l'ordure » à laquelle Staline faisait allusion. La famille d'un jeune étudiant léningradois, Jerzy Makowski, connut un sort analogue. Ses frères et lui étaient ambitieux, aspirant à faire carrière en Union soviétique et, suivant le vœu de leur défunt père, apprendre un métier. Jerzy, le plus jeune, voulait devenir constructeur naval. Il étudiait chaque jour auprès de son aîné, Stanislaw. Un matin, trois agents du NKVD venus arrêter Stanislaw les tirèrent tous deux du lit. Tout en essayant de rassurer son petit frère, l'aîné était si tendu qu'il n'arrivait pas à nouer ses lacets. Jerzy ne devait plus le revoir. Deux jours plus tard, ce fut au tour du cadet, Wladyslaw, d'être arrêté. Stanislaw et Wladidlaw Makowski furent tous deux exécutés : deux des 6 597 citoyens soviétiques abattus dans la région de Leningrad dans le cadre de l'opération polonaise. Leur mère eut droit au mensonge habituel : ses fils avaient été expédiés au Goulag et privés du droit de correspondre. Le troisième frère, Eugeniusz, qui voulait être chanteur, dut trouver une place en usine pour entretenir la famille. Il contracta la tuberculose et mourut.

La poétesse russe Anna Akhmatova qui vivait alors à Leningrad, perdit son fils, avalé par le Goulag sous la Terreur. Elle évoqua le souvenir d'une Russie qui « se tordait, innocente, / sous des bottes ensanglantées, / et sous les pneus des fourgons noirs ».

La Russie innocente était un pays multinational. Leningrad était une ville cosmopolite, et les minorités nationales étaient les populations les plus exposées. En 1937-1938, à Leningrad, le risque pour les Polonais d'être arrêtés était 34 fois plus élevé que pour leurs concitoyens soviétiques. Une fois arrêté, un Polonais léningradois risquait fort d'être abattu : 89 % des personnes condamnées dans le cadre de l'opération polonaise furent exécutées, habituellement dans les dix jours. Ailleurs, la situation des Polonais était juste un peu moins pire : en moyenne, dans l'ensemble de l'Union soviétique, 78 % des personnes arrêtées lors de l'opération polonaise devaient être exécutés. Les autres, bien entendu, n'étaient pas relâchées : la plupart devaient purger des peines de huit à dix ans de Goulag.

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Dans les régions à majorité ukrainienne, les Allemands en appelèrent au nationalisme ukrainien en rendant les Juifs responsables de l'oppression des Ukrainiens par les Soviétiques. (...)

La violence contre les Juifs eut pour effet de rapprocher les Allemands et la population locale non juive. Conformément aux souhaits des Allemands, la colère visait les Juifs, plutôt que les collaborateurs avec le régime soviétique en tant que tels. Ceux qui répondirent aux appels pressants des Allemands savaient qu'ils donnaient satisfaction à leurs nouveaux maîtres, qu'ils aient cru ou non que les Juifs soient responsables de leurs malheurs. Par leurs actes, ils confirmaient la vision nazie du monde. Tuer les Juifs pour se venger des exécutions du NKVD confirmaient la vision nazie de l'Union soviétique comme Etat juif. La violence contre les Juifs permit aux Estoniens, Liuaniens, Ukrainiens, Biélorusses et Polonais qui avaient eux-mêmes coopéré avec le régime soviétique de se soustraire à cette flétrissure. L'idée que seuls les Juifs aient servi les communistes arrangeaient les occupants, mais aussi une partie des occupés.

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L’Union soviétique triompha de l’Allemagne nazie sur le front de l’Est au cours de la Seconde guerre mondiale, ce qui valut à Staline la reconnaissance de millions de gens, mais aussi de jouer un rôle crucial dans l’instauration de l’ordre européen après la guerre. Or, le bilan des massacres de Staline était presque aussi imposant que celui de Hitler.

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