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Critique de BazaR


BazaR
  21 février 2016
J'ai acheté ce livre pour plusieurs raisons : pour la superbe couverture de Dogan Oztel, pour l'annonce d'un univers mélangeant fantasy classique et steampunk, et suite à la lecture des critiques de certains Babéliotes (Igguk et BlackWolf, si vous m'entendez, gimme five men !).
J'y ai trouvé du plaisir et de la frustration.

Le thème principal est le vol d'un objet précieux voire magique, commandé par deux énergumènes mystérieux et réalisés par une petite équipe constituée d'un elfe, d'un troll, d'une mi-elfe/mi-humaine et d'une humaine pur jus, tous arnaqueurs diplômés. L'histoire, assez courte, est racontée à la première personne par James l'elfe qui nous offre un récit vivant, prenant et (presque) sans temps mort, focalisé sur l'action et sur les circonvolutions de la pensée du narrateur. On atteint une assez profonde connaissance de James pour qui on éprouve rapidement de la sympathie, et une moins profonde connaissance de ses alliés qui se révèlent aussi attachants mais que j'aurais aimés connaître mieux, en particulier Jorg le troll. Seule Mila l'humaine a droit à une nouvelle complémentaire et bienvenue.
Certains rapprochements ont été fait avec les héros du film Ocean's Eleven. C'est assez vrai hormis que le film nous présente, sous des dehors désinvoltes voire triviaux, de fins planificateurs à qui rien n'échappe. L'équipe de James compte aussi largement sur ses capacités d'improvisation, et bien leur en prendra.

Le rapprochement avec le film se fait d'autant mieux que je suis persuadé que cette histoire aurait très bien pu se situer dans un univers de littérature blanche moyennant quelques accommodations ; et c'est là que réside ma frustration. le décor est effectivement steampunk (éclairage aux becs de gaz, calèches automatiques, pas de téléphone) mais il est à peine suggéré. Il est extrêmement discret et j'ai passé mon temps à me poser des questions sur son histoire et sa nature. Qu'est-ce qui a mené à la création de Nowy Krakow (Nouvelle Cracovie), la ville où se déroule l'action ? Pourquoi l'Afrique est-il le continent dominant en termes de puissance ? A quel moment l'histoire a-t-elle dérivé de celle que l'on connaît, et pour quelles raisons ? On ne sait rien de la géopolitique de cet univers si proche du nôtre et pourtant si différent.
Les éléments fantasy se situent chez ces mages plus ou moins fonctionnaires qui mélangent leur savoir aux techniques scientifiques de l'époque, et aussi dans l'assimilation des elfes et des trolls dans la société. Comment en sont-ils arrivés là ? Mystère ! Pourquoi leur comportement, leurs pensées diffèrent-ils si peu de ceux d'un humain (je vous rappelle qu'on suit l'action par les yeux d'un elfe) ? Pour moi l'intérêt de ces espèces antérieures à l'humanité réside dans leur étrangeté, leur inaccessibilité. Ici ils se comportent comme des représentants de minorités un peu déconsidérées, c'est tout.

Dans l'interview qui conclut le livre, Damien Snyers dit qu'il n'a pour le moment pas prévu de revenir dans cet univers, mais que ce n'est pas impossible. Personnellement je l'espère. J'espère qu'il pourra me prouver qu'il avait en tête un univers bien construit autour de son histoire. Autrement, celle-ci risque de disparaître de ma mémoire malgré le bon moment passé.
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