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EAN : 9782848931326
239 pages
Les Deux Terres (09/01/2013)
3.32/5   74 notes
Résumé :
Dans le Rio de Janeiro de l’immédiat avant-guerre sévit un tueur en série ayant une particularité : il ne s’attaque qu’aux femmes très grosses. Ainsi disparaissent une prostituée polonaise, une religieuse incapable de résister à la gourmandise, l’attachée de l’ambassade d’Allemagne et plusieurs jeunes femmes de la bonne société carioca. Le commissaire Noronha est chargé de l’enquête. Esteves, un ex-policier portugais reconverti dans la pâtisserie, lui prête main-for... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Si à tout hasard vous cherchez une lecture qui vous fasse décoller quelque temps de votre routine, le brésilien Jo Soares est votre homme. Erudit, drôle, sarcastique, foutraque, décalé, il a toutes les qualités pour répondre à votre souhait d'évasion.

Spécialiste des questions de société, ce journaliste/humoriste est capable de traiter de sujets difficiles avec humour et dérision. Dérision car ayant lui-même livré une bataille contre l'obésité toute sa vie, il ne pourrait y avoir meilleur connaisseur du péché de gourmandise.

Spirituel, Jo Soares donne en bonus une petite leçon d'histoire de la fin des années 30 tant en politique nationale (le foot, mais aussi le théâtre et la politique), qu'en politique internationale (la montée du nazisme en Allemagne). Son récit est truffé d'adages et de recettes de cuisine.
L'intrigue tient la route et on se retrouve avec une fine équipe d'enquêteurs qui amènent chacun sa personnalité et son univers à l'histoire.

Jo Soares sait faire rire comme seuls savent le faire les observateurs lucides de la comédie humaine.


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J'ai fait escale au Brésil en compagnie de Jô Soares et de ce roman policier totalement décalé. Déjà l'idée du scénario sort de l'ordinaire : un tueur en série qui ne s'en prend uniquement qu'aux femmes bien en chair, ajouté à ça une équipe de policiers totalement déjantés et un style de narration de la part de l'auteur bien atypique et mélanger le tout. Cela vous donnera : Les yeux plus gros que le ventre.

Malgré quelques petites longueurs par-ci par-la, j'ai adoré ce voyage au Brésil. Nous sommes dans les années 30 et l'auteur parsème son récit de petites notes historiques sur son pays mais aussi sur le monde et nous remet dans le contexte d'époque. L'enquête est bien menée et j'ai aimé la construction du roman. Comme dans un épisode de Colombo, ici, on connaît des les premières pages, le coupable, mais on assiste au fil des pages à l'enquête policière.

Les policiers justement parlons-en : j'ai apprécié les brésiliens mais j'ai eu un petit coup de coeur pour Esteves, ex-policier portugais, reconverti au Brésil en pâtissier et qui va venir en aide pour résoudre cette enquête. Il m'a beaucoup fait rien avec ses dictons et expression comme par exemple : "Mieux vaut être célibataire à Sintra que lapidé à Téhéran".

J'ai passé un superbe moment de lecture et j'ai adoré cette première rencontre avec Jô Soares. Je suis maintenant curieuse de découvrir d'autres de ses romans.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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A la fois enquête policière, étude de la société brésilienne de la fin des années trente et guide de recettes de la cuisine portugaise ce livre est un OVNI. Que ceux qui s'attendent à lire un bon vieux polar passent leur chemin, rien à voir, circulez ! je plaisante, comme l'auteur tout au long de son livre. D'ailleurs on connait le tueur dès le début du roman. le sujet ne prête pourtant pas à rire un tueur en série qui assassine des femmes de fortes corpulences, des gourmandes : déjà, sans le vouloir vraiment, on se surprend à sourir et on pense au regard malicieux de Jô Soares. Chaque crime est le prétexte à nous faire découvrir une recette, à parcourir le Rio de ces années de dictature et les commentaires de la radio nationale entrecoupées de publicités de l'époque sont à pouffer de rire.
Donc beaucoup de second degrès, un livre pour se détendre, sans prise de tête.
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Dans ce polar totalement décalé, Jô Soares nous entraîne dans les rues chaudes de Rio à la poursuite d'un tueur en série qui ne s'attaque qu'aux femmes obèses. de la cantatrice allemande à la nonne gourmande en passant par la prostituée amoureuse, aucune femme attirée par la bonne chaire n'est à l'abri.
Ce roman est à la fois l'occasion de suivre une enquête qui prend son temps, de faire la connaissance de personnages résolument loufoques et de découvrir le Brésil d'avant-guerre. Une écriture brillante et absolument remarquable nous entraîne dans un récit jubilatoire qui alterne descriptions teintées d'un humour subtil et moments de pure farce.
Un vrai coup de coeur !
Lien : http://bloglavieestbelle.ove..
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Le dernier "Jô Soares" est à l'image des précédents, dépaysant et drôle ! L'auteur nous embarque pour une enquête un peu farfelue à Rio de Janeiro en 1938. le pays connaît une période politique assez sombre, sous le joug de l' "Estado Novo" de Getulio Vargas, régime dictatorial aux allures fascistes. Les médias sont muselés et le roman est ponctué par des flash infos de la radio "d'état" qui glorifie les dirigeants tout en n'oubliant pas de terminer par des pubs. Celles-ci, pour l'Elixir Phospho-Cola, le sirop Dutra ou les savonnettes Vale Quanto Pesa ont un charme désuet qui suscitent sourire et nostalgie.

La ville connaît une série de crimes sans précédent : des jeunes femmes très corpulentes, obèses pour dire honnêtement les choses, disparaissent mystérieusement et sont retrouvées quelques jours plus tard, étouffées par des pâtisseries dont le meurtrier les a gavées. Ce dernier apprécie les mises en scène spectaculaires qui montrent à la fois son érudition et sa folie. le commissaire Noronha et son adjoint, tiré à quatre épingles, Calixto, sont soumis à une forte pression de leurs supérieurs mais pas l'ombre d'une piste, pas le moindre indice à se mettre sous la dent ! C'est disette pour eux dans l'affaire des "gourmandes"... Fort heureusement, Esteves, un ancien policier portugais, reconverti au Brésil dans le commerce des pâtisseries va venir aider le duo, suivi de peu par Diana de Souza, jolie jeune femme reporter qui n'a pas sa langue dans sa poche. Cet improbable quatuor va admirablement fonctionner ! Un petit homme maigre et mal fagoté, aux cheveux rares et à l'humeur ronchonne, une gravure de mode "chochotte", toujours prompt à fuir le moindre danger, un Lusitanien rondouillard, moustachu, véritable puits de culture et une demoiselle de bonne famille qui s'affranchit de pratiquement toutes les règles qui asservissent son sexe, qui aurait parier un cachou sur leur bonne entente ?

Ils progressent dans l'enquête et le lecteur suit avec jubilation les nombreux rebondissements rocambolesques. L'histoire est illustrée par des dessins en noir et blanc, qui pourraient figurer dans les journaux de l'époque. Ces dessins surviennent au détour d'une page, comme d'agréables petites surprises. Quand arrive le dénouement, les amatrices de tartelettes, éclairs et autres délices sucrés poussent un grand ouf ! Les pâtisseries de la ville, désertées, vont de nouveau retrouver leur clientèle. le lecteur, lui, quitte, à regret l'univers de Jô Soares, son roman où les ingrédients principaux, humour loufoque et reconstitution d'une époque se mêlent à merveille !

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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
La grosse arrive à la praça de Março, serrant à deux mains son gigantesque éclair au chocolat comme si c'était un immense phallus noir. Avant de planter ses dents dans cette sucrerie si ardemment convoitée, elle est brusquement intriguée par la présence d'un fourgon peint d'un blanc terne, stationné presque au coin de la rue. Ce qui attire l'attention de la grosse, ce sont les gâteaux exposés sur un grand présentoir sur le côté du véhicule et l'écriteau que tient un homme debout à côté de ce séduisant étal, annonçant :

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Esteves, alors, laisse jaillir de son cœur la phrase qu'il retient depuis qu'il a fait la connaissance de Diana :
« Dans ces conditions, vous me forcez à vous avouer que je suis passionnément amoureux de vous. »
Diana appuie sur la pédale du frein et la Lagonda zigzague jusqu'au moment où ses roues s'immobilisent au bord du trottoir. Puis elle se tourne, prend le visage du Lisboète entre ses deux mains et l'embrasse sur la bouche. Esteves réagit avec la ferveur sensuelle qu'il a longtemps réprimée.
« Mon baiser a deux raisons d’être. Premièrement, c'est pour vous dire que vous aussi, vous me plaisez beaucoup. Deuxièmement, c'est un au revoir. Dans ma vie, il n'y a pour le moment pas de place pour une histoire d'amour. Toute ma passion se concentre sur mon travail.
- Alors plus tard... qui sait ? dit le Portugais avec espoir.
- Qui sait, oui. »
Elle l'embrasse de nouveau, puis redémarre la lagonda et repart comme une flèche dans l'avenue. Satisfait d'avoir au moins avoué son amour, et surtout qu'elle ne l'ait pas repoussé, Tobias se rappelle, sans motif aucun, un proverbe de la région de Zambujal que sa grand-mère se plaisait à répéter : «Mieux vaut être célibataire à Sintra que lapidé à Téhéran.»
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Le cadavre sans yeux se balance au bout d’une corde, comme le pendule grotesque s’une horloge invisible. Enfoncé sur la tête, il porte un casque à cornes, pareil au heaume des Walkyries ; un trait d’humour macabre de l’assassin. Les tresses blondes de la victime sont entrelacées avec des saucisses de Francfort. De sa bouche béante sortent des restes de tripes, ou, comme dit plus volontiers le poète, de gras-double à la mode de Porto.
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- On ne sait jamais, commissaire, rétorque Esteves. Comme on dit au Portugal : "Si riche et charitable que tu aies été dans ta vie, l'assistance à tes funérailles dépendra du temps qu;il fera."
Une longue pause. Puis Calixto brise le silence, parlant d'un ton méditatif :
"Moi, j'aime mieux une veillée funèbre de riche qu'un mariage de pauvre."
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A quelques mètres de mère Celistina de Aragao, étendue sur le dos dans la nef, les bras en croix, se trouve sœur Maria Auxliadora, complètement nue. Son habit, qui lui a été arraché avec violence, gît sur les marches du chœur, couvert de sang, de sucre et de sperme.
Le ventre de la malheureuse, dont le seul péché dans la vie était d'être grosse et gourmande, est ouvert de haut en bas, révélant une énorme quantité de pasteis de Santa Clara. D'autres pasteis sont répandus autour du cadavre de Maria Auxiliadora. Et à la place de ses globes oculaires, retirés avec précision, il ya deux appétissants olhos de sogra, ou "yeux de belle-mère" : des pruneaux fourrés à la noix de coco, au jeune d'œuf et au clou de girofle.
A côté de la valise abandonnée par Charon se trouve un billet rédigé en latin avec le propre sang de la victime :
Ego te absolvo a peccatis tuis... Ha! ha! ha (Risus sardonicus)
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Jô Soares - Les Yeux plus grands que le ventre
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