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EAN : 9782253942764
413 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/1999)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Au printemps 1996, une revue américaine fort respectée - Social Text - publiait un article au titre étrange : " Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique ". Son auteur, Alan Sokal, étayait ses divagations par des citations d'intellectuels célèbres, français et américains. Peu après, il révélait qu'il s'agissait d'une parodie. Son but était de s'attaquer, par la satire, à l'usage intempestif de terminologie scient... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Luniver
  27 février 2014
En 1996, Alan Sokal, physicien de son état, publie un article « Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique » dans une revue américaine. L'article était en réalité un tissu d'âneries (implications politiques de la théorie quantique, réduction de la réalité physique à une construction sociale comme une autre, ...), mais irréprochable dans sa forme : nombreuses références d'auteurs connus, vocabulaire technique, bibliographie imposante.
Cette parodie vise certains auteurs de sciences humaines, qui n'hésitent pas à truffer leurs propres textes de références à des théories scientifiques en vogue, dans le but de profiter de leur prestige, ou d'éviter les critiques des opposants peu versés dans ces domaines. Cet essai met en avant les ressorts utilisés en présentant des exemples tirés d'auteurs connus (Lacan, Deleuze, …) Les textes sont remplis de concepts que les auteurs comprennent mal, ou ne se sont même pas donné la peine de comprendre, se contentant parfois de simplement jouer sur les mots : les théories scientifiques regorgent en effet de mots d'usage courant (anneaux, corps, chaos, cordes, choix, …) qui peuvent évoquer tout autre chose que leur sens précis dans la théorie en question.
La lecture devient tout de même pénible à la longue, puisqu'on est obligé de devoir lire des pavés de texte sans queue ni tête avant de pouvoir les déconstruire.
Reste à savoir, quand un texte semble incompréhensible, s'il est réellement compliqué ou si son auteur brasse de l'air. Quelques conseils sont donnés : chaque exemple, chaque métaphore, doit éclairer le lecteur, et pas l'entraîner dans des théories encore plus complexes ; les prérequis doivent être clairement énoncés, ainsi que des ouvrages de référence pour les acquérir ; et surtout, ne pas hésiter à s'avouer qu'on ne comprend pas. Au final, ces textes passent uniquement parce que tout le monde se tait par peur du ridicule.
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CraboBonn
  27 décembre 2012
Il s'agit du développement et argumentaire qui a fait suite à l'affaire Sokal (publication dans un journal de science humaine d'un article farfelu mais accepté par le comité de lecture). Ce livre tente de démontrer que quand un scientifique de charisme propose un discours ou une théorie qui a l'apparence de la rigueur (en particulier une théorie qui s'appuie sur les mathématiques dans le domaine des sciences humaines), il y aura toujours nombre de personnes qui crieront au génie. le livre ne discute pas l'aspect mouton de Panurge mais démontre que de nombreux scientifiques de renom (Lacan, Kristeva, Deleuze, ...) ont appuyé nombres de leur théorie sur des bases mathématiques qui ne tenaient pas la route. Plus pernicieux encore, ils ont souvent fait valoir que l'analogie mathématique aidait a comprendre le sens d'un discours alors qu'il ne faisait que l'opacifier pour ne pas dire le rendre abscons. Impostures intellectuelles ou la théorie du vent et du verbiage. En soit le travail est remarquable et à mon sens tient la route. Cependant, le livre est parfois un peu lourd à lire.
Un travail qui sera jugé par certains comme iconoclaste, arrogant voire inutile. Un travail qui surtout encourage à ne jamais perdre son esprit critique, à ne pas tomber dans le panneau de l'apparence, à oser dire « je ne comprends pas » de peur de passer pour un c...
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Prudence
  20 octobre 2017
Alan Sokal a tenté de faire publier un article parodique, truffé d'incohérences et d'aberrations scientifiques... et il y est parvenu! Ce livre décortique les impostures intellectuelles: sous un vernis scientifique (langage technique) se trouve en fait du vent abscons.
J'ai survolé rapidement plusieurs chapitres, notamment celui sur Lacan, y ayant déjà suffisamment été confrontée, mais qui m'a confirmé ce qu'on m'avait déjà rapporté: Lacan ne comprenait visiblement pas les concepts mathématiques qu'il utilisait.
Les textes présentés sont le plus souvent abscons, très ennuyeux, les auteurs expliquent ensuite. Certains textes présentés sont affligeants comme le par exemple dans le chapitre sur Luce Irigaray et comme les auteurs le font remarquer: "avec ce genre d'ami (e)s, la cause féministe n'a pas besoin ennemis".
Je n'ai pas trouvé ce livre agréable, ni passionnant à lire, je l'ai d'ailleurs à plusieurs reprises survolé, c'est plutôt un livre intéressant à garder sous le coude en cas de besoin.
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ChatDuCheshire
  08 juillet 2015
Je l'ai lu à sa sortie initiale. Je me souviens d'un livre pas vraiment "facile" à lire quoique assez court. Néanmoins c'est le genre de bouquin dont on ne peut que saluer la démarche, où des scientifiques dénoncent le recours abusif par des spécialistes de sciences humaines à certains axiomes, formules ou théories incompréhensibles du commun de leurs collègues afin de conférer un semblant d'irréfutabilité à leurs propres théories. Je me souviens de tout le ramdam que ce bouquin fit en France car celui-ci descendait rudement Jacques Lacan de son piédestal en couvrant de ridicule ses pseudo références scientifiques.
Bien entendu la démarche des auteurs pouvait être diversement comprise. On pourrait leur prêter une intention négative, à savoir un message adressé à leurs collègues des sciences humaines en forme de "pas touche à ce que vous, pauvres crétins, êtes incapables de comprendre et de manipuler correctement". Mais telle n'a pas été leur intention qui était plutôt de mettre en évidence que le recours abusif à des éléments scientifiques non maîtrisés par l'auditoire cible sert à dissimuler un argument d'autorité détournant l'attention d'une partie éventuellement faible de cette théorie. Ensuite bien sûr la nature humaine "de base" prend le relais: plus l'argumentation est abstruse plus les spécialistes en réalité largués feront mine de l'avoir comprise, pour éviter le discrédit auprès de leur communauté.
La démarche des auteurs me semble salutaire et trouve d'ailleurs maintes hypothèses d'application autres que celles qu'ils ont étudiées. Ainsi aujourd'hui c'est un argument darwinien et scientiste qui est brandi par les économistes de la nouvelle orthodoxie néo libérale pour justifier que le monde soit aveuglément gouverné par une sorte de divinité tutélaire appelée "Marché" (dont ils sont les seuls à pouvoir interpréter les oracles, bien sûr), excluant ou rendant illusoire toute décision ou réflexion politique sortant de cette orthodoxie.
A lire et à transposer à d'autres démarches dont il importe de se méfier à chaque fois qu'on vous dit: "c'est comme ça !", sans autre explication.
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nicolaslaruaz
  09 février 2021
Un essai jouissif qui démasque la pédanterie, la nonchalance et la confusion des intellectuels post-modernes dans un débunkage minutieux des utilisations les plus fallacieuses des théories physiques et mathématiques par ces auteurs / imposteurs.
Les imposteurs en question : Deleuze, Latour, Lacan, et quelques autres moins connus. La palme de l'incompréhensible revenant à Lacan : ce qu'il écrit est tellement dénué de sens, tellement coupé du réel qu'on se demande comment il a pu recueillir autant de disciples - si ce n'est via une explication quasi-religieuse : il était un gourou dissimulant sa gnose irréfutable dans un texte hermétique vide de sens.
Ce démontage est sympathique, mais les parties les plus intéressantes sont les introduction, intermezzos et conclusion qui essaient de montrer de façon plus systémique en quoi ces comportement (le détournement fallacieux de théories qu'on ne comprend pas pour illustrer ou justifier des assertions idéologiques) est néfaste, pour la vie intellectuelle (les faits n'existent pas, tout est interprétation, donc la connaissance n'existe pas), pour les sciences en particulier (tout est politique, tout n'est que point de vue) voire pour la vie politique (si la connaissance est vaine, pourquoi éduquer les masses ?).
En annexe, le canular à l'origine du livre et de la fameuse affaire Sokal (1997) : l'article parodique totalement bullshit publié par Alan Sokal (co-auteur du livre) dans une revue en vue de sciences humaines américaine. Difficile à lire, mais assez drôle quand on sait que c'est passé !
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   27 février 2014
Pour être précis, le mot « abus » désigne une ou plusieurs des caractéristiques suivants.
1) Parler abondamment des théories scientifiques dont on n'a, au mieux, qu'une très vague idée. Dans la plupart des cas, ces auteurs ne font qu'utiliser une terminologie scientifique (ou apparemment scientifique) sans trop se soucier de ce qu'elle signifie.
2) Importer des notions de sciences exactes dans les sciences humaines sans donner la moindre justification empirique ou conceptuelle à cette démarche. [...]
3) Exhiber une érudition superficielle en jetant sans vergogne des mots savants à la tête du lecteur, dans un contexte où ils n'ont aucune pertinence. Le but est sans doute d'impressionner et surtout d'intimider le lecteur non scientifique. [...]
4) Manipuler des phrases dénuées de sens et se livrer à des jeux de langage. Il s'agit là d'une véritable intoxication par les mots, combinée à une superbe indifférence pour leur signification.
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LuniverLuniver   26 février 2014
[N]ous voulons « déconstruire » la réputation qu'ont ces textes d'être difficiles parce que profonds. Dans bien des cas, nous pouvons démontrer que s'ils semblent incompréhensibles, c'est pour la bonne raison qu'ils ne veulent rien dire.
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PrudencePrudence   20 octobre 2017
Autrement dit, le type d'approche dans chaque domaine de recherche devrait dépendre des phénomènes spécifiques qu'on cherche à y étudier. Après tout, les psychologues n'ont pas besoin de s'appuyer sur la mécanique quantique pour soutenir que dans leur domaine "l'observation affecte l'observé"; c'est une banalité quelque que soit le comportement des électrons et des atomes.
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StevoStevo   26 mai 2015
Un livre essentiel à quiconque s'intéresse a la production de savoir en sciences sociales. Tout sociologue-anthropologues qui se respecte devrait avoir lu cet ouvrage qui permet de faire le tri dans l’amas d'absurdités que l'on peut parfois trouvés dans ce vaste domaine que sont les sciences sociales.
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lrntvlrntv   26 juillet 2020
Si vous vous dites, "voyons, il est trop difficile de traiter les véritables problèmes", il existe de nombreuses façons d'éviter de le faire. L'une d'entre elles est de poursuivre des chimères qui n'ont pas réellement d'importance. Une autre façon de faire consiste à adhérer à des cultes académiques qui sont coupés de toute réalité et qui permettent de ne pas faire face au monde tel qu'il est. C'est très fréquent, y compris à gauche. J'en ai vu des exemples déprimants lors d'un voyage en Égypte, il y a quelques semaines. Je devais parler de problèmes internationaux. [...] Par exemple, quand je faisais des exposés sur la situation actuelle, même dans des instituts de recherche consacrés aux problèmes stratégiques, les participants voulaient que cela soit traduit dans le jargon postmoderne. Plutôt que de me demander de parler des détails de la politique américaine ou du Moyen-Orient, là où ils habitent [...], ils voulaient savoir comment la linguistique moderne fournit un nouveau paradigme du discours sur les affaires internationales qui remplacera les textes post-structuralistes. Cela les fascinait. Mais pas ce que les archives ministérielles israéliennes démontraient concernant leur planification interne. Cette situation est vraiment déprimante. [Noam Chomsky, 1994]
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