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Lucia Cathala-Galinskaïa (Autre)Jean Cathala (Autre)
EAN : 9782264000705
Éditeur : 10-18 (30/11/-1)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.11/5 (sur 872 notes)
Résumé :
En 1962, pour qu'Une joumée d'Ivan Denissovitch pût être publiée en URSS, Soljenitsyne avait dû consentir à des coupures et, par endroits, remanier le texte original. Voici la version intégrale de ce roman si profondément, si tragiquement russe et qui, cependant, fait maintenant partie du patrimoine mondial de la culture. Vingt ans ont passé depuis qu'il a vu le jour. Des oeuvres monumentales ont succédé à ce joyau : le Premier Cercle, le Pavillon des cancéreux, Aoû... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (99) Voir plus Ajouter une critique
HORUSFONCK
  27 août 2020
Mais qu'elle fut longue, cette journée passée en compagnie d'Ivan Denisssovitch.
Longue, après une préface qu'il est fort utile de lire.
Ce jour d'hiver de froid cruel (presque moins 40 degrés sous zéro) est comme un chronogramme sans indication des heures... Au reste, à quoi servirait-il d'une montre ou d'une horloge aux pauvres zeks de ce bagne?
Cette journée n'en finit pas, dans cette peine infinie d'Ivan Denissovitch et ses compagnons d'infortune.
Un digne (sic) héritier d'Ivan le terrible et sa bande de dégénérés ont envoyé Ivan Denissovitch se perdre au goulag. Seule, la mort du tyran rouge leur permettra d'en sortir, à ces triples matriculés... Ces matricules dont les numéros sont repeints périodiquement, que la garde te les compte et les recompte, ces fantômes d'une autre vie! Que l'escorte, armée de mitraillettes, emmène et remmène la cohorte, par rangs de cinq, des zeks des baraques au chantier et vice-versa.
Pour Ivan Denissovitch Choukhov, qui n'a pas perdu son âme, la journée démarre plutôt mal avec des douleurs que la nuit n'a pas écartées. La nuit aussi courte que la journée est longue, semée d'embûche et marquée par la peur d'être envoyé au cachot pour dix infernales journées.
Pourtant, dans cet enfer, l'ex-commandant de flotte donne toujours de la voix, et le croyant conserve une foi indestructible... Manière à eux de survivre?
Ce livre m'a étreint, presque éreinté tant j'avais froid avec Ivan Denissovitch... Mais il m'a éclairé, comme ce soleil rare tel le poisson dans la soupe du zek, ou cette cigarette d'un tabac chichement mesuré.
Mais quelle journée!
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Luniver
  06 janvier 2013
Ivan Denissovitch Choukhov a été condamné à dix ans de camp de travail pour « trahison envers la patrie ». En réalité, il a simplement été fait prisonnier par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale avant de parvenir à s'enfuir, pensant, naïvement, qu'il serait accueilli à bras ouvert à son retour. Bien qu'ayant déjà effectué la majeure partie de sa peine, il sait pertinemment qu'elle sera prolongée encore et encore, et qu'il ne sortira probablement du camp que les pieds devant.
Choukhov supporte pourtant chaque journée avec une résignation qu'approuveraient les stoïciens de l'antiquité. Toutes les petites combines sont bonnes pour améliorer un peu son existence : ne pas manger toute sa miche de pain le matin pour la faire durer et avoir l'illusion d'avoir de plus grandes rations ; rendre de menus services à ceux qui peuvent recevoir des colis pour recevoir quelque chose en retour ; embrouiller les comptes du cuisinier pour obtenir une part de soupe supplémentaire ; cacher la meilleure truelle du chantier pour s'assurer de la garder tous les jours ; …
Dès les premières pages, on s'identifie à Choukhov : on sent le froid mordant qui essaie de se frayer un chemin jusqu'à lui, son creux à l'estomac, on partage sa crainte que le morceau de pain qu'il a caché soit dérobé pendant son absence, on tremble qu'un autre prisonnier ne le trahisse pour y gagner un petit avantage.
Une œuvre puissante, qui nous fait comprendre à travers un témoignage minimaliste tout l'envers du décor : un système totalitaire qui nie l'individu, lui enlève tout espoir et toute possibilité de réintégrer la vie normale.
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Archie
  06 août 2019
Ce livre occupe une place à part dans la littérature. Ecrit dans les années cinquante, sa publication est autorisée en Union Soviétique en 1962, au cours d'un moment éphémère d'assouplissement du régime. Une journée d'Yvan Denissovitch révèle alors au monde l'existence du goulag, un système concentrationnaire à grande échelle, administré secrètement par la police politique aux ordres du pouvoir soviétique et du parti communiste. L'existence de camps de concentration, où étaient déportés les opposants et les dissidents au même titre que les condamnés de droit commun, était jusqu'alors subodorée sans preuve dans le monde libre et formellement démentie dans les pays de l'Est, ainsi que par leurs sympathisants en Occident.
L'auteur, Alexandre Soljenitsyne, un ancien officier, avait lui-même été déporté pendant huit ans, à la suite de critiques émises dans une correspondance privée sur la politique militaire de Staline pendant la seconde guerre mondiale. La publication d'Une journée d'Yvan Denissovitch le fait connaître à la fois pour sa détermination de dissident au régime et pour son talent d'écrivain, qui lui vaudra le Prix Nobel de littérature en 1970.
Pour faire connaître la vie quotidienne des prisonniers – les zeks – d'un camp du goulag, Soljenitstyne choisit de circonscrire sa narration à une journée et à un détenu, Ivan Denissovich Choukhov, un brave paysan, condamné à dix ans de travaux forcés de maçonnerie huit ans plus tôt, en 1941, parce qu'après avoir été fait prisonnier par les Allemands, il avait réussi à s'évader quelques jours plus tard. Lors d'un simulacre de procès, la justice soviétique en avait conclu qu'il était un traître et un espion.
La journée s'ouvre sur le réveil des prisonniers. Il est 5 heures. C'est en tout cas l'évaluation des zeks, car ils n'ont ni montre ni horloge auxquelles se référer. A quoi leur servirait de connaître l'heure, ont pensé leurs geôliers, si ce n'est pour comptabiliser le temps de travail qu'on leur impose ?
Les camps sont situés loin de tout, dans des zones désertiques, la plupart en Sibérie du Nord, où les températures peuvent descendre jusqu'à 40 degrés en dessous de zéro. Les zeks sont logés dans des baraques rudimentaires non isolées, à peine chauffées, où des structures de couchettes collectives superposées sont installées. Pour leur vie quotidienne, comme pour le travail qui leur est assigné, ils sont organisés en brigades, sous l'autorité d'un des leurs, le brigadier, un zek « expérimenté » chargé de négocier leurs intérêts, face aux surveillants et aux autres personnels de l'administration du camp.
Les conditions de détention sont très dures. le froid est terrible, la nourriture inconsistante et insuffisante. La surveillance est à chaque instant un prétexte de maltraitance physique ou mentale : appels, contre-appels, ordres, contrordres, fouilles, récriminations, brimades, sanctions, chantage… tout est fait pour détruire l'homme derrière le zek. Seul point non négatif, au regard de ce que l'on sait sur d'autres camps de concentration, il ne s'y trouve ni chambre à gaz ni four crématoire. Mais cela, Choukhov et les autres zeks n'en ont pas la moindre idée.
Certains zeks décomptent les jours qu'il leur reste à tirer. Pas Choukhov ! Il a constaté qu'une fois la peine purgée, les condamnations sont systématiquement reconduites, sans même qu'on en donne la raison. Il sait donc qu'il est inutile d'espérer, qu'il ne rentrera jamais chez lui, qu'il ne reverra jamais sa femme et ses enfants.
En l'absence d'espérance, la seule façon de survivre est de s'adapter avec pragmatisme. Éviter de se faire sanctionner par les surveillants, de se faire spolier par les autres zeks. Collectionner les tous petits plaisirs : du rab de pain, la chaleur d'une soupe, une bouffée de cigarette, un échange de sourires, quelques minutes de répit près du poêle, un instant à soi emmitouflé sur sa paillasse… La journée qui fait l'objet du livre aura été bonne pour Ivan Denissovitch Choukhov. Il s'endort heureux.
Le livre est écrit dans le langage parlé d'un homme fruste et madré. La traduction est plutôt réussie. A ma grande honte, j'avoue avoir trouvé le livre un peu ennuyeux. Peut-être est-ce dû au fait que les révélations de Soljenitsyne sont aujourd'hui archi-connues.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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belette2911
  01 septembre 2013
"Une journée d'Ivan Denissovitch", c'est du café fort, du café fort noir, bien qu'en apparence, il n'en ait pas l'air. À vue de nez, le café a l'air fort clair, pour peu, on apercevrait le clocher de l'église dans le fond de la tasse, mais lorsqu'on le goûte, sa force se fait ressentir dans la bouche et elle vous prend à la gorge.
Étrange pourtant, puisque ce récit d'une journée dans un goulag, en plein hiver, ne comporte pas de scènes violentes, ni de scènes de tortures. Pour peu, on lirait bien cette histoire avec le sourire... jusqu'à ce que la dure réalité se fasse ressentir : hé, on est au goulag !
Voilà toute la force du roman de Soljénitsyne : faire du roman fort, nous prendre par les tripes, nous faire ressentir la faim d'Ivan et des autres, nous faire ressentir le froid mordant, la peur, la résignation, la violence des gardiens, l'inhumanité des lieux, le travail titanesque qu'on leur demande d'accomplir, le tout sans épanchements, sans forcer le trait, en restant sobre... Tout en nous donnant un récit d'une forte intensité.
Ben oui, c'est quoi une journée dans toute une vie ? Rien... Mais pourtant, si importante. Surtout qu'au goulag, il faut rester en vie.
Il ne se passe pas de choses exceptionnelles dans le roman, pourtant, l'ennui est impossible et j'ai suivi cette journée d'Ivan avec passion, mes les tripes nouées tout de même.
Ivan, il est un homme simple, avec de l'enthousiasme. Ce n'est pas un tire-au-flanc ou un salaud, mais pour survivre au goulag, il doit ruser afin que son morceau de pain qu'il a caché ne soit pas dérobé durant son absence, ne pas se faire donner par un autre qui aurait à gagner un petit avantage, bref, éviter de se faire remarquer et d'aller au cachot qui signifierait la presque mort.
Mieux qu'un Spartiate, le prisonnier CH-854 de la brigade 104 a mis au point tout un tas de petites combines afin d'améliorer quelque peu sa détention inhumaine : ne pas dévorer toute sa miche de pain le matin pour la faire durer; magouiller afin d'avoir une soupe en plus; rendre des services à ceux qui reçoivent des colis; faire correctement son travail pour ne pas mettre leur brigadier dans la merde; cacher quelque lames dans son uniforme et faire en sorte de ne pas se faire attraper...
Denissovitch se permet même le luxe, à la fin, d'être optimiste et de se dire qu'une journée de plus était passée, sans seulement un nuage, presque un bonheur...
Un récit minimaliste qui donne naissance à une oeuvre puissante, fallait le faire et le génie de l'auteur l'a fait. Poignant.
Et si le lecteur se donne la peine de réfléchir à l'envers du décor, cela lui donnera la vision d'un système totalitaire qui nie l'individu, qui lui enlève tout espoir et toute possibilité de réintégrer la vie normale. Ils savent tous qu'ils ne sortiront jamais de là...
On peut comprendre qu'à l'époque où le roman fut publié dans le "Novy Mir" il fallu couper quelques passages pour la publication (pourtant, ils n'étaient pas excessifs, ces passages) et que cela péta comme une bombe dans l'opinion russe puisque c'était la première fois qu'un écrivain parlait des goulags, lui qui y avait été.
Un grand roman à découvrir !

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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bidule62
  13 janvier 2021
Etonnamment je pense que ce qu'il me restera de ce livre c'est la fraternité qui résonne dans ses pages. Certes pas toujours désintéressée, mais présente.
Ce livre retrace une journée de vie dans un goulag soviétique. Ivan Denissovitch Choukhov a été condamné à 10 ans de camp car il a été fait prisonnier par les Allemands pendant la 2de Guerre Mondiale. C'aurait pu être tant d'autres raisons....
On suit le personnage central sur une journée, du lever au coucher, en passant par les comptages, les travaux forcés....
Choukhov est un personnage incroyablement doux, parfaitement intégré à la vie du camp, trouvant par tout moyen (mais toujours honnête) la façon de survivre à cette horreur carcérale. Presque optimiste.... Presque heureux.... Heureux de finir la journée toujours en vie....
Glaçant du début à la fin par les différentes petites touches qui décrivent la vie dans un goulag.
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Citations et extraits (113) Voir plus Ajouter une citation
WyomingWyoming   10 janvier 2021
Aux bains, il ne devait pas faire plus chaud. La glace fondait sur les vitres. Le soleil, au travers , avait l'air de s'amuser ( pas du tout cette sale figure qu'il avait là-bas , en haut de la centrale). Dedans ses rayons, la fumée qui sortait de la pipe de César grimpait, bien étalée, comme dans les encensoirs à l'église. Le poêle, on voyait au travers , tellement ces abrutis l'avaient porté au rouge, et même le tuyau avec.
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WyomingWyoming   10 janvier 2021
C'est là, à l'appel du soir, quand ils rentrent par le portail du camp, que le détenus sont le plus battus par le vent, gelés, affamés de toute la journée; et pour eux, la louche de soupe aux légumes, brûlantes du soir, c'est comme la pluie dans le désert. Ils l'avalent d'une goulée. Pour eux, cette louche est plus précieuse que la liberté, plus précieuse que toute leur vie passée et que toute leur vie à venir.
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WyomingWyoming   10 janvier 2021
Les génies n'adaptent pas leur conception au goût des tyrans !
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WyomingWyoming   10 janvier 2021
Sommeil à part, l’homme des camps ne vit pour son compte que dix minutes, le matin, au premier déjeuner, cinq au déjeuner et cinq au dîner.
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WyomingWyoming   10 janvier 2021
L’art a trop haute dose cesse d’être de l’art : il ne faut pas substituer les épices au pain quotidien.
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Videos de Alexandre Soljenitsyne (68) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandre Soljenitsyne
Extrait de "Une journée d'Ivan Denissovitch" d'Alexandre Soljénitsyne lu par Ivan Morane. Editions Audiolib. Parution le 15 mai 2019 en téléchargement.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/une-journee-divan-denissovitch-9782367627687
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