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EAN : 9791038800502
177 pages
Ex Aequo (30/11/2020)
4.47/5   15 notes
Résumé :
Pour certaines femmes, la liberté se paye au prix du sang.

Elles s’appellent Alma, Maïdann, Salomé.

Elles sont jeunes. Belles. Pauvres.

Dans la riche cité de Staven, elles travaillent comme petites mains pour une société pétrolière. Là, elles peuvent enfin rêver d’une vie meilleure. Une vie libérée de la domination masculine.

Salomé, la délurée, économise pour ouvrir un jour son salon de beauté.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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mmedoudou971
  05 juillet 2021
Après avoir vécu la guerre, le village de Belrem panse ses plaies,  retrouve son calme et ses codes. 
Les femmes servent les hommes, les pères sont maîtres en leur demeure et les jeunes filles, passé l'enfance, se plient aux us et coutumes que se doivent de respecter chacun tant dans sa tenue que dans son attitude. Maïdann et Alma sont soeurs. Maïdann l'aînée, favorite de son père est soumise quant Alma d'un an sa cadette souffre de cette vie soumise au bon vouloir des hommes qui tiennent leurs destinée au creux de leurs mains. Lorsque leur père décide de marier Maïdann au riche notaire libidineux du village, Alma se révolte supplie, fulmine, se rebelle mais elle n'obtiendra que les coups de son père et la résignation de sa soeur. Alma ne compte pas en rester là et parvient à convaincre sa soeur de s'enfuir avec elle, à l'approche du mariage cette dernière prend de plus en plus conscience de la lourdeur de son destin et cède à la folle idée de s' échapper. Elles partent donc pour Staven où leur Tante Thaïs, d'après ce qui se raconte au village, aurait trouvé une vie meilleur, libérée du carcan phallocratique. C'est à Nydra, un quartier pauvre de la ville la plus riche du pays que les filles retrouveront la vielle femme. Sous son aile elles obtiennent emploi et logement et peuvent enfin rêver d'une vie libérée du patriarcat. Mais à Staven comme ailleurs les hommes s'indignent et fustigent l'émancipation des femmes. La colère couve sous le chômage des hommes, la libération de la femme et la pauvreté. 
J'en ai pensé quoi ? En italique, les mots de l'auteur
Ce roman engagé est une pépite. On y ressent l'inspiration de l'auteure puisée dans un voyage en Algérie et la qualité de ses recherches. On y perçoit également sa sensibilité. L'écriture est fluide et douce ce qui accentue la puissance des thèmes abordés dans le livre. 
Bien que les lieux soient fictifs par choix de mettre l'accent sur le thème universel de la chasse aux sorcières ils sont particulièrement bien écrient, riches de détails et nous transporte dans cette ville où se côtoient l'extrême pauvreté et l'extrême richesse. Nydra est un quartier pauvre où le chômage des hommes particulièrement élevé et la libération de la femme en marche entraine des tensions. Alpha Tanker est un quartier riche où vivent les cadres et hauts fonctionnaires des compagnies pétrolières. Là bas tout est beau, propre, il y a de la verdure, des centres commerciaux, des cinémas et toute sorte de lieux de détente. le décalage entre les deux mondes confère à Alpha Tanker une aura futuriste et moderne qui accentue l'esprit archaïque régnant à Nydra. 
Les personnages sont tous très bien construit et l'ensemble des protagonistes est particulièrement crédibles et représentatif de ce que pourrait être la population d'un quartier comme celui-ci. 
Au début du livre Alma est en quête de liberté, elle vit très mal les codes de son village et cherche à s'en libérer. C'est elle qui convainc sa soeur, plus soumise, de partir. Mais arrivée à Nydra Alma tout en trouvant la liberté dans la danse garde les codes incombant aux femmes, la tenue, l'attitude quand Maidann,  s'en libère totalement. Lorsque j'ai demandé à Garance à quoi était dû ce revirement elle m'explique : 
En effet, j'ai voulu montrer que l'émancipation peut prendre des formes très variées selon les personnes. Alma trouve sa libération dans le travail et l'apprentissage de la danse, tout en conservant une approche assez traditionnelle en matière d'habillement et de relations hommes/femmes. Cela fait aussi partie de l'ambivalence du personnage : Alma n'est pas parfaite, elle n'est pas encore affranchie de certains préjugés de la culture dans laquelle elle a grandi. C'est au terme d'un long cheminement qu'elle se libèrera. Maïdann, elle, éprouve d'emblée une sorte de coup de foudre amical pour Salomé, une jeune fille très délurée qui s'habille comme ça lui chante et a déjà une grande expérience en matière de relations amoureuses. L'émancipation est ici plus explosive, radicale et sans compromis comme elle peut l'être à l'adolescence. 
Le trio est au coeur du roman, chacune avec sa propre liberté, son propre cheminement sous le regard bienveillant de Thaïs, vielle femme sage, elles est un refuge, une aile protectrice et bienveillante. Elle a trouvé sa voie au travers de la musique . C'est d'ailleurs grâce à elle qu'Alma découvre la danse et la liberté que cela lui apporte. C'est un des autres points fort de ce livre la résilience par l'art. 
Parmi les protagonistes masculins il y a Seth, un prêcheur radicalisé qui exhorte les hommes à reprendre leur place et leur quartier. Topias, un opportuniste qui loue aux femmes leur logement tout en criant au scandale de leur état de femmes libres. Il se rangera facilement dans le camps du patriarcat.  Dan est un chômeur conscient de sa laideur et souffrant de la solitude. Prêt à tout pour un avenir meilleur. le mal qu'il fera relève plus de la bêtise que de la conviction. Et Tagio qui a plus d'épaisseur. C'est un personnage complexe. Elevé dans les traditions il doit quitter son village et sa famille pour se donner une chance de vivre mieux. Arrivé dans la capitale la vie lui a appris à nuancer son jugement. Ni vraiment pour ni vraiment contre les modes de vie qui s'opposent c'est par amour qu'il choisira un camps, celui de Maïdann dont il s'est épris à la seconde où il l'a rencontrée. 
La multiplicité des personnages pourraient nous perdre mais leur crédibilité associée à la richesse de l'univers proposé par Garance nous emporte au coeur de ce livre, de Nydra où comme tous, nous connaissons chacun.
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ThecosmicSam
  26 mars 2021
L'histoire commence à Belrem où l'on découvre Alma et Maïdann, deux soeurs inséparables. Les deux petites filles paraissent insouciantes et intrépides, mais le lecteur réalise vite qu'elles évoluent dans une société bien différente.
Austérité, patriarcat et mépris envers les femmes y règnent en maîtres, le tout sur fond d'oppression et de guerre civile.
Tandis qu'Alma et Maïdann grandissent, leur situation ne s'arrange pas. Leurs corps sont, à l'instar des autres jeunes femmes, cachés par de longues robes grises et épaisses, leurs cheveux par de grands chapeaux dont les larges bords dissimulent les visages. Nul ne doit les voir ou, pire encore, les désirer. Leur vie devra être dédiée à leur père, avant de l'être à leur mari et à leurs fils.
Tandis que Maïdann subit tête baissée, Alma, la rebelle, ose affronter son père et rêver de liberté.
Alors que leur famille organise un mariage arrangé dont Maïdann sera la victime, Alma a la folle idée de s'enfuir sur les traces de Thaïs, une parente désormais reniée par les siens.
On prétend, en effet, que la proche métropole de Staven men Haagert serait développée. Riche d'un puits de pétrole – découvert par les autochtones qui ont été chassés, sans dédommagement, par l'Etat – la ville propose du travail aux migrantes au sein des sociétés d'exploitation pétrolière tenues par des étrangers.
C'était toutefois sans compter sur la misère (à peine dissimulée derrière les façades brillantes des sièges sociaux) et la misogynie profondément ancrée dans cette société.
On se demande alors si Alma et Maïdann vont parvenir à s'émanciper et à vivre leurs droits et désirs de femmes libres.
Le premier tome de « Cheveux au vent » est relativement court (moins de 200 pages) et se lit très rapidement. Il plante bien le décor en nous présentant le cadre, les déplorables mentalités et les multiples personnages. Les descriptions sont vivantes et j'ai trouvé la plume de Garance Solveg imagère et agréable (j'ai, à ce titre, relevé plusieurs citations qui m'ont plu et que vous pouvez retrouver dans cet article). Cette facilité de visualisation m'a permis de rentrer dans l'histoire.
L'action monte crescendo et le rythme s'accélère dans le dernier quart du roman.
Je regrette, en revanche, que le format n'ait pas permis de développer davantage la psychologie, par ailleurs intéressante, des principaux personnages :
- Alma, jeune fille un peu rebelle qui souhaite revendiquer ses droits et exprimer sa créativité, mais qui conserve, paradoxalement, des traditions conservatrices ;
- Maïdann que l'on croyait soumise et qui va, finalement, prendre une certaine indépendance ;
- Salomée, jeune femme à la chevelure et au tempérament de feu qui s'affranchit de tous ses carcans en adoptant le jeu de la provocation face à des hommes ultra conservateurs ;
- Thaïs dont la féminité a été remise en question en même temps que sa maternité ;
- Mais aussi Tiago (le bellâtre opportuniste), Dan (qui sous ses airs un peu bêta est rongé par l'amertume due à son infirmité) et évidemment Guthar et Seht (qui joueront un rôle important par la suite).
Il ne s'agit que d'un premier tome et nous en apprendrons sûrement plus sur certains de ces protagonistes par la suite. Je dois avouer que j'ai, toutefois, eu un peu de mal à m'identifier à eux (à l'exception d'Alma). J'aurais également aimé que les personnages masculins soient légèrement plus nuancés.
L'intrigue se déroule dans des villes imaginaires (Belrem, Staven men Haagert, Nydra, Wilmin City) dans lesquelles les femmes sont contraintes de se couvrir avec de grands chapeaux qui symbolisent leur assujettissement. Celles-ci sont haïes en raison de leur genre et parce qu'elles sont privilégiées à l'embauche par les expatriés. L'histoire a donc vocation à être une critique universelle de la façon dont la société traite encore les femmes. Ce premier tome est pourtant marqué par des éléments qui m'ont fait penser aux pays du Moyen-Orient ou de l'Asie mineure, gangrenés par les talibans (paysages et climat, nourriture, présence de puits de pétrole assiégés par les Américains, etc). Si je comprends que nommer un pays aurait privé l'autrice de sa liberté narrative et de la vocation universelle de son propos, je n'ai pas pu m'empêcher de relever cette dichotomie entre le réel et l'innommé, laquelle m'a parfois un peu gênée. Sur ce point, Garance Solveg m'a fait part de ses sources d'inspiration et des différentes références culturelles qui l'ont inspiré lors de l'écriture de ce premier tome. Cela m'a permis de mieux comprendre cette ambigüité entre fiction et réalité (je vous renvoie à l'interview de l'autrice sur mon blog).
Ceci étant dit, j'ai été bouleversée par la fin de l'histoire et je suis curieuse de découvrir la suite de « Cheveux au vent » afin de savoir ce qu'il va advenir de ces femmes résilientes et si souvent bafouées ! (Suite dont je ne manquerai d'ailleurs pas de vous parler).
En bref : J'ai pris plaisir à découvrir cette histoire de femmes. Cela nous rappelle que la lutte pour l'émancipation est loin d'être terminée! J'espère que le deuxième tome offrira l'indépendance à ces personnages féminins.
Lien : https://thecosmicsam.com
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maralekianpour
  02 janvier 2021
Une histoire qui pourrait se passer de nos jours, dans un lieu où la terre est sèche et aride mais dont les profondeurs qui regorgent de richesses attirent toutes sortes de convoitises.
L'histoire nous fait suivre de l'enfance à l'âge d'adulte, deux soeurs Maïdann et Alma, qui tentent désespérément d'échapper à la condition de femme soumise au pouvoir des hommes. J'ai beaucoup aimé leur relation, tendre et profondément douce, elles pour qui la vie se montrera si dure.
Sur leur chemin vers leur émancipation, elles rencontreront des personnages féminins qui les aideront dans leur quête d'affirmation, et leur permettront de recréer une sorte de cocon familial et protecteur, qui se révélera cependant insuffisant au fur et à mesure des pages.
Les hommes n'ont pas le beau rôle dans ce livre, à quelques rares exceptions près et la palme revient sans doute à l'hypocrisie des prêcheurs et à ceux qui les suivent, pour qui toute femme cheveux aux vents est une « pute ».
Le livre est réaliste, sombre et parfois très cruel avec pourtant de temps à autre, de fugitifs rais de lumière et d'espoir, qui éclairent brièvement le sombre horizon de ces migrantes.
En fermant ce livre, je ne peux m'empêcher de penser à cette phrase que j'avais lue il y a quelque temps dans un livre de Khaled Hosseini : quelque chose comme « Un homme désignera toujours une femme lorsqu'il s'agira de désigner un coupable ». C'est on ne peut plus vrai dans ce livre.
J'espère que de tout coeur, la conscience humaine s'élèvera un jour au-delà de ses tourments intérieurs pour accepter que l'homme et la femme sont les deux pièces déchirées d'une même entité.
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yael81
  26 juillet 2021
Le premier roman , de Garence Solverg, et un vrai potentiel pour l'écriture.
Elle nous embarque dans des contrées lointaines, où la soumission des femmes est de rigueur;
femmes objets , subissant humiliations d'un père , d'un mari, leçons qui les détruisent physiquement que psychiquement. Des coutumes où les mariages sont arrangés , des tenus strictes, des us d'autre temps.
C'est l'histoire Maïdann et Alma, deux soeurs, qui veulent échapper , à cette vie de misère, et de soumission.
Un rêve d'émancipation.
Elle parte à la recherche , de leur tante Thaïs , légende du village, avec un espoir vivre en toute la liberté.
Une ville de richesse et de pauvreté.
Une ville , où l'emploi des femmes est prédominant, aux détriments des hommes.
Une nouvelle vie, où elles peuvent quitter les vêtements imposés par leur religion, endosser des tenues occidentales.
Maidan va découvrir sa féminité avec Salomé, et son premier grand amour.
Alma, va s'extérioriser avec la danse et la musique.
Malheureusement , cela est une aberration pour le pays , une situation impensable, inimaginable, ces filles sont considérées, comme des prostituées,
Elles veulent s'affranchir des règles, imposées, pour retrouver un espoir de liberté et d' autonomie.
Mais cela est irréalisable. Elles se retrouvent confronter à la haine et la barbarie de la gente masculine.
Une histoire qui est toujours d'actualité, mettre fin a soumission des femmes, pour une émancipation.
Ce récit, est écrit d'un réalisme sans faille, l'auteure est directe , va aux fonds de ces pensées.
Comment peut on avoir des moeurs si cruelles au vingt et une siècle.
Comment peut on considérer les femmes comme objet, des êtres de moins-que-rien, sous les yeux des hommes.
Une sensation de pitié pour ces femmes, moi qui vit dans une société occidentale, où les femmes et les hommes sont égaux.
Une société où les femmes sont libres de mener leur vie comme elles le souhaitent , célibataires, mariées, travaillant aussi dur qu'un homme.
Alma , Maidann , Salomé, sont des exemples de femmes qui vivent sous une pression dictatoriale.
Garence nous décrit avec brio , cette soumission , cette humiliation, et toujours cette espoir d'émancipation.
Une histoire tragique, qui évolue dans la richesse , la pauvreté.
Une histoire féminisme.
Une sensation oppressante, étouffante dans la description des paysages.
Un livre bouleversant, captivant.
Une vraie empathie pour les personnages.
Une note d'espoir, avec la découverte de l'amour, et de la danse.
Une écriture fluide limpide poétique, une délectation pour la lecture de ce roman.
Un hymne , un espoir de l'émancipation.
Ce rêve pourra t-il se réaliser.
Tellement captivée par cette histoire, je n'ai pas vu le temps passé , et je l'ai dévoré en une journée.
Que va devenir la vie de ces deux héroïnes.
Une histoire forte.
une belle découverte.
C'est avec empressement que j'attend le tome 2 .
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Leslecturesdemamannature
  07 juillet 2021
L'autrice nous emmène dans des contrées éloignées et imaginaires pour nous conter une histoire universelle de femmes soumises à la volonté des hommes éprises d'une envie de liberté, à travers la vie de deux soeurs. Alma et Maïdan ont grandi pendant une guerre civile, à la fin de celle-ci elles sont deux adolescentes, l'ainée Maïdan, ravissante jeune femme est en âge de se marier mais le choix de son père va attiser la colère de sa cadette et sa résignation . Pour autant porté par un fol espoir elle vont tenter de rejoindre la riche cité de Staven, où des industries américaines exploitent le pétrole et embauche à tour de bras ces petites mains. 
Dans cette cité, les deux jeunes femmes auront des aspirations différentes mais un seul but être elle-même! Cela les éloignera un temps mais leur amour sera le plus fort. Maïdan va se libérer de l'habit traditionnel dont le grand chapeau cachant leurs cheveux pour adopter un style résolument moderne qui ne manquera pas d'attiser un peu plus la haine des hommes  conservateurs mais lui permettra de se faire remarquer d'un homme. Quant à Alma c'est dans la danse qu'elle va trouver l'extase. 
Vivre seule sans mari, s'affranchir des règles pour être libre et autonome tel est leur rêve mais ce rêve gêne et les hommes du quartier ne l'entendent pas de cette oreille. Mené par Gunnar Haagert qui estime que la richesse du pétrole lui revient car il a était trouvé sur les terres de son clan dont le gouvernement les a spoliés et Seht, ancien chef rebelle devenu prêcheur, ils vont attiser la haine du quartier afin de se débarrasser de cette immigration qui leur vole les emplois dans les usines. Les femmes sont effet reconnues par les employeurs pour être plus dociles et minutieuses. 
De nombreux sujets sont abordés à travers le destin de ces deux soeurs et de ceux qui gravitent autour d'elles. La soumission des femmes, le mariage forcé, leur libération. Les femmes sont bien entendu au coeur de ce roman mais il aborde aussi la pauvreté de certaines communautés dépendantes de l'exploitation des richesses de leur pays par d'autres institutions. Un roman riche et intense porté par une plume fluide mais un petit bémol certaines expressions très modernes m'ont surprise dans ce contexte plus traditionnel. 
L'autrice a fait le choix de se libérer de la réalité pour porter un message universel et actuel, c'est  pour cela que ce livre vous fera penser à des faits réels, tel est sa richesse et sa justesse. La fin est bouleversante, intense et difficile, elle nous donne envie de découvrir la suite! Un très jolie découverte.
Lien : https://leslecturesdemamanna..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
garancesolveggarancesolveg   06 décembre 2020
Un camion sortit de la forêt et remonta tranquillement la route. Tendu de bâches noirâtres, campé sur d’énormes roues, il paraissait broyer le bitume. Il dépassa la maison du notaire et avança en direction de Belrem, fendant les champs d’oliviers à une allure mesurée. Le bruit de son moteur, d’abord imperceptible, se rapprochait petit à petit en un vague bourdonnement. Le vent forcit. Quelque part dans la campagne, un chien hurla. Un pétale strié de rouge se détacha de la fleur de cactus, puis un autre, et encore un autre, de sorte qu’une traînée de sang sembla maculer le sol de la terrasse. Un deuxième camion, identique au premier, émergea à son tour des arbres. Les enfants osaient à peine respirer. Au moment où le second camion s’arrêtait devant la maison du notaire, une ombre gigantesque jaillit de derrière les petites et les recouvrit toutes entières.
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maralekianpourmaralekianpour   02 janvier 2021
Cet air était à l’image de Tilda : dilué. Silencieuse, le cheveu filasse et les vêtements délavés, la joueuse de luth avait la consistance d’une goutte d’eau. En fait, c’était surtout ses mains qu’on remarquait. Des mains de vieillarde, plus ridées encore que celles de Thaïs, qui contrastaient avec la peau parfaitement lisse de son visage- elle n’avait pas trente ans.
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ThecosmicSamThecosmicSam   22 mars 2021
Le ventre de la danseuse se balance d’avant en arrière avec lenteur, tantôt bombé, tantôt creusé. On dirait qu’elle avance et recule à la fois. Elle est un chameau. Un chameau dansant les dunes, la lune et les étoiles. Un chameau sans maître ni troupeau dont seul le bracelet de fil rouge, semblable au moignon d’un chaîne arrachée, atteste la captivité ancienne.
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garancesolveggarancesolveg   12 décembre 2020
Alma détestait le Nouvel An. Elle détestait les invités de son père et celui qu'il avait convié ce soir-là, le notaire Sodeg, ne faisait pas exception à la règle. Mais plus que tout, elle détestait cette sensation que rien ne changeait. Que rien, peut-être, ne changerait jamais.
La jeune fille se courba pour présenter à Sodeg la soucoupe de feuilletés à la viande. Elle savait que son père l'observait, qu'il la battrait à la moindre maladresse.
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ThecosmicSamThecosmicSam   22 mars 2021
La nuit était tombée tel un paravent d’ébène, colmatant les trous dans les murs et réparant les planches branlantes. Des odeurs de ragoût, des lambeaux de conversation s’échappaient des baraques voisines. De loin en loin, chez les chanceux équipés d’une parabole, on entendant les bruits de matchs de foot et de série télé. La cour parut soudain immense à Alma. La maison, éclairée par des bougies vacillantes, prenait des allures de sanctuaire.
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