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Critique de Bernacho


Bernacho
  11 juillet 2016
Comment rendre intéressante une histoire éculée déjà connue de tous ? C'est un peu la question que je me posais à l'épisode précédent, en lisant l'Electre des Choéphores d'Eschyle.

Réponse de Sophocle, telle que je me l'imagine. Elle est double : le coeur et l'esprit.

1 – Créer une charge émotionnelle forte, via une petite variante sur le mythe par exemple : Electre croit son frère mort avant de le retrouver, double émotion. Par une écriture qui laisse passer plein d'émotions, déchirante, qui me font paraître Eschyle et Euripide froids par contraste. Et surtout, là où les deux autres laissent entendre des cris, ou en font le récit après coup, Sophocle nous offre une vraie mise en scène de la mise à mort bouleversante. Et il bâtit sa pièce en un vrai crescendo.

2 – Et malgré tout cela, il en profite pour poser des questions. Par exemple on retrouve la même question que dans Antigone, que je comprends mieux maintenant, si c'est la même. Ici, c'est Chrysothémis, soeur d'Electre et d'Oreste (inventée par Sophocle ?), qui joue un peu le même rôle qu'Ismène dans Antigone. Chrysothémis choisit le compromis, la soumission, la paix. Electre l'absolu, la lutte, la souffrance. Qui a raison ? Je n'ai pas l'impression que Sophocle nous le dise. Et puis aussi, Sophocle fait parler Clytemnestre, qui a l'occasion de justifier son crime (mais moins que chez Euripide).

Il ne me reste plus qu'à écrire aux scénaristes des films de super héros, avant le prochain épisode, sur l'Electre d'Euripide, mais sans aucun doute, à mes yeux Sophocle remporte haut la main le premier prix.
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