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EAN : 9782290358535
288 pages
J'ai Lu (17/08/2022)
3.77/5   178 notes
Résumé :
« Ce jour-là j'ai compris ce qui me troublait. Peut-être moins le spectacle de la douleur, de la déraison, du dénuement, que cette lutte qui ne s'éteint jamais, au bout d'un an comme de vingt, en dépit des traitements qui érodent la volonté et du sens de la défaite, ça ne meurt jamais, c'est la vie qui insiste, dont on ne vient jamais à bout malgré la chambre d'isolement et les injections à haute dose.
Tous refusent, contestent, récusent, aucune folie ne les... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 178 notes

CoccinelleDesLivres
  11 septembre 2021
Joy Sorman a passé une année au plus près des fous, chaque mercredi à l'unité 4B d'un hôpital psychiatrique. Ce livre est formidable car Joy, avec beaucoup de bienveillance et d'empathie, humanise toutes les folies, du schizophrène au mélancolique, elle s'attarde à comprendre les profondeurs d'un royaume parallèle. Oui la folie est un royaume car pour Franck, Maria, Jessica et les autres, la folie est un rempart à la réalité qui pour certains êtres fragiles ou fragilisés se montre glaçante et douloureuse. Joy Sorman nous parle de ces êtres aux identités troubles, ces marginaux incapables de vivre dans notre société où la règle première est : la normalité. À la folie renverse les vérités, les préjugés abscons.
« Quand je lui demande qui est fou, le médecin répond le fou est celui qui se prend la réalité en pleine gueule. »
Tout est fluide dans ce livre, visuel aussi avec des scènes qui permettent de visualiser les réflexions émotionnelles et philosophiques de Joy. Un livre pertinent à tous points de vue et qui par moment, déculpabilise d'être défaillant. de nombreux passages font sens, sont parfois douloureux car pour certains, il est de meilleur augure d'être bipolaire que dépressif, schizophrène que mélancolique.
Folie passagère, folie chronique, souffrance ou folie créatrice, ces 274 pages, on les pleure et on les aime à la folie. Tout le monde n'a pas la chance d'être heureux, d'avoir grandi dans du satin, la vie est parfois bien cruelle et certains ne s'en relèveront pas.
Merci Joy d'avoir écouté ces fous, ces malheureux, de les avoir un peu compris, d'avoir eu du coeur quand chimie et temps sont souvent bien insuffisants.
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Christophe_bj
  21 mars 2021
Joy Sorman fait une sorte de reportage en immersion dans le pavillon 4B d'un hôpital psychiatrique. Nous faisons connaissance avec les patients aussi bien qu'avec leurs soignants. Tous ont droit à un portrait détaillé brossé avec finesse. ● Joy Sorman nous communique aussi les réflexions que ce séjour lui a inspirées et s'interroge sur la notion de folie, sur ses rapports avec la pauvreté notamment. Elle suggère le concept de « prisonniers sociaux » pour désigner les patients, qui sont là moins pour guérir que pour ne pas nuire à la société. Ainsi, «[l]a santé mentale c'est jouer le jeu de la vie en société». ● Elle insiste sur la différence entre les directives administratives, toujours plus nombreuses et contraignantes, souvent déconcertantes et parfois ubuesques, qui s'adressent à une masse indifférenciée de patients, et sur le vrai soin qui devrait s'individualiser pour chaque patient en tenant compte de ses spécificités propres. «Si on dit les migrants, si on dit les fous, si on n'envisage plus que des groupes, des masses, comment être empathique, bienveillant ? Pas d'individu, pas d'affect. On n'aime que les êtres. C'est tellement plus facile de tuer cinq cents personnes qu'une seule.» ● Un livre très intéressant à la lecture aisée.
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ATOS
  21 février 2021
Ni anthropologue, ni touriste,.. mais en ce lieu : voyageuse et journaliste.
Une frontière : celle que la société érige entre un monde normé, normatif, et cet autre monde, une terre inconnue, la folie. Mais qu'est ce que la folie lorsqu'elle est isolée, incarcérée, contenue dans une camisole chimique.Confinée. Une île singulière. faite de singuliers, un aggloméra de singularités, qui forme pour le monde de l'entour un pluriel devenu pour l'imaginaire collectif une entité : l'hôpital psychiatrique. Une trop simple unité.
Voyage, jour de bord d'une actualité. Ni une descente, ni une entrée en enfer. Juste une écoute, un regard. Que se passe-t-il derrière ces grilles, ces portes, ces fenêtres ?
Privation de la liberté d'être fous pour les uns, privations de moyens d'exercer pour les autres. Gardés, gardiens. Peur, danger, abyme, vertige, espace, questionnement, doute.
Le malheur est-il le facteur déclenchant de la folie, ou la folie engendre-t- elle le malheur ?
Qui de l'oeuf ou de la poule ? Causes et conséquences se livrent entre les murs une bataille parfois délirante.
La psychiatrie si elle n'est pas vérité, et elle ne l'est pas, n'est donc pas une science, Et peut-on dire d'une science qu'elle est vérité ?...Il faudrait être un savant fou pour croire qu'une science soit toute vérité. Une science est une recherche de vérité. Constante recherche de preuves.
Reportons nous à l'analyse de Jean-Noël HALLET ( Science et vérité), biologiste :
« La recherche scientifique apporte chaque jour son lot de découvertes sur la nature de l'univers et sur les mécanismes de la vie. Elle ne prétend pas à l'établissement d'une vérité définitive mais le fait scientifique est digne de confiance. Parce qu'il a été démontré par une méthode rigoureuse d'exploration du monde physique basée sur la preuve expérimentale et la réfutabilité, il se distingue des opinions et des croyances qui ne lui sont pas opposables. Il convient de le réaffirmer à l'ère de la post-vérité et des fake news. Mais il convient aussi de garantir que l'expertise scientifique soit indépendante et à l'abri des conflits d'intérêt. » .
Entre les murs, nulle vérité. Si ce n'est le constat d'une souffrance... sufferre « supporter ». sufferentia.. « action de supporter; résignation; attente patiente »
Alors quel est aujourd'hui cette mise en souffrance de la psychiatrie ?
Si être fou ce n'est pas être malade, alors que font les fous à l'hôpital ?.. Prévention ? Sauvegarde ? Rétention ? ...En ces lieux la folie trouve asile. « asylum », refuge.
Qui sont ces « prisonniers sociaux » ?
Une représentation condensée, exacerbée du monde extérieur ? le miroir de toutes nos peurs.
Psychoses, névroses. Peur de décrocher,de dévisser, de tomber, de glisser, de plonger, de ne pas convenir, de ne pas intégrer…
On efface la folie de la rue, comme on efface les mendiants, le handicap, la vieillesse, comme on chasse les virus on hygiéniste tout. Ne pas être contaminé par la folie. On enferme, si il le faut, on si on le doit : on dénonce. Qui décide, qui prononce, qui juge ? Quelle est la solidité des garde-fous que nous établissons aux fenêtres, aux portes de notre société ?
Plus de déraisonnable. Qu'est ce que perdre la raison ? Un drame ? Une échappée ? Un acte de survie ? Qui la perd, qui la retrouve, la raison des uns ne fait-il pas souvent le désespoir des autres ?
Allez, à la folie. Rendez-vous entre les pages de ce journal. Il vous fera comprendre la réalité d'une institution en souffrance, comme l'est l'ensemble du milieu hospitalier aujourd'hui. Comme l'est tout notre système de santé. Ceci de concerne pas que les fous, mais nous regardent toutes et tous.
Nous concernent. concernere « mélanger, mêler, unir ». Dissocier pour ne pas associer….
Associer cette folie à ce qui se vit, se joue en chacun de nous, et en l'ensemble de tous.
L'histoire de la folie, de la tolérance que nous manifestons à son égard , l'espace que nous lui concédons, la nécessité ou le danger que nous lui reconnaissons, c'est là l'histoire d'une société. La marge corrige. La marge ajoute, précise. Que devient un monde sans marge ? Qui sont celles et sont qui sont mis à la marge, cette marge qui tend à disparaître.
Pas de vérité, mais une multitude de possibles, une foule de questions.
Le sens de la parole, la nécessité du silence, la charge et la décharge des mots.
Miracle...hallucination...prophétie...délire…à chaque époque ses croyances….
Le geste, le regard, le corps, les émotions, les colères, la détresse, la douleur.

Pas de vérité, dans un monde qui oscille, qui tempête, qui murmure, qui rugit, qui tord les mots, les aiguisent, les éclatent, les révèlent. Pas de vérité dans une totale humanité.
Pas de vérité dans ce monde sismique à qui l'on demande de produire un tracé droit, une ligne plate.
Très belles pages de Joy Sorman, qui en nous invitant à nous déplacer nous placent.
C'est une des plus grande vertu de la littérature. La littérature n'est pas là pour détendre, aplanir, faire du tendre, du joli, faire de l'explicatif. La littérature est peinture. Elle nous replace. Face à l'obscurité, face à la lumière, face aux silences, face à la profondeur, ou à l'effacement des distances, face à ce qui nous formulons et à la nudité de la réalité, aussi belle et/ou épouvantable soit elle.
Être journaliste c'est écrire un journal.
Et lorsqu'un journal a la qualité de cet écrit, on parle de littérature.
Comme Kessel en son temps. Comme Duras. Comme Angela Carter . Comme Florence Aubenas. Comme Albert Camus.
On voudrait avoir plus de Kessel, de Duras, d'Aubenas, de Carter, de Camus, ou de Sorman dans les journaux quotidiens.
Mais pour notre bonheur, il y a les livres. Toujours. Encore. Cet essentiel.
Lisez « à la folie », c'est une invitation.
Un regard d'une brûlante actualité.
Ce qui est convenable aujourd'hui sera-t-il encore concevable demain ?
Qui peut se dire gardien de toutes nos certitudes ?...
"​Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux". Marcel Proust.
Astrid Shriqui Garain
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Sevlipp
  02 avril 2021
Tous les mercredis, pendant un an, elle s'est immergée dans deux unités psychiatriques. Il fallait bien cela pour pouvoir témoigner.
C'est un essai intelligent qui met au coeur du propos les malades et les soignants.
Il y a de la souffrance, de cris, beaucoup de cris, des gens qui se parlent tout seul, ceux qui sont mutiques, des tentatives de suicides, des parents maltraitants, des familles démunies.
Il est aussi questions de dépression, de colère, de peur souvent, de tristesse aussi.
Il y a tout cela mais aussi parfois des sourires comme lorsqu'on trouve fantômette dans un lit le matin et qu'on ne sera jamais qui elle est ou bien quand Franck fait la grève du verbe, pour protester mais on ne sait pas contre quoi puisqu'il a décidé de garder le silence.
Il y a aussi de la solidarité, les gestes de réconfort, des petits moments de joie et même de la poésie dans certaines pages.
Joy Sorman n'élude pas les difficultés, les paradoxes, les économies qui s'imposent brutalement, les dysfonctionnements mais sans jugement, jamais.
Le style est précis, agréable et rend la lecture plaisante malgré le sujet abordé.
Un essai qui met l'humain au centre du récit et qui raconte « les fous » autrement.
Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle
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Humanity
  10 mai 2021
À la folie de Joy Sorman | Critique
mai 10, 2021
Ce livre est issu de journées passées dans deux unités psychiatriques quelque part en France ; tous les noms des patients comme des soignants ont été modifiés.
Ce livre de Joy Sorman m'a surpris par sa bienveillance à l'égard des fous comme elle les appelle mais aussi à l'égard de tout le personnel de l'hôpital psychiatrique qui se sont confiés à elle. Ce livre prend la forme d'un reportage en immersion dans lequel l'auteur essaie de garder ses distances avec pudeur même si l'on ressent son attachement à tous les résidents, aux soignants et à tous ceux qui travaillent au Pavillon 4B.
On croise Franck le Loup-Garou, Maria l'Ensorcelleuse, Youssef le Mélancolique, Julia la Persécutée, Bilal en SPT, Robert le Doyen, 35 ans de maison, une personne adhésive, débordé par la colère, Esther la Rescapée d'une secte, Arthur le Dépressif profond, Lucette en burn-out, Adèle en proie à ses délires de persécution, Jessica la Star du 4B, connue pour ses frasques tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, qui rentre et sort sans cesse confrontée à la violence du dehors mais déchaînée elle-même; Jessica qui préfère tout de même l'hôpital, Stéphanie Bipolaire qui trouve difficile d'assumer son rôle de mère et son travail, Thérèse, 82 ans perdue après la mort de son compagnon, mais qui n'entend pas mourir, José retrouvé perdu et délirant, Fatima la Dépressive qui aime la lenteur, Viviane l'Exaltée en proie à des délires mystiques, Igor l'Ukrainien qui a fait des TS à répétition, Pauline et Megan, elles aussi jeunes suicidaires, Jacques le SDRE, l'enragé, interné d'office par l'État pour délits sexuels, furieux d'être psychiatrisé. le personnel se demande si un internement en prison qu'il réclame, serait peut-être finalement mieux pour éteindre sa rage...
Tous des fracassés de la vie, des naufragés, chacun avec une histoire de vie lourde de douleur que Joy Sorman côtoie, écoute, observe, avec lesquels elle échange quelques bribes de phrases. Tous s'accrochent à la vie malgré les traitements puissants qui cassent, la chambre d'isolement qui rend fou, les mornes journées d'enfermement sans fin, la solitude car la famille les a abandonnés.
Et puis, et c'est là que ce livre m'a étonné, on croise aussi tous les autres qui sont là pour soigner, parer aux crises, assurer le bon ordre, essayer de soulager la souffrance, pris entre désir de bien faire et les injonctions des gestionnaires de faire des économies et du rendement.
Miguel, le cadre de santé, qui se désole du retour massif de la médicalisation et de l'obsession de réduction des coûts et des effectifs...
On fait la connaissance de Barnabé, chaleureux infirmier qui désamorce les crises avec beaucoup d'empathie et de douceur alors que d'autres, envahis par la peur, choisiront l'injection ou l'isolement.
Adrienne, l'ASH, qui, elle aussi, se sent proche de "ses" patients, et se glisse volontiers dans un rôle d'aide-soignante, malgré l'interdiction. Elle devient la confidente de ces êtres perdus en mal d'amour. Adrienne se sent solidaire car elle vient du même monde, celui des prolétaires car à l'hôpital psychiatrique, ce sont surtout les pauvres qui se retrouvent là.
Léa, la jeune interne, qui elle, s'applique scrupuleusement à utiliser le jargon médical dans ses rapports d'entretien.
Fabrice, fils et petit-fils d'infirmiers, 40 ans de métier, voué corps et âme, aux jeunes schizophrènes désabusés et suicidaires.
Claudine et Anita, vacataires, 40 années de pratique, payées 12 € de l'heure, mais qui conservent malgré tout une certaine gaieté et une écoute sincère.
Catherine qui regrette le temps des sorties en forêt et au cinéma et qui a assisté à la réintroduction des fous dans la ville, l'ambulatoire qui, selon elle, ne marche pas, par manque d'investissement et de personnel, CMP et travailleurs sociaux débordés. Et puis, comme dit, être relâché sans travail, sans famille ni amis après des années d'enfermement, ça peut susciter la terreur et un sentiment d'abandon. L'hôpital, c'est un peu la famille !
Colette, l'ergothérapeute, qui en a vu des oeuvres effrayantes depuis le temps où elle travaillait à la Prison de la Santé. Mais Colette continue de faire de la pâte à modeler avec Robert, du tricot avec Maria, du dessin avec Franck.
Selon Joy Sorman, Eva est la plus désabusée des médecins du service et aussi la plus empathique... Elle est découragée de devoir prendre en charge ceux que la société, selon elle, a rendu malades. Agacée de devoir croiser ses fichiers avec la Justice. Pour Eva, la parole a perdu la bataille au profit de la psychopharma et des neurosciences. le DSM recensait 60 pathologies dans les années 50 et en décompte aujourd'hui 450 ! Pour elle ce délire classificatoire engendre une surmédicalisation.
Danièle, la psychologue, clinicienne de la parole, qui défend plutôt les vertus du silence, car les grands psychotiques préfèrent qu'on leur foute la paix.
Joy Sorman nous décrit aussi la mélancolie du médecin-chef, lui aussi découragé. Il n'en veut plus de ce pouvoir de mater la folie, de cette délégation des juges et de la société de la préserver de ses agitateurs tout en exigeant qu'ils ne menace pas les libertés individuelles, pris en étau entre liberté et sécurité...
Joy Sorman entend que l'Hôpital va mal, que la société se débarrasse de ses fous et que les neuroleptiques ont certes remplacé la lobotomie mais en ont fait des zombies. SDRE et HDT entraînent des placements d'office aussi efficaces qu'un enfermement pénal.
Joy Sorman nous parle de Pinel qui libéra les fous à la fin du XVIIIe siècle par le travail, l'ordre, l'obéissance et l'autorité, d'Esquirol qui croyait en la froideur du médecin face à la volonté déchaînée de l'insensé. Mais l'auteur aborde aussi des sujets contemporains et dans l'air du temps, l'AI en psychiatrie ! Les applications sur un simple téléphone portable qui récupèrent et traitent tout un tas de données sur nos comportements, nos émotions pour les convertir en algorithmes, les transformer en marqueurs psychiques, débusquer les fragilités et coder en permanence.
Elle termine son analyse sociologique par les "communautés de fous" sur les réseaux sociaux qui s'organisent collectivement hors de l'Hôpital pour vivre ensemble la souffrance, faire bloc, s'entraider, se défendre, et d'en concevoir une certaine fierté, de revendiquer son statut de "fou" ! Et là, je pense bien sûr, à ma propre Page Facebook Bipolaire On Air !
Un livre profondément humain, un éclairage définitivement original, qui plongera le lecteur dans un monde qui lui est étranger, invitant à la compassion. Tous ceux qui comme moi ont connu de nombreuses hospitalisations et qui seront surpris non pas tant par les délires des uns et des autres mais par la profonde mélancolie des soignants et probablement rassurés par le dévouement de certains...
Auteur de la critique : Bipolaire On Air
#psychiatrie #joysorman
Critique à retrouver sur mon blog
https://bipolaireonair.blogspot.com/2021/05/a-la-folie-de-joy-sorman-critique.html
🟦🟦🟦
Citation
« Est-ce que Franck est guéri, même provisoirement ? Je pose la question et le médecin-chef répond qu'on ne soigne pas la folie, à la rigueur la souffrance, qu'on en calme les manifestations, qu'on maîtrise les hallucinations et les troubles du comportement avec quelques molécules, qu'on ne guérit jamais les fous très fous mais qu'on peut toujours rester dans les parages – le choix de l'outil thérapeutique étant toujours bien moins important que la personne du thérapeute –, que la psychiatrie n'est pas une science, plutôt du bricolage, et qu'on se contente d'interpréter des signes – on évalue le patient, on établit un lien, on le recadre s'il déborde, on le stabilise. Depuis qu'on a découvert les neuroleptiques dans les années cinquante il n'y a plus eu de grandes découvertes en psychiatrie, on est toujours avec nos cachets, du temps et de la parole – il ne précise pas que de moins en moins de temps et de plus en plus de chimie. »
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Joy Sorman
À la folie
« Ce jour-là j'ai compris ce qui me troublait. Peut-être moins le spectacle de la douleur, de la déraison, du dénuement, que cette lutte qui ne s'éteint jamais, au bout d'un an comme de vingt, en dépit des traitements qui érodent la volonté et du sens de la défaite, ça ne meurt jamais, c'est la vie qui insiste, dont on ne vient jamais à bout malgré la chambre d'isolement et les injections à haute dose. Tous refusent, contestent, récusent, aucune folie ne les éloigne définitivement de cet élan-là. »
Durant toute une année, Joy Sorman s'est rendue au pavillon 4B d'un hôpital psychiatrique et y a recueilli les paroles de ceux que l'on dit fous et de leurs soignants. de ces hommes et de ces femmes aux existences abîmées, l'auteure a fait un livre dont Franck, Maria, Catherine, Youcef, Barnabé et Robert sont les inoubliables personnages. À la folie est le roman de leur vie enfermée.
Hors collection - Littérature française
Paru le 03/02/2021
Genre : Littérature française
288 pages - 138 x 210 mm Broché
EAN : 9782080235336
ISBN : 9782080235336
https://editions.flammarion.com/a-la-folie/9782080235336
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critiques presse (9)
LaLibreBelgique   14 mai 2021
À la folie (Flammarion), sorti en janvier, interroge notre rapport à cette humanité qu’on enferme dans les hôpitaux psychiatriques et qu’on préfère ne pas voir. Joy Sorman a passé une année entière dans deux unités psychiatriques fermées, en France, auprès des patients comme auprès des soignants.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox   06 avril 2021
L'autrice Joy Sorman a passé tous ses mercredis pendant un an dans une unité psychiatrique fermée. Elle raconte cette expérience dans "A la folie", son dernier livre, publié aux éditions Flammarion.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Culturebox   22 mars 2021
L'écrivaine Joy Sorman a partagé le quotidien des patients et des soignants d'une unité de soins psychiatriques pendant un an. Elle publie "A la folie" (Gallimard), un témoignage radical sur la psychiatrie d'aujourd'hui en même temps qu'une peinture impressionniste de la folie.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Culturebox   12 mars 2021
Durant un an, l’auteure Joy Sorman a côtoyé des services psychiatriques pour voir comment se déroulait le quotidien de ce type d’établissement. Elle retranscrit ses études dans son ouvrage "À la folie" publié aux éditions Flammarion.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Bibliobs   03 mars 2021
Pendant un an, l'écrivaine a partagé le quotidien d'une unité psychiatrique. Soignants et malades, elle leur donne la parole dans « A la folie ». Un livre bouleversant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   12 février 2021
Notre feuilletoniste salue cet état des lieux sidérant de la psychiatrie française, où la puissance de l’écriture romanesque de l’autrice se met au service du reportage pour en décupler la portée.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   08 février 2021
Joy Sorman a recueilli les paroles de ceux qui vivent en hôpital psychiatrique. Bouleversant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Elle   02 février 2021
Un récit plein de vie, humain et poignant.
Lire la critique sur le site : Elle
Bibliobs   26 janvier 2021
C’est un roman d’enfermement, récit de journées passées auprès de patients et de soignants internés sous contrainte dans deux unités psychiatriques hospitalières françaises.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (88) Voir plus Ajouter une citation
CoccinelleDesLivresCoccinelleDesLivres   09 septembre 2021
Ce qui est certain c’est que je finirai à l’hôpital psychiatrique, l’hôpital général c’est pas pour moi, prendre la tension, faire des prises de sang quel ennui. À la rigueur l’Ehpad avec les vieux. Moi j’aime la merde, les laver, les toucher, les toucher surtout, leur caresser le bras.
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CoccinelleDesLivresCoccinelleDesLivres   10 septembre 2021
Les grands mélancoliques ont ceci de tragique qu’ils ne sont pas protégés par leur délire comme peuvent l’être les schizophrènes, qu’en ce sens leur douleur est plus préoccupante encore, qu’ils guérissent rarement.
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Lea25Lea25   29 janvier 2021
Quand je lui demande qui est fou, le médecin répond le fou est celui qui se prend la réalité en pleine gueule. La plus petite parcelle de matière fond sur lui comme une météorite en feu, une goutte de pluie est d'acide, une poussière du poison, un coup d'oeil un coup de poignard. Rien ne le protège, tout fait violence, les traits se déforment sous l'impulsion d'une parole anodine ; le monde, les autres, les couleurs, les mouvements viennent d'imprimer directement au fer rouge sur le plan à vif de son visage.
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NuageuseNuageuse   28 février 2022
Mais quarante ans plus tard, pour mes deux dernières années avant la retraite, me voici à nouveau en service fermé, et je vois à quel point les choses ont changé : de moins en moins de lits et de plus en plus de violence sociale, davantage de jeunes désabusés et suicidaires qu’on prend pour des psychotiques quand ils sont en réalité ravagés par les réseaux sociaux. Les maladies aussi ont évolué, c’est devenu plus difficile pour moi de les diagnostiquer, autrefois les cas étaient clairs, simples, désormais à nouvelle société nouvelles pathologies, à nouvelles identités nouveaux symptômes, et moi je suis un gars du temps d’avant, la transidentité, les migrations, ces nouveaux individus brouillés, je ne sais pas toujours y faire.
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CelineCebulskiCelineCebulski   29 septembre 2021
Vous savez pourquoi ça ne fonctionne pas en psychiatrie ? Parce que le protocole c'est la globalisation, le contraire du singulier, sa mise à mort. Dans un protocole on ne soigne pas un fou mais des fous. Fou c'est le bon mot, mais uniquement au singulier. Si on dit les migrants, si on dit les fous, si on n'envisage plus que des groupes, des masses, comment être empathique, bienveillant ? Pas d'individu, pas d'affect. On aime que les êtres. C'est tellement plus facile de tuer cinq cents personnes qu'une seule.
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Vidéo de Joy Sorman
Chaque mois, un grand nom de la littérature contemporaine est invité par la BnF, le Centre national du livre et France Culture à parler de sa pratique de l'écriture. L'autrice Joy Sorman est interviewé par Géraldine Mosna-Savoye, productrice chez France Culture.Rencontre enregistrée le 19 avril 2022 à la BnF I François-Mitterrand
En collaboration avec le Centre national du livre et France Culture à parler de sa pratique de l'écriture.
Pour retrouver toutes les Masterclasses du cycle "En lisant, en écrivant" : https://www.bnf.fr/fr/agenda/masterclasses-en-lisant-en-ecrivant
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