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Hélène Morita (Traducteur)
EAN : 9782908957112
Le Serpent à plumes (01/11/1993)
3.83/5   166 notes
Résumé :
Botchan, le " petit maître " créé en 1906 par Sôseki, est aussi célèbre dans la littérature japonaise que Cosette pour nous, ou Tom Sawyer pour les Américains.

Ce jeune professeur frais émoulu de Tokyo, en butte, dans un collège de province, aux tracasseries de ses élèves et aux manoeuvres de ses collègues, est le personnage central d'une savoureuse galerie de portraits, d'un conte moral plein de vigueur, où se mêlent le grotesque caustique et une éto... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Ce roman (1906) aussi intitulé Botchan est très populaire au Japon. C'est un roman d'apprentissage très vivant et plein d'humour caustique.
Le jeune narrateur qui n'est pas nommé commence par tracer son auto-portrait peu flatteur en quelques pages. Depuis qu'il est enfant, il est casse-cou, impulsif, colérique, bagarreur car il est perpétuellement en conflit avec l'autorité. Il n'a pas été aimé par son père, il a fait preuve d'une totale immaturité quand sa mère était mourante et il ne s'entend pas avec son frère aîné. La seule personne qui l'aime et il se demande bien pourquoi, c'est Kiyo la vieille servante. C'est elle qui l'a surnommé Botchan (Petit maître avec un suffixe affectif).
Devenu orphelin, son frère aîné lui octroie 600 yens. Il peut étudier la physique. Ensuite, il accepte sans réfléchir un poste de professeur de mathématiques dans un trou paumé très loin à la campagne. Il est hébergé chez l'habitant dans une chambre sous l'escalier. Il ne comprend rien aux habitudes des logeurs ni à celles des ploucs qui sont toujours en train de l'épier. Dès son arrivée en effet ses manières de jeune citadin (Edokko) et sa condescendance à l'égard des péquenauds du cru le font remarquer. Au collège, il donne un surnom péjoratif à tous ses collègues (Blaireau, Porc-Epic, Citrouille verte etc.) comme le ferait un collégien. Et il les juge tous à l'emporte-pièce, sans discernement aucun et révise son opinion chaque jour. Aussi, quand ses élèves le chahutent, et pas qu'un peu, on peut trouver que c'est bien fait pour ce jeune blanc-bec. Mais, lors du conseil de discipline qui suit, on commence à comprendre que le collège est dirigé par des hypocrites, prêts à toutes les manipulations pour arriver à leurs fins. Nous revoyons nous aussi notre jugement pour nous ranger du côté du franc Botchan...qui va finir par mûrir un peu.

Natsume Sôseki s'est inspiré de sa propre expérience, malheureuse d'enseignant à Matsuyana. Mais son narrateur est tout le contraire d'un fin lettré ou d'un intellectuel. le trait commun c'est qu'il est individualiste. Il veut suivre sa voie tout en la fondant sur des valeurs morales irréprochables, bien peu partagées dans cette école pourtant traditionnelle. C'est aussi un roman sur l'amitié et la bonté.

Je conseille cette traduction. Elle est accompagnée d'une préface explicative du traducteur (à lire de préférence après).
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Ce roman, qui date du début du siècle passé, est resté célèbre au Japon. Nous suivons les mésaventures d'un jeune professeur de mathématiques tokyoïte nommé dans un collège de province, en butte aux railleries des ses élèves et à la malveillance de plusieurs de ses collègues.
Lors de cette lecture, j'ai saisi l'esprit de ce pays si opposé au nôtre sous bien des aspects, à l'époque où il s'ouvrait au monde occidental. La ville et la campagne y sont fort différentes, et pourtant ces frustes collégiens ne sont pas dénués de malice et leur professeurs d'une culture que ne possède pas toujours le jeune maître, plein d'impulsivité par ailleurs.
Ce livre m'a évoqué notre "Petit chose" car les tempéraments, les sentiments et les attitudes que dépeint l'auteur sont universels.
Je l'ai lu dans le cadre du thème proposé par le cercle des lectrices (et lecteurs comme d'habitude moins nombreux) de ma bibliothèque municipale.
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Un roman très vivant à l'humour caustique
"Botchan" est le surnom du narrateur. Il signifie " jeune homme naïf "ou "petit maître". Depuis sa plus tendre enfance, son impulsivité et sa franchise brutale lui jouent des tours et il est mal aimé. Seule la fidèle servante de la famille ( une sainte) a de l'affection pour lui. Devenu orphelin, Botchan étudie les Sciences Physiques à Tôkyô puis accepte sans réfléchir un poste de professeur de Mathématiques, dans une bourgade de campagne. Dès son arrivée, ses manières de citadin et sa condescendance à l'égard des habitants le font remarquer. Il donne à tous ses collègues un surnom péjoratif ( le bouffon, Blaireau, Courge-Verte etc) comme le ferait un collégien mais surtout, il les juge à l'emporte pièce. Aussi, quand les élèves le chahutent, on peut trouver que c'est bien fait pour lui. Mais lors du conseil de discipline qui suit , on va commencer à comprendre que le collège est dirigé par des hypocrites, prêts à toutes les manipulations pour arriver à leurs fins. Et bientôt nous allons nous ranger du côté du franc Botchan...qui va finir par mûrir un peu.
J'ai bien aimé ce roman très vivant et plein d'humour. La langue imite le langage parlé ce qui donne un ton résolument moderne à un récit datant pourtant de 1906 .
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Traduit du japonais par Hélène Morita.
Umami. La cinquième saveur. Comparer ce roman de Natsumé Sôseki à une saveur culinaire, quelle drôle d'idée...Et pourtant…Il n'y a pas qu'une saveur dans ce roman, devenu un classique de la littérature , un incontournable dans l'éducation nationale japonaise.
"C'est le goût le moins mystérieux du monde, la première saveur que connaît un bébé qui tête le sein de sa mère Laurent Séminel… "c'est le goût de ce qui est bon" tranche Chihiro Masui.
Alors revenons à cette saveur. Natsumé Soseki nous entraine à travers les déboires sociaux d'un jeune professeur, au sein d'une communauté provinciale. Cest un régal de lecture tant chaque personnage acquiert sous la plume virevoltante de Soseki une silhouette savoureusement bien trempée. Roman picaresque. Salé, sucré, acide, amer. Tout semble réuni. Mais il y a sans doute une une autre saveur révélatrice. Révélatrice peut être d'un inébranlable conservatisme. J' y vois un certain pamphlet à l'encontre de la société japonaise du début du vingtième siècle qui connaissait alors mutation, ouverture, chamboulement de l'ordre de son empire éternel. Car à bien y lire, la morale de ce roman est bien la notion d'un retour aux sources qui paraît pour l'auteur être nécessaire, véritable valeur refuge, incarnée par le personnage de la bienveillante, et servante, Kiyo. le jeune professeur en étant confronté à l'hypocrisie d'une petite bourgeoisie de province voulant à tout prix sauvegarder les apparences tout en faisant montre de duplicité, de couardise, de vilenie , va peut à peu voir apparaître en lui une évidence : sa sauvegarde doit le pousser à revenir vers la vieille et protectrice Kiyo.
Soseki dénonce une société bicéphale, monstrueuse, qui ne veut garder de l'ancien monde ce qui pourrait lui mieux servir dans le nouveau.
Oui, mais voilà, les codes du Japon forment un tout inébranlable, ce n'est pas un jeu de rôles.
On ne peut jouer sur deux terrains à la fois. Il faut choisir son camp. Nouveau ou ancien. Pour Sôseki, selon moi, il ne s'agit pas de dénoncer la modernité, cela touche à la définition des valeurs portées par une civilisation, ou si le terme civilisation peut paraître un peu trop « relevé », disons à l'idée que renferme la notion de culture.
Peut être est-ce la raison pour laquelle nombre de jeunes japonais étudient cette oeuvre au cours de leur cursus scolaire. En raison de l'umami qu'il contient, de ce "goût de ce qui est bon", de cette saveur maternelle propre à une nation, saveur qui nourrit, et protège et qu'en retour, adulte, on se doit à son tour de protéger. J'ai lu avec beaucoup de plaisir ce roman, qui décrit les stigmates d'un séisme culturel vécu par le Japon, et qui annonce les séquelles sous-jacentes à ce séisme, que nous retrouverons, quelques décennies plus tard, dans l'oeuvre de Mishima, entre autres.

Astrid Shriqui Garain


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Nous sommes dans le Japon dans les années 1900. Botchan devenu orphelin, part étudier quelques années la physique à Tokyo. On lui propose à la fin de ses études, un poste de professeur de mathématiques dans une campagne reculée. Il accepte cette proposition ‘par défaut' n'ayant rien d'autre à faire ou signe du destin .


Le jeune professeur débarque dans cette bourgade de campagne ou bien évidemment tout le monde se connaît, cancane, se surveille. Il se fait remarquer rapidement par ses habitudes d'aller manger des boulettes de riz ou des nouilles. La vie se complique alors pour lui, il est sujet de moquerie pour ses élèves, et se trouver plonger dans les intrigues de ces collègues professeurs. Il en vient à donner des surnoms à ces collègues : Porc-Epic, Chemise Rouge, le Bouffon …

Le jeune professeur à la fois naïf et plutôt bagarreur, il est épris de justice, mais manque cruellement de culture, il est franc et droit dans un monde de sournois et de flagorneur.

Botchan, n'est pas le prénom de ce jeune homme, mais plutôt une appellation qui peut soit signifier ‘petit-maître', mais également ‘petit jeune homme, naïf'. En effet arrivant de la capitale, il arrive dans cette contrée de paysans avec beaucoup de condescendance et d'idées préconçues.

On découvre le Japon de la fin du 19e siècle qui amorce son arrivée dans le modernisme, avec l'absurdité de son système qui montre le déclin de la vieille aristocratie et du féodalisme. On note la fin de la guerre Chino-japonaise et la victoire du Japon sur la Russie.

Un roman très attachant, décrivant le parcours initiatique d'un jeune enseignant. Très drôle et en même temps très critique. Botchan, le héros est incroyablement naïf et puéril et a en même temps très confiance en lui. Il est, à la fois, attachant et énervant.
Lien : https://nounours36.wordpress..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Les petits crétins ! Rien de plus normal à ce qu’un maître puisse ne pas savoir…
Dire qu’on ne sait pas quand on ne sait pas, est-ce que c’est si extraordinaire ?
Je retournai à la salle des profs en me disant que si j’avais pu résoudre ce problème, je ne serais certainement pas venu m’enterrer dans ce trou pour un salaire de quarante yens ! Porc-Épic me redemanda comment ça c’était passé. Comme mes grommellements répétés ne semblaient pas le satisfaire, je dis que les élèves de cette école étaient des cancres qui ne comprenaient rien à rien.
Porc-Épic fit une drôle de tête.
La troisième et la quatrième heure, tout comme celle qui suivit le déjeuner, se déroulèrent en gros de la même manière. Chacune était une nouvelle épreuve de grossièreté. L’enseignement n’était en tout cas pas une partie de plaisir, me dis-je. Les cours de la journée étaient terminés pour moi, mais je ne pouvais pas rentrer, il me fallait attendre là pour rien jusqu’à trois heures. À trois heures, il me revenait d’inspecter la classe où mes différents élèves avaient été chargés de faire le ménage, une fois qu’ils m’en avaient informé. Puis je devais vérifier le registre de présence et je pouvais enfin partir. À quelque prix qu’on eût acheté mon corps, y avait-il une loi qui m’aurait enchaîné à l’école même durant mes heures libres et obligé à regarder fixement mon bureau ?
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Mon père ne manifestait pas le moindre intérêt à mon égard. Quant à maman, elle chouchoutait mon frère aîné. Il eut vite une peau de lait et il adorait faire semblant d’être sur scène, dans des rôles d’onnagata. Chaque fois que mon père jetait un regard sur moi, il disait « On n’en tirera jamais rien de celui-là ». « Un voyou pareil, il file un mauvais coton », commentait ma mère.
En effet, on ne tire rien de bon de moi. Rien qu’à me voir, c’est bien ce qu’on conclut. On ne pouvait que s’inquiéter de mon avenir. Ma vie se résume à avoir échappé à la prison.
Deux ou trois jours avant la mort de maman, qui était malade, je faisais des cabrioles dans la cuisine et je me suis fait horriblement mal aux côtes contre un coin de la cuisinière. Hors d’elle, maman dit qu’elle ne voulait plus jamais avoir mon visage sous ses yeux ni me considérer comme son fils et je dus me réfugier chez des parents. C’est alors que tomba la bombe de sa mort. Je ne pensais pas qu’elle mourrait aussi vite. En retournant au bercail, je me dis que si j’avais su sa maladie aussi grave, il aurait mieux valu que je me conduise un peu plus en adulte. Mon frère en rajouta, m’accusant d’être un mauvais fils qui avait précipité la mort de notre mère. Piqué au vif, je lui flanquai une baffe, ce que je payai cher. Nous avons vécu à trois, mon père, mon frère et moi. Mon père était un fainéant, mais il lui suffisait de dévisager quelqu’un pour dire « Celui-là, c’est zéro ». À quoi se référait ce « zéro », j’avoue que je ne l’ai toujours pas compris.
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Grand bien leur fasse, mais alors, pour commencer, il fallait limiter leur offre d’emploi à quelqu’un qui n’aimait ni les soba ni les dango ! On m’avait donné ma lettre d’engagement sans rien me préciser, et c’était un terrible coup que de frapper inopinément d’un cruel tabou les soba et les dango, pour quelqu’un comme moi qui n’avais d’autres passions ! C’est alors que Tricot rouge reprit la parole :
« Nous, les profs de collège, faisons essentiellement partie de l’élite de la société, et ne devons pas manifester un goût prononcé pour les plaisirs matériels. Nous y complaire risque de causer une mauvaise influence sur notre caractère. Mais nous n’en sommes pas moins humains, et sans quelque divertissement, il nous est absolument impossible de survivre dans un trou perdu de province. Nous devons nous inventer des divertissements d’élévation spirituelle, comme d’aller à la pêche, de lire de la littérature, de composer des poèmes de forme libre ou des haïkus… »
Face à l’auditoire muet, il avait donné libre cours à sa passion. Si aller en pleine mer pour pêcher des poissons bons à faire de l’engrais, si dire qu’un goruki est un écrivain russe, si aller retrouver sa geisha régulière qui poireaute au pied d’un pin, si écrire « dans le vieil étang, une grenouille fait plouf… », c’est ça un divertissement d’élévation spirituelle, eh bien manger du tempura et se goinfrer de dango aussi, ce sont des divertissements d’élévation spirituelle ! Avec sa manière de conseiller des distractions de bas étage, Tricot rouge aurait mieux fait d’aller faire sa lessive.
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Pour moi, je suis un peu faible du cerveau et je ne comprenais pas très bien ce que voulait dire le Blaireau. Si un professeur de collège ne devait pas fréquenter de boutiques où l'on sert des nouilles ou des boulettes de riz, je me disais que cette fonction ne convenait absolument pas à un gourmand invétéré de ma sorte. Que cette particularité fut attachée à ce travail, admettons... mais dans ce cas, ne vaudrait-il pas mieux spécifier d'entrée de jeu que le collège recherchait une personne détestant les nouilles et les boulettes de riz?
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Tout bien considéré, je me dis que la grande majorité de l'humanité vous exhorte au mal. On dirait que pour les gens, il est impossible de réussir dans la société à d'être malhonnête. S'ils rencontrent un homme droit et sincère, ils le méprisent en le traitant de "jeunot" ou même de "gosse". Ne vaudrait-il pas mieux que les professeurs de morale des écoles et des collèges n'enseignent pas à leurs élèves à ne pas mentir et à être honnête? Ils devrait oser résolument exposer à l'école les méthodes du bien mentir, les techniques de la méfiance, les moyens de posséder les autres, et ce non seulement dans l'intérêt général, mais pour le bien des individus.
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Vidéo de Natsume Soseki
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE : Natsume Sôseki, Je suis un chat, traduit du japonais et présenté par Jean Cholley, Paris, Gallimard, 1978, p. 369, « Unesco ».
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