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Ryôji Nakamura (Traducteur)René de Ceccatty (Traducteur)
ISBN : 2869307683
Éditeur : Payot et Rivages (02/04/1994)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Jirô, jeune employé sans histoire, doit rejoindre à Osaka un de ses amis pour une promenade dans la campagne japonaise. Il en profite pour rendre visite à un parent de sa mère et se voit contraint de s'intéresser à des problèmes familiaux dont il espérait se détacher. Son ami n'est pas au rendez-vous : hospitalisé d'urgence, il doit annuler ses vacances. Ce contretemps révèle alors à Jirô les multiples drames qui sont habituellement cachés par la réalité quotidienne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bookycooky
  12 juillet 2018
Un roman étrange qui prend lieu dans le Japon du début du siècle dernier.
Jirô, un jeune employé de Tokyo, apparemment sans histoire, projette de rejoindre un ami à Osaka pour une excursion estivale. Mais l'ami en question se retrouvant à l'improviste à l'hôpital, la nature de l'excursion va changer. L'hôpital, et la suite des événements vont susciter des excursions à l'intérieur même des terres du caractère humain, où sa complexité et sa médiocrité se révèleront dans tout ses états.
Je dis étrange, car tout est étrange dans cette histoire: son lent déroulement, les personnages, dont les principaux ici sont les membres d'une même famille, les Nagano, leurs relations, leur mode d'introspection pragmatique, où le narrateur Jirô, un des leurs, y sera lourdement impliqué. Soseki nous croque de son point de vue masculin, des profils de femmes, d'une analyse fine et intéressante, à travers les relations intrinsèques d'une famille et la condition de la femme japonaise au siècle dernier. Une belle-fille difficile à cerner, et le mal-être de son mari, le fils aîné de la famille, sont les noeuds de l'histoire. Étrange monde, mais si réaliste, où chacun seul ou en couple, indifféremment, vit avec ses propres démons, à partir desquels il définit les autres, et par conséquent ses relations aux autres.
Soseki signe ici un roman magistral, où l'apothéose est dans les cinquante dernières pages empreintes de réflexions philosophiques sur la complexité de l'être humain et son mal-être, et où l'on apprendra la véritable identité du voyageur. C'est insolite et intéressant. Soseki est sans aucun doute pour moi, un grand maître de la littérature japonaise.
« Le visage d'un tireur de pousse-pousse, d'un manoeuvre où d'un voleur, à l'instant où je me sens reconnaissant envers lui, n'est-il pas précisément Dieu ? La montagne, la rivière , la mer, la nature à l'instant où je la trouve sublime, n'est-elle pas précisément Dieu ? Qu'y a-t-il d'autre comme Dieu ? ........Dieu est le soi. »


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Claraz68
  04 février 2019
Il s'agit pour moi du premier Soseki que je découvre, il m'avait fait de l'oeil l'année dernière sur une étagère d'une librairie spécialisée en littérature asiatique.
Je savais que l'intrigue ne déborderait pas de péripéties, Soseki oblige, les développements intéressants se situent plus dans la profondeur des personnages, de leurs relations et de leur rapport au monde.
Ne vous attendez pas à du suspens ou d'autres passages éclatants, tout ici se déroule en finesse, l'apparente immobilité de l'action cache une gigantesque tempête de questionnements sur la difficulté des relations de famille, sur Dieu, sur le regard de la société de l'ère Meiji mais qui peut aussi faire écho à notre société actuelle.
Le voyage sert ici de "rituel introspectif" au voyageur, l'identité du voyageur ne nous est appris que tardivement, et je me suis plu à supposer que ce mystère nous montre la multiplicité de sens que peut avoir un voyage pour chaque voyageur. Ce flou identitaire nous montre que le voyage et le voyageur ne sont pas seulement des gens qui se déplacent, mais accompagnant cette mobilité, leur esprit voyage dans un paysage spirituel leur permettant une introspection plus profonde que celle du quotidien dans lequel ils vivent.
Au fond, un voyage est-il nécessairement physique ? Je ne pense pas, celui-ci ne se rapprocherait-il pas de l'observation de la beauté d'un sujet et de ses particularités ?
Soseki nous ouvre ici une porte sur l'incroyable complexité des relations humaines et du rapport au monde qui nous entoure.
La nécessité de voyager ne reflète-t-elle pas un malaise d'appartenir et de vivre dans le carcan des normes sociales ? Le voyage permet-il, au moins en esprit, de s'affranchir momentanément de ces normes étouffantes ou bien la liberté de l'esprit se situe-t-elle dans la folie ?
Tous ces questionnements développés dans "Le Voyageur" nous poussent à la réflexion et à l'introspection, sans oublier la remise en question des normes sociétales face à la souffrance qu'elles génèrent.
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Seijoliver
  01 mars 2019
387 pages !
Vous vous en doutez, quand on commence ainsi, ce n'est pas bon signe. Effectivement j'ai trouvé ce roman très long par moment. Il se termine, d'ailleurs, audacieusement, par une longue lettre occupant les cinquante dernières pages. Lettre un peu confuse qui reflète les interrogations métaphysiques du frère du personnage principal, Jirô.
Le livre commence et se termine par un voyage. A la fin le voyage du frère dépressif qui a besoin de se reposer. Au début celui de Jirô. Celui-ci est un jeune employé qui vit chez ses parents, tout comme son frère et la famille de ce dernier. le livre raconte les relations entre les membres de cette famille, leurs liens plus ou moins étroits, mais ces atermoiements sentimentaux , matrimoniaux ne m'ont guère intéressés...
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   10 juillet 2018
Il me parut absurde de me retrouver dans un paysage aussi beau pour faire des commentaires avec ma mère à l’infini dans le dos de ma belle-sœur.
p.119
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BookycookyBookycooky   12 juillet 2018
Celui qui ne peut être sincère avec soi-même ne peut jamais l'être avec autrui.
p.376
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SeijoliverSeijoliver   01 mars 2019
Dès que j'eus refermé la fenêtre de ma belle-soeur, je me dirigeai vers celle de ma mère. Je tirai le store épais et en tâtonnant me rendis compte avec surprise que la vitre était fermée.
"La pluie ne peut pas entrée ici, maman. Tout est en ordre. Tu vois..., dis-je en tapotant sur la vitre à ses pieds.
- La pluie ne peut pas entrer par ici ?
- Bien sûr que non."
Ma mère eut un sourire.
"Je ne sais pas du tout quand il s'est mis à pleuvoir, dit-elle, pour être aimable et se justifier. Merci, Jirô. Retourne te coucher. IL doit être très tard, non ?"
Ma montre indiquait minuit passé. Je remontais doucement sur ma couchette. Le compartiment retrouva le silence. Depuis que ma mère avait commencé à parler, ma belle-soeur s'était tue. Ma mère resta silencieuse lorsque je me fus recouché. Seul mon frère était demeuré muet du début à la fin. Il dormait paisiblement comme un bienheureux. Cette façon de dormir a toujours suscité des soupçons chez moi.
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OlivinloveOlivinlove   29 mai 2017
Je crois que le moine s'appelait Xiang yan. C'était, paraît-il, un homme d'une sagesse et d'une vivacité d'esprit telles que, comme on le dit vulgairement, si on lui demandait un, il répondait dix, si on lui demandait dix, il répondait cent. Or, expliquait votre frère, cette sagesse et cette vivacité d'esprit l'empêchaient d'avoir l'éveil et il ne pouvait toujours pas entrer dans la voie. Même moi qui ne sais rien de l'éveil, je comprenais parfaitement ce qu'il voulait dire. Pour votre frère que son intelligence torturait, ce devait être encore plus douloureusement clair. Il a même expliqué exprès :
L'excès d'intelligence était précisément la source de ses tourments.
Pendant des années ce moine a étudié le zen sous la direction d'un maître du nom de Bai zhang. Mais le maître est mort sans que le moine ait appris quoi que ce soit. Après quoi, il s'est adressé à Wei shan. Mais alors ce dernier l'a réprimandé en lui disant : "Un homme qui, comme toi, brandit son intellect et s'en vante, ne vaut rien. Reviens quand tu auras retrouvé la forme d'existence qui précédait la naissance de tes parents."
Rentré dans sa cellule, il a repassé en revue toutes les connaissances qu'il avait acquises dans les livres, puis il a soupiré en disant : "Ah, le tableau d'un gâteau de riz n'a pas satisfait ma faim." Il brûla tous les livres en sa possession.
"J'y renonce. Maintenant je ne vivrai que de soupe de riz."
Dès lors il ne pensa même plus à la première lettre du mot "zen". Il abandonna le bien, le mal, la forme d'existence qui précédait la naissance de ses parents : il s'est dépouillé de tout. Il décida de se construire un petit ermitage en choisissant un emplacement tranquille. Il tailla les herbes. Il déterra des souches. Pour aplanir, le terrain, il enleva les pierres. Une de celles qu'il lança heurta un bosquet de bambou en produisant un bruit sec. En entendant cette claire résonance, il connut l'éveil. Il se réjouit en disant : "Un coup de bambou abolit le savoir."
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OlivinloveOlivinlove   29 mai 2017
Votre frère a l'esprit fin. Mais trop fin sur le plan esthétique, éthique et intellectuel : il semble n'être né que pour se torturer lui-même. Loin de lui l'indifférence blasée de celui pour qui A vaut B et vice versa. Il ne peut être satisfait s'il n'a définitivement opté pour A ou pour B. Et si c'est A, il faut que A ait la forme, le degré, le coloris exactement conformes à ses souhaits. Il a l'esprit d'autant plus fin qu'il avance périlleusement dans la vie à pas de funambule sur une ligne qu'il s'est assignée. En revanche il n'est pas content si les autres n'avancent pas impeccablement comme lui, à pas de funambule. Ce serait une erreur de croire que c'est lié à son égoïsme. Si on imaginait un monde réagissant exactement comme votre frère le voudrait, il serait en avance sur le monde actuel. Par conséquent, Ichirô déteste notre monde qui n'a pas la même avance esthétique, intellectuelle et éthique que lui. Ce n'est donc pas un simple égoïsme. Ce n'est pas non plus l'étroitesse d'esprit de Mallarmé, troublé parce qu'on lui a pris son fauteuil.
Mais sa souffrance est peut-être plus profonde. Je veux à tout prix l'arracher à cette souffrance. Il se débat comme un noyé, incapable de l'endurer davantage. Je vois parfaitement son conflit intérieur. Quel sens cela aurait-il d'imposer à la lucidité de votre frère, dont la finesse naturelle a été rendue plus aiguë encore par la culture, une cécité qui lui accorde la sérénité? A supposer que cette tâche vaille la peine, un homme en est-il capable?
Il y a quelque chose que je savais parfaitement. Je savais que dans son esprit, épuisé par une si longue réflexion, les lettres du mot "religion", écrites avec du sang et des larmes, se profilaient, éclatantes, comme un ultime recours.
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Video de Natsume Soseki (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Natsume Soseki
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de la mort?
« Il cessa de pleurer, et, le visage tourné vers le mur, il se mit à réfléchir, l?esprit obsédé par cette unique pensée : Pourquoi, pourquoi cette chose épouvantable ? Mais quoi qu?il fît, il ne trouvait aucune réponse. Et quand l?idée qu?il n?avait pas vécu comme on doit vivre se dressait devant lui, il chassait cette idée bizarre en se rappelant aussitôt la parfaite correction de son existence. Presque toujours le visage tourné vers le mur, il souffrait, seul, de ses souffrances insolubles, il se plongeait, seul, dans ses pensées insolubles. « Qu?est-ce donc ? Est-ce vraiment la mort ? » Et la voix intérieure répondait : « Oui, c?est la mort ». ? « Mais pourquoi ces souffrances ? » Et la voix intérieure répondait : « Comme ça, pour rien. » Tolstoï, La mort d?Ivan Illitch.
Comme tous les êtres vivants, nous allons mourir un jour. Mais à la différence des autres êtres vivants, nous en sommes conscients. Ce qui fait dire à Woody Allen : « Depuis que les humains se savent mortels, ils ont du mal à être tout à fait décontractés ». Alors, pour nous décontracter, nous nous efforçons de ne pas trop y penser : « L?homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée », écrit Paul Valéry.
Mais la mort parfois nous tire par la manche. Nous sommes impliqués de loin, par la disparition d?une connaissance ou d?une célébrité ; nous sommes en présence du corps sans vie d?un ami, près d?un cercueil, à côté d?une tombe? Ou, plus déstabilisant encore, nous sommes impliqués dans notre propre chair, au travers d?une maladie menaçante diagnostiquée chez nous.
Alors, nos illusions s?envolent. le temps de l?insouciance et des fausses croyances est terminé : nous ne pouvons plus faire comme s?il nous restait un temps illimité à vivre. Non, le temps qu?il nous reste n?est pas illimité. Pire, il est incertain, et peut-être serons-nous morts demain.
Face à la mort et au cortège de peurs qu?elle pousse devant elle, c?est notre vie intérieure qui peut nous donner force et lucidité. Sans un salutaire travail de l?âme, notre crainte de la mort influence et parasite notre vie. Les recherches scientifiques ont montré qu?en activant la peur de la mort, on pousse les humains à plus de matérialisme, plus d?égoïsme, plus de rigidité psychologique. A l?inverse, s?entraîner à un abord lucide, apaisé et réaliste, de l?idée de sa mort apporte peu à peu une forme d?apaisement et d?équanimité, envers une perspective qui ne réjouit, tout de même, personne ! C?était le conseil de Montaigne : « Otons-lui l'étrangeté, pratiquons-la, accoutumons-la, n'ayons rien si souvent en la tête que la mort. »
Alors, de notre mieux, accueillons les irruptions de la mort dans nos vies : devant les faire-part de décès, à l?écoute du glas de l?église voisine? Immobilisons-nous, et laissons toutes les images, les pensées et les souvenirs liés à la mort se répandre en nous ; efforçons-nous, simplement, de rester reliés à notre respiration, au souffle de la vie en nous et autour de nous.
Rendons-nous, de temps en temps, dans les cimetières ; prenons le temps d?y marcher dans les allées, de nous y asseoir ; et là encore, sans rien chercher, sans rien poursuivre, laissons-nous habiter par ces instants, observons cet environnement de vie et de mort mêlés. Restons là, à écouter le chant des oiseaux, le pas des visiteurs sur le gravier? J?ai souvent fait cet exercice avec certains de mes patients qui souffraient d?une anxiété de la mort, et nous en avons gardé, eux et moi, des souvenirs d?expériences très fortes, et paradoxalement très douces.
Connaissez-vous ce haïku du poète japonais Natsume Sôseki ? « Sans savoir pourquoi / J?aime ce monde / Où nous venons pour mourir. ». le contraire de la mort, c?est la naissance. Nous sommes entrés, nous allons sortir. Et entre les deux il y a la vie. Vous ne trouvez pas qu?elle est belle ?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
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