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Ryôji Nakamura (Traducteur)René de Ceccatty (Traducteur)
EAN : 9782869307681
386 pages
Éditeur : Payot et Rivages (02/04/1994)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Jirô, jeune employé sans histoire, doit rejoindre à Osaka un de ses amis pour une promenade dans la campagne japonaise. Il en profite pour rendre visite à un parent de sa mère et se voit contraint de s'intéresser à des problèmes familiaux dont il espérait se détacher. Son ami n'est pas au rendez-vous : hospitalisé d'urgence, il doit annuler ses vacances. Ce contretemps révèle alors à Jirô les multiples drames qui sont habituellement cachés par la réalité quotidienne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  12 juillet 2018
Un roman étrange qui prend lieu dans le Japon du début du siècle dernier.
Jirô, un jeune employé de Tokyo, apparemment sans histoire, projette de rejoindre un ami à Osaka pour une excursion estivale. Mais l'ami en question se retrouvant à l'improviste à l'hôpital, la nature de l'excursion va changer. L'hôpital, et la suite des événements vont susciter des excursions à l'intérieur même des terres du caractère humain, où sa complexité et sa médiocrité se révèleront dans tout ses états.
Je dis étrange, car tout est étrange dans cette histoire: son lent déroulement, les personnages, dont les principaux ici sont les membres d'une même famille, les Nagano, leurs relations, leur mode d'introspection pragmatique, où le narrateur Jirô, un des leurs, y sera lourdement impliqué. Soseki nous croque de son point de vue masculin, des profils de femmes, d'une analyse fine et intéressante, à travers les relations intrinsèques d'une famille et la condition de la femme japonaise au siècle dernier. Une belle-fille difficile à cerner, et le mal-être de son mari, le fils aîné de la famille, sont les noeuds de l'histoire. Étrange monde, mais si réaliste, où chacun seul ou en couple, indifféremment, vit avec ses propres démons, à partir desquels il définit les autres, et par conséquent ses relations aux autres.
Soseki signe ici un roman magistral, où l'apothéose est dans les cinquante dernières pages empreintes de réflexions philosophiques sur la complexité de l'être humain et son mal-être, et où l'on apprendra la véritable identité du voyageur. C'est insolite et intéressant. Soseki est sans aucun doute pour moi, un grand maître de la littérature japonaise.
« Le visage d'un tireur de pousse-pousse, d'un manoeuvre où d'un voleur, à l'instant où je me sens reconnaissant envers lui, n'est-il pas précisément Dieu ? La montagne, la rivière , la mer, la nature à l'instant où je la trouve sublime, n'est-elle pas précisément Dieu ? Qu'y a-t-il d'autre comme Dieu ? ........Dieu est le soi. »


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Erik35
  15 janvier 2019
FAMILLE, JE VOUS HAIS-ME.
L'histoire est celle d'un jeune homme, Jirô, qui a prévu de partir en randonnée avec un ami. Mais cet ami est à l'hôpital, souffrant d'étranges maux d'estomac. Jirô prolonge cependant son séjour chez une relation familiale, Okada, un homme qui se sent redevable car il a séjourné dans cette famille pendant ses études. Okada s'est mis en quête d'un mari convenable pour Osada, une jeune femme qui semble être la protégée de la famille de Jirô et dont ils aimeraient bien se “décharger” en la mariant. Après s'être assuré que l'homme choisi par Okada est un parti acceptable, il passe quelque temps à Osaka avec sa mère, son frère et sa belle-soeur venus de Tokyo le rejoindre.
L'ami étant donc hospitalisé, le voyage prévu est annulé. Rompant brusquement la trame romanesque attendue, le récit dérive sur la chronique familiale. Ichirô, le frère aîné de Jirô, intellectuel tourmenté, s'interroge sur la fidélité de sa femme Nao et sur le sens du mariage. Nao est-elle amoureuse de son beau-frère ? Est-elle tout simplement attirée par la simplicité du jeune homme ? Rien n'est vraiment élucidé de ces vies à l'abri des contraintes matérielles. Une nuit de tempête, Jirô se voit contraint de dormir dans la même auberge que sa belle-soeur, sans pouvoir rejoindre le reste de la famille. Cette séquence exacerbe violemment le récit. Mais, pour autant, l'explosion attendue par le lecteur n'aura pas lieu, Sôseki s'acharnant à dérouter son lecteur, et pas qu'un peu, la conversation entre les deux jeunes gens dérivant sur le thème de la mort, non celui de l'amour.
Tout au long de ce surprenant récit constitué d'une succession de chapitres très brefs interrompant bien souvent qui une action, qui une réflexion, qui une description ou une flânerie, mais insinuant ainsi une rythmique tout aussi soutenue qu'incessamment surprenante, comme si l'ensemble suivait les percussions subtiles d'un joueur de taiko, Jirô, beau garçon sans doute, promis à une existence traditionnelle, ne dit à peu près rien de sa vie sexuelle, de ses aspirations profondes ni de ses rêves, mais nous fait suivre les tribulations intimistes d'une famille japonaise de l'ère Meiji. Ce qu'il évoque le plus intensément c'est l'abîme qui le sépare de son frère : une forme d'amour impossible qui ne trouve son chemin que dans l'incomplétude, l'incompréhension, un respect fraternel presque maladif - l'aîné est un pur intellectuel, professeur d'université reconnu tandis que son puîné est un simple "rond de cuir" -, appesanti par la puissance de la tradition et des normes sociales qui, bien souvent, trouvent leur résolution au cours d'inattendues explosions de colère.
Les relations interpersonnelles sont au centre du roman où il ne se passe presque rien en terme d'action (on y voyage bien un peu mais c'est souvent pour mieux regretter son chez soi), tandis que la tension ne cesse pourtant de se renforcer au fil des pages. Natsume Soseki met ainsi l'accent sur les conflits entre les membres de la famille, leurs ressentiments, les incompréhensions des uns envers les autres, leurs taquineries et leurs difficultés à se supporter malgré l'amour qui les unit, et que traverse un sentiment profond et irrémédiable d'incommunicabilité parce qu'il est tout simplement impossible de véritablement connaître l'autre, même si l'on vit à ses côtés de tout temps. le mariage - n'oublions pas que nous sommes en des temps et en des lieux où les normes et les liens sociaux comptent infiniment plus qu'aujourd'hui - est aussi ce qui occupe les pensées de chacun. Quand donc Jirô trouvera-t-il une bonne épouse et quittera-t-il le foyer familial ? Comment les rapports père-fils peuvent-ils trouver leur équilibre (n'oublions pas que la norme d'alors était, pour l'aîné de la famille, de maintenir les parents au sein de la demeure commune avec toutes les difficultés que cela peut représenter) ? Comment se comprendre entre époux (les mariages étant alors plus ou moins arrangés) tandis que tout vous sépare en dehors d'une certaine condition sociale équivalente ? Autant de questions auxquelles l'auteur de l'Oreiller d'herbes a l'intelligence et l'immense finesse de ne pas répondre d'un bloc ni frontalement, laissant entre les mains du lecteur une infinité de pistes qui trouvent une grande part de leur résolution dans les cinquante dernières pages, absolument haletantes et époustouflantes au cours desquelles l'écrivain déplace et déroute, dans toutes les acceptions du verbe, le fil de ce récit certes dramatique mais à la trame presque trop évidente en retirant au narrateur des neuf dixième de ce roman - le frère cadet Jiro - la seule responsabilité de l'histoire en cours, la confiant à un parfait inconnu, ami d'étude d'Ichiro l'aîné. C'est alors une longue lettre, saisissante et hiératique, qui parachèvera ce long texte, ne laissant pas de surprendre jusqu'au bout l'amateur. S'y entremêlent de puissantes réflexions philosophiques, éthiques, métaphysiques que l'ultime périple de celui qui s'avère sans doute être le véritable voyageur du titre éponyme, Ichiro, échange avec son compagnon de route, cet ami en tout point différent de lui mais si précieux pour cette même raison, et qui nous valent d'ailleurs quelques merveilleuses pages sur l'amitié entre deux êtres lorsqu'ils ne conversent pas sur de tous autres sujets.
Qui voudra lire ici un texte épique, une évocation onirique ou, moins encore et malgré son titre, un récit de voyage à travers le Japon du début du siècle dernier sera, assurément, très déçu. Bien que certaines pistes soient données par le créateur de Je suis un chat quant aux sources et aux références (occidentales, en particulier) lointaines, aux clés d'interprétation diverses - Baudelaire est cité, de même que Maeterlinck, Flaubert. On retrouvera aussi le "Es muss sein" du quatuor à corde n°16 de Ludwig von Beethoven, dont il faut lire l'interprétation lumineuse de Milan Kundera dans L'insoutenable légèreté de l'être, certaines pièces du théâtre traditionnel japonais, etc -, il est indéniable que celles-ci sont trop faibles - et d'ailleurs très souvent considérées comme peu valables voire erronées, ou encore trop vieillies dans les descriptions de Jiro - pour rendre compte des intentions très originales de cet écrivain et poète majeur du Japon moderne. Il restera donc au lecteur patient de s'y reprendre à plusieurs fois, de creuser, d'approfondir sa connaissance de l'oeuvre de Natsume Soseki pour toucher un peu mieux du doigt toute la profondeur, toute les subtilités d'un créateur au génie incontestable mais qui savait cacher l'immensité de ses méditations à l'intérieur de scènes passablement anodines de l'existence de ces êtres de papier.
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mh17
  17 août 2019
J'ai beaucoup aimé ce roman déroutant et tragique, d'une formidable richesse psychologique. Il est déroutant car la trame narrative est souvent en suspens: l'histoire n'avance pas comme celle d'un roman occidental traditionnel. On a plutôt à faire à une succession de tableaux qui permettent de décrire la complexité intérieure des protagonistes. Le roman traite essentiellement des relations intrafamiliales, du mariage, de l'impossibilité d'échapper aux normes, de fuir les conventions sociales. Ce qui m'a beaucoup touchée c'est que chaque membre de la famille vit ses ressentiments, ses conflits, ses angoisses en silence, isolément. Ils s'aiment mais sont dans l'impossibilité de partager et encore moins de s'aider.
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Nuageuse
  05 décembre 2019
Si vous êtes friand de romans d'aventure, passez votre chemin.
Il n'en est nullement question... quoique le frère du narrateur se demande si sa femme est fidèle. Il demande à notre narrateur de la sonder et de passer la nuit avec elle dans une ville voisine. Ce dernier refuse net jusqu'au moment... Ceci n'est qu'un passage parmi tant d'autres.
Le voyageur est un roman délicat sur les relations humaines surtout dans le milieu familial. le désespoir et la cruauté ressortent d'autant plus que la plume de l'auteur est poétique comme chez tous les écrivains japonais.
Ce roman est un bijou philosophique et nous emmène au plus profond de la culture japonaise où chacun est un tout et doit participer au groupe (contrairement à notre culture individualiste).
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AkaruNensho
  04 février 2019
Il s'agit pour moi du premier Soseki que je découvre, il m'avait fait de l'oeil l'année dernière sur une étagère d'une librairie spécialisée en littérature asiatique.
Je savais que l'intrigue ne déborderait pas de péripéties, Soseki oblige, les développements intéressants se situent plus dans la profondeur des personnages, de leurs relations et de leur rapport au monde.
Ne vous attendez pas à du suspens ou d'autres passages éclatants, tout ici se déroule en finesse, l'apparente immobilité de l'action cache une gigantesque tempête de questionnements sur la difficulté des relations de famille, sur Dieu, sur le regard de la société de l'ère Meiji mais qui peut aussi faire écho à notre société actuelle.
Le voyage sert ici de "rituel introspectif" au voyageur, l'identité du voyageur ne nous est appris que tardivement, et je me suis plu à supposer que ce mystère nous montre la multiplicité de sens que peut avoir un voyage pour chaque voyageur. Ce flou identitaire nous montre que le voyage et le voyageur ne sont pas seulement des gens qui se déplacent, mais accompagnant cette mobilité, leur esprit voyage dans un paysage spirituel leur permettant une introspection plus profonde que celle du quotidien dans lequel ils vivent.
Au fond, un voyage est-il nécessairement physique ? Je ne pense pas, celui-ci ne se rapprocherait-il pas de l'observation de la beauté d'un sujet et de ses particularités ?
Soseki nous ouvre ici une porte sur l'incroyable complexité des relations humaines et du rapport au monde qui nous entoure.
La nécessité de voyager ne reflète-t-elle pas un malaise d'appartenir et de vivre dans le carcan des normes sociales ? Le voyage permet-il, au moins en esprit, de s'affranchir momentanément de ces normes étouffantes ou bien la liberté de l'esprit se situe-t-elle dans la folie ?
Tous ces questionnements développés dans "Le Voyageur" nous poussent à la réflexion et à l'introspection, sans oublier la remise en question des normes sociétales face à la souffrance qu'elles génèrent.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   06 janvier 2019
Mon intérêt pour «cette femme» s'était estompé, mais je ne voulais absolument pas qu'une intimité naquît entre Misawa et elle. Il s’inquiétait de me voir approcher de la belle infirmière, alors qu'elle lui était indifférente. il y avait là-dessous un combat secret dont nous ne nous apercevions pas. C'était l'égoïsme et la jalousie inhérents à l'être humain. C'étaient deux intérêts qui n'avaient pas de point de rencontre et ne pouvaient se résoudre ni en harmonie, ni en affrontement. Bref, il y avait un conflit de caractère. Ni lui ni moi ne pouvions l'admettre ouvertement.
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Erik35Erik35   15 janvier 2019
» "À coup d'absolu, l'autre jour, tu as tenu des raisonnements compliqués. Mais il n'y a aucune nécessité que tu entres dans ton absolu, en t'embarrassant de tant de complications. Il suffit que tu te laisses absorber comme ça par les crabes. Tu n'auras aucune souffrances à endurer. Prendre d'abord conscience de l'absolu, ensuite saisir l'instant où cet absolu se mue en relatif et y découvrir l'unité des deux : c'est à se rompre les os, non ? De toute façon, on n'est même pas sûr qu'un homme en soit capable."
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BookycookyBookycooky   10 juillet 2018
Il me parut absurde de me retrouver dans un paysage aussi beau pour faire des commentaires avec ma mère à l’infini dans le dos de ma belle-sœur.
p.119
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Erik35Erik35   11 janvier 2019
Je savais très bien que, comme chez une femme, l'humeur de mon frère changeait aussi vite que le ciel. Lui qui était une intelligence, il avait parfois des traits de caractère d'un enfant ingénu ou d'un poète, pur comme le cristal. Tout en le respectant, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il avait des côtés qui pouvaient passer pour risibles.
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BookycookyBookycooky   12 juillet 2018
Celui qui ne peut être sincère avec soi-même ne peut jamais l'être avec autrui.
p.376
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Video de Natsume Soseki (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Natsume Soseki
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de la mort?
« Il cessa de pleurer, et, le visage tourné vers le mur, il se mit à réfléchir, l?esprit obsédé par cette unique pensée : Pourquoi, pourquoi cette chose épouvantable ? Mais quoi qu?il fît, il ne trouvait aucune réponse. Et quand l?idée qu?il n?avait pas vécu comme on doit vivre se dressait devant lui, il chassait cette idée bizarre en se rappelant aussitôt la parfaite correction de son existence. Presque toujours le visage tourné vers le mur, il souffrait, seul, de ses souffrances insolubles, il se plongeait, seul, dans ses pensées insolubles. « Qu?est-ce donc ? Est-ce vraiment la mort ? » Et la voix intérieure répondait : « Oui, c?est la mort ». ? « Mais pourquoi ces souffrances ? » Et la voix intérieure répondait : « Comme ça, pour rien. » Tolstoï, La mort d?Ivan Illitch.
Comme tous les êtres vivants, nous allons mourir un jour. Mais à la différence des autres êtres vivants, nous en sommes conscients. Ce qui fait dire à Woody Allen : « Depuis que les humains se savent mortels, ils ont du mal à être tout à fait décontractés ». Alors, pour nous décontracter, nous nous efforçons de ne pas trop y penser : « L?homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée », écrit Paul Valéry.
Mais la mort parfois nous tire par la manche. Nous sommes impliqués de loin, par la disparition d?une connaissance ou d?une célébrité ; nous sommes en présence du corps sans vie d?un ami, près d?un cercueil, à côté d?une tombe? Ou, plus déstabilisant encore, nous sommes impliqués dans notre propre chair, au travers d?une maladie menaçante diagnostiquée chez nous.
Alors, nos illusions s?envolent. le temps de l?insouciance et des fausses croyances est terminé : nous ne pouvons plus faire comme s?il nous restait un temps illimité à vivre. Non, le temps qu?il nous reste n?est pas illimité. Pire, il est incertain, et peut-être serons-nous morts demain.
Face à la mort et au cortège de peurs qu?elle pousse devant elle, c?est notre vie intérieure qui peut nous donner force et lucidité. Sans un salutaire travail de l?âme, notre crainte de la mort influence et parasite notre vie. Les recherches scientifiques ont montré qu?en activant la peur de la mort, on pousse les humains à plus de matérialisme, plus d?égoïsme, plus de rigidité psychologique. A l?inverse, s?entraîner à un abord lucide, apaisé et réaliste, de l?idée de sa mort apporte peu à peu une forme d?apaisement et d?équanimité, envers une perspective qui ne réjouit, tout de même, personne ! C?était le conseil de Montaigne : « Otons-lui l'étrangeté, pratiquons-la, accoutumons-la, n'ayons rien si souvent en la tête que la mort. »
Alors, de notre mieux, accueillons les irruptions de la mort dans nos vies : devant les faire-part de décès, à l?écoute du glas de l?église voisine? Immobilisons-nous, et laissons toutes les images, les pensées et les souvenirs liés à la mort se répandre en nous ; efforçons-nous, simplement, de rester reliés à notre respiration, au souffle de la vie en nous et autour de nous.
Rendons-nous, de temps en temps, dans les cimetières ; prenons le temps d?y marcher dans les allées, de nous y asseoir ; et là encore, sans rien chercher, sans rien poursuivre, laissons-nous habiter par ces instants, observons cet environnement de vie et de mort mêlés. Restons là, à écouter le chant des oiseaux, le pas des visiteurs sur le gravier? J?ai souvent fait cet exercice avec certains de mes patients qui souffraient d?une anxiété de la mort, et nous en avons gardé, eux et moi, des souvenirs d?expériences très fortes, et paradoxalement très douces.
Connaissez-vous ce haïku du poète japonais Natsume Sôseki ? « Sans savoir pourquoi / J?aime ce monde / Où nous venons pour mourir. ». le contraire de la mort, c?est la naissance. Nous sommes entrés, nous allons sortir. Et entre les deux il y a la vie. Vous ne trouvez pas qu?elle est belle ?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
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