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EAN : 9782020386692
127 pages
Éditeur : Seuil (30/12/2000)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Mil neuf cent quarante-six. Un homme revient au bout de vingt ans dans le village où il a commencé sa vie d'adulte. Il n'y revient que pour un seul jour, mais c'est toute son existence qui va se jouer là, en quelques heures, au milieu d'un paysage de solstice d'hiver, entre une gare habitée par un militaire mélomane et une église où l'on célèbre d'obscures funérailles.

Dans ce roman où rien n'est laissé au hasard, où le réalisme le plus net débouc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Sachenka
  29 novembre 2019
Plusieurs personnes ont enfoui des douleurs, des regrets au plus profond de leur être et un deuil peut les réveiller à n'importe quel moment. Et, de là, le besoin de s'expliquer, de se faire pardonner des fautes passées. C'est ce qui est arrivé à Louis Bapaume. En une journée de l'hiver 1946, il retourne dans son patelin natal, dans une région excentrée. Là, il fait d'étranges rencontres, il retrouve les von Croft et ses démons personnels. L'intrigue principale, celle de la rédemption, que propose L'acquittement peut paraître banale mais son développement est tout sauf banal. On plonge dans le mystère, l'incertitude (de quelle faute Louis est-il venu s'acquitter ?) mais aussi dans un univers unique, enchanteur. Poétique, même. La tempête qui a bloqué les routes, le comportement étrangement amical de certains villageois, celui emplein de curiosité ou de méfiance des autres, la mort d'une enfant et ses funérailles à l'église, etc. Tout ça avait quelque chose de surréel malgré le réalisme avec lequel c'était décrit et raconté. Aussi, personne ne livre le fond de sa pensée, il faut chercher les réponses non pas dans les paroles mais dans le non-dit. J'avais toujours l'impression qu'il me manquait un morceau du puzzle, qu'il y avait un mystère à percer. En effet, chaque fois que je pensais détenir la solution à ce mystère, un autre pointait et changeait tout. Et cela jusqu'à la toute fin. Littéralement. le roman est divisé en quatre parties (au début, je croyais qu'il s'agissait d'un recueil de quatre nouvelles différentes, mais non !) et, chacune d'elle est centrée sur un symbole qui prolonge le questionnement. Ou l'étire trop longuement, c'est selon. Certains lecteurs peuvent s'en trouver agacés. Pas moi, je suis tombé sous son charme troublant. de plus, ceux qui ont lu d'autres oeuvres de Gaétan Soucy (comme La petite fille qui aimait trop les allumettes) s'y attendent peut-être.
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adtraviata
  17 février 2016
Dès la première page de ce court roman, j'ai été sous le charme : la grâce, la magie, la mélancolie qui coule des mots de Gaétan Soucy, associées au paysage d'hiver traversé par Louis Bapaume m'ont conquise. Et pourtant je ne suis pas sûre d'avoir tout compris !
Les questions se multiplient, les réponses se dérobent, l'auteur joue avec finesse sur le dévoilement et l'épaississement du mystère. Qui est qui dans ce roman ? Qui sommes-nous vraiment ? Quels événements importants tissent notre histoire et quels sont ceux que retient notre mémoire pour nous construire ? Peut-on se faire pardonner les erreurs du passé, peut-on repartir à zéro ? Nous étions peut-être dans l'ordre du rêve, des fantasmes, de l'inconscient (Gaétan Soucy aime cette thématique, on le verra dans La petite fille qui aimait trop les allumettes) ? Finalement qui est vraiment l'homme qui repart à la fin du roman (une fin à la fois ouverte et… un rien flippante) ?
Le froid, le givre qui ont recouvert la France (le personnage au nom bien accordé de Françoise) sont amplifiés, magnifiés dans le paysage de neige et d'étoiles que découvre Louis Bapaume à l'approche de Saint-Aldor. Mais la neige se détache des arbres et efface ses traces sous son poids à l'instar de ce passé qui le hante et se dérobe à sa mémoire.
Il faut peut-être revenir aux premiers mots du livre pour obtenir une lumière : « La catastrophe essentielle qui fonde la réalité du monde, c'est la mort inéluctable de ceux qu'on aime. A qui prétendrait croire à l'irréalité des choses, il suffirait de rappeler la réalité du deuil. » (p. 13) Oui, la vie et la mort s'entrecroisent et se côtoient dans ce texte : sur le bref temps que Louis passe, quelqu'un meurt et quelqu'un naît. Mort et vie, rêve et réalité, deux compositeurs, deux soeurs jumelles… la partition du double adroitement jouée.
Oui, décidément, Gaétan Soucy est un auteur à part. Et un enchanteur des mots.
Lien : http://desmotsetdesnotes.wor..
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lilasviolet
  02 septembre 2013
L'acquittement est un roman plus que mystérieux. En effet, j'ai eu du mal à saisir les tenants et les aboutissants, mais cela n'enlève rien au charme de la plume de Gaétan Soucy. Je suis plutôt satisfaite de cette lecture car le style, les mots et les phrases sont emprunts de poésie.
L'histoire se déroule dans une communauté encerclée par la neige. L'auteur a réussi a créé un huis clos étouffant, où un drame se déroule sous les yeux de Louis Bapeaume venu s'acquitter auprès des von Croft.
La question que l'on se pose sans arrêt est : de quoi est-il venu s'acquitter ? Quels sont ses liens avec les von Croft ? L'auteur nous donne quelques clés mais pas seulement. C'est avec plaisir que j'ai découvert cet auteur québécois. Je lirai certainement ses autres romans.
Lien : http://lilasviolet.blogspot...
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Errant
  15 août 2016
J'ai pris quelques heures pour décanter et tourné ma plume 7 fois avant d'écrire tellement je craignais ne trouver que du négatif, peut-être injustement, à ce très (et heureusement) court roman. Rien ne m'a accroché dans cette soi-disante énigme perpétuelle, ni les personnages, à la limite du grotesque dans certains cas, ni le décor prétexte à des envolées descriptives qui m'ont parues lourdaudes, et encore moins le fil de l'histoire, si ténu qu'il en frise le ridicule. Et la chute, possiblement éclairante, m'a plutôt semblé comme un pied-de-nez au lecteur. Je n'ai rien, au contraire, contre le flou, l'irréel, les fantasmes, l'inexplicable ou les méandres de la folie, mais encore faut-il que tout cela me soit présenté avec un minimum de crédibilité. Bref s'il y a quelque substance dans cet écrit, je suis passé complètement à coté! Ça peut arriver.
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rvb
  02 septembre 2016
La beauté des mots au service d'une histoire troublante, entre rêve et réalité.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
lexotelexote   15 mai 2009
Les nuages envahissaient le ciel avec une vélocité fascinante, comme dans les films d'épouvante. Bientôt on ne vit plus de la neige qu'une stupeur grise et la campagne se perdit dans l'obscurité. Seul demeurait un anneau de firmament à l'horizon, bleu ecchymose, où une dernière étoile brillait comme un éclat de miroir au soleil. Louis pensait à la fille du bedeau. Qu'éprouvait-elle, si elle était encore de ce monde? A l'heure où elle commençait peut-être à désespérer d'un secours, cette femme voyait le ciel se refermer au-dessus d'elle, comme sur la mouche prisonnière l'ombre grandissante de l'araignée, et cette étoile fiévreuse, qui brûlait avec l'intensité de ce qui ne veut pas mourir, ressemblait à un cri effrayant et muet.
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SachenkaSachenka   28 novembre 2019
- Je... J'ai cru longtemps que cette épreuve [la mort de mon fils] m'avait été envoyée par Dieu pour me rappeler à l'ordre, pour me sortir de la torpeur où je végétais, de mon incapacité depuis deux ans à composer la moindre musique. Aussi me suis-je jeté dans le travail. Comprenez-vous? Je croyais que Dieu attendais de moi que je compose un magnifique oratorio inspiré par la douleur!... Comme si Dieu achetait quelques pages de musique avec la vie d'un enfant... Mais c'est ma vanité, le démon de ma vanité en réalité qui me soufflait tout ça... [...]
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adtraviataadtraviata   17 février 2016
« Déjà la nuit allait tomber. Une sorte de lumière montait de la neige. Le vent avait découpé dans les dunes blanches des stries si précises et si fines qu’on aurait dit le travail d’un artisan. On pouvait les suivre des yeux sur le pourtour du vallonnement, douces comme le dessin des lèvres humaines. Ici et là un souffle faisait lever à ras du sol des tourbillons de poussière diamantine qui disparaissaient comme de la fumée. Une forêt apparemment infinie étendait ses ailes de part et d’autre du vallon. L’immensité du paysage, presque violente, fonçait dans tous les sens, gonflait l’espace comme un ballon. » (p. 15)
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ErrantErrant   15 août 2016
Louis aurait aimé avoir le courage de marcher vers cet enfant comme vers un autre lui-même, et de lui dire des choses simples et vraies, des choses dont on se dit plus tard qu'on aurait aimé que quelqu'un nous les dise, des paroles réconfortantes pour celui qui se tient à l'orée de la vie et tremble de terreur.
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rvbrvb   29 juillet 2016
C'est que les rêves que l'on fait dépendent des lieux où l'on dort. Il ne l'avait pas entendu dire. Il n'avait pas lu ça quelque part, il le savait par l'autorité que confère une expérience vécue, mille fois répétée. Entre sans vergogne dans une chambre, faire du bruit, discuter avec un comparse lui paraissait aussi irresponsable que de claquer des talons dans la cage d'un fauve assoupi. Il ne fallait pas en les brusquant s'attirer la colère des songes.
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Videos de Gaétan Soucy (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gaétan Soucy
Présentation de Gaétan Soucy, écrivain canadien, par Claude Rouquet (L'Escampette éditions) à l'occasion du festival littéraire Passeurs de monde(s). Vidéo réalisée par les yeux d'IZO. © Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes - 2009
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