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ISBN : 2367406065
Éditeur : Scrineo (03/05/2018)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Ce roman, c’est un projet qui me tenait vraiment très à cœur, dans un univers que j’affectionne tout particulièrement puisque mes premières armes en publication se sont faites dans le steampunk. Je suis à la fois excitée, heureuse et paniquée à l’idée de vous le présenter. Et quoi de mieux pour se faire qu’un petit résumé ? Alors on y va !

Rouille va vous raconter l’histoire de Violante, une jeune prostituée dans le Paris de 1897 qui a perdu la mémoir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  30 mai 2018
Violante , une très belle jeune femme, "égérie" d'une maison close à Paris ne se souvient plus de rien. Elle ne sait d'où elle vient, ni qui elle est. Ses recherches vont la conduire vers l'innommable.
Un premier roman assez intéressant, dans un univers steam punk.
J'ai apprécié l'approche des personnages qui sont très travaillés aussi bien physiquement que dans leur caractère. On sent assez facilement des affinités avec certains.. et une sympathie s'instaure assez vite.
J'ai trouvé l'histoire très intéressante, bien menée , malgré quelques longueurs. Un manque d'équilibre fait que certains passages sont sans doute inutiles et font donc durer l'intrigue. Je regrette un certain manque d'action dans les deux premiers tiers du roman. Par contre le final est purement génial… et surprenant de surcroit.
J'ai donc réellement apprécié ce roman malgré ses quelques défauts. l'univers traité et les situations ne sont pas les plus faciles a mettre dans l'imagination du lecteur… et pourtant ce fut une réussite en ce qui me concerne.
Je voulais également souligner la couverture qui est juste magnifique… un régal pour les yeux.

Je garderais un oeil curieux sur le devenir de l'auteure parce que j'ai apprécié sa façon d'écrire et de mener son histoire.

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boudicca
  26 août 2018
Cela fait maintenant quelques années qu'on entend de plus en plus parler des éditions Scrinéo dans le monde des littératures de l'imaginaire, grâce à des auteurs comme Aurélie Wellenstein ou encore Gabriel Katz. Cette année, la maison d'édition donne sa chance à une jeune auteur et booktubeuse, Floriane Soulas (Flo Bouquine), qui signe ici son premier roman (on lui doit également deux nouvelles parues dans des anthologies). Si le pitch semble intéressant, je dois avouer que c'est avant tout la très belle couverture signée par Aurélien Police qui m'a surtout convaincue de tenter l'expérience. le roman se déroule dans un Paris revisité, à la toute fin du XIXe siècle, et met en scène une jeune femme, Violante, qui ne se rappelle de rien avant son arrivée dans la capitale. Prostituée dans un bordel de luxe, les Jardins mécaniques, celle que ses client connaissent sous le surnom de « Duchesse » tente de remonter peu à peu la piste de ses souvenirs afin de découvrir sa véritable identité. Mais les indices sont minces et, plus les jours passent, plus la jeune femme disparaît derrière le rôle qu'elle compose pour sa clientèle. Son investigation est de plus perturbée par la disparition de sa meilleure amie, une autre prostituée, mise à la rue par la maquerelle de l'établissement et dont personne n'a plus aucune nouvelle depuis des jours. La chose n'aurait rien d'inquiétante en temps normal, seulement un serial-killer sévit dans la capitale depuis quelques mois, semant derrière lui les cadavres atrocement mutilés de femmes ou d'enfants des rues. Très vite, Violante s'implique dans l'enquête qui n'avance pas plus que sa quête de mémoire : comment expliquer les marques étranges retrouvées sur les corps ? Comment le meurtrier fait-il pour se déplacer aussi subrepticement ? Et, surtout, quel est le rapport avec cette toute nouvelle drogue dure qui vient d'arriver sur le marché, la « rouille » ?
Floriane Soulas dépeint un Paris du XIXe siècle convainquant, y ajoutant même une petite touche de steampunk. Dirigeables parcourant le ciel, tour Eiffel transformée en aérodromes, gadgets mécaniques à gogo… : on retrouve la plupart des caractéristiques esthétiques propres à ce sous-genre, sans que ceux-ci ne prennent pour autant le pas sur l'intrigue. N'allez toutefois pas vous imaginez un Paris rutilant dont on arpenterait que les beaux quartiers, bien au contraire. L'auteur s'intéresse ici davantage aux bas-fonds de la capitale dont on découvre les ghettos, les bordels et les bars les plus miteux. L'ensemble du récit baigne le plus souvent dans une ambiance glauque d'un bel effet, et c'est en partie ce qui fait le charme du roman. L'auteur ne lésine en effet pas sur les détails un peu sordides, et s'attache à montrer la misère et la violence qui règne dans ces quartiers insalubres. le milieu de la prostitution est notamment bien décrit, et a du faire l'objet de sérieuses recherches de la part de l'auteur qui nous décrit ici non seulement le fonctionnement des maisons closes, mais aussi les rapports qu'entretiennent les puissants (politiques, policiers, diplomates…) avec ce type d'établissements (on se croirait vraiment par moment dans la série « Maison close » diffusée il y a quelques années par Canal + et consacrée justement à la prostitution à Paris à la même époque). Tous les personnages baignent donc dans un milieu particulièrement sombre, et c'est justement la raison pour laquelle on a du mal à trouver leur personnalité plausible. La plupart ont pourtant un rôle qui convient bien au décor : souteneurs, hommes de main, maquerelles… Et pourtant, tous ces gens font preuve d'un grand coeur et d'une personnalité relativement aimable qui colle mal avec leur environnement (c'est notamment le cas de Léon, le souteneur, un personnage qui, contrairement à ce que sa profession laisse présager, est un homme tout à fait sympathique).
S'ils ne sont pas forcément très cohérents, la plupart des personnages n'en demeurent pas moins attachants, à commencer par les souteneurs (oui, oui, curieusement…), Léon et Jules. J'ai eu un peu plus de mal à m'attacher à l'héroïne, sans que celle-ci me soit pour autant antipathique. Peut-être est-ce du à sa froideur et à la distance quelle met entre elle et les autres personnages (et donc le lecteur) ? La plupart des autres personnages n'ont que des rôles de figurants, à l'exception du grand méchant de l'histoire qu'il est dommage de voir décrit de manière aussi caricaturale. L'intrigue est pour sa part bien structurée et bien rythmée : on prend plaisir à suivre les investigations de ce petit groupe d'enquêteurs amateurs, si bien que le roman se lit avec une déconcertante rapidité. Reste qu'on voit venir de loin la plupart des rebondissements, et que l'histoire repose sur des ficelles ultra éculées (en gros on a un Jack l'Éventreur bis, mais à Paris…). J'ai pour ma part été également gênée par le côté un peu « girly » (je déteste ce mot, mais je n'ai pas de meilleur terme en tête) de certaines scènes que j'ai trouvé très clichés et assez inutiles : les crêpages de chinions entre les prostituées, et surtout la scène de la préparation du bal, avec les autres filles vertes de jalousie, les essayages chez la couturière, les réactions provoquées par la robe sublime… Rien à redire au niveau du style : l'auteur a une écriture simple mais fluide qui permet de s'immerger complètement dans l'histoire. Tout juste pourrait-on lui reprocher la répétition de certains termes ou expressions (les « beaux yeux chocolat » de l'héroïne reviennent souvent, par exemple).
Floriane Soulas s'en sort plutôt bien pour un premier roman qui nous plonge dans une histoire certes peu originale mais néanmoins bien ficelée. Si les personnages ne sont sans doute pas le plus gros point fort de l'ouvrage et jurent quelque peu avec l'environnement dans lequel ils évoluent, le décor et l'ambiance sont quant à eux plus réussis. Je suis assez curieuse de découvrir les futures parutions de l'auteur.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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UnKaPart
  02 juillet 2018
Rouille, un mot que j'adore, propice aux rimes rigolotes. Avec douille, par exemple. Et si ton doigt ripe vers la rangée du dessous quand tu tapes la première lettre sur le clavier, là, c'est festival !
Bref.

En route pour une Belle Epoque uchronique ! Napoléon IV règne sur la France, la Lune est colonisée et exploitée, les dirigeables relient Paris et Pondichéry, prothèses cybernétiques, créatures biomécaniques et automates appartiennent au quotidien. Rouille se positionne en steampunk et trouve dans son univers sa principale qualité.
Son univers et la façon dont l'auteur l'utilise. Soulas joue très bien de son décor et de ses accessoires, faisant de son environnement rétrofuturiste un cadre à la fois diffus et prégnant.
Diffus, parce que l'auteur procède par touches. Steampunk pointilliste, un style qui cadre avec la période. Ainsi, l'empereur Napoléon apparaît une fois au détour d'une phrase et c'est tout ce qu'on saura du contexte politique, sans précision sur les événements qui ont éloigné la trame historique de Rouille de celle qu'on connaît IRL. Quand ? Comment ? Quoi ? le Second Empire a-t-il gagné la guerre contre la Prusse ? L'a-t-il perdue mais en survivant à la défaite ? Y a-t-il eu un intermède communard ou républicain suivi d'une restauration bonapartiste ? On ne sait pas. le procédé est parfois frustrant, quelques détails de fond auraient été bienvenus dans la même veine de la mention en passant, capable d'évoquer beaucoup en peu de mots. Mais l'ensemble fonctionne et, si on en sait peu sur le cadre global, c'est assez pour se situer et faire travailler son imagination afin de combler les blancs (ce qui est “un peu” le but des littératures de l'imaginaire). Surtout, en jouant sur la dissémination de détails, Soulas évite les gros exposés qui constitueraient autant de placards artificiels à destination du lecteur et de digressions par rapport à la trame narrative.
Tout en détails mais omniprésent, que ce soit à travers ses traits généraux en arrière-plan, le cadre parisien quelque part entre Les Oubliés de New-York (Ben Bova) et le film Blade Runner en version XIXe, ou encore les multiples bidules steampunks, du vif d'or espion aux robots domestiques en passant par l'ingénierie biomécanique. du “cyberpunk à vapeur” très bien fichu, qui imprègne chaque ligne ou presque du roman et s'associe à l'intrigue sans trop la commander.

Ah, l'intrigue, c'est là que le roman commence à pécher. L'ensemble est classique : des gens “qui ne sont rien”, pour citer l'autre baltringue, disparaissent. Clochards, enfants des rues, prostituées s'évaporent du jour au lendemain. Parfois, les corps refont surface dans un état pas racontable. Dans le même temps, une nouvelle drogue, la rouille, commence à circuler dans la capitale.
Un scénario digne de Shadowrun transposé en 1897, pourquoi pas ? Un soupçon de Jack l'Eventreur – parfois je me demande ce que les auteurs de steampunk raconteraient si Jacquot n'avait pas existé… Une héroïne amnésique, archétype du personnage de haute naissance relégué au bas de l'échelle sociale. On suppose d'emblée qu'à la fin, elle retrouvera son statut perdu, identifiée par un obscur parent grâce à un bijou de famille, une tache de naissance sur la cuisse ou un grain de beauté sur le gros orteil droit. Très feuilleton de la seconde moitié du XIXe siècle dans l'âme, ce qui est dans le ton et bien vu pour la parenté littéraire, mais avec le défaut d'une certaine prévisibilité à ne pas s'éloigner des canons du genre.
Sans te renverser par l'originalité de ses grandes lignes ni par ses coups de théâtre qu'on voit arriver de loin, l'intrigue a le mérite de se dérouler sans accroc ni incohérences majeures, tout en s'offrant quelques morceaux de bravoure bien inspirés. Je pense à la visite de l'usine secrète, passage qui ne dépareillerait pas dans Les Cinq Cents Millions de la Bégum du père Jules Verne, ou encore aux gadgets jamesbondiens qui apportent un piquant très moderne à la Guy Ritchie (Sherlock Holmes avec Robert Downey Jr. et Jude Law).

C'est cet esprit que j'aurais voulu trouver tout au long du roman, présenté comme un thriller steampunk. Sauf que la première moitié ressemble à du Madame Bovary, moins bourgeois, plus populaire, avec filles de joie et des marlous à la place des notables de cambrousse. Thriller… mouais… on n'est pas tendu, hein…
Pendant un paquet de chapitres, le récit tourne surtout autour des relations entre les personnages, avec pas mal de longueurs, pas mal de redites (les multiples prises de becs de Violante avec Livia slash Madeleine slash Léon slash plus ou moins tout le monde) et un certain nombre de digressions qui auraient gagné à être condensées (la visite mensuelle du toubib au lupanar, le bal des richards…). le roman met du temps à décoller, parce que, défaut de construction et de narration, il ne sait pas où se positionner. Il erre longtemps dans la chronique populaire et diffère son entrée dans le thriller en usant d'une grosse ficelle à la X-Files, qui consiste à toujours repousser le moment où les personnages qui ont des révélations à faire crachent enfin leur pastille. Plutôt que délayer, il aurait fallu purger une centaine de pages dans la première partie, resserrer pour gagner en intensité. Soulas étant à la base nouvelliste, le souci vient peut-être du passage au format long.
Autre problème de l'insistance sur le relationnel entre les personnages, le manque de crédibilité des rapports saute aux yeux. Violante passe son temps à se rebeller contre Madeleine, la maquerelle, et Léon, son souteneur. Elle leur gueule dessus, les baffe à l'occasion, sans qu'ils réagissent plus que ça. Hein ? Violante travaille comme prostituée sous la coupe du binôme Léon-Madeleine, présentés l'un et l'autre comme des durs à qui on ne la fait pas. Sa position est celle d'une Cosette chez les Thénardier, pas d'une Louise Michel ferraillant sur la barricade de Clignancourt. Pourtant, elle s'autorise tout, sans que cela porte à conséquence, protégée par son statut d'héroïne – ce qu'elle est pour le lecteur mais pas au niveau diégétique. Dans ce contexte, les écarts de Violante ne devraient pas se solder par des gros yeux et des “tu ne perds rien pour attendre” mais par une danse à lui faire faire douze tours dans sa culotte sans toucher l'élastique. Les criminels endurcis se comportent comme s'ils étaient à la tête d'une garderie. A se demander qui est le patron, d'eux ou de Violante.

A cause de cette ambiance cour de récré, Rouille loupe en partie le coche et oscille là encore sur son positionnement. Sombre et violent… mais pas vraiment… mais un peu quand même.
Sombre, oui, dans son environnement et son ambiance. Sur ce point, Soulas réussit son coup. Les nobles et bourges plein aux as vivent sous un dôme où n'entrent que les habitués, tenue correcte exigée, pas de baskets. le reste de Paris est une espèce de cloaque digne des Miséroïdes, partagé entre le quartier ouvrier des mécabourgs, une immense décharge où vivent les Oliver Twist et Rémi sans famille de la capitale, une fête-foraine-cour-des-miracles dirigée par un genre de Joker et les zones populaires pleines de drogués, de criminels et de prostituées… et à l'occasion de bourgeois qui viennent x défoncer (où x=se dans le cas de la drogue et x=les dans celui des filles de joie). Un Paris cradingue, celui d'une Belle Epoque qui ne l'est pas pour tout le monde, comme dans la vraie vie d'avant ou de maintenant. Cet aspect glauque fonctionne dans les décors (la Ferraille, L'Hélice) et les personnages secondaires (la bande d'enfants perdus), moins avec les protagonistes de premier plan, violents mais en en fait non.
Ainsi, Madeleine, la maquerelle à poigne, l'intraitable grand manitou des prostiputes, fait plutôt figure d'instit' vieille fille dépassée par une classe de marmots turbulents. Léon ne donne à aucun moment l'impression d'un parrain tout-puissant, main de fer dans un gant d'acier, mais plutôt un type qui s'écrase si tu cries plus fort que lui. Jules, l'homme de main, reste trop dans la figure de l'apache romantique, fantasme du bad boy pas si mauvais bougre au fond. Ces personnages sont censés être des brutes, parce qu'ils vivent dans un univers violent où la force fait loi. En pratique, on est loin de l'autorité incontestable appliquée à coups de trique, Keyser Söze peut dormir tranquille. C'est dommage, parce que les personnages en eux-mêmes sont intéressants chacun de leur côté, mais sitôt qu'on les met ensemble, ils jouent leur rôle en suivant la mauvaise partition.

Enfin, au niveau des attentes de lecteur qui n'engagent que moi, je trouve regrettable de n'avoir pas développé une réflexion autour des thèmes de la violence, des inégalités, des marges sociales, du trafic d'êtres humains, de l'exploitation des uns et des unes par d'autres, de la condition féminine… Tout le matériau est là, sous-jacent, il aurait suffi de se baisser pour le ramasser, mais jamais il ne s'esquisse de réflexion, hors une ou deux phrases qui restent très en surface. Sans s'embarquer dans de la dissertation, il y avait moyen de développer une réflexion, ou au moins d'en susciter une chez le lecteur. Les nouvelles steampunks d'Anthelme Hauchecorne (Baroque'n'Roll et Punk's Not Dead) font ça très bien, qui mêlent visite de monde imaginaire et réflexion sur le monde réel.

Rouille reste une lecture intéressante, qui m'a rendu curieux de jeter un oeil aux nouvelles de Soulas pour découvrir plus en profondeur son univers. C'est un premier roman très correct, prometteur pour la suite, une fois les défauts de jeunesse corrigés. L'auteur a une plume agréable avec assez peu de maladresses stylistiques, de l'imagination et un univers attractif. Prometteur – principale qualité que j'attends d'un premier roman – donc à suivre.
Lien : https://unkapart.fr/rouille/
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LesFantasydAmanda
  17 juillet 2018
--- Une couverture pleine de promesses ---
Moi qui suis très attentivement les parutions de la maison d'édition Scrineo – surtout après avoir découvert Aurélie Wellenstein et Gabriel Katz -, j'ai tout de suite été attirée par Rouille. Une couverture merveilleusement sombre, un univers steampunk, une héroïne amnésique : il ne m'en fallait pas plus pour me convaincre !
Je dois cependant vous avouer que mes attentes n'ont pas été entièrement comblées. Je m'explique juste après ! D'ailleurs, accrochez-vous, car j'ai beaucoup de choses à dire…
--- Une plume qui se cherche encore ? ---
Durant les premiers chapitres, j'ai rencontré certaines difficultés au niveau de l'écriture. Pour moi, la plume de Floriane Soulas manquait de fluidité. Certaines descriptions me paraissaient floues et des répétitions venaient s'insérer dans le texte un poil trop souvent.
Néanmoins, plus je lisais, moins ma lecture exigeait d'efforts. Est-ce parce que la plume de l'auteure gagnait en limpidité ou parce que je m'y habituais progressivement ? Un peu des deux, j'imagine.
--- Ma rencontre avec Violante ne s'est pas faite sans heurts ---
Après avoir lu le synopsis, j'étais curieuse de faire la connaissance de cette héroïne ; ce n'est pas tous les jours qu'une prostituée endosse le rôle principal. Seulement, voilà : Violante ne m'a pas totalement convaincue. Cloîtrée jour et nuit au sein des Jardins Mécaniques – la maison close la plus en vue du moment –, elle n'a pas de vie en dehors de son travail. Si elle jouit de quelques privilèges, c'est uniquement parce que les hommes la trouvent à son goût. Pourtant, elle semble pouvoir sortir comme elle l'entend. Première incohérence donc.
Ensuite, notre héroïne a, semble-t-il, reçu une véritable éducation, mais ça ne se ressent pas dans son attitude. Certes, elle a perdu la mémoire depuis quelques années déjà, mais sa personnalité est en principe restée intacte… ou pas, à l'évidence.
Enfin, pour une fille de joie, elle ne reçoit pas beaucoup de clients, alors qu'elle est censée remporter un vif succès. En bref, je n'avais pas vraiment l'impression d'avoir affaire à une prostituée – ni même à une dame de noble naissance devenue prostituée par la force des choses.
--- Une héroïne décidément bien entourée ---
Autour de Violante gravitent plusieurs individus. Pour commencer, Léon, son proxénète. Je le trouvais imbuvable au départ, mais c'est justement ce qui faisait tout l'attrait de son personnage. de ce fait, je n'ai pas apprécié son évolution, incompatible avec le milieu dans lequel il évolue, selon moi.
Quant à Jules… En fait, je l'aime bien. Une certaine ambivalence le caractérise, car même s'il a conscience de l'horreur engendrée par la prostitution, il sait pertinemment que, sans ce business, il aurait sûrement mal tourné. le seul hic : son génie pour la technologie, qui ne colle pas avec son personnage, mais on pardonne aisément ce faux pas à l'auteure, tant on se prend d'affection pour lui.
Armand m'a par ailleurs laissée perplexe. Les mystères qui l'entourent au début du livre ont bien entendu attisé ma curiosité, mais les révélations à son sujet, trop simplistes sur certains aspects, m'ont déçue. Je pense sincèrement que Floriane Soulas n'a pas exploité tout son potentiel.
--- Comme un sentiment d'inachevé ---
On en arrive au point crucial de ma chronique : l'univers. Je trouve en effet que l'auteure n'assume pas jusqu'au bout l'ambiance sombre de son récit. Comme si elle avait peur de choquer son lectorat – ce qui est peut-être le cas. Quoi qu'il en soit, quand je me lance dans ce genre de lectures, c'est justement pour retrouver ce côté un peu glauque, un peu sinistre. Et là… non !
En découvrant la maison close où vit Violante par exemple, j'ai tout de suite senti que les choses seraient édulcorées. Pourtant, on parle bien de prostitution ! Alors, bien sûr, je n'avais pas spécialement envie de me farcir des détails sordides à la pelle, mais dans Rouille, on oublie bien trop vite que l'héroïne est une fille de joie. de même, il y a comme un décalage entre ce que l'on dit des bas-fonds de Paris – apparemment, il est dangereux de s'y aventurer… – et les décors rencontrés par nos personnages dont l'imprudence frôle l'inconscience.
En outre, le synopsis fait mention de progrès scientifiques incroyables et de voyages sur la lune. Or, pas un seul instant, l'auteure n'aborde sérieusement cette thématique. Et quel dommage ! Car les éléments permettant de créer un univers steampunk sont bien présents, mais à peine esquissés. Ils ne servent qu'à faire avancer l'intrigue, en fin de compte.
Ceci dit, le développement de l'univers n'est pas une priorité pour tous. J'imagine donc que cet inconvénient peut aisément se transformer en avantage, selon les attentes du lecteur.
--- Mais alors, j'ai détesté ce livre ?! ---
On pourrait le penser au vu des points cités plus haut, mais en fait, pas du tout. Même si je lui reproche un certain nombre de choses, tourner les pages était loin d'être pénible. J'ai même apprécié suivre l'enquête menée par nos héros et ai été surprise par le fin mot de l'histoire. Simplement… Rouille aurait pu être tellement plus abouti selon moi, et ça me fait grincer des dents !
Cela vaut tout particulièrement pour l'intrigue et, surtout, les sous-intrigues (le double jeu d'Ayati, les progrès scientifiques d'Armand, l'offre faite par la couturière…) dont les multiples chemins se sont brutalement arrêtés, sans explications. de plus, le scénario doit également composer avec quelques incohérences et une romance parfaitement inutile, voire carrément bancale.
--- le dénouement ne me plaît pas, encore ! ---
Sur ce point, j'ai peur de trop en dévoiler. Même lorsque les chroniqueurs se contentent de dire s'il s'agit d'un happy end ou, au contraire, d'une fin dramatique, je leur en veux déjà de m'avoir mise sur une piste. de ce fait, je ne peux décidément pas vous expliquer pourquoi. Sachez simplement que j'ai trouvé la fin en décalage avec les événements précédents et, par conséquent, peu crédible.
Lien : https://lesfantasydamanda.wo..
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celindanae
  04 juillet 2018
La parution de ce premier roman de Floriane Soulas a fait du bruit sur les différents réseaux sociaux. Même si Rouille est son premier roman, l'autrice n'est pas une inconnue. Elle a écrit quelques nouvelles et anime une chaine YouTube sur ses lectures et ses coups de coeur sur les littératures de l'imaginaire. Elle a d'ailleurs participé à une conférence aux Imaginales intitulée « Youtubeurs, booktubeuses… Une nouvelle façon de parler des livres ? ».
Rouille se situe dans un univers steampunk mettant en scène un Paris assez différent à la fin du 19ème siècle. Les hommes ont été sur la lune et de nouvelles technologies sont apparues. Les automates effectuent certaines taches à la place des hommes, des dirigeables sillonnent le ciel de la capitale et un dôme de protection se trouve au centre de la ville. La ville est ainsi clairement séparée entre riches habitant sous le dôme et le reste de la population. Dans les quartiers situés hors du dôme, se trouve une maison de passe de luxe, les Jardins mécaniques où travaille Violante également appelée Duchesse par ses clients. Violante est amnésique et essaye de retrouver des traces de son passé depuis 3 ans, date de son arrivée à Paris. Depuis quelques temps, des enfants et des femmes disparaissent mystérieusement et des corps mutilés sont retrouvés. La meilleure amie de Violante se trouve parmi les victimes et elle décide ainsi de mener son enquête, ce qui n'est pas simple dans le milieu où elle vit. Pour couronner le tout, une nouvelle drogue appelée Rouille sévit depuis plusieurs mois.
L'univers du roman est bien développé, cohérent et intéressant. le côté steampunk est présent sans prendre le pas sur le reste. le roman est très riche et certains points de l'univers auraient pu être un peu plus utilisés, la conquête de la lune par exemple est à peine esquissée et aurait mérité un peu plus. Un des principaux thèmes du roman est les différences entre les classes sociales. L'autrice s'attache à montrer la misère des bas quartiers de manière très crédible. La violence est omniprésente également alors que les riches sont à l'abri sous le dôme. Les victimes des meurtres se trouvent d'ailleurs exclusivement dans les quartiers pauvres. Les descriptions des sévices subis sont d'ailleurs détaillés et entretiennent l'ambiance assez glauque du roman. le roman est en effet assez sombre et l'atmosphère qui s'en dégage correspond tout à fait à cela.
Les personnages principaux sont tous issus des milieux pauvres ou en relation avec eux. On trouve des prostituées, des proxénètes. Parmi les personnages secondaires, il y a beaucoup d'enfants des rues. Les personnages sont attachants et intéressants, cependant il y a un gros paradoxe avec certains: ils ne collent pas du tout avec le milieu dans lequel ils évoluent. Léon, par exemple, a beaucoup trop grand coeur pour le métier qu'il exerce. Il fait office de justicier, ce qui est assez étrange. Et que dire de Jules, qui est fort sympathique il est vrai, mais qui est très inventif, et sait parfaitement lire alors qu'il a grandi dans la rue. Cela semble pour le moins incohérent et décalé, ce qui est dommage.
L'intrigue est assez bien maîtrisée et l'intérêt de l'enquête est maintenue tout au long du roman. On se demande cependant ce que fait la police dans toute cette histoire, elle semble complétement dépassée ou ne pas s'intéresser aux victimes qui sont toutes issues des quartiers pauvres. le rythme du roman met un peu de temps à se mettre en place et il y a quelques longueurs, des passages qui auraient pu être réduits pour gagner un peu en fluidité. La dernière partie du roman apparait comme presque trop rapide par rapport au reste qui prend trop son temps par moments. le style de Floriane Soulas est très agréable et entrainant, le roman se lit vraiment bien. Ces descriptions de l'univers, des détails sordides sont bien faits et l'écriture colle bien à l'ambiance du roman.
Rouille est donc un roman qui contient de bonnes choses et d'autres un peu moins. Les personnages ne vont pas avec l'univers dans lequel ils se trouvent et certaines longueurs nuisent au rythme. Il reste toutefois une lecture agréable et mélange de belle manière steampunk, quête d'identité et enquête policière.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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critiques presse (2)
Ricochet   29 octobre 2018
Floriane Soulas invente un Paris dans un univers de steampunk, qui combine révolution industrielle et inventions mécaniques. Dense et réussie, l’atmosphère accueille parfaitement cette histoire crue où les corps sont mis à mal, entre bagarres, prostitution et manipulations chirurgicales en vue d’un homme augmenté.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Elbakin.net   11 juin 2018
Non content de proposer un roman parfaitement cohérent, servi par une écriture efficace, Floriane Soulas réussit un vrai numéro d’équilibriste, dans un univers sombre mais jamais sordide, peuplé de personnages captivants malgré leurs défauts.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
GanistorGanistor   10 août 2018
Il faisait sombre et humide. Le boyau de pierre brute était seulement éclairé par la petite lampe à huile tendue au bout de son bras. Les ténèbres essayaient de happer cette lumière tremblotante, léchant ses contours de leurs langues avides, avançant leurs tentacules vers lui. Il se demanda s'il était possible de se fondre dans le noir, d'y disparaître entièrement. Mais la flamme restait droite dans l'air lourd et épais de poussière. Alors il continua son chemin. Il marcha droit devant lui, une main effleurant la paroi rugueuse comme un fil d'Ariane, moite sous ses doigts. De temps à autre, il relevait la tête et sa lampe pour lire les inscriptions gravées tout en haut des murs. Il dépassa plusieurs croisements et s'enfonça plus profondément dans les entrailles de la ville. La lampe jetait des ombres effrayantes autour de lui, mais il ne craignait pas ces mirages sombres. Il était la personne la plus à craindre dans ces tunnels, il en était conscient.
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UnKaPartUnKaPart   24 juin 2018
De la rouille. Ça vient d'arriver sur le marché. Ça a peu ou prou les mêmes effets que l'opium, notamment sur la mémoire. Il paraît qu'avec, on peut se rappeler sa propre naissance. La meilleure came du marché.
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LunalitheLunalithe   21 octobre 2018
Évidemment qu'elle ressemblait à cette Viviane. Toutes les prostituées ressemblaient à un amour interdit et trop tôt disparu.
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Videos de Floriane Soulas (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Floriane Soulas
Interview de Floriane Soulas aux Imaginales 2018
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