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ISBN : 2264074485
Éditeur : 10-18 (05/03/2020)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 17 notes)
Résumé :
1165 en Occitanie. Deux cadavres déguisés en anges sont retrouvés dans deux abbayes différentes, en deux jours. Raimon de Termes, un jeune noble, est missionné pour tirer cette affaire au clair. Aloïs de Malpas est désignée comme coupable par les siens, tandis qu'un ami des victimes, Jordi de Cabestan, cherche à les venger.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  21 mars 2020
Voyage dans le temps avec cette saga à la Ken Follet signée François-Henri Soulié. Fin du XIIème siècle, les esprits bouillonnent dans le Sud de la France entre Carcassonne et Narbonne.
L'auteur nous livre une peinture très réaliste des enjeux économiques et sociaux de la société de l'époque qui s'invente. D'autant plus réaliste qu'elle est servie par des personnages hors du commun.
L'église a de plus en plus de mal à maintenir son contrôle sur la société. La noblesse rurale lui dispute son pouvoir. Les abbayes se font concurrence. Des catégories sociales nouvelles émergent, tailleurs de pierre, bistrotiers, artisans, qui veulent aussi s'affranchir des dogmes de l'église et des obligations imposées par la noblesse.
Chacun des personnages du roman porte les certitudes, les interrogations et les doutes de sa communauté.
C'est dans ce contexte que vont naitre les Cathares considérés comme hérétiques par Rome. Au sein de ce mouvement on trouve Enric de Malpas et sa femme Aloïs, des tisserands :
« Enric en est revenu fort meurtri de l'anathème lancé contre eux par le redoutable archevêque d'Arsac parlant au nom du pape. le prélat a même usé à leur égard d'un mot inconnu pour désigner leur prétendue infamie : catharos . C'est, paraît-il, une invention d'un évêque allemand, Eckbert de Schönau. Ce suppôt de la papauté a écrit un traité intitulé Sermones contra catharos , rédigé à l'encontre d'autres communautés chrétiennes semblables à la leur, au-delà du Rhin.
Au retour d'Enric à Narbonne, tous ont été troublés par le récit qu'il leur a fait de cette entrevue de Lombers. Il leur a expliqué que catharos signifie « pur » dans la langue grecque, mais que, dans la bouche de l'archevêque, cela sonnait comme un mot de dérision et de mépris. »
Les doutes sont aussi du côté de la noblesse, le chevalier fraîchement adoubé Raimon de Termes s'interroge : « Il y a trois jours de cela, au matin de son adoubement, il a juré de protéger l'Église. Mais quelle Église ? Celle de cet archevêque pétri de vices, infatué de son rang et ennemi déclaré des pauvres ? Celle encore de ces moines orgueilleux, félons et corrompus ? »
Entre Arnaud de Fabreza le seigneur de la région, et Mgr Pons d'Arsac l'archevêque de Narbonne, le courant ne passe pas :
« — Et l'Évangile ne nous enseigne-t-il pas à aimer les pauvres ?
— Certes, réplique l'archevêque en pinçant les lèvres, mais l'Évangile fut écrit en un temps où les pauvres se tenaient à leur place. »
Autour d'Aloïs et Enric, les certitudes sont réelles : «— Hérétiques est le nom que nous donnent les serviteurs du pape, mais nous sommes les serviteurs de Jésus. Nous sommes les Vrais Chrétiens. » , et on pose les bonnes questions : « J'ajoute que cette religion ne demande rien, ne veut rien posséder et ne prélève pas de dîme. On peut aisément comprendre que de tels arguments parlent aux simples et aux pauvres. Et voyez quel avantage cela représente pour la noblesse ! Tout l'intérêt des seigneurs est de n'être plus inféodés à Rome. Cela, l'Église catholique ne le tolérera jamais. »
Parfois, les points de vue se rapprochent comme autour de l'Abbaye de Saint Hilaire,
« — Pour tout dire, l'abbaye a vu diminuer ces derniers temps le nombre des pèlerins. Ce bon Hilaire semble quelque peu tombé en désamour. Notre ami, l'abbé Deltheil, a pensé qu'il était nécessaire de ranimer l'engouement pour la vénération des reliques en invitant le saint martyr dans ses murs. Je l'ai encouragé dans cette visée.
— Sage décision. Les cendres du premier évêque toulousain à Saint-Hilaire, voilà qui renforcera l'abbaye et rabattra les prétentions du comte de Toulouse.
Décidément on ne peut rien cacher à l'archevêque. Il est aussi fin politique qu'homme d'Église avisé. »
Parfois, la lutte est féroce au sein même des abbayes. A l'Abbaye de la Grassa, la succession de Maître Robertus est au coeur des discussions :
« — Je croyais que votre abbé avait désigné frère Diego comme successeur.
— Oh ! oui, oui. Robertus a fort bien préparé sa succession, et avec la plus grande sagesse. Mais ce sera quelqu'un d'autre qui lui succédera et non pas celui qu'il a imaginé.
— Comment pouvez-vous être aussi péremptoire en ce qui concerne un sujet tellement hasardeux ?
— Il n'y a rien de hasardeux dans les rouages d'une abbaye. Il peut survenir un accident, oh ! oui, oui. Mais point du tout de hasard… »
Mestre Béneset l'apothicaire a rejoint le mouvements des vrais chrétiens, son point de vue est toutefois plus nuancé que ceux du couple de tisserand, il est un scientifique :
« La demeure de mestre Béneset est une caverne aux mille senteurs. Dans la vaste pièce du premier étage où il reçoit ses hôtes, d'innombrables bouquets ont été mis à sécher, pendus aux solives, créant une sorte de jardin à l'envers où les plantes pousseraient tête en bas. D'innombrables boîtes et coffrets, disposés sur les meubles à étagères qui tapissent les murs, répandent les parfums de toutes les épices, les résines, les encens et les graines connus sur la terre. Auprès des boîtes sont d'autres récipients, pots de céramique ou fioles de verre, marqués d'inscriptions en langue grecque, latine ou arabe, indéchiffrables pour le profane. »
Jordi de Cabestan le tailleur pierre entend rester fidèle à son art quelque soient les circonstances : « Dès demain il se mettra à son véritable ouvrage : la sculpture en haut-relief d'un sarcophage destiné à contenir les restes de saint Sernin. Cet édifice constituera le maître-autel de l'abbatiale. Ce sera aussi le chef-d'oeuvre du sculpteur, l'aboutissement de toute une vie besogneuse passée à dialoguer avec la pierre. »
Au sein des abbayes, le débat fait rage sur les représentations religieuses et les images que les artistes en font : « Et que pouvions-nous faire, pauvres moines démunis, face à la puissance de ces abbés tout dévoués à leur propre gloire ? Nous sommes devenus la risée de nos chapitres qui ne voyaient en nous que les survivants d'un passé révolu. Partout, dans nos monastères, nous avons vu ces bruyants imagiers venir troubler le cours de nos méditations à grands coups de marteau et défigurer les maisons de Dieu par leurs images impies… »
La saga de François-Henri Soulié peut paraître longue (500 pages) mais elle n'est jamais fastidieuse, explorant via les personnages tous ce qui constitue la société de l'époque.
Les illustrations sont nombreuses et précises, « Ce matin, ce sera une purée de panais agrémentée d'un morceau de poisson fumé. Dans les maisons des Vrais Chrétiens, la viande est proscrite. Seul le poisson est autorisé en souvenir du miracle accompli par Notre-Seigneur sur le lac de Tibériade. Hors cette exception, on ne saurait faire ripaille de l'agonie d'un animal. Pas plus qu'on n'oserait répandre la moindre goutte de sang humain en bravant l'interdit du sixième commandement transmis par Moïse. »
L'humour n'en est pas absent : « En latin, cela s'appelle petroleum . Il m'a été rapporté d'Orient par un homme qui avait suivi la dernière croisade. Hélas ! je n'en possède qu'une amphore bien petite et il ne serait pas très sage de susciter une nouvelle croisade sous le seul motif d'aller nous approvisionner en petroleum ! »
Le fil conducteur est l'enquête que mènent chacun de leur côté Raimon, Jordi et Aloïs, pour débusquer l'assassin qui vise les compagnons tailleurs de pierre. Comme souvent la question qu'ils se posent est « à qui profite le crime. » ?
Angelus est un ouvrage agréable et facile à lire. Il nous plonge dans une période de l'histoire qui se terminera par la tragédie des Cathares.
Ouvrage intéressant et à lire.
Gageons que François-Henri Soulié écrira une suite à Angelus.
Lien : https://camalonga.wordpress...
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Bazart
  12 mars 2020
François-Henri Soulié est un homme de théâtre aux multiples casquettes, écrivain, comédien, marionnettiste, scénographe, metteur en scène et scénariste. Il a reçu le Prix du premier roman du festival de Beaune en 2016 pour « Il n'y a pas de passé simple », paru aux éditions du Masque.
On avait adoré « Il n'y a pas de passé simple » premier volet des trépidantes aventures du journaliste Skander Corsaro ainsi que le présent n'a plus le temps, le troisième volet héros journaliste malicieux et narcoleptique et de Tonio son ami d'enfance, un ferrailleur drôlement gay.
Passionné d'Histoire François-Henri Soulié met un peu de coté Skander Corsaro pour livrer un roman- un inédit en grand format qui sort directement en poche chez 10/18- particulièrement ambitieux avec Angélus, une intrigue cette fois implantée au XIIème siècle, autour de la "secte" des Cathares.
Cette plongée autour des Cathares, secte dissidente de l'église catholique, qui sont un peu les ancètres des protestantq , avec une vraie fascination pour la pureté évangéliste. Il situe son intrigue dans son Occitanie bien aimée - "territoire passionnant d'échanges et de mixages culturels".
C'est en effet en 1165, dans des abbayes qui servent de décor à de macabres mises en scène, que se déroule l'action de son nouveau livre, un "road movie médiéval" selon ses propres dires. S'y entrecroisent trois enquêteurs aux desseins contradictoires : pour investiguer sur les crimes, Raimon de Termes mandaté par l'Église de Rome, et Aloïs de Malpas, une "femme du peuple" désignée par les "hérétiques" cathares ; et pour venger ses amis suppliciés, le tailleur de pierres Jordi de Cabestan.
Marchant fidèlement dans les traces du Umberto Eco du Nom de la rose, mais en creusant un sillon personnel plus fantaisiste, Soulié tisse le destin croisé de trois protagonistes principaux, liés par des évènements crapuleux sur fond de catharisme, en soulignant l'influence des hérétiques dans le sud de la France, dans un contexte propice à la réflexion et une intrigue haletante.
Angélus bénéficie comme atout important de protagonistes principaux attachants, notamment le héros Raimon de Termes, fin limier dans son enquête et ambiance paranoïaque et mystique fortement bien troussée Francois Henri Soulié compose un univers médiéval précis et sophistiqué, dans une prose "moyenâgeuse" idoine
Un polar historique qui permet aussi de mieux comprendre notre monde d'aujourdhui, notamment dans la description des rapports de soumission et de domination , à découvrir en poche, mais avec 522 pages bien roboratives tout de même !
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Lucilou
  29 mars 2020
Je referme "Angélus" quelques heures à peine après l'avoir commencé.
C'est que le drôle se lit vite: l'écriture- fleurie, riche de vocabulaire et de tournures médiévales, ou du moins tel que notre 21°siècle s'imagine le parler de l'époque- est fluide et coule comme source, les chapitres -plutôt brefs- s'enchaînent et s'achèvent sur l'esquisse de rebondissements à venir... Il y a du roman feuilleton dans ce Nom de la Rose occitan et c'est réjouissant!
Voyons le propos de plus près: nous sommes en 1165 entre Narbonne, Toulouse et Carcassonne. A cette époque, les seigneurs du sud de la France -qui n'était pas encore la France que l'on connaît- se déchiraient et entraînaient parfois dans ces querelles de pauvres serfs devenus soldats, l'Eglise de Rome tentait de conserver son hégémonie sur l'Europe mise à mal par l'avènement d'hérésies qui attiraient de plus en plus de fidèles malgré les sanglantes répressions dont elles étaient victimes. Et, pauvre Eglise, hein, elle devait aussi faire face aux nobles qui lui disputaient le pouvoir et aux querelles internes, intestines qui pourrissaient les relations entre clergé séculier et régulier... Vanitas, vanitatum: si tout est vanité, tout est politique et soif de pouvoir aussi...
"Angélus" prend donc corps dans cette époque pour le moins troublée et s'ouvre sur une macabre découverte prompte à terroriser les esprits même les plus forts: au sommet d'un arbre gît un ange. La vision aussi séraphique qu'apocalyptique se dévoile enfin. C'est un homme, dans l'arbre. Un homme mort, qu'on a vêtu de blanc et qu'on a torturé: ses ailes sont celles d'une oie qu'on lui a accroché dans le dos à l'aide d'une fourche...
La victime est l'un des compagnons du tailleur de pierre Jordi de Cabestan et travaillait avec ce dernier sur la sculpture en haut relief d'un sarcophage destiné à recueillir les reliques d'un saint pour leur abbaye.
L'affaire est grave autant qu'effrayante et rapportée aux oreilles des puissants de la région. Pour mener l'enquête, on dépêche un jeune chevalier, fraîchement adoubé -Raimon de Termes- encore naïf. Jordi de Cabestan se lance aussi dans la résolution de ce meurtre et ils ne seront pas trop de deux. En effet, bientôt c'est un second ange qu'on retrouve, dans une abbaye voisine et la victime est encore un tailleur de pierre... Les recherches piétinent, tardent... Les abbayes sont des lieux qui recèlent bien des intrigues et des secrets et qui ne laissent personne s'en mêler... Elles sont aussi le théâtre de tractations politiques qui feraient rougir le très haut au moins autant que ce pauvre Raimon qui découvre dans quel panier de crabes on l'a jeté... A toute bonne enquête enfin, il faut un bouc émissaire: ce seront les cathares, de plus en plus nombreux. C'est ainsi que nous croiseront la route d'Aloïs de Malpas, qui prendra aussi les grands chemins pour disculper les siens.
Les personnages sont travaillés, attachants. le contexte, enfin, est parfaitement maîtrisé: on sent que François-Henri Soulié s'est plongé dans la documentation et il en extrait assez de matière pour nous transporter au XII°siècle, qu'il s'agisse de vie quotidienne, religieuse ou politique. le tout ajouté à une intrigue diaboliquement addictive, bien mené (on sent l'homme de théâtre!) et parfois inquiétante donne un excellent roman qui s'inscrit dans la lignée du merveilleux livre d'Umberto Eco "le Nom de la Rose".
Alors, certes, nous n'échappons pas à quelques poncifs du genre: le moine simplet au coeur pur, l'abbé terriblement inquiétant, l'apothicaire en avance sur son temps, les "bons" cathares, l'incendie, l'amour des livres... Mais ils sont employés à bon escient et le mélange (alchimique) reste bien dosé.
Autant de raisons de ne pas bouder son plaisir et frissonner quand on entendra sonner l'angélus ou quand on croira voir des anges se balancer dans les arbres du jardin.
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morin
  31 mars 2020
L'histoire se situe en terre occitane (Carcassonne, Narbonne) en 1165.
Maître Jordi de Cabestan est tailleur de pierre. L'un de ses compagnons, Thomas-le-boiteux, n'est pas rentré d'une mission qui lui avait été confiée. Un paysan, Joan, découvre un ange accroché à un arbre. L'ange est mort. Il s'agit ne s'agit pas d'un ange mais d'un homme sur le corps duquel des ailes ont été greffées.Cet homme est Thomas- le -boiteux.
Raimon des termes, jeune noble, est adoubé chevalier. Par cette élévation il accepte de verser son sang pour la Justice et pour le Droit.
Dame Aloïs, une tisserande, vit dans la maison commune des Bons Hommes et des Bonnes femmes. Ces Parfaits sont considérés par l'Église catholique comme des hérétiques cathares. Ils savent qu'ils seront soupçonnés.
Sans se connaître et avec des objectifs différents, Maître Jordi, le Chevalier Raimon et Dame Aloïs vont enquêter sur le premier meurtre et sur ceux qui suivront.
Avec ses trois protagonistes l'auteur nous introduit dans des milieux très différents, ceux des abbayes, des dignitaires de l'Église catholique, des Parfaits, des Seigneurs et du peuple. Avec talent il met en exergue les conflits, les tensions et oppositions entre ces communautés.
La construction de ce roman est intéressante : quatre grandes parties, divisées chacune en plusieurs courts chapitres. Chaque chapitre porte le nom de l'un des trois protagonistes avec un sous titre indiquant le lieu dans lequel se déroule l'action.
Roman intéressant qui enrichit nos connaissances sur une des périodes de l'Histoire de la région occitane.
Merci à Babélio et aux éditions Grands Détectives 10/18
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metraux73
  21 mars 2020
Je viens de terminer Angélus après avoir peiné à le commencer. En effet, j'ai trouvé le début de l'histoire un peu longue à se mettre en place mais au milieu du roman le suspens m'a pris et je n'ai pas vu passer la deuxième moitié. Il m'a fallu un certain temps pour m'habituer au style de l'auteur mais sûrement à cause de ma formation de chercheur en histoire. Autant j'apprécie de lire les sources historiques et leur vocabulaire autant il est difficile pour moi de lire des romans tentant de s'en approcher alors que l'évolution de la langue ne rend pas la chose possible et alourdi le style.
Cependant, j'ai finalement apprécié Angélus qui met en avant une société médiévale prise dans les méandres de la religion. Cette approche de l'histoire par le biais de personnages appartenant aux trois ordres de la société et à des obédiences et dogmes différents est très intéressante. Il est certain que l'auteur a réalisé un énorme travail de recherche et de documentation pour donner vie à son roman. J'ai découvert François-Henri Soulié avec Angélus et je compte ne pas m'arrêté tout de suite.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
morinmorin   31 mars 2020
- il me semble que tout a été dit... Permettez-moi de me retirer, à présent. Mon esprit a besoin de se laver de ces choses.
Tant le Seigneur que le chevalier lui rendent son respectueux salut.
Déjà Jordi de Cabestan s'éloigne. Il serre dans sa main la petite fleur de marbre. Peire ne mourra point. Le sarcophage de Saint Sernin sera leur chef-d’œuvre.
Tout à l'heure, l'imagier posera la fleur au pied de sa couche. Il s'agenouillera et il priera.

P. 512
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ADAMSYADAMSY   22 mars 2020
- Las ! je ne me doutais pas que le titre de chevalier fut d'un poids si grand et il me semble, depuis que je le porte, que mes épaules ont rétréci.
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IJKLM__PIJKLM__P   22 mars 2020
Mais l’homme, lui, croit toujours à l’impossible. Sa force est là, et sa faiblesse aussi.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   18 mars 2020
— Finie, la pluie ! lance joyeusement Guilhem qui s’est redressé, sa cage à souris en bandoulière.
La colère du ciel s’est apaisée. De vastes îles sombres s’éloignent dans la mer des nuées. Un pan d’azur effiloché s’esquisse à l’horizon.
L’arrière du chariot est détrempé, mais la bâche de lin huilé a protégé le chargement de laine. Rotland renonce à enfiler sa tunique mouillée. Elle séchera en cours de route. Avant de l’ôter, il avait pris la précaution de dissimuler le long de sa cuisse le couteau qu’il a dérobé la veille, à la maison. La lame emmaillotée d’un chiffon fait une grosseur suspecte. Aussi garde-t-il le haillon de berger dont il s’est enveloppé de crainte qu’Aloïs ne le découvre. Bien qu’il sache avoir commis là une faute, le garçon ne regrette pas de s’être armé secrètement pour le voyage. Si Guilhem a dit vrai, non loin dans les massifs montagneux rôde cet homme qu’il nomme « le tueur d’anges ». S’ils doivent l’affronter, tant vaut-il que ce ne soit pas à mains nues. Sans compter les autres dangers qui peuvent surgir au détour d’un sentier, bêtes féroces ou malandrins pour qui tout voyageur est une proie. À l’idée d’un possible combat, le cœur du jeune homme bat plus fort et s’enfle de fierté car telle est sa bravoure qu’il ne laissera personne mettre à mal l’enfant Guilhem ni la belle Aloïs vers qui il tourne son regard.
Pour ne point mouiller le bas de sa cotte, la jeune femme en a relevé les pans glissés dans sa ceinture. Alors qu’elle se penche pour ranger dans le chariot le sac contenant leurs provisions, Rotland ne peut se retenir de caresser des yeux le galbe des mollets, la fine attache des chevilles et la peau nacrée comme un coquillage qui doit être bien douce au toucher… Allons, il faut se mettre en route et chasser de son esprit ces pensées peccamineuses qui sont, d’après les Vrais Croyants, le plus court chemin vers la damnation.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   18 mars 2020
Jordi est troublé au plus profond de son âme. Ce que profère l’ancien ermite, lui-même l’avait déjà pensé. Une haine des images peut avoir armé le bras du criminel.
Dans un sursaut instinctif, le Maître fouille la doublure de son bliaud. Il en tire la bourse de toile contenant la petite fleur sculptée que lui a offerte Peire Brun à leur départ de la carrière.
— Regarde, frère, dit-il en la tendant au moine. Et dis-moi ce que tu vois.
Le vieil homme saisit dans sa paume flétrie la parfaite fleur de marbre.
— Une fleur inconnue dotée de sept pétales.
— À quoi cela te fait-il penser ?
— Aux sept jours de la genèse où l’Éternel créa le monde.
— Mais encore ?
Le moine ferme un instant ses yeux d’enfant pour mieux pénétrer dans sa mémoire d’homme. Puis, les rouvrant, il ajoute ces mots :
— Je pense aux sept vertus du catholicisme… Mais sept est aussi le nombre des têtes de la Bête de l’Apocalypse ainsi que le nombre des archanges du même livre.
— Aussi, tu vois bien qu’au rebours de t’éloigner de la méditation l’image de cette fleur qui n’existe pas te ramène à la pensée de Dieu qui existe… Bernard de Clairvaux s’est trompé et tous ceux qui l’imitent se trompent à sa suite. L’image de la Création est juste et bonne, car elle est le signe de l’omniprésence du Créateur. Celui dont le cœur est épris de vérité sera toujours affamé d’images.
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