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EAN : 9782221156094
234 pages
Éditeur : Robert Laffont (02/01/2015)
3.7/5   46 notes
Résumé :
« Une femme deviendrait un homme. Une morte, un vivant. Cela ne se peut... »
Et pourtant... Camille, jeune armateur bordelais qui a toujours vécu sous l'emprise de sa mère, se retrouve contraint par la justice d'incarner dans son procès « le corps et la voix » de sa cousine Jeanne, accusée d'« homicide contre elle-même ». Nous sommes à la veille de la Révolution et le royaume intente des procès aux suicidés, coupables du pire des crimes contre Dieu et contre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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sur 46 notes
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Melancoly
  13 février 2021
Etrange et pénétrant roman qui, par son thème, son contexte, son résumé affiché, pourrait s'avérer peu engageant et pourtant...
Jeanne de Coussac, s'étant défenestrée, par cet acte inconsidéré, doit être jugée, postmortem, et inévitablement condamnée . En ce siècle dit des Lumières, tout suicide est homicide , et certains philosophes, notamment Voltaire , dénoncérent cette aberration judiciaire !
Camille, son cousin, nommé curateur, doit la "représenter" au procès. Situation ubuesque où celui-ci doit tenir le rôle de la coupable décédée, jusqu'à même en porter le nom. Exercice surréaliste où Camille tentera de plaider la folie, seule porte de sortie pour sauver Jeanne de l'infamie , lui éviter d'être traînée tête en bas sur une claie, puis 24h pendue par les pieds (et autres "joyeusetés") , la mémoire effacée, ses biens confisqués, et ainsi pouvoir l'enterrer en terre consacrée.
En parallèle, Jeanne embaumée, et Camille fort éprouvé, vont s'avouer leur amour laissé en suspens il y a douze ans alors qu'ils étaient adolescents.
Voici donc un roman historique romantique et insolite, très agréable à lire, fluide et poétique.
Conquise pour la troisième fois consécutive par cet auteur dit régionaliste ( qui a fait "sécession" en créant avec C. Michelet, Bordes et Viollier la NEB, la nouvelle école de Brive.)
Soumyse pour mon plus grand plaisir !
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AudreyT
  23 août 2016
Nous avons tous déjà lu des histoires d'amour éperdu où des jeunes femmes perdent la vie devant des chagrins insurmontables... Ici, c'est la marquise Jeanne de Coussac qui attend avec patience et tendresse son amour d'enfance, son cousin Camille Gralis. A 15 ans, ils se sont fait la promesse de se marier dès qu'ils le pourront. Parce que bien sûr, les parents de Camille l'éloigne et le temps passe... Plusieurs années plus tard, Jeanne se suicide en apprenant le second mariage de Camille. Elle est persuadée qu'il l'a oublié et qu'il ne reviendra pas. Mais en ces temps là, abréger ses jours équivaut à prendre le pouvoir du roi ou de Dieu qui seuls ont le droit de vie ou de mort sur leurs sujets. Jeanne étant morte, on désigne Camille pour la représenter au procès...
Je vais me répéter et dire une fois encore que Babelio m'a fait découvrir cet immense auteur qu'est Jean-Guy Soumy. Ce roman est d'une force rare. Il m'a émue profondément. Cette jeune femme qui croit en une promesse d'enfant et qui par désespoir se défenestre. Ce jeune homme qui prend son passé de plein fouet et qui tente en vain de se racheter. Cette époque si dure qui permet à une justice d'effacer tout simplement un être sur cette terre... Des mots qui coulent et qui entrent en vous, des personnages auxquels vous vous attachez et un corps sur lequel vous vous penchez et vous pleurez...
Lisez ce livre !!!
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lecottageauxlivresFanny
  09 mars 2015
Au début du roman, Isabelle de Gralis, aristocrate et négociante bordelaise, annonce à son fils, Camille, que sa cousine s'est suicidée. Cette cousine c'est Jeanne, son amour de jeunesse qu'il n'a pas vue depuis une dizaine d'années et avec laquelle il avait vécu de magnifiques instants à la campagne dont il a pris soin de refouler les souvenirs depuis qu'il est adulte. Au XVIIIe siècle, le suicide est reconnu par l'Eglise Catholique et par la Justice comme un homidice contre soi-même et du même fait contre le Roi et contre Dieu. le cadavre du suicidé est enfermé en prison en attendant son procés. le "criminel" doit alors être représenté par un membre de sa famille lors de son procès et doit essayer de se défendre par delà la mort et grâce à la voix du vivant.
Camille va devoir venir le corps et l'âme de Jeanne lors de ce procès. La peine encourue est double: le corps de la suicidée sera traînée face contre terre dans la ville, pendue sur la place publique et enterrée hors de la terre sacrée et sa mémoire sera effacée, son nom n'apparaîtra plus sur aucun registre et ce sera comme si elle n'a jamais existé. le XVIIIe siècle et ce sujet sont très intéressants à découvrir. Camille est prêt à se battre pour défendre le corps et la mémoire de sa cousine quitte à fâcher sa mère et à choquer le tribunal.
Ce procès va forcer Camille à enquêter sur les circonstances de la mort de sa cousine mais il va surtout lui permettre de faire un voyage dans le temps. Il va devoir revivre son passé, comprendre sa relation amoureuse adolescente avec sa cousine et surtout comprendre pourquoi il n'a pas respecté la promesse faite à sa cousine.
J'ai adoré ce roman qui est un véritable coup de coeur pour moi ! La Promesse est une très belle surprise ! Je trouve que la narration est très intéressante: le récit nous est raconté par un narrateur externe qui nous permet d'appréhender l'histoire de manière objective puis le héros nous rapporte les événements en dévoilant ses sentiments, ses troubles et ses souffrances. Un dialogue s'instaure entre Jeanne et Camille par delà la mort puisque certains chapitres nous donnent à entendre la voix de Jeanne.
La psychologie des personnages, leurs sentiments ou leurs motivations nous donnent l'impression de bien les comprendre. Camille, son frère Bertrand et Jeanne sont attachants. L'écriture de Jean-Guy Soumy est très poétique. Ce roman est délicieux à lire et le sujet abordé est inhabituel et passionnant !
Je remercie très vivement la maison d'édition Robert Laffont et Babelio qui m'ont offert ce roman dans le cadre de la masse critique. Merci de m'avoir fait découvrir ce roman et cet auteur !
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EosMayonnaise
  24 février 2015
Merci, merci mille fois pour ce merveilleux cadeau!
Oh que je l'ai aimé ce livre! Dévoré en une journée, un vrai bonheur de lecture, sur un sujet que l'on ne croise pour ainsi dire jamais : le suicide à l'époque où il était considéré comme un crime.
Le décor est magnifiquement planté, on se fond dans le paysage. Les personnages, même sommairement décrit, ont une personnalité telle que l'on est immédiatement en mesure de les voir, on pourrait presque les toucher.
Cette histoire d'amour est racontée avec une finesse comme je n'en ai trouvé depuis des lustres, moi qui passe mon temps à critiquer la brutalité de l'écriture des contemporains, hommes ou femmes. J'ai été vraiment charmée par l'écriture fluide et toute en poésie de M. Soumy.
Empêtrée dans un autre livre dont j'avais hâte de voir arriver la fin, j'ai pris celui-ci et n'ai lu que les deux premières pages, histoire d'imaginer à quoi pourrait ressembler ma prochaine lecture... j'ai immédiatement accroché au texte, si bien que j'ai arrêté de laisser traîner ma précédente lecture, seulement pour le plaisir de pouvoir commencer celle-ci!
Et je n'ai pas été déçue, à aucun moment on ne perd la cadence, on alterne entre des chapitres narrés à la troisième personne et d'autre à la première, sous les traits de Camille Gralis. Tout est fluide, tout est cohérent, je dirais même tout est parfait.
Chaque nouveau livre entamé depuis quelque temps étant une demi-déception au moins, je ne m'attendais pas à un tel coup de coeur!
Alors merci encore!
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ghis38
  07 mars 2015
C'est le second livre de Jean Guy Soumy que je lis et vraiment, quel plaisir. J'aime les récits qui me font connaître des faits historiques et là, j'avoue que je suis restée pantoise face à cette découverte. Ma fille m'a dit que Voltaire avait traité ce sujet avec le cas Calas, que je vais m'empresser de lire. Aujourd'hui on nous parle de barbarie mais reconnaissons qu'à cette époque, on était pas mieux!
En France, un peu avant la révolution, le suicide était considéré comme un crime, un homicide contre soi-même, c'est à dire, contre Dieu et contre le roi. La justice exigeait que l'un des proches incarne, lors du procès, le corps et la voix de la personne défunte.
Camille, négociant, se retrouve contraint de représenter sa cousine, Jeanne, qui
s' est défenestree. Il va tout tenter pour préserver l'honneur et la mémoire de Jeanne, son premier amour car sinon le châtiment est terrible (voir ma citation sur le sort des suicidés).
On ne peut rester insensible à cette histoire. le dialogue, entre Camille et Jeanne est émouvant. Cet amour qui ressurgit, dans ces circonstances si effroyables, va entraîner Camille vers son passé et par là même, vers son devenir.
Un vrai coup de coeur pour ce récit qui se lit avidement.
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critiques presse (1)
LesEchos   25 février 2015
Jean-Guy Soumy a un don pour trouver des histoires stupéfiantes. Ainsi, en 2010, « Le Congrès » racontait un invraisemblable et pourtant authentique « procès en impuissance » [...]. Cette fois, il s'agit encore d'un procès d'un genre particulier : le procès post mortem d'une suicidée.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
MelancolyMelancoly   08 février 2021
Ma cheville dans ta main, je ne l'avais pas prémédité. Mais lorsque je t'ai vu allongé tout près, j'ai eu le désir irrépressible de te troubler. Avec un instinct sûr, j'ai su que c'est en te laissant me toucher que j'y parviendrais. Non pas en nous empoignant, ce qui valait aux yeux de tes parents la réputation rassurante de "garçon manqué". Mais par un simple contact au coeur d'une distance. En plaçant mon talon dans le creux de ta main, je peux te l'avouer désormais, j'éprouvais la délicieuse sensation de commettre l'irréparable.
Tu as tardé à refermer tes doigts sur ma peau. J'espérais ce geste car il serait la preuve définitive de mon emprise. Mais tu luttais encore. Si tu en avais eu le courage, tu te serais enfui. Loin de moi qui te capturais à jamais par ce brouillon de caresse. Ce don qui n'en était pas un puisqu'il relevait d'un piège.
Naturellement tu es resté contre moi. Je sentais ton émotion au bout des doigts...
+ Lire la suite
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QueLireQueLire   30 avril 2015
Monsieur Gralis, vous ne m'avez pas entendu, hier? Le parallèle avec un procès classique pour homicide est à prendre au pied de la lettre.
Camille ne réagissait pas, Mouchy poursuivit :
-Où la justice s'assure -t-elle de l'accusé avant son procès?
-En prison?
-Eh bien, vous tenez là votre réponse.
-Jeanne de Coussac est en prison?
Le magistrat acquiesça.
-Mais...
-Ah ! évidemment ses codétenus ne sont pas contents. Bien qu'on m'ait rapporté que son voisinage ne soit pas si incommodant qu'on pouvait le craindre. Votre cousine comment dirais-je, se tient.
-Les autorités ne craignent pas une épidémie?
-Non, car nous avons procédé comme il est d'usage. La justice n'est pas aveugle et sourde aux recommandations de la médecine. Votre cousine a été embaumée.
(...)
Qu'allait-il trouver là-bas dans la cachot? Quelle créature l'attendait dont il ne pourrait oublier la vision lorsqu'il prendrait sa place sur la sellette?
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ghis38ghis38   06 mars 2015
Pour la première fois, Jeanne, il m'était donner de pénétrer le coeur et l'âme d'une jeune fille par le simple miracle de sa main prise dans la mienne. J'eus conscience qu'il s' agissait là de la plus belle chose qui pourrait jamais m'arriver. Autour de moi le monde pouvait s' effacer. Disparaître. J'etais là, avec toi. Rien d'autre ne comptait. Passé, avenir, présent s' 'etaient dissous. Ta seule existence me rendait invulnérable. Tu me transmettais une force qui n'était tournée contre personne. Tel fut le pouvoir de cet orage.
Depuis quelques semaines, je peux de nouveau songer à cette attente avec toi dans la bergerie, lorsque je redoutais que la pluie cesse.
Mais qu'ai-je donc fait de cette offrande ?
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lecottageauxlivresFannylecottageauxlivresFanny   09 mars 2015
"Allons ! Je t'en prie, Camille ne sois pas triste. Le suis-je, moi? Nous sommes de nouveau réunis. Certes, il a fallu que les événements se précipitent... Me précipitent. Au fond, c'est bien ainsi. Je ne regrette rien. Il n'y avait pas d'autre issue.
Tout au contraire, réjouis-toi! Nous allons de nouveau passer de longues heures ensemble. Éprouver la douce fusion que nous avons jadis connue. Nous allons réaliser ce vœu qui nous tenait à cœur. Notre promesse, t'en souviens-tu? Ne t'inquiète pas, je ne souffre plus.
Mais, Camille, tu ne m'entends toujours pas? "
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ghis38ghis38   06 mars 2015
- dans ce cas, si votre cousine est reconnue coupable, sa mémoire sera effacée. Son nom oublié pour toujours. Ses biens confisqués par le roi, mais je crois, en l'occurrence, que le marquis avait ruiné sa fille. Sur tous les registres, au dos de son banc dans l'église qu'elle frequentait...C'est une condamnation infamante. Éternelle.
- Et son corps ?
- Traîné sur une claie par les rues de la ville, face contre terre. Puis pendu par les pieds à une potence vingt-quatre heures avant d'être jeté à la voirie comme indigne d'une sépulture chrétienne, recita monsieur de Mouchy, les yeux mi-clos.
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