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EAN : 9782800142203
264 pages
Dupuis (03/09/2008)
4.25/5   91 notes
Résumé :

Petite fille, elle a vécu l'état de siège, la pénurie, Solidarnosc et le ras de fer entre Jaruzelski et Walèsa, l'explosion de la centrale e Tchernobyl... De l'intimité de sa vie de famille, on passe à la grande histoire, celle de la Pologne et d'une Europe qui s'est construite sous la domination soviétique. "Marzi", c'est elle, et surtout un témoignage en bande dessinée à hauteur d'enfant, d'une belle sensibilité.
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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LiliGalipette
  02 mai 2011
Marzi est une petite fille rousse aux grands yeux gris-bleu. Accompagnée de son lapin en peluche, elle grandit tranquillement auprès de ses parents et avec les gamins de son immeuble. Elle a les jeux de son âge : bloquer l'ascenseur, sonner chez les voisins, courir dans les champs. Entre ses bêtises d'enfant et ses grands questionnements, Marzi est une gamine qui veut comprendre et qui pose sur le monde des yeux curieux. Elle est née dans la Pologne communiste des années 1980 et elle raconte ce monde d'un autre âge.
Du fond de son enfance, Marzena ramène des souvenirs drôles et émouvants. Elle raconte les défauts de sa mère et l'amour qu'elle porte à son père. "Ma mère, c'est comme une sorte de prophète dramatique ; avec elle, l'avenir est forcément catastrophique." (p. 98) Les petites misères qu'elle subit ou qu'elle fait subir sont racontées avec la naïveté cruelle des enfants. Son enfance est celle de beaucoup : elle passe les vacances chez sa grand-mère, avec des cousins, elle apprend à nager, elle ramasse des fruits, elle adore puis abandonne certains jouets. Mais voilà, la Pologne communiste, ce n'est pas tout à fait la France dont Marzi rêve depuis toujours, surtout depuis qu'elle a entendu chanter Mireille Mathieu.
Entre son père ouvrier et sa mère employée de bureau, Marzi grandit plutôt bien. L'ordinaire n'est jamais très original, mais ses parents font le maximum, comme tous les Polonais, pour dénicher quelques denrées rares, parfois au prix de longues heures d'attente dans le froid."Juste un petit morceau de n'importe quoi pour nourrir la famille. du sucre pour adoucir cette existence. Pour oublier toutes les contraintes de la vie de ce pays." (p. 33) le rationnement est au coeur des existences et il suffit de peu pour améliorer le quotidien. Chacun fait provision du maximum en prévision du pire ou du mieux."Finalement, les gens se servent très peu de leur voiture... L'essence est un luxe. Les gens l'emmagasinent pour le jour où ils en auront vraiment besoin. Pour fuir le communisme par exemple..." (p. 190)
Sourdement gronde la révolte et s'annonce la fin du communisme. Un soir à la télé, "il y a le monsieur moustachu qui n'a peur de rien. Chez nous on parle beaucoup de lui. Il s'appelle Lech Walesa et il est à la tête d'une association qui se révolte contre les autorités." (p. 260) Avec le peu de mots dont elle dispose et les bribes d'information qu'elle saisit au gré des conversations, la petite Marzi s'ouvre au monde des adultes et témoigne d'une vive intelligence.
Marzena Sowa a retrouvé ses yeux d'enfant pour décrire les files d'attente, les combines de ses parents pour améliorer le quotidien, l'arrivée de Jaruzelski au pouvoir, la catastrophe de Tchernobyl, les voyages de Jean-Paul II dans son pays d'origine et Solidarnosc. Les panneaux et les écrits dans les rues sont rédigés en polonais et accroissent l'immersion du lecteur dans l'univers de l'enfant. Marzi est une gamine d'autant plus attachante qu'elle ressuscite un passé récent et que son enfance correspond à la mienne. La comparaison est troublante.
Marzi propose une enfance polonaise en chapitres courts. Les planches comptent quatre cases centrées sur un fond blanc. La lecture n'en est que plus aisée. En ne saturant pas la page avec l'image, le dessinateur laisse la place aux à-côtés, à l'imagination et aux non-dit. Chaque chapitre est symbolisé par une image qui couronne les pages : ours en peluche, carpe, boîte d'allumettes, chaussons de danse, boulons, ticket de rationnement et autres sont souvent des illustrations pleines d'ironie douce. Les images se déclinent en tons bruns, gris et sépia. Il s'agit vraiment d'une remontée dans le temps et d'une relecture de vieux albums.
Marzena Sowa a retrouvé ses yeux et son esprit d'enfant et c'est vraiment la petite Marzi qui s'adresse à nous. "Nous sommes des enfants éponges, il ne suffit pas d'essorer, il faut faire attention dans quoi on nous plonge. Même lavés, rincés, séchés à maintes reprises, les traces restent en nous." (p. 125 - 1989) Marzena n'a rien oublié de son enfance polonaise, ni les difficultés, ni les rires. Et on comprend que sa faculté de raconter et son imagination viennent de là, de ces années où elle posait sur le monde ses grands yeux interrogateurs et rêveurs.
Lien : http://lililectrice.canalblo..
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orbe
  08 juin 2014
Récit en bande dessinée de la vie de Marzi, une jeune fille dans la Pologne communiste au moment des grèves de Solidarnosc. L'histoire est découpée en courtes tranches de vie dans lesquelles transparaît un amour pour se père qui se bat pour ses idées mais aussi les interrogations intemporelles d'une jeune fille.
Un livre beau, aux dessins soignés qui constitue un très bon témoignage sur la vie quotidienne en Pologne de 1984-1987. A découvrir !
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Orzech
  27 novembre 2017
Ce roman graphique regroupe les trois premiers albums de Marzi, une petite fille polonaise aux grands yeux bleus qui raconte son enfance dans la Pologne communiste. J'ai lu les deux premiers albums il y a quelques années et m'y plonger à nouveau a été un grand plaisir. Je l'ai acheté pour mon fils de 15 ans qui a pu ainsi avoir un petit aperçu de ma propre enfance car je suis à peine un peu plus âgée que Marzi.
J'ai adoré ces petites histoires de la vie quotidienne racontées avec beaucoup d'humour et de sincérité. Je me suis retrouvée dans presque toutes les anecdotes, j'ai vécu certains événements à l'identique, d'autres m'ont rappelé mes propres souvenirs de ces années-là qui ont marqué toute une génération de Polonais. Une enfance pas toujours facile, faite de privations mais finalement très heureuse.
Après ma première lecture je ne me rappelais pas cette image de la mère de Marzi, une femme un peu dévote et plutôt autoritaire. J'espère qu'elle n'en a pas trop voulu à sa fille pour l'avoir présentée ainsi.
Drôle, d'une grande authenticité et empreint de nostalgie ce roman graphique a été pour moi un véritable coup de coeur.
Lien : http://edytalectures.blogspo..
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VanessaV
  13 décembre 2015
Marzi est fille unique d'un couple habitant un immeuble dans une ville ouvrière de Pologne. Nous découvrons son enfance par bribes. Des moments de classe, de jeux d'enfants pas vraiment sages mais que nous ne pouvons pas détestés. Qui n'a pas appelé l'ascenseur juste pour embêter un adulte à un autre étage? Marzi se raconte, la famille chez qui elle va, les cadeaux offerts par le tonton, les premières boucles d'oreilles, la télévision, les jouets de pauvres ou de riches, les jeux d'extérieur.
Un enfance un peu comme toutes les autres. Et bien non, elle ne connait que sa vie mais le quotidien d'une petite polonaise des années 1980 est bien différent du notre. Les priorités ne sont pas les mêmes: se nourrir en Pologne communiste en ce temps-là, c'était ravitaillement primaire, tickets de rationnement, files d'attente pour acheter un produit unique (de quelques heures à une nuit, voire même à quelques semaines en se montrant tous les matins pour l'appel des clients). Nous nous émouvons devant un réfrigérateur, des oranges ou un collier de papier toilette. Certaines rencontres la déstabilisent, une cousine née en France venue au pays en vacances, tellement différente avec son paquet de mouchoir en papier.
Et puis il y a la politique et son actualité. Présente en filigrane mais à demi-mots. Les adultes n'en parlent pas dehors, juste chez eux et les parents de Marzi ne lui disent rien. Il y a la télévision mais la gamine ne comprend pas. La guerre est déclarée le 13 décembre 1981, les tanks défilent, les "zomos" chassent les grévistes des usines, il faut des papiers d'autorisation de circulation dans la région. Marzi en saisit la tension, la peur de se faire massacrer ou de devenir une petite espionne. Mais elle reste dans le flou.
Ce qui transpire plutôt ce sont les astuces des polonais pour faire face. A la pénurie alimentaire en ramenant des provisions de la campagne, en cultivant un petit jardin même le week-end, en organisant un mini-marché noir "au prix des voisins", en se donnant le mot d'une nouvelle livraison au magasin, en se reléguant dans les files d'attentes. La religion prime aussi, un chemin balisant la semaine, la vie même. La messe, la première communion, des carpes en aquarium de baignoire, une certaine forme de communication.
Le plus fort reste la solidarité, les amis et la famille. Dans des appartements minuscules, ils accueillent, préparent des festins, partagent, discutent, déplument les oies, prient, chantent et chantent encore.
En suivant le regard de cette enfant, tout en pan de petits bonheurs apparait. Une vie est dure mais accompagnée. Et Marzi est pleine de vie. Un quotidien trivial mais aussi empli de poésie, de réflexion. Marzi petite gamine grandit. Ses premiers intérêts comme les jouets, la décoration de sa chambre, deviennent plus complexes, jalousie, solitude, peur pour sa famille.
"Marzi" est une magnifique proposition. Dans ses souvenirs d'enfance, il y a bien sûr une autobiographie mais la Pologne se découvre dans ce qui fait sa chaleur. Peu à peu nous comprenons quelques éléments de son contexte politique et surtout les moyens mis en avant par ses habitants. La résistance électrique à la boutonnière comme résistance politique, la nuit et les bougies contre la vision imposée d'une seule communication propagandiste. Et Lech Waleza arrive: le second recueil "Marzi, 1989" semble être plus tourné vers l'actualité de ce pays. A suivre!
Ce premier intégral comprend: Petite carpe, Sur la terre comme au ciel, Rezystor, le bruit des villes.
Lien : http://1pageluechaquesoir.bl..
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badpx
  28 avril 2019
Je suis très contente de ma lecture. J'ai du faire revenir ce livre de la réserve de la médiathèque, et je ne le regrette pas. Par contre, je trouve dommage qu'il ait été rangé loin des yeux.
Ce recueil d'histoires très simples sur la vie quotidienne d'une fillette dans la Pologne des années 80, est très intéressant. Marzi est un tout petit peu plus jeune que moi. Et pour être honnête je ne m'étais jamais intéressée à la façon dont vivaient les enfants, de l'autre côté des frontières alors que moi même j'étais une enfant. Les témoignages qu'on lit habituellement, ou les enquêtes journalistiques, sont des visions d'adultes.
Plus d'une fois, sur des événements datés ou datables, je me suis interrogée sur ce que moi je vivais à ce moment là. Etrange parallèle.
Malheureusement, je ne pourrai pas lire le tome suivant.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
fun177fun177   03 décembre 2013
J'aime beaucoup regarder les champignons. Ils sont beaux, fragiles et tellement doux au toucher. J'aurais presque envie de venir ici juste pour les caresser. Dommage qu'ils n'aient pas de bouche pour nous sourire, ou même nous parler. En fait, les champignons sont des messieurs qui cachent leur tête sous un chapeau parce qu'ils sont timides.
Ils le retirent quand on regarde pas... Alors je m'accroupis en silence et j'attends en respirant doucement qu'un champignon, par mégarde, ôte son chapeau, que je puisse voir sa tête.
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RhlRhl   11 mai 2015
Ma mère se plaint toujours que je suis une rêveuse incorrigible, que je m'intéresse pas aux choses de ce monde, que la réalité c'est pas mon truc.
Mais je sais qu'elle a tort.
Je regarde les petites bêtes qui vivent dans l'herbe, je fais des gâteaux de boue, je m'occupe du jardin quand il faut.
Tout ça, c'est terrestre.
Et si j'aime bien monter dans les arbres, c'est pas pour m'éloigner de la terre, c'est juste pour mieux observer la vie qui s'y déroule.
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fun177fun177   03 décembre 2013
J'aime bien écraser mon nez contre la vitre. Je souffle dessus et je dessine ou j'écris. J'apprends des lettres à mon lapin. Parfois quelqu'un de la famille passe en se tapant le doigt sur le front. Ils m'ont jamais comprise. Je me demande ce qu'ils faisaient quand ils étaient jeunes? A mon avis, ils sont nés vieux !
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fun177fun177   03 décembre 2013
Il reste à peine trois semaines avant la communion et ma fille n'a toujours pas de robe! [...] Rien ne lui va à cause de sa maigreur. Elle ne veut rien manger. [...] Les dames sourient et compatissent en même temps. Peut être que certaines se disent qu'il est facile de deviner qui mange ma part....
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fun177fun177   03 décembre 2013
Ils ne font pas confiance aux banques, ils gardent l'argent qu'ils gagnent à l'abri, chez eux. Ma mère le range dans son linge, parmi les culottes dans lesquelles je pourrais entrer tout entier. C'est pour dire que ma mère est ronde et pas qu'on a tellement de sous.
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Videos de Marzena Sowa (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marzena Sowa
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