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Charles Appuhn (Traducteur)
ISBN : 2080700502
Éditeur : Flammarion (25/04/1997)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Son excommunication violente de la communauté juive d'Amsterdam confronta Baruch Spinoza, dés l'âge de vingt-quatre ans, à la nature politique du religieux. Les analyses du Traité théologico-politique, publié en 1665, envisagent les religions en général, en particulier celles qui déchirent alors l'Europe, comme des instances proprement politiques gouvernant les esprits en cultivant en eux l'imagination superstitieuse... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Chri
  23 octobre 2015
Avec le Traité des autorités théologique et politique, Spinoza explore l'Histoire, un pied dans l'antiquité lorsqu'il analyse les Ecritures, et un pied dans les années 1660 lorsqu'il réagit au contexte politique des Pays-Bas.
C'est le bon tempo pour exprimer ses revendications car le contexte de relative tolérance religieuse le permet et d'autre part Spinoza a acquis suffisamment de connaissance et de recul sur les religions juive et chrétienne pour former des idées claires et distinctes. Mais le temps n'est pas encore venu pour livrer sa synthèse spirituelle que constitue l'Ethique.
Dans un subtil mélange de douceur et de détermination Spinoza révèle les enseignements très simples des Ecritures, la justice et l'amour de son prochain pour le dire en deux mots, et en même temps il critique franchement les débordements d'imagination des prophètes produisant des récits qu'ils voudraient faire passer pour des révélations divines plutôt qu'admettre qu'ils les ont conçus pour frapper l'opinion publique.
« Aime ton prochain, mais déteste ton ennemi » (Matth., ch. v, vers 43). C'est ainsi qu'on peut résumer comment Dieu est apparu aux hébreux comme un prince qui a mis la main sur un territoire et sa population. « Plus tard, lorsqu'ils eurent perdu leur organisation d'Etat national et eurent été conduits en captivité à Babylone, Jérémie leur recommanda de veiller à la prospérité, désormais, de cette ville où ils étaient retenus prisonniers. Enfin lorsque le Christ les vit dispersés sur toute la terre, il les pressa de pratiquer le devoir de charité à l'égard de tous les humains. Tous les moments de l'histoire des hébreux illustrent donc bien l'accord, toujours nécessaire, de la religion avec l'intérêt public » (citation Spinoza ch. XIX).
Le droit divin des Ecritures apparait donc simplement comme une version ancienne du droit positif. Peu importe d'ailleurs que l'amour de son prochain soit perçu comme une révélation divine ou bien perçu à la lumière naturelle (le bon sens). Si donc les Ecritures peuvent « servir à répandre des opinions salutaires » alors on ne peut les réduire à des « poèmes dramatiques » ou des « chroniques ordinaires ». Fondamentalement la liberté d'opinion est un « droit individuel inaliénable », en revanche la puissance souveraine ne doit pas laisser se développer un droit « divin » dépendant « de doctrines purement spéculatives ».
Ici la puissance souveraine ne peut être que celle d'un Etat démocratique. En conclusion « il n'y a pas de lumière supérieure à la nature, il n'y a pas d'autorité extérieure aux hommes » (ch. VII de l'interprétation de l'Ecriture)
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jeanparapluie
  21 mai 2016
Nouvelle traduction et édition du Traité théologico-politique. La liberté de penser et de s'exprimer, l'indépendance de la sphère privée par rapport à la religion comme par rapport à l'Etat, la souveraineté des sujets libres, Spinoza a beaucoup à nous dire de notre société et des crises de conscience qui la traversent.
Je mentionne aussi ce livre en relation avec la parution récente de la "Correspndance Freud-Spinoza", par Michel Juffé (nrf Gallimard)
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Klasina
  04 novembre 2018
Spinoza est précursseur de l'exégète par ce traité. de manière rigoureuse, il applique une méthode qui sera par la suite reprise : l'Ecrtirure doit être interprétée par l'Ecriture, le sens est tiré à partir de l'étude des mots et de la sémiologie. Par là, il s'agit d'effectuer une critique interne du texte. Il évoque aussi la critique externe, à savoir, la prise en compte des opinions de l'auteur, du contexte d'écriture. Partant de là, il applique cette méthode pour l'Ancien Testament et pour le Nouveau Testament. Il montrera la corrélation entre la Loi de Moise, et l'Etat, politiquement constitué.
Outre, la méthode véhiculée par ce traité, Spinoza interroge l'Ecriture. Ce n'est pas une connaissance de Dieu qu'apporte l'Ecriture, mais plutôt une inclinaison à l'obéissance, des principes suivants : la Charité et la Justice. A Dieu n'est rapporté que des attributs, il s'ensuit qu'on ne connait de Dieu que ces attributs et non pas l'essence-même de ce dernier. Spinoza redonne aussi les droits à la philosophie, à la pensée. L'Ecriture, en effet, n'interdit pas ces droits. L'auteur veut démontrer que le droit de penser et de dire ce que l'on pense est nécessaire, et ce même pour l'Etat. On l'aura compris, Spinoza pose la méthode moderne, et au delà, son écrit est un écho sur l'agora de la démocratie, qui sera entendu au siècle des Lumières.
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Moulinaie
  12 mai 2015
Une analyse critique des textes bibliques avec tout le respect, la simplicité et la tolérance d'un croyant qui utilise sa raison.
Mon Dieu ce que ce texte est moderne et d'une actualité criante!
Écrit au cours du XVIIè siècle, 130 ans avant la Révolution Française, voici un ouvrage qui remet les livres sacrés à leur place : des textes écrits par des hommes pour les hommes de leur temps.
L'auteur s'attache à gratter les argumentations et artifices temporels afin de ne conserver que le message originel de Dieu. Par ailleurs, son analyse de la société des Hébreux lui permet d'entrevoir la meilleure façon de concilier religion et pouvoir, religion et paix sociale.
Bien sûr, le style XVIIè n'est pas des plus faciles à lire, mais dans notre société où s'opposent la religion et le droit, voici une réflexion passionnante et qui enrichira ceux qui s'interrogent à ce sujet.
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Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
AuroraeLibriAuroraeLibri   12 février 2016
Par droit naturel et institution de la nature, nous n’entendons pas autre chose que les lois de la nature de chaque individu, selon lesquelles nous concevons que chacun d’eux est déterminé naturellement à exister et à agir d’une manière déterminée. Ainsi, par exemple, les poissons sont naturellement faits pour nager ; les plus grands d’entre eux sont faits pour manger les petits ; et conséquemment, en vertu du droit naturel, tous les poissons jouissent de l’eau et les plus grands mangent les petits. Car il est certain que la nature, considérée d’un point de vue général, a un droit souverain sur tout ce qui est en sa puissance, c’est-à-dire que le droit de la nature s’étend jusqu’où s’étend sa puissance. La puissance de la nature, c’est, en effet, la puissance même de Dieu, qui possède un droit souverain sur toutes choses ; mais comme la puissance universelle de toute la nature n’est autre chose que la puissance de tous les individus réunis, il en résulte que chaque individu a un droit sur tout ce qu’il peut embrasser, ou, en d’autres termes, que le droit de chacun s’étend jusqu’où s’étend sa puissance. Et comme c’est une loi générale de la nature que chaque chose s’efforce de se conserver en son état autant qu’il est en elle, et cela en ne tenant compte que d’elle-même et en n’ayant égard qu’à sa propre conservation, il s’ensuit que chaque individu a le droit absolu de se conserver, c’est-à-dire de vivre et d’agir selon qu’il y est déterminé par sa nature. Et ici nous ne reconnaissons aucune différence entre les hommes et les autres individus de la nature, ni entre les hommes doués de raison et ceux qui en sont privés, ni entre les extravagants, les fous et les gens sensés. Car tout ce qu’un être fait d’après les lois de sa nature, il le fait à bon droit, puisqu’il agit comme il est déterminé à agir par sa nature, et qu’il ne peut agir autrement. C’est pourquoi, tant que les hommes ne sont censés vivre que sous l’empire de la nature, celui qui ne connaît pas encore la raison, ou qui n’a pas encore contracté l’habitude de la vertu, qui vit d’après les seules lois de son appétit, a aussi bon droit que celui qui règle sa vie sur les lois de la raison ; en d’autres termes, de même que le sage a le droit absolu de faire tout ce que la raison lui dicte ou le droit de vivre d’après les lois de la raison, de même aussi l’ignorant et l’insensé ont droit de faire tout ce que l’appétit leur conseille, ou le droit de vivre d’après les lois de l’appétit. C’est aussi ce qui résulte de l’enseignement de Paul, qui ne reconnaît aucun péché avant la loi, c’est-à-dire pour tout le temps où les hommes sont censés vivre sous l’empire de la nature. (Rom., chap. VII, vers. 7.)
CHAPITRE XVI.
DU FONDEMENT DE L’ÉTAT ;
DU DROIT NATUREL ET CIVIL DE CHACUN,
ET DU DROIT DU SOUVERAIN.
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ChriChri   06 octobre 2015
Voyons donc ce que sont ces mystères contenus dans l'Ecriture, et dont ses interprètes soutiennent qu'ils sont les seuls capable de déceler : nous ne découvrirons que quelques inventions d'Aristote, de Platon ou d'autres penseurs profanes; et encore le premier venu des simples d'esprit aurait-il moins de peine à les forger en rêve, que le plus grand érudit n'en a à les trouver dans l'Ecriture.

(Citation dans le «Traité des autorités théologique et politique » chapitre XIII - Thème : l'Ecriture, par ses enseignements, tous extrêmement simples, ne cherche à obtenir des hommes que l'obéissance...)
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AuroraeLibriAuroraeLibri   29 décembre 2015
Je reviens au sentiment de Maimonide, afin de l’examiner de plus près. Il suppose, en premier lieu, que les prophètes sont d’accord entre eux sur toutes choses, et que ce sont même de grands philosophes et de grands théologiens, puisque leurs opinions, suivant lui, sont toujours fondées sur la vérité des choses ; or, nous avons prouvé le contraire au chapitre II. Il suppose, en second lieu, que l’Écriture ne fournit point à qui veut l’interpréter les lumières nécessaires, par la raison qu’elle ne démontre rien, ne donne jamais de définitions, ne remonte pas enfin aux premières causes, d’où il suit que ce n’est point en elle qu’il faut chercher la vérité des choses, et en conséquence que ce n’est point elle qui peut nous éclairer sur son propre sens. Mais cette seconde prétention est aussi fausse que la première, et nous avons également montré dans notre deuxième chapitre, tant par la raison que par des exemples, que le sens de l’Écriture ne doit être cherché que dans l’Écriture elle-même, lors même qu’elle ne parle que de choses accessibles à la lumière naturelle. Maimonide suppose enfin qu’il nous est permis d’interpréter l’Écriture selon nos préjugés, de la torturer à notre gré, d’en rejeter le sens littéral, quoique très-clair et très-explicite, pour y substituer un autre sens. Mais outre que cette licence est tout ce qu’il y a de plus contraire aux principes que nous avons établis dans le chapitre déjà cité et dans les suivants, qui ne voit qu’elle est excessive et téméraire au plus haut degré ? Accordons-lui du reste cette extrême liberté ; de quoi lui servira-t-elle ? de rien assurément ; car il sera toujours impossible d’expliquer et d’interpréter par sa méthode les passages obscurs et incompréhensibles qui composent la plus grande partie de l’Écriture, au lieu qu’il n’y a rien au monde de plus facile, en suivant notre méthode, que d’éclaircir beaucoup de ces obscurités et d’aboutir sûrement à d’exactes conséquences, ainsi que nous l’avons déjà prouvé et par la raison et par le fait. Quant aux passages qui par eux-mêmes sont intelligibles, on en connaît assez le sens par la construction du discours. Je conclus de là que la méthode de Maimonide est absolument inutile. Ajoutez qu’elle ôte au peuple toute la certitude qu’il peut tirer d’une lecture faite avec sincérité, et à tout le monde la faculté d’entendre l’Écriture par une méthode toute différente. Il faut donc absolument rejeter la méthode de Maimonide comme inutile, dangereuse et absurde.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   23 décembre 2015
De l’explication que je viens de donner de la cause de la superstition, il résulte que tous les hommes y sont naturellement sujets (quoi qu’en disent ceux qui n’y voient qu’une marque de l’idée confuse qu’ont tous les hommes de la Divinité). Il en résulte aussi qu’elle doit être extrêmement variable et inconstante, comme tous les caprices de l’âme humaine et tous ses mouvements impétueux, enfin qu’il n’y a que l’espérance, la haine, la colère et la fraude qui la puissent faire subsister, puisqu’elle ne vient pas de la raison, mais des passions et des passions les plus fortes. Ainsi donc, autant il est facile aux hommes de se laisser prendre à toutes sortes de superstitions, autant il leur est difficile de persister dans une seule ; ajoutez que le vulgaire, étant toujours également misérable, ne peut jamais rester en repos ; il court toujours aux choses nouvelles et qui ne l’ont point encore trompé ; et c’est cette inconstance qui a été cause de tant de tumultes et de guerres. Car ainsi que nous l’avons déjà fait voir, et suivant l’excellente remarque de Quinte-Curce (liv. VI, ch. 18) ; " Il n’y a pas de moyen plus efficace que la superstition pour gouverner la multitude. " Et voilà ce qui porte si aisément le peuple, sous une apparence de religion, tantôt à adorer ses rois comme des dieux, tantôt à les détester comme le fléau du genre humain.
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ChriChri   03 octobre 2015
A celui qui a frappé ta joue droite, tends l’autres, etc..(…)
Il apparait très clairement que, suivant les seuls principes de l’Ecriture elle-même, cet enseignement donné par le Christ et Jérémie, savoir l’acceptation de l’injustice et la non-résistance à l’impiété, s’applique seulement là où la justice est méconnue et dans les temps d’oppression, non dans un Etat sain ; bien au contraire, dans un Etat sain où la justice est sauvegardée, chacun est tenu, s’il veut se montrer juste, de demander au juge la punition de l’injustice soufferte par lui, et cela non par vengeance, mais par désir de défendre la justice et la loi de la patrie et pour que les méchants ne tirent pas d’avantage du mal.

(Citation dans le «Traité des autorités théologique et politique » chapitre VII de l’interprétation de l’Ecriture)
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Vidéo de  Spinoza
Amélie Nothomb, morte ? Elle ne se souvient de rien. Voici pourtant qu?une dénommée Plectrude lui annonce la sinistre nouvelle. Elle lui révèle également qu?une identité posthume est attribuée à chacun au terme d?une cérémonie. L?un ira au paradis des cinéastes et l?autre au paradis des boulangers, par exemple. L?éternité est moins longue lorsqu?on échange autour d?une passion commune... Amélie s?attend donc à retrouver Stendhal et Virginia Woolf au paradis des écrivains. Stupeur ! Elle se retrouve au paradis des philosophes, aux côtés de Platon et de Nietzsche ! S?agit-il d?une erreur ? En faisant appel de cette décision, Amélie va subir un drôle de Jugement dernier au cours duquel viendront témoigner les illustres gloires de la philosophie, depuis Spinoza jusqu?à Sartre.
Écrit « à la manière » d?Amélie Nothomb, ce conte philosophique de Marianne Chaillan est un voyage aussi drôle que méditatif qui invite le lecteur à découvrir autrement l??uvre de la romancière mondialement célèbre.
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/ainsi-philosophait-amelie-nothomb-9782226397140
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