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ISBN : 2841420671
Éditeur : Ombres (25/11/1998)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Une épaisse couche de mouches grouillantes recouvrit tout le village sans laisser libre le plus petit espace. Le bourdonnement avait cessé, la lumière du soleil avait reparu, mais la vision de cette marée de patte et d'ailes agitées de frémissements n'en était que plus horrible. La couche d'insectes gantait uniformément les cabanes, la camionnette, les hommes, comme si un voile noir fût tombé du ciel. Les mouches grouillaient sur les habits, les mains, le visage, tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
DoVerdorie
  06 mars 2015
Avec la lecture de "l'Oeil du purgatoire", j'avais déjà pu constater que J. Spitz, écrivain d'entre deux-guerres et rattaché au courant surréaliste, n'avait jamais été un défenseur du genre humain.
Ce roman-ci -d'anticipation-, écrit en 1938, le confirme. Restant dans la conjecture science-fictive de "Et si un jour..." (...une mutation de la mouche rend cet espèce intelligente...), le récit linéaire de 150 pages s'approche pourtant d'avantage, par son style et les descriptions narratives, du fantastique horrifique.
Mais SF ou histoire d'horreur, c'est avant tout une satire jouissive qui met en évidence les faiblesses de l'homme, son incapacité de cohabitation et de réflexion afin de faire face ensemble (!) au danger (ici, l'invasion des mouches), qui voue la civilisation humaine à une totale disparition.
Comme un entomologiste (à l'instar de son personnage principal qui étudie les mouches), Spitz examine sous la loupe les comportements humains à travers les corps sociaux dits "responsables" (savants et scientifiques, militaires, gouvernants, religieux...) dont aucun ne s'en sort indemne, sous la pointe de son stylo venimeusement sarcastique. le lecteur rit...souvent jaune... : dans un des derniers chapitres p.e., Spitz se moque avec un humour grinçant, de l'Allemagne Hitlerien et ses "Krieger" néandertaliens.
Poussant, d'une manière excessive -surréaliste- le fléau diptère avec ses grouillements noirâtres, les pontes de larves, infections, épidémies... à son paroxysme, l'auteur cercle l'homme pour, au final, le cantonner dans la case de l'observateur observé.
...et la dernière phrase du livre, que je me refuse de citer ici, afin de laisser la surprise d'une belle conclusion, empreinte de véracité...fait mouche !
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finitysend
  10 décembre 2012
Excellent franchement ....
L'espèce humaine n'est pas invincible et ce petit roman soigné à la langue très classique , vient judicieusement nous le rappeler .
Les mouches sont , ici , un fléaux quasi biblique , une redoutable métaphore qui est cinglante et implacable dans ce texte remarquablement construit et au style très classique .
Les mouches se mettent bizarrement à proliférer dans le sud-est asiatique et c'est localement une véritable catastrophe .
Le monde regarde , au début, de façon distante et perplexe ce phénomène qui prendra très vite une tournure dramatique .
Le fléaux finira par s'étendre à toute la planète alors que tous les continents seront progressivement affectés .
Ce roman post-apocalyptique soigné possède un parfum de réalisme qui est réellement savoureux . C'est une dynamique qui est antérieure à la vague postérieur des insectes , l'époque de la grande peur des insectes , qui fut assez florissante en SF dans les années Soixante-dix ..
La chute de Paris pourrait bien vous causer des sueurs froides .
C'est un petit bijoux de science-fiction francophone qui est réédité aussi régulièrement que sporadiquement .
Vraiment fameux , je le jure !
Un seul défaut , la toute fin est un peu trop anthropomorphique ( encore que c'est une métaphore ) , mais la ballade est quand même savoureuse !
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jamiK
  17 juin 2018
On démarre doucement, en suivant Juste-Evariste Magne, jeune chercheur travaillant sur l'hérédité des mouches sous la direction de Mr Carnassier. Une invasion de mouches se déclare en indochine où Magne suivra son chef pour aller étudier la chose. le style du roman paraît longtemps comme une suite d'évènement où l'on suit l'évolution des insectes jusqu'en Europe, sérieux, austère, mais plus on avance, plus le ton devient sarcastique, l'humour cynique sous-jacent de dévoile. Plus on avance dans l'histoire, plus l'espèce humaine, ses les travers politiques, idéologiques, sociaux en deviennent ridicules, grotesques. Par le biais d'un scénario catastrophe, Jacques Spitz dresse un portrait sans concession des travers humains de son temps, 1938, c'est l'époque du colonialisme, des nationalismes extrémistes. Un cynisme assez pessimiste, en gros, il n'y a pas grand chose à espérer de l'espèce humaine, mais l'évolution du ton au fil de la lecture, sérieux au début, en devient de plus en plus drôle, sarcastique et jubilatoire vers la fin.
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gill
  31 août 2012
Jules Evariste Magne est un modeste garçon de laboratoire.
Il assiste, pour la modique somme de 400 francs par mois, le professeur Carnassier dans ses études sur l'hérédité.
Sa tâche est de soigner, d'élever, de compter et d'examiner des mouches.
Il est devenu, presque par inadvertance, un spécialiste de la mouche drosophile.
Un certain soir de Février, installé au comptoir d'un petit bistrot, rue Victor Cousin, il lit distraitement dans "l'Intran" une nouvelle intitulée "Une curieuse épidémie".
Elle raconte qu'une nuée de mouches s'est abattue sur un petit village d'Indochine et a obligé ses habitants à fuir vers le sud. L'ampleur de l'exode semble inquiéter l'administration locale.
Le même soir, en sortant de ce même bistrot, Jules Evariste rencontre Micheline Parturier, une jolie jeune fille perdue qui recherche le chemin du Panthéon.
Ils font connaissance et visitent ensembles Saint-Etienne-du-Mont, et le laboratoire du professeur Carnassier.
Devant l'amplitude anormale que prennent les événements en Indochine, une commission est désignée, puis envoyée sur place pour évaluer la situation et prendre les mesures qui s'imposent.
Jules Evariste, qui accompagne le professeur Carnassier dans ce voyage, part sans avoir revu Micheline....
Jacques Spitz, l'auteur de "L'agonie du globe" et de "Les évadés de l'an 4000" nous décrit, de façon étonnamment moderne, la lutte de l'homme contre la nation des mouches, ayant subi une mutation d'instinct qui lui a donné l'intelligence et la la détermination de se développer.
Le ton est parfois humoristique, l'écriture est fine et élégante. L'auteur manie avec bonheur la plume pour nous conter cette histoire dont il ne faut rien dévoiler du dénouement.
La "Nrf", une fois de plus, a déniché une de ces oeuvres qui traversent le temps sans en subir de dommage.
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Masa
  08 août 2015
Ce fut en 1938 que parut pour la première fois « La guerre des mouches » de Jacques Spitz. le texte fut retravaillé et réédité à titre posthume en 1970, soit sept ans après le décès de l'auteur. J'ai trouvé cette édition de la collection Marabout où l'on voit des mouches s'attaquer à la Tour Eiffel.
Bien souvent, nous sommes infectés par des insectes venus de l'Asie. Toutefois, ce n'est pas pour les mêmes raisons que les mouches de Jacques Spitz se sont déplacées jusque chez nous. Au temps où les préoccupations climatiques et les voyages frénétiques de cargaisons n'étaient pas d'actualité, nous suivons l'avancée lente et l'inarrêtable armée des Diptera.
Une mutation est né de la mouche domestique (Musca domestica) pour devenir une mouche intelligente (Musca errabunda rebaptisé Musca sapiens). Juste-Evariste Magne est un scientifique français chargé d'étudier ce nouvel insecte. L'Asie subit un véritable fléau et de nombreuses épidémies apparaissent. le plus inquiétant, c'est que rien ne les arrête. L'avènement de la mouche est en marche.
Le début prometteur me fit penser à « Terre brûlée » de John Christopher. Malheureusement, le récit prit une autre direction. Ce fut alors que j'ai découvert une autre similitude avec un autre ouvrage : « La guerre des Salamandres » de Karel Ĉapek. J'ai constaté que Jacques Spitz utilisait le même schéma narratif. On trouve donc en premier lieu, une découverte sous forme romanesque, s'ensuit une étude sous forme de documentation (bien moins pesante et travaillé que dans le récit du thèque) et pour finir la guerre entre deux espèces que tout oppose.
L'écriture de Jacques Spitz se fait dans un humour noir. Parfois compréhensible, j'ai adoré l'évolution de cette mouche qui trouve des parades aux humains grâce à ses inventions. On notera également une subtile satyre du régime nazis. Comme le roman fut retravaillé, l'auteur explore la voie de l'atome. Les russes (URSS) et les États-Unis luttent à coup de bombes atomiques contre les essaims de mouches tueuses (une pensée pour les victimes des villes de Hiroshima et de Nagasaki, martyres de la bêtise humaine). Parfois, cet humour nous échappe car l'auteur évoque des personnalités de son époque.
J'ai surtout adoré cette fin. Ce dernier chapitre parachève ce roman de belle façon.
Les éditions Marabout offre une durée de vie à cette lecture en y rajoutant quelques pages d'informations sur ce récit et sur l'auteur. Une belle initiatique que j'aimerai retrouver dans d'autres éditions.
Ce fut une lecture agréable bien plus facile d'accès que « La guerre des Salamandres » de Karel Ĉapek. J'aurai préféré un roman où l'on suit de vrais personnages et non un récit à la vision plus large, tourné vers le documentaire. C'est un livre qui a vieillit, surtout quand on parle de somme en Franc et de pays disparus. C'est un livre court et rapide à lire.
Les éditions Bragelonne ont réédité ce récit avec d'autres textes de l'auteur. Cet ouvrage se nomme « Joyeuses apocalypses ».
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
DoVerdorieDoVerdorie   04 mars 2015
Pour la première fois dans l'histoire, l'homme va avoir à lutter contre une autre intelligence que la sienne. Qu'elle sera l'issue de cette lutte ?
À première vue, on pourrait être pessimiste. L'homme, plantigrade pesant, de constitution fragile, aux sens assez obtus, n'ayant que quatre membres dont deux consacrés à la locomotion, n'avait, pour assurer sa suprématie sur les espèces animales, que son intelligence. Lorsqu'il n'aura plus l'exclusivité de cette arme magique, [...]
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GabySenseiGabySensei   12 juillet 2011
Les palais qui s'écroulent font lever un bruit de tonnerre, les planètes qui se brisent allument au fond des cieux des éclairs qui durent des millénaires; l'anéantissement de ces choses réelles ne va pas sans éclats de grandeur.

Pour la civilisation humaine, il n'en fut pas ainsi. Le décor factice que des siècles durant elle avait dressé sur le globe s'effondra muettement comme une robe de soi au fond d'un placard obscur. Il n'y eu rien pour finir, pas de grande bataille, pas de cri solennel, pas de mouvement d'ensemble, mais comme la forme d'un nuage se dissout dans le vent, comme le ciel du jour insensiblement devient le ciel du soir, l'espèce humaine, peu à peu se réduisit en poussière de petits groupes, de couples, puis d'individus isolés qui périrent au hasard de leur rencontre avec les insectes. Ainsi après avoir rempli l'air de ses cris, l'espace de ses inventions, les bibliothèques de ses spéculations et l'avenir de ses espoirs, l'humanité disparut sans laisser plus de traces qu'un oiseau dans le soir. Simplement un jour, il n'y eu plus personne sur les routes du monde. Le spectre de la connaissance était passé des mains de l'espèce humaine aux pattes de l'espèce mouche.
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DoVerdorieDoVerdorie   05 mars 2015
L'Europe, [...], souffrait d'une effroyable disette, et l'appétit germanique ne savait comment s'assouvir. Le génie inventif d'un moderne Liebig imagina de hacher menu les tonnes de mouches abattues pour en faire des ersatz de saucisses. [...], maintenant toute l'Allemagne se ruait sur ces saucisses de guerre, ces Kriegswürste, où çà et là l'aile brillante d'une mouche venait remplacer les petits carrés de lard du boudin d'autrefois.
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finitysendfinitysend   18 mai 2013
Du large on voyait des essaims vainqueurs tourbillonner au-dessus de la cote lybienne.Ils s'elevaient par moment comme de gigantesques nuages , comme des panaches plus noirs et menacants que celui de l'Etna en eruption.
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RusenRusen   18 janvier 2016
- Il est inconcevable qu'une humanité qui se dit civilisée puisse montrer tant d’indolence, portant à son flanc cette plaie couverte d'insectes qu'est l'Equateur de la planète. Que penseriez vous d'un homme qui continuerait à plaisanter au dessus de son apéritif quand un essaim de larves lui dévore le ventre ? Qu'en penseriez-vous, mes chers auditeurs ? Et bien, cet homme, c'est vous. Les générations à venir, s'il doit y avoir pour notre espèce un avenir, ce dont je commence à douter, s'étonneront de la légèreté coupable dont l'époque présente aura fait preuve. Nous ne devons plus avoir qu'une seule préoccupation, qu'un seul mot d'ordre : Tous contre les mouches ! Mort aux diptères !
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