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EAN : 9782811126063
Karthala (14/02/2019)
3.57/5   7 notes
Résumé :
L’auteur expose ici douze « thèses » pour aider les croyants d’aujourd’hui à reformuler leur foi. Avec cet ouvrage qui conclut sa carrière d’écrivain, l’évêque Spong continue à conjuguer une tradition intellectuelle rigoureuse et la recherche d’une foi chrétienne innovante. Son approche incite les chrétiens et autres croyants à entrer dans des perspectives qui donnent sens.
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
jessaie
  06 novembre 2021
Ce livre est le testament d'un homme spirituel courageux, qui a pris la peine, avant de quitter ce monde, de donner à ses contemporains des pistes pour une spiritualité renouvelée. Sa préoccupation principale est le grand écart dans lequel vivent beaucoup de nos contemporains entre leurs croyances et les avancées de la science. le problème ne date bien sûr pas de hier, mais il s'est particulièrement accentué au XX e siècle, avec l'accélération des connaissances. Etant moi-même de culture chrétienne et de formation scientifique, j'ai toujours vécu cet écart comme un entre-deux tout à fait supportable, en essayant de ne fétichiser ni la croyance religieuse, ni la connaissance scientifique. Il n'en reste pas moins que de moins en moins de jeunes reçoivent de nos jours une culture religieuse, et que pour eux il sera sans doute difficile de trouver le même équilibre à l'âge adulte. Face à ce constat, John Shelby Spong souhaite aider ceux qui n'arrivent plus à croire et leur démontrer que cela peut rester possible, à condition de ne pas lire les textes sacrés de manière littéraliste. On mesurera que cela ne concerne pas que les chrétiens, loin de là. Son message s'adresse donc à un lectorat très large. On précisera que J.S. Spong a pour obsession d'être compris et bien compris. Il prend donc toutes les précautions du monde pour s'exprimer avec des mots bien choisis et dans un langage clair, compréhensible et intéressant, autant par un lectorat religieux que par un lectorat qui s'est éloigné de la religion. La seule exception concerne son argumentation, qui puise forcément dans sa grand culture biblique, puisque par définition, les doctrines se sont appuyées le plus souvent sur des textes, le plus souvent très anciens comme ceux de la Bible hébraïque, en ce qui concerne le christianisme. le lecteur qui a peu de connaissances dans ce domaine risquera alors de se sentir noyé. Mais il pourra aussi prendre le parti contraire et essayer de s'approprier ces connaissances, ce qui nécessitera cependant l'acquisition obligatoire d'outils (avec au minimum une bonne édition de la bible, l'idéal étant évidemment de se procurer une édition pourvue d'un riche appareil critique, comme la TOB intégrale par exemple.) On citera les douze angles d'attaque choisis par Spong : 1) Dieu, 2) Jésus le Christ, 3) le péché originel, 4) La naissance virginale, 5) Les miracles, 6) La théologie de la rédemption, 7) Pâques, 8) L'ascension, 9) L'éthique, 10) La prière, 11) La vie après la mort, 12) L'universalisme. Il est probable que, selon les préférences de chacun, l'un ou l'autre sujet aura plus de résonnance. Pour nous-même, pour qui le conflit entre la science et la foi n'était pas vraiment un problème (comme il l'est en particulier pour les américains qu'on qualifie souvent de créationnistes, parce qu'ils persistent à penser que la version selon laquelle L Univers a été créé en six jours par Dieu est la seule valable), nous avons préféré ou été davantage captivé par les thématiques plus générales, comme « Dieu », « La théologie de la rédemption », l'éthique, l'universalisme, etc... , mais chacun pourra sans doute trouver son compte. Ce qui est sûr, c'est que d'aucune façon le langage volontairement simple de l'auteur n'est un signe de pauvreté, bien au contraire, il est la preuve d'un esprit de synthèse exceptionnel. Seul un esprit superficiel peut se tromper à ce sujet. Et je ferai ici mon mea culpa : lorsque j'avais une vingtaine d'années et que j'ai lu pour la première fois des textes de Sigmund Freud, j'avais eu la réaction juvénile de trouver qu'il ne disait rien d'original ni de nouveau. Et c'était évidemment de ma part la preuve parfaite d'une superficialité et d'une immaturité évidentes, car je n'avais pas du tout mesuré à quel point son langage était synthétique et son abord pédagogique. Je préviens donc encore une fois le lecteur que la lecture de ce livre ne sera pas facile, même si le langage est tout à fait abordable, mais que s'il en la motivation et qu'il se sent une âme de « chercheur », il ne pourra que se réjouir de gravir avec Spong de véritables sommets. Ayant déjà été trop long, il faut cependant conclure, en ajoutant qu'on peut légitimement avoir des doutes sur la pertinence de la démarche de l'auteur. Mais son grand mérite, c'est de s'être penché avec une grande générosité de l'esprit et un volontarisme évident sur des questions cruciales pour certaines ou certains d'entre nous. Voilà, je souhaite bonne lecture à tous de cet excellent ouvrage.
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Enroute
  22 février 2019
L'ouvrage est très intéressant pour comprendre la pensée américaine : raisonnement par la négative permanent (je vous dis ce qui n'est pas, je conteste des vérités qui ne sont que celles que je tiens pour établies ou que je prétends être dominantes), tout est ramené à de la matière, à des choses, y compris Dieu (car il n'est pas un vieux monsieur barbu qui habite au-delà des nuages, non, non), les conclusions scientifiques, toujours les mêmes (galilée, newton, Darwin), sont des évidences indépassables et toute référence de la vérité n'est jamais que scientifique (sans perspective de tout ce que la science à encore à découvrir), les mots désignent des choses (d'où la difficulté d'un propos abstrait) et ne sont que leur stricte définition, je ne parle que de moi et de ma réussite, qui n'est bien sûr que sociale, donc relative, sans que je m'en rende compte, et, en général, une incapacité flagrante (ou un refus radical) d'exprimer une pensée théorique. L'ensemble paraît être écrit avec les capacités de réflexion et les connaissances d'un enfant de huit ans.
A parler de Dieu sans abstraction et à s'interdire de rapporter la complexité de son expérience personnelle puisque l'on écrit sans prêter aux mots la capacité de créer un sens qui les dépasse, on ne dit finalement rien. La conclusion est que l'auteur a fait l'expérience de Dieu -ce qui n'est pas parler de Dieu et, comme il l'écrit lui-même, laisse envisager qu'il n'existe pas - de trois manières : il est vie, amour et être. On aurait aimé une tentative d'expression de cette triple expérience, mais l'auteur s'y refuse : c'est comme un cheval qui fait l'expérience de l'humain et ne saurait transmettre la valeur de cette expérience à un autre cheval. L'auteur semble oublier que le cheval peut toujours hennir ou donner des coups de pattes et peut-être plus subtil, sait-on jamais, l'être humain employer lui aussi son langage. A part ça, il ne croit ni en la réincarnation, ni en la prière, ni en Dieu donc, ni, ni, ni, ... Mais il est chrétien puisqu'il le revendique. Pas de quoi fonder une théologie, surtout quand on expose sa pensée en citant Freud, Marx et Sartre.
Le seul point positif pour l'auteur, en parallèle donc, pour le lecteur, de l'exposition très claire d'un mode de pensée très américain, est qu'il cite un roman, ce qui laisse envisager qu'il puisse développer l'idée que les mots sont capables, si l'auteur a"travaillé à choisir soigneusement son vocabulaire" (p.71), de transmettre ce qui n'a pas de mot mais se vit pourtant : la valeur d'une expérience. Il s'agit des Misérables.
Je mets deux étoiles car l'ouvrage synthétise vraiment bien à mon goût la pensée analytique.
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Kalzennig
  02 mars 2019
Merci à la Masse Critique pour m'avoir permis de lire cet ouvrage.
L'évêque anglican John Shelby Spong souhaite démontrer par son ouvrage le décalage entre la foi transmise depuis des siècles et celle accessible aux hommes et femmes d'aujourd'hui.
A partir de l'état des lieux qu'il constate, il écrit lui-même : « je suis donc partisan d'une prise de risque pour l'avenir, ce qui implique une pensée radicalement nouvelle, un réexamen de chaque symbole de notre passé religieux, pour le remplacer ou le reconfigurer. » Il s'appuie sur cette citation du poète James Russell Lowell : « le temps rend inconvenant ce qui jadis convenait ».
Sa démonstration repose sur une litanie de références bibliques difficiles à suivre pour des lecteurs lambda comme moi. Il s'appuie en particulier sur l'évolution avec Newton, Copernic, Galilée, Darwin et Freud et s'intéresse à 12 thèses : Dieu, Jésus-Christ, le péché originel, la naissance virginale, les miracles, la théologie de la rédemption, Pâques, l'Ascension, l'éthique, la prière, la vie après la mort et l'universalisme.
Lui-même écrit au début de son ouvrage : « la reconstruction est toujours plus difficile que la déconstruction, mais elle est beaucoup plus importante … ». Il me paraît difficile de juger le contenu du texte car si certains arguments peuvent me convaincre, d'autres me paraissent particulièrement subjectifs et concernant en priorité des personnes avertis, ayant étudié la Bible de façon approfondie. L'aspect « déconstruction » rend la lecture déroutante, austère et sombre également.
Toutefois, certains passages s'approchent d'un aspect moins technique, sur le plan des textes bibliques comme, en particulier, la thèse sur l'éthique ou la prière où le lecteur sans formation spéciale peut trouver de l'intérêt. L'auteur écrit en particulier : « Prier, c'est partager l'être, partager la vie et partager l'amour. Cette expérience à l'hôpital est devenue pour moi un point de départ quant au sens de la prière. ». La fin du livre gomme l'aspect « déconstruction » des premières thèses et renvoie à un avenir du christianisme plus accessible.
Il me semble que ce livre s'adresse principalement à des lecteurs ayant une bonne connaissance de la Bible et que l'éclairage de cet évêque de l'Eglise épiscopalienne des Etats Unis intéresse. Je mets une note moyenne sans me sentir à ma place pour faire un tel jugement, très subjectif donc.
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Elcantou
  25 mars 2019
Un livre traduit de l'américain. John Shelby SPONG nous décrit dans ce livre que tout n'est que scientifique, que la pensée américaine est souvent négative.
J'ai eu l'impression de lire une thèse sur la religion. Hé pour tout vous dires, même si je suis croyante, ce livre va très très loin dans ses pensées et je pense qu'il est bon de dire qu'il serait adapté à un public très spécial, des gens qui aiment aller au fond des choses et essayer de comprendre tout sur tout.
Désolé je suis plus terre à terre et ce livre ne m'a pas convaincu, j'ai sauté beaucoup de lignes, je l'ai lu en diagonale ( pas bien 😔) mais j'ai pas pu faire autrement.
Je pense que les gens doivent savoir que ce texte est un livre religieux très poussé, il convient aux gens qui connaissent la Bible!
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AileHAileH   31 août 2022
Pour moi, l'Incarnation signifie que la vie de Dieu se rencontre toujours dans l'humain. Le christianisme n'est pas une question de religion, c'est une question de vie. Dieu n'est pas un être exterieur; Dieu est "l'Etre lui-même" qui se manifeste en tout ce qui est.
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EnrouteEnroute   22 février 2019
Je ne peux pas vour dire qui est ou ce qu'est Dieu. Personne ne peut le faire.
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KalzennigKalzennig   02 mars 2019
Prier, c’est partager l’être, partager la vie et partager l’amour. Cette expérience à l’hôpital est devenue pour moi un point de départ quant au sens de la prière.
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AileHAileH   31 août 2022
Dieu n'est pas le nom de Dieu. Dieu est notre nom pour ce qui est plus grand que tout et pourtant présent en chacun. (citation de F.Church par J.S. Spong)
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EnrouteEnroute   22 février 2019
Il nous faut commencer par des affirmations négatives parce que nous, les humains, sommes incapables de dire ce qu'est Dieu.
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Video de John Shelby Spong (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Shelby Spong
Interview de John Shelby Spong réalisée le 17 juin 2015 lors de la tournée de promotion de son ouvrage Né d'une femme (Editions Karthala, 2015) à la librairie Les oiseaux rares, Paris 13ème.
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