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EAN : 9782351787151
Gallmeister (05/09/2019)
4.11/5   119 notes
Résumé :
Einar Gilkynson est un homme blessé. Depuis la mort de son fils dans un accident de voiture, il mène une existence solitaire, dans un ranch délabré du Wyoming. Mais le retour de Jean, la compagne de son fils, à qui il n'a jamais pardonné d'avoir survécu à l'accident, et de sa fille de neuf ans va bouleverser sa vie. La présence miraculeuse de la petite Griff lui permettra-t-elle d'exorciser le passé ? Dans la lignée de L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
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kateginger63
  22 janvier 2020
Blessure et rédemption dans le Wyoming
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Un roman lumineux, étiqueté "nature writing" se déroulant dans ce coin non loin du Yellowstone ou encore des Big Horn Mountains.. Cette nature indomptable, cette rudesse des hommes, ces non-dits, et cette vie qui grouille dans chaque cabane.
*
Ce n'est pas seulement l'ode à la nature mais aussi de blessures que les membres d'une même famille s'infligent.
Il y a là Einar, le patriarche aigri qui a perdu son fils trop tôt. A quelques pas de son ranch vit Mitch, l'ami/copain d'armes des vieux jours, handicapé par l'accident d'ours. Puis plus tard arrivent un duo féminin: Jean la belle-fille meurtrie et Griffin sa fille de 10 ans, grandie trop vite.
*
Ces 4 personnages vont devoir vivre ensemble tant bien que mal. Des relations bien houleuses se précisent dans ce décor sauvage. Grâce aux gestes du quotidien, Griffin va être le ciment qui les liera. Elle va apporter cet espoir , ce pardon tant attendu, la bienveillance au bout du chemin.
*
Présenté de cette manière, l'on pourrait se trouver dans un soap hollywoodien, sucré à souhait. Mais c'est seulement une belle histoire sensible et juste sur la rédemption, le pardon, la gestion du deuil. Sous une sobriété de mots et de gestes venant des dialogues, le lecteur comprendra aisément que tout est dans la retenue. L'imagination fera le reste.
*
C'est cette puissance d'évocation que j'ai aimé. Peu n'en faut. Juste se retrouver avec eux dans la cabane, perdu dans le Wyoming sauvage.
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marina53
  16 février 2017
À 70 ans, Einar est un vieux loup solitaire depuis que sa femme, Ella, et son fils, Griffin, sont morts. Ce dernier, à tout juste 20 ans. Il vit seul dans son petit ranch délabré à Ishawooa, dans le Wyoming. Il mène une petite ville tranquille et recluse en compagnie de son chien et de l'unique vache qu'il lui reste. À exactement trente-sept pas vit Mitch, son meilleur ami aujourd'hui défiguré à cause d'un ours. Tous les jours, Einar s'occupe de lui, notamment pour ce qui est de ses doses de morphine et de sa bouffe.
À des centaines de kilomètres de là... Lorsque Griff, âgée d'à peine 10 ans, vient prendre son petit-déjeuner, elle remarque à nouveau l'oeil au beurre noir et la joue enflée sur le visage de sa mère, Jean. Son énième petit copain, Roy, a trop souvent la main lourde. Alors que ce dernier part travailler, la jeune femme, bien qu'elle ait repoussé des dizaines de fois cette promesse faite à sa fille, décide de quitter cet homme définitivement. Quelques vêtements jetés dans une valise et les deux femmes s'enfuient...
Deux récits en parallèle. L'un s'attardant sur Einar, l'autre sur Jean qui a décidé de fuir et de commencer une nouvelle vie en compagnie de sa fille. Deux récits qui vont immanquablement se croiser. Ainsi, au fil des pages, l'on en apprend un peu plus sur les relations étroites et houleuses qu'entretiennent Einar et Jean. C'était sans compter sur la petite Griff qui, du haut de ses 10 ans, saura amadouer ce vieil Einar. Mark Spragg plante son décor dans ce grand ouest américain, sauvage et libre. Une galerie de personnages taciturnes mais terriblement attachants. Des blessures qu'il faut apprendre à panser, des pardons à accorder et beaucoup de non-dits. Un roman lumineux, émouvant et attendrissant qui fait la part belle à cette nature, à l'amour et à la rédemption.
À noter que ce roman a été adapté pour le cinéma par Lasse Hallström avec Robert Redford et Morgan Freeman.
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Zakuro
  24 avril 2020
Ishawooa. Je me réveille à peine de mon rêve. Mon esprit baigne encore dans les dernières lueurs automnales du Wyoming, un point rouge derrière les crêtes enneigées de Big Horn Mountains. Les fleurs y sont rares. Pourtant, la vie est là toute entière pour qui prend la peine d'en saisir le sens. le comprendra-t-il Einar Gilkyson, un vieux cow-boy taiseux quand il fera pour la première fois connaissance avec sa petite fille Griff âgée de 9 ans amenée par sa mère, Jean.
Dans le ranch, les cabanes en bois sont vides mais elles sont solides. Elles sont les derniers vestiges d'une vie brutalement arrêtée mais qui ne demande qu'à reprendre le cours du fleuve de l'existence.
Cette histoire familiale de reconstruction malmenée par les non-dits et la culpabilité dont le titre est si évocateur m'a beaucoup touchée. Mark Spragg décrit avec justesse les changements imperceptibles qui s'opèrent dans le coeur d'Einard face à tout ce qui émerveille Griff dans la vie au ranch. Il s'attendrit par la confiance qu'il donne à sa petite fille en la laissant conduire le tracteur et en lui laissant faire les menues tâches de la ferme. A travers elle, il fait en quelque sorte le deuil de son fils. Avec son grand-père, elle apprend l'histoire de ce père qu'elle n'a pas connu.
C'est une histoire remplie de menus bonheurs, et d'instants privilégiés à écouter l'eau de la rivière qui fait le bruit du vent, à ne plus avoir peur de la forêt qui protège. Elle fait l'apprentissage de la tolérance et de l'empathie en soignant Mitch et renoue avec tout ce qui nous est supérieur en délivrant l'ours.
L'histoire est simple, belle et poignante.
Je vais certainement lire l'histoire autobiographique de l'enfance de l'auteur passée au coeur d'un ranch dans le Wyoming, là où les rivières se séparent.
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artemisia02
  16 février 2020
Ce roman est une belle decouverte.
On ne peut que s'attacher aux 4 personnages principaux.
La petite Griff bien plus mature qu'elle ne devrait l'être à cause de la vie chaotique qu'elle mène avec sa mère, Jean. Une mère blessée, au sens propre comme au sens figuré, qui doit se dire au fond d'elle, qu'elle ne mérite pas d'être heureuse.
Ce duo aimant mère-fille, qui, suite aux déboires de la mère, revient dans son village natal et débarque dans la ferme du beau père de Jean. Griff rencontre pour la première fois son grand père paternel inconnu jusqu'alors et réciproquement. Ce grand père héberge dans une cabane son meilleur ami et prend soin de lui en le soignant tout les jours car il a été mutilé par un ours.
Les relations entre Jean et son beau père ne sont que colère, douleur et rancoeur. Griff observe et tente d'apprivoiser son nouvel entourage familial et local.
L'auteur brosse des personnages blessés, qui cherchent le pardon, un peu d'absolution et surtout de l'amour, car ils sentent que même s'ils refusent de l'admettre, ils peuvent s'entraider, s'aimer et prendre soin les uns des autres.
J'ai aimé cette galerie de personnages plus attachants les uns que les autres, leur douleur est omniprésente et leur colère est si vieille qu'elle ne mène à rien sinon à s'éloigner de ceux qui peuvent nous soutenir.
La plume de l'auteur met en scène de façon très délicates, les liens fraternels et familiaux, la relation fragile qui se crée entre ce grand père bourru et sa petite fille.
Un roman à découvrir.
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Biblioroz
  28 octobre 2020
Dans le Wyoming, Einar est un homme qui s'écoute vieillir. Suant dans le sauna, il se remémore l'édification de ce petit abri en bois, vingt ans plus tôt. C'était une idée, lorsqu'il était enfant, de Griffin, son fils qui se proclamait Viking de part sa descendance.
Einar est un abandonné. Sur la colline, au pied d'un peuplier, deux stèles, celle de sa femme et celle de son fils, sont la preuve de cet abandon. Il loue les terres de son ranch. Ne lui restent qu'une vache laitière, une ribambelle de chats et un vieux cheval. Tout en sirotant une petite tasse de lait frais, il s'assoit chaque matin dans son fauteuil à bascule et observe un couple de ratons laveurs qui lapent le lait apporté. Et puis, dans le petit chalet d'à côté, il va faire sa piqûre de morphine à son ami de toujours, Mitch. Karl, le vieux chien, se traîne aussi péniblement.
Un peu plus à l'est, dans l'Iowa, Griff vit dans une caravane en toc. Petite fille de neuf ans et demi, elle insiste pour que sa mère Jean tienne enfin ses promesses : quitter Roy à la prochaine blessure, et l'oeil au beurre noir est là, ce matin, témoin irréfutable. Elles prennent donc la route mais leur vieille voiture qui rend l'âme les oblige à faire halte chez Einar. Il ignore l'existence de sa petite-fille Griff mais garde bien vivaces la haine et la rancoeur envers son ex belle-fille.
En alternant les visions de chaque personnage et en utilisant les caractéristiques de chacun pour la narration, l'auteur varie avec souplesse les styles d'écriture. le déroulé est très cinématographique. Les scènes, qui n'ont rien de palpitant mais déploient plutôt le côté très réel d'une vie qui suit son cours, nous offrent d'abord les images puis laissent flotter autour d'elles toutes les impressions et sentiments qu'elles véhiculent.
Les personnages sont tout en retenue. Les dialogues vont à l'essentiel et ne s'embarrassent pas de démonstrations affectives ou autres. Pourtant, entre chaque parole, pas besoin de long discours pour percevoir la difficulté du pardon, l'impossibilité de poser des mots sur le passé.
Cette histoire de famille et d'amitié n'a absolument rien d'extraordinaire, ni d'original. On imagine sans mal son issue et c'est alors dans la profondeur des rapports humains qu'elle renferme tout son charme.
C'est dans ce vieux ranch que Griff va découvrir une stabilité et un milieu familial qu'elle appelle de tous ses voeux pour ne plus refaire sa valise une fois de plus.
On saisit alors la complicité et l'attachement que les deux vieux cow-boys vont éprouver envers cette gamine qui désire tant leur plaire. Elle représentera l'étincelle qui leur manquait pour continuer une vie devenue si pesante.
La beauté de cette lecture se cache aussi dans l'affection que l'on devine intensément entre ces deux taciturnes, un total partage de leurs souffrances respectives.
Et puis, il y a l'ours ; un grizzli qui remplit aussi une belle partie de la vie qui s'écoule dans cet Ouest américain.
Il m'a juste manqué un peu plus de passages pour me noyer dans l'horizon immense du Wyoming, sentir avec plus d'intensité les odeurs de pins et de sauge sauvage.
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critiques presse (1)
Actualitte   31 juillet 2018
Dans ce roman aux effluves de cow-boy, dans la veine du nature writting qui est une quasi marque de fabrique chez Gallmeister : une magnifique histoire de recherche désespérée du bonheur. Plus qu’une recherche, une fabrication, une construction.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   16 février 2017
Ces rides, ce n'est rien.
Ces cheveux gris, rien non plus.
Ce ventre qu'ont distendu
Les nourritures du passé,
Ces chevilles douloureuses
Et enflées,
Mon cerveau qui s'embrume,
Ce n'est rien.
Je suis toujours le petit garçon
Qu'embrassait ma mère.

Mark Strand, Not dying
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marina53marina53   16 février 2017
Elle presse ses mains bien à plat sur sa poitrine. Pas de tétons. Pour le moment, elle ne risque rien. Un matin elle se réveillera avec des seins, peut-être quelques poils entre les jambes, et tout commencera à aller de travers. Comme c'est allé de travers pour sa mère. Les seins, ça attire les caravanes et les pick-up, et ça fait beaucoup, beaucoup pleurer.
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marina53marina53   16 février 2017
Il aurait dû y avoir un vieux con pour m'expliquer ce que c'est de vieillir. (…) Il y a sans doute eu un vieux con pour me l'expliquer, mais je ne l'écoutais pas.
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ZilizZiliz   19 novembre 2012
Voilà [un vieux chien] qu'il faudrait entraîner dans les hautes herbes pour l'abattre d'un coup de fusil et l'enterrer (...). Mais il sait que Mitch ne tolérerait jamais ça. Mitch croit à la souffrance comme à un droit, un fardeau, quelque chose de sacré même, à la fois pour les hommes et les bêtes. (p. 16)
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ZilizZiliz   20 novembre 2012
[Foyer d'accueil pour femmes] :
(...) un poster représente la radio d'un crâne dont le haut est fracturé. En bas du poster, on lit : CERTAINS HOMMES NE BRISENT PAS QUE LES COEURS.
(p. 40)
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Vidéo de Mark Spragg
Bande annonce du film Une vie inachevée, adaptation du roman de Mark Spragg
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