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ISBN : 2246822696
Éditeur : Grasset (02/01/2020)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 242 notes)
Résumé :
Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. A treize ans, dans un dîner, elle rencontre G. , un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l'attention qu'il lui porte.
Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (103) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  02 janvier 2020
Le consentement n'est pas un témoignage de plus  sur les ravages de la pédophilie.
Il n'est pas non plus la dénonciation à scandale d'un prédateur sexuel célèbre et même célébré,  doublé d'un pervers narcissique , que son prix Renaudot a récemment remis sur le devant de la scène littéraire après un sérieux purgatoire médiatique.
 Il ne surfe pas sur la lame de fond d'une très récente libération de la parole des victimes d'abus sexuels.
Le consentement est d'abord un livre.
Très bien écrit, très bien pensé, très bien "envoyé".
  Le consentement est  un tombeau  et une réhabilitation.
Le tombeau littéraire d'un ogre qui a voulu se faire passer pour prince charmant.
Le tombeau d'une époque où dans les milieux artistiques,  au nom du "jouir sans entrave " cher à 68, on a bien  voulu confondre la liberté sexuelle des adolescents avec l'impunité triomphale des adultes qui en tiraient profit.
Le tombeau de cette impitoyable condamnation des victimes au nom d'un "consentement" qui les voue -ou les vouait ?- au silence, à l'opprobre , au mieux à  ĺ'incrédulité. 
Le tombeau,  aussi , de ces livres que nous lisons, aimons, dévorons, et qui sont parfois le pire des poisons,quand ils ne deviennent pas des instruments de torture, des armes létales qui renvoient toute réalité au rang de pure fiction.
Prologue brillant, epilogue magistral,  le Consentement, écrit sans le moindre voyeurisme (amateurs de témoignages graveleux passez votre chemin!), dans une langue toute classique est truffé de références litteraires entre lesquelles , comme dans une galerie des glaces, la jeune V.se faufile comme une petite Alice au pays des horreurs.
Car il s'agit pour elle de retrouver qui elle est dans ce pays de faux-semblants où les présidents de la République sont les garants de moralité des abuseurs d'enfants, où les plus grands philosophes se font les avocats du Diable , où ĺes animateurs les plus connus reçoivent avec les honneurs le Loup escorté de son petit Chaperon rouge de service.
 Il s'agit pour l'ecrivain Vanessa S.  de  réhabiliter la petite nymphette V. aux yeux du monde et surtout à ses propres yeux. Il s'agit pour celle dont un manipulateur sans scrupule a fait son objet sexuel pour sa plus grande gloire littéraire, de prendre,  après s'être réconciliée avec les livres trompeurs -elle est devenue directrice d'une grande maison d'édition- les mêmes armes que lui pour lui donner enfin l'estocade finale.
Se réhabiliter,  réhabiliter les livres et réhabiliter Le  Livre comme parole empreinte de vérité.
 Pour effacer enfin l'emprise et  l'empreinte jusqu'alors indélébiles qui la souillaient.
Mission accomplie. La petite V.peut recoudre comme Peter Pan son ombre au talon blessé de son enfance.  
Bravo,  Vanessa S.
Une seule femme, Denise Bombardier, auteure québécoise,    avait osé, en 1990 , vous défendre en "apostrophant" vigoureusement votre bourreau. J'ose espérer qu'elles seront unanimes à vous défendre en lisant votre très beau livre qui fait honneur à la littérature.
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Jmlyr
  11 janvier 2020
Les critiques précédentes sont pour la plupart éloquentes, Je ne m'étendrai donc pas. Ce livre marque un avant et un après " l'affaire Matzneff", je n'en doute pas, et j'encourage toutes les victimes à parler, écrire, porter plainte si elles le peuvent, féminines ou masculines, avec la même intelligence, le même courage dont a fait preuve Vanessa Springora pour écrire ce livre.
Elle fait preuve d'une analyse implacable du processus de victimisation dont elle a été l'objet, elle écrit avec le recul de 30 ans de souffrance morale et physique, et probablement d'une immense réflexion, qui l'a amenée à témoigner.
Elle a énoncé les faits, simplement, avec pudeur et sincérité, et l'on ne peut que s'incliner face à son courage. Sa vie a été brisée comme celle de centaines de victimes de la manière la plus insidieuse qui soit, mais aujourd'hui, elle ne pouvait plus faire silence et continuer à se sentir salie, sa relation ancienne avec G.M. étalée et décortiquée dans ses écrits depuis des années.
Personne ne peut être au-dessus des lois en matière de pédophilie et rien ne peut justifier pareils actes.
Merci pour l'accès à ce livre :
#Leconsentement #NetGalleyFrance
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isabelleisapure
  05 janvier 2020
Je salue avant tout le courage qu'il a fallu à Vanessa Springora pour se livrer avec autant de pudeur et de franchise sur une relation qui l'a brisée.
Alors qu'elle avait à peine 14 ans, la jeune fille, on devrait plutôt dire la fillette, se retrouve sous la coupe d'un célèbre écrivain rencontré lors d'un dîner professionnel auquel elle assiste aux côtés de sa mère, attachée de presse pour une maison d'édition. L'adolescente, qui grandit avec sa mère est immédiatement captivée par l'aura de G. Évidemment, à cette époque, elle ignore que l'écrivain a publié plusieurs essais qui indiquent indubitablement la nature de ses désirs.
Comme tous les prédateur G choisi ses victimes avec soin, il connaît leurs faiblesses et en profite honteusement en espérant passer pour une âme charitable.
« Un père aux abonnés absents qui a laissé dans mon existence un vide insondable. Un goût prononcé pour la littérature. Une certaine précocité sexuelle, et surtout un immense besoin d'être regardée. »
Dès lors l'engrenage infernal s'enclenche, V va devenir la victime consentante de G. et tout le monde va trouver ça normal.
Cette relation malsaine est connue du tout Paris littéraire et journalistique.
Lors d'une célèbre émission littéraire, tous les participants saluent l'oeuvre de G et ne semblent nullement gênés que les héros de ses livres soient toujours des enfants. le célèbre présentateur de l'émission n'a à aucun moment semblé mal à l'aise face à son sulfureux invité.
Pour se défaire de cette emprise, V mettra des années, entre dépression et anorexie.
Ce livre n'est pas un énième document sur le viol, la pédophilie ou autres crimes dont sont victimes les enfants. C'est aussi un questionnement sur l'hypocrisie et la complaisance d'un certain milieu littéraire.
Pourquoi personne n'a rien dit ? Comment peut-on décerner un prix littéraire à un homme dont toute l'oeuvre est basée sur le récit de ses amours avec des enfants ?
Vanessa Spingora se pose la question : « Pourquoi une adolescente de quatorze ans ne pourrait-elle aimer un monsieur de trente-six ans son ainé ?
Cent fois j'avais retourné cette question dans mon esprit, sans voir qu'elle était mal posée, dès le départ. Ce n'était pas mon attirance à moi qu'il fallait interroger, mais la sienne. »
Ce récit constitue un magnifique témoignage porté par une écriture claire, sobre et percutante qui lui donne encore plus de force.
Merci à NetGalley et aux Editions Grasset pour cette lecture.
#Leconsentement #NetGalleyFrance
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fabienne1809
  05 janvier 2020
Sitôt trouvé en ebook sitôt lu... mue par la nécessité de rendre justice à l'auteure et par ma profonde empathie pour cette victime d'un environnement culturel et d'une époque complaisante, où une certaine élite signe des pétitions en faveur de la dépénalisation des relations sexuelles entre mineurs et adultes.
Même si les signataires s'excusent plus tard de cette dérive et de cet aveuglement, G.M. lui ne baisse pas les armes. Les publications de celui-ci deviendront le pire instrument de trahison, présentant une oeuvre de fiction qu'il veut faire passer pour la réalité. L'auteure découvre que les livres peuvent devenir un piège dans lequel elle est enfermée. G.M. s'empare de son image et lui vole son âme.
L'auteure constate qu'en dehors des artistes, il n'y a que chez les prêtres qu'on a assisté à une telle impunité.
Avec cet ouvrage, Vanessa Springora se réapproprie son image. Elle démontre que la parole des victimes peut enfin se libérer.
Avec une très belle plume , Vanessa Springora entre directement dans la cour des grands.
Maintenant qu'elle est redevenue le sujet de sa propre histoire, Vanessa Springora pourra peut-être, dans le futur, poursuivre son oeuvre littéraire.
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oiseaulire
  02 janvier 2020
Témoignage autobiographique sur les relations destructrices d'une adolescente de quatorze ans piégée par la séduction mortifère d'un vieux beau de cinquante ans, écrivain estimé de sa génération et pédophile notoire.
C'est le récit d'une emprise : l'auteure n'aurait pas pu faire mieux pour poser les divers aspects de la notion de consentement.
De sa terrible expérience, relatée avec une grande authenticité, on ne peut que conclure qu' il est des circonstances où l'on peut accepter sans consentir.
Car le consentement se doit d'être éclairé. Et éclairé, il ne l'est jamais au-dessous d'un certain âge.
°°°°°°°°
Quelques personnes, rares il est vrai, ne veulent voir dans ce livre que l'expression d'un dépit amoureux, "une histoire d'amour qui finit mal". Je trouve cette appréciation choquante à plus d'un titre. D'abord, quand des faits sont criminels, et aussi clairement exposés, comment peut-on se permettre de juger la victime et non l'auteur des faits ? C'est toujours la bonne vieille suspicion envers la victime qui est en oeuvre dans ce jugement, surtout si cette victime est une femme. C'est la règle en matière de viol. Or nous ne sommes pas ici dans un tribunal, le lecteur n'est pas un juge, il n'a pas été tiré au sort comme juré.
Ensuite, comment est-il possible que ces personnes jugent une jeune fille de treize-quatorze ans apte psychologiquement à vivre une "histoire d'amour" avec un homme de cinquante ans ? Par quel manque d'empathie peuvent-elles mésestimer la souffrance occasionnée par cette prise de possession progressive d'une adolescente par un homme plus que mûr : emprise scolaire, puisqu'il lui faisait ses dissertations, emprise sur sa vie (il l'a détournée de la musique), éloignement de la normalité d'une fille de son âge coupée de ses camarades et exhibée lors de repas mondains à des heures où elle aurait dû être couchée, pratiques sexuelles intenses et d'une technicité repoussante pour son âge, et non celles de très jeunes gens découvrant la sexualité, mensonges répétés, tromperies. Le prédateur a enfermé cette gamine dans un univers glauque qu'elle n'avait pas la maturité suffisante pour évaluer pleinement et qui l'a mise en marge de ce qu'elle aurait dû vivre et qu'elle ne vivra plus jamais, les fameuses "coudées franches" dont parle Brassens dans "La petite fille et le père Noël". Un chagrin d'amour vraiment, alors qu'il l'a transformée en monstre à ses propres yeux ?
Reste qu'on peut penser ce qu'on veut. Mais qu'on ne s'étonne pas que Vanessa n'ait trouvé aucune aide à l'époque quand nous ne sommes même pas capables de comprendre ce qu'elle a vécu et qu'elle l'explique pourtant avec le recul suffisant pour y mettre des mots.
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critiques presse (4)
Telerama   07 janvier 2020
Il lui a volé son adolescence et l’a jetée en pâture aux lecteurs. Le prix Renaudot attribué à l’écrivain Gabriel Matzneff en 2013 a décidé l’éditrice Vanessa Springora à livrer sa version de sa liaison avec l’écrivain dans “Le Consentement.” Un texte d’une grande maîtrise littéraire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Telerama   30 décembre 2019
Vanessa Springora raconte sa relation avec l’écrivain pédophile Gabriel Matzneff, alors qu’elle était encore adolescente. Une histoire qui lui avait été confisquée jusque là. C’est un beau livre, ferme et élégant, tranchant et poignant.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeSoir   27 décembre 2019
Avec « Le consentement », Vanessa Springora démonte le système d’un Gabriel Matzneff dont elle a été victime.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Culturebox   27 décembre 2019
"Le Consentement", ou le récit terrible de Vanessa Springora qui, à 14 ans, a vécu une relation abusive avec l'écrivain Gabriel Matzneff, 50 ans
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (108) Voir plus Ajouter une citation
jongorenardjongorenard   28 janvier 2020
Notre histoire était pourtant unique, et sublime. À force qu’il me le répète, j’avais fini par croire à cette transcendance, le syndrome de Stockholm n’est pas qu’une rumeur. Pourquoi une adolescente de quatorze ans ne pourrait-elle aimer un monsieur de trente-six ans son aîné ? Cent fois, j’avais retourné cette question dans mon esprit. Sans voir qu’elle était mal posée, dès le départ. Ce n’est pas mon attirance à moi qu’il fallait interroger, mais la sienne.
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Cyrber69Cyrber69   27 janvier 2020
G. affiche un air grave et la mine sombre, ce qui ne lui ressemble pas. On s’est retrouvés dans un café où nous avons nos habitudes, face au jardin du Luxembourg. Quand je lui demande ce qui le préoccupe, il hésite un moment avant de m’avouer la vérité. La Brigade des mineurs l’a convoqué dans la matinée, après avoir reçu une lettre de dénonciation anonyme le concernant. Nous ne sommes donc pas les seuls à être sensibles au charme de l’épistolaire.
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ILLEILLE   27 janvier 2020
Trente ans plus tard,tous les journaux ayant accepté de relayer ces tribunes plus que discutables publieront les uns après les autres leur mea culpa.
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EsaEsa   28 janvier 2020
C'est quand même un comble, vivre avec un écrivain et n'avoir plus la moindre inspiration.
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ILLEILLE   27 janvier 2020
J'ai rencontré G.à l'âge de treize ans.Nous sommes devenus amants quand j'en ai eu quatorze,j'en ai maintenant quinze,et aucune comparaison n'est possible puisque je n'ai pas connu d'autre homme.
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