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EAN : 9782413040323
264 pages
Delcourt (02/11/2022)
3.9/5   65 notes
Résumé :
10 ans après la parution de Saison Brune, Philippe Squarzoni prolonge son documentaire de référence sur le réchauffement climatique. Accélérée par la crise sanitaire et les confinements successifs, la numérisation du monde est en marche. Et tandis que les écosystèmes s'effondrent, l'auteur s'interroge sur la place des nouvelles technologies dans le monde que nous transmettons aux nouvelles générations.
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Si vous voulez vous détendre en lisant une bonne bd, passez votre chemin. Si vous voulez vous informer sur le tout numérique et ses conséquences sur l'environnement, avec un petit détour sur le thème des libertés individuelles, alors cet album est pour vous !

J'avais été très impressionnée par Saison Brune qui constituait une synthèse complète, intelligente et percutante du problème du réchauffement climatique. L'album était très étayé et laissait la parole à de nombreux spécialistes. On le refermait avec le coeur serré et le sentiment que nous devions changer radicalement notre société consumériste pour avoir une chance d'échapper à la catastrophe climatique.

Saison brune 2.0 se concentre sur un sujet moins étendu : la pollution du numérique et son empreinte carbone. Celle-ci est soigneusement cachée par les géants du web qui s'ingénient à nous faire croire que tout est dématérialisé et que les flux et les stockages cloud ne laissent aucune trace ni ne causent aucun préjudice à l'environnement. Rien n'est plus faux bien sûr, et l'empreinte carbone du numérique augmente chaque année dans des proportions qui font peur…

J'ai appris plein de choses sur le nombre de data centers dans le monde, sur les câbles sous-marins permettant d'avoir internet, sur la fabrication des ordinateurs ou des téléphones etc…

C'est à la fois instructif et totalement déprimant. Car l'auteur n'y va pas par quatre chemins et l'humour et l'optimisme sont définitivement absents de cet album. Aucune couleur, le récit commence sur fond de confinement, autant dire qu'on ne rigole pas… C'est instructif car il est toujours bon de savoir et chacun peut faire un effort pour diminuer son empreinte carbone individuelle en remplaçant moins souvent ses appareils, en utilisant moins le streaming par exemple. Déprimant car à titre individuel, on ne peut faire grand-chose et il faudrait des actions politiques fortes qui ne sont pas réalisées et le seront-elles un jour….

Je finirai par un court extrait qui vous donne le ton de la bd :
« Quand j'achète un téléphone portable en France, j'ai exploité des mineurs au Congo, détruit des forêts primaires en Papouasie, pollué des nappes phréatiques chinoises et 12 à 18 mois plus tard, j'irai déverser des déchets électroniques au Ghana ou ailleurs ».

Un grand merci à masse critique et Babelio, je m'en vais boire l'apéro pour oublier !

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Avec la crise environnementale qui s'aggrave de plus en plus, de nombreux ouvrages sont publiés pour dénoncer ou tout du moins, pointer du doigt les raisons de ce désastre. Philippe Squarzoni dans Saison Brune 2.0 s'attarde sur le coût écologique du développement de l'ère numérique, pour certains, la réponse à nos problèmes. En fil rouge de ce docu-BD, l'auteur nous alimente d'extraits de média qui soit relaient des catastrophes naturelles ou s'attardent sur des sujets qui paraissent bien dérisoires face à notre avenir.
Si la bande dessinée est de grande qualité, bien documentée, comme souvent, elle ne propose pas vraiment de solution pour sortir de cette situation. Nous sommes dans le constat, le cri d'alarme. Chacun sera libre de faire son interprétation et de changer sa manière de consommer. Car, numérique ou pas, nous le voyons à travers cet ouvrage qu'une nouvelle fois, c'est la surconsommation qui engendre le plus de problèmes.
Saison Brune 2.0 intéressera les convaincus du désastre en cours et j'espère éveillera quelques consciences.
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Dix ans après Saison brune, Philippe Squarzoni poursuit son enquête sur les enjeux écologiques et les dérèglements climatiques, en explorant l'impact de l'industrie numérique. Alors que le confinement a enfermé chez elle près de la moitié de la population mondiale, l'obligeant à s'organiser par écrans interposés et provoquant une accélération « vers une société “dématérialisée“ », il propose de vérifier si celle-ci va effectivement contribuer à réduire notre empreinte carbone.
(...)
Si Philippe Squarzoni préconise la sobriété et ne minimise aucunement les « pressions des lobbys de monde économique » qui ont fait assez systématiquement reculer Macron, par exemple, sur un certain nombre de décisions, il compte, très naïvement, sur les pouvoirs publics pour encadrer les usages du numérique et fournit une liste de mesures qui laisse plutôt songeur : démanteler le modèle de rémunération publicitaire opaque, séparer les régies publicitaires des services rendus, soumettre les algorithmes à un audit, etc. Cette bouffée d'optimisme est cependant très brève, à peine quelques pages et le constat reste sans appel : « Le numérique ne permettra pas spontanément de résoudre les enjeux écologiques. Il n'est pas par nature au service de la transition énergétique. Il est d'abord au service des géants de la Silicon Valley. »
Un excellent ouvrage de vulgarisation quoiqu'il en soit.

Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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C'est avec le premier opus de Saison brune, une édifiante enquête au long cours sur le changement climatique, publié chez Delcourt en 2012 que Philippe Squarzoni s'est fait connaître du grand public en obtenant plusieurs prix.
Je découvre Saison Brune 2.0 (Nos empreintes digitales), sorte de prolongement de cette réflexion documentaire, plus particulièrement axée sur le tout numérique, à l'heure où les écosystèmes s'effondrent. L'auteur s'interroge sur la place des nouvelles technologies dans le monde que nous transmettons aux nouvelles générations.

Naturellement, il faut apprécier à sa juste valeur le jeu de mots du sous-titre : est digital ce qui se rapporte aux doigts, sans doute ici ceux qui utilisent un clavier, y laissent une empreinte ; mais « digital » est aussi un synonyme de « numérique ».
Mars 2020, un père et sa fille en plein confinement : il télétravaille, elle regarde des DVD, les rues de Paris sont désertes, les magasins fermés. Ils sortent seulement pour se ravitailler.
Tout est ralenti, figé et cette impression est accentuée par la brièveté ou l'absence de texte, les dialogues conventionnels pour passer le temps, les silences accentués par les graphismes. Philippe Squarzoni plante longuement son décor sur une trentaine de pages avant de parler de la communication par écrans interposés et de l'omniprésence d'Internet pour le commerce, l'enseignement, les consultations médicales, le travail, les démarches et mêmes les liens familiaux ou amicaux, les distractions… Puis, la BD prend une tournure plus documentaire avec des chiffres, des graphiques et des arguments précis et pose des questionnements pertinents sur fond de ralentissement général des activités, validant le fait que cette période aurait pu être porteuse de réflexions sur le long terme.

L'ambiance générale est monochrome avec de très beaux dessins en noir et blanc, détaillés, des physionomies travaillées mais peu expressives au premier abord. L'ensemble semble à la fois réel et dématérialisé, véritable métaphore du sujet de la BD.
J'ai vraiment apprécié toute la partie autour de la déambulation dans Paris, le choc des légendes et des dessins, juxtaposant parfois des situations contrastées ; en effet, comment parler, par exemple, du tout-numérique devant des SDF, des jeunes de quartiers défavorisés… le sans-contact accentue les fractures sociales car il y a un revers à la dématérialisation pour toutes celles et ceux qui n'ont pas les moyens ou la capacité d'accéder au tout-numérique ou qui résident en zones blanches…
J'ai bien aimé aussi le côté surréaliste de la nature qui reprend ses droits avec des animaux, certains exotiques, qui s'égaient dans les rues et les rayons du supermarché.
Plus en avant dans le récit, le jeu des contrastes se poursuit, mêlant scènes idylliques et éléments anxiogènes. Pendant que nous regardons des séries sur Netflix ou des vidéos sur Tik-Tok, la planète agonise.
Les politiques ne sont pas épargnés, leur inertie et les mauvaises raisons qui les motivent sont épinglées.
Vers le milieu de la BD, des pages interrogent nos nouveaux modes de vie, le père déambule seul au milieu d'objets significatifs, une sorte d'avant/après le numérique, puis il retrouve la main de sa fille. Ces planches illustrent bien l'enjeu de la difficile transmission générationnelle.

La réflexion est intéressante sur le pouvoir grandissant des grandes plateformes numériques, le devenir d'une société ultra-connectée. Si le confinement, lors de la pandémie de Covid, a accéléré les choses et ancré encore plus solidement le tout-numérique dans nos vie, cette BD remet les problématiques en perspectives et examine nos nouveaux usages numériques pour mieux déterminer leur impact sur notre environnement. En effet, si notre empreinte carbone a fortement diminué pendant le confinement à cause de ou grâce à l'arrêt des transports, de la baisse spectaculaire de certaines émissions de gaz à effet de serre, cela reste temporaire sans prise de décisions futures tenant compte de ces améliorations.
En outre, personne ne semble s'être réellement penché sur l'impact des nouvelles technologies numérique sur l'environnement. Philippe Squarzoni nous parle aussi de transition écologique. La balle est dans le camp des gouvernants et de celles et ceux qui les élisent. Une série de vignettes rompt soudain avec la douceur et la lenteur du reste de la BD ; c'est plus brutal, plus agressif. Il y a urgence à prendre conscience ! L'auteur nous montre aussi les travers des réseaux sociaux chronophages et lobotomisants, l'impact des fakes news. le scénario prend des allures de fouillis où toutes sortes d'informations se mélangent sans aucune hiérarchisation ni recul, miroir de la désinformation.

Personnellement, j'ai retenu certaines choses évidentes auxquelles pourtant je ne prête pas attention, comme l'inexistence physique des géants du numérique, à l'image du cloud…
Seuls les ordinateurs, les tablettes, les smartphones, les objets connectés, les satellites, les antennes, les réseaux souterrains et sous-marins de câbles, les centres de traitements sont matériels et leur consommation de matières premières, d'espace et d'énergie et leur impact écologique sont très importants, d'autant plus qu'ils sont peu recyclables et classés parmi les déchets dangereux. Les dessins de Philippe Squarzoni m'ont permis de visualiser l'architecture et l'organisation des datacenters…
De là à regarder soudain bizarrement mon IPhone je ne sais plus combien et mon Apple chéri, à reconsidérer leurs circuits de fabrication, leur obsolescence programmée, à remarquer combien les VOD sont énergivores, à compter toutes les petites lumières des appareils en veille quand nous éteignons les lampes de la maison, à penser à la fausse gratuité du Web, aux collectes de données, aux stimuli invisibles, à la perte du libre-arbitre…

Une BD un peu longue, 272 pages, très dense, à lire lentement pour s'imprégner du sujet. Les nombreuses références bibliographiques citées peuvent aider à approfondir la réflexion. La manière dont le dessin et le texte se complètent ou se confrontent rend la lecture assez vivante, surtout pour les passages les plus rébarbatifs.
Une BD marquante.
Un ouvrage qui replace le citoyen lambda au centre de ses paradoxes
On ne sort pas indemne de cette lecture !



#saisonbrune20Nosempreintesdigitales #NetGalleyFrance

Lien : https://www.facebook.com/pir..
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Saison brune 2.0 vous permettra de découvrir les conséquences de cette folie du "tout numérique".
Choix de société ? Choix politique ? Choix économique? Choix ou opportunités ? Quels sont les risques, les dangers de cette dérive pour nos libertés, l'équilibre de nos sociétés, les droits humains, le respect de l'environnement ? Une deuxième enquête très documentée et factuelles. Vous n'utiliserez plus vos écrans de la même manière...Du moins souhaitons-le.

Astrid Shriqui Garain
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critiques presse (1)
BDGest
04 novembre 2022
Crispant, intolérable, tellement proche et tangible, Saison Brune 2.0 (Nos empreintes digitales) met tout sur la table. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Indispensable.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
En France, malgré ses grandes déclarations, Emmanuel Macron n'a pas tenu ses engagements. Tout au long de son premier mandat, il s'est même montré extrêmement sensible aux pressions des lobbys du monde économique, qui l'ont fait reculer assez systématiquement. Comme le souligne Anne Bringault, coordinatrice du Réseau Action Climat, malgré l'engagement répété d'Emmanuel Macron de transmettre sans filtre leurs propositions au parlement... Les 150 propositions issues de la convention citoyenne pour le climat ont été édulcorées, décalées dans le temps voire purement et simplement supprimées.
D'après une enquête du site Reporterre, au final, seules 10% des propositions ont été reprises par le gouvernement.
En 2020, le gouvernement a révisé la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), s'autorisant ainsi à émettre d'avantage que prévu. Au lieu de réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (G.E.S.) de 2.3% par an, il s'est fixé comme objectif une baisse de 1,5% par an jusqu'à 2023.
La loi Climat et Résilience adoptée en 2021 ne contient pas de mesure suffisante pour atteindre 40% de baisse des Gaz à Effet de Serre en 2030, alors même que l'objectif de l'Union Européenne a été porté à moins 55%.
Toujours selon le Réseau Action Climat, Emmanuel Macron a refusé de jouer le levier de la sobriété, pourtant le plus susceptible de de produire des résultats rapides sur les émissions de G.E.S., préférant miser sur un verdissement des productions. Sans pour autant contraindre les entreprises à se mettre en cohérence avec les accords de Paris.
Le président de la "Start-up Nation" a préféré se réfugier dans des solutions techno-numériques... Numérisation de l'action administrative... Compte citoyen, accès dématérialisé à la justice... Robotique, avion électrique... Relance du nucléaire... Développement de l'Hydrogène...
Des solutions tablant sur l'innovation mais qui négligent de prendre en compte les échecs précédents, les incertitudes sur la technologie, les coûts, les risques et les délais, bien trop longs pour répondre à l'urgence climatique. Faire croire que la technologie suffira pour sauver le climat évite d'avoir à se confronter à la difficile question des énergies fossiles, qui demande de bousculer les intérêts privés des puissants et de transformer le système économique actuel.
Au bout du compte, les mesures prises sous la présidence Macron ne sont souvent que des faux semblants pour dissimuler l'inaction. Selon le site Reporterre, qui les a passées en revue, 53% des 169 mesures prises dans le domaine de l'environnement depuis 2017 sont même nuisibles à la planète. Et derrière l'affichage écologique, les normes environnementales ont été continûment et souterrainement affaiblies durant son premier mandat.
Comme ses prédécesseurs, Macron a voulu créer l'illusion qu'il agissait. Il a fait le choix du statu quo, masquant les véritables enjeux écologiques et l'ampleur des transformations à apporter pour y répondre. Mais à l'issue de son quinquennat, la plupart des indicateurs sont encore dans le rouge. Inaction et retards ne font qu'augmenter les risques jour après jour. Car les différences entre un changement climatique à plus 1.5°C ou plus de 2°C sont considérables.
Et chaque dixième compte.
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Facebook, Amazon, Google, Twitter...
...Toutes ces sociétés, qui sont omniprésentes sur le web...
...Par lesquelles transitent nos données, nos messages, nos photos, nos transactions, ...
...qui occupent presque chaque recoin de l'univers numérique...
...sont absolument invisibles dans l'espace public.
Ni enseignes. Aucun bâtiment qui porte leur nom.
Omniprésentes sur nos écrans...
...ces marques sont absolument invisibles sur la terre ferme.
Il s'agit bien 'une stratégie délibérée. Les géants du numérique ont organisé leur inexistence physique. Pour accentuer l'idée que le monde digital ne serait qu'immatériel. Qu'un nuage. Le "cloud".
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Le numérique ne permettra pas spontanément de résoudre les enjeux écologiques. Il n'est pas par nature au service de la transition énergétique. Il est d'abord au service des géants de la Silicon Valley. 
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Emmanuel Macron a refusé de jouer le levier de la sobriété, pourtant le plus susceptible de produire des résultats rapides sur les émissions de gaz à effet de serre, préférant miser sur un verdissement des productions.
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Les datacenters qui y sont installés captent un tiers de l'électricité du Grand Paris. Et à Dublin, où les fermes de données affluent, attirées par une fiscalité bienveillante, les datacenters consomment davantage d'électricité que la population.
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Vidéo de Philippe Squarzoni
L’immersion dans le quotidien des inspecteurs de l’unité des homicides de Baltimore en 1988 se poursuit dans cette troisième partie de l’adaptation du livre de David Simon, à l’origine de sa série The Wire (Sur écoute).
Retrouvez l'interview de Philippe Squarzoni : https://www.youtube.com/watch?v=JUvXxHeiq4k
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