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EAN : 9782756030968
86 pages
Éditeur : Delcourt (23/05/2012)
3.44/5   18 notes
Résumé :
"Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un Foyer national pour le peuple juif, et il emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui porte atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives de Palestine ainsi qu'aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans les autres pays." Déclaration Balfour-Novembre 1917
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Erik_
  01 septembre 2020
Torture blanche n'est pas une bd dont le but est de nous émerveiller devant les images. Cela s'adresse à un public qui a le sens de la réflexion dans un support qui en est souvent dépourvu par sa nature même divertissante.
En effet, on est plongé au coeur même du conflit israélo-palestinien pour en essayer d'avoir une vue impartiale. On va suivre un petit groupe dont fait partie l'auteur dans une mission qui vise à manifester leur soutien pour la reconnaissance d'un droit du peuple palestinien (droit à la paix, à la sécurité, à l'autodétermination...).
Aujourd'hui, la Palestine est une terre de conflits et de déchirements alors qu'elle était à l'origine une terre biblique et sainte. Il n'y a pas de véritable frontière car elle est parsemée par des colonies israéliennes. La récente construction d'un mur de séparation accentue le fractionnement territorial de ce pays sans état où seule l'Autorité palestinienne peut exercer certains pouvoirs sur une population aux conditions de vie dégradées.
Entre soulèvements populaire (l'Intifada) et affrontements armés, le processus de paix peine à se poursuivre malgré une forte implication de la communauté internationale. Dans ce contexte, les Palestiniens tentent de leur côté de maintenir vivantes une culture et une identité nationale.
La création de l'état d'Israël, état du peuple juif, trouve son origine dans le projet d'établissement d'un foyer national juif en Palestine avancé dès le XIX ème siècle par le mouvement sioniste. C'est en 1948, au lendemain de la Shoah, dans un contexte d'extrême tension, que naît l'état d'Israël. Celui-ci, situé entre l'Égypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie et les Territoires palestiniens, entretient, depuis sa création, des rapports conflictuels avec ses voisins. Il aura fallu plusieurs guerre pour que ce pays dont la démographie a été nourri par l'immigration, puisse exister entre des éléments de grande modernité et de conservatisme religieux.
L'ouvrage nous décrit un autre type de guerre. C'est une violence géographique par la construction de colonies, de murs et de routes de contournement qui barrent le paysage. C'est une agression moins spectaculaire, plus discrète et finalement plus perfide. le but est d'isoler les palestiniens des petits îlots viables pour les forcer à partir à plus ou moins long terme. Ce blocus de villes et de villages affame une population confinée. Cette logique des colonies empêche toute possibilité d'un état binational. Et surtout, elle alimente le cycle de la violence.
J'ai été victime durant des années d'une certaine vue journalistique qui nous décrivait les palestiniens comme de vulgaires terroristes s'en prenant à des populations civiles innocentes. On avait juste oublié qu'il s'agissait d'une guerre entre un occupant et un territoire occupé. J'ai compris bien plus tard les subtilités de cette guerre où l'on pousse les gens dans leur pire retranchement pour justifier d'une infamie encore plus grande. Bien entendu, les deux camps ne sont pas en reste et on pourrait passer des heures à livrer des auto-critiques. Cependant, cet ouvrage nous fait juste comprendre l'essentiel pour ne pas le perdre de vue. Il s'agit de comprendre le mécanisme instrumentalisation par l'alimentation de la menace terroriste et sécuritaire que l'on crée de toute pièce par des dérives colonialistes.
Etre pour la paix et contre la colonisation, être pour la création de deux Etats qui oeuvrent pour le bien de leur peuple respectif: est-ce mal ? Bref, juste le respect des droits de l'homme. Alors, oui, l'auteur a bien fait de nous apporter le témoignage de son livre pour nous ouvrir l'esprit. Ne pas se laisser influencer par les détails qui masquent la forêt. Il faut sauver le peuple palestinien de la violence. C'est à la communauté internationale de changer et d'agir afin que cessent les massacres quasi quotidien dans cette région du monde. Tout conflit finit par cesser. Espérons ne pas aboutir à la destruction totale d'un peuple par un autre car cela serait le pire des scénarios.
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alouett
  07 septembre 2012
« En décembre 2002 et janvier 2003, Philippe Squarzoni a fait partie de la 41è Mission de Protection du Peuple Palestinien dans les territoires occupés. C'est ce voyage militant qui est raconté dans les 80 pages de ce livre au fil duquel Squarzoni donne la parole aux autres membres de la mission. Au moment où le processus d'Oslo est dans l'impasse, alors que la deuxième Intifada bat son plein, “Torture Blanche” nous amène à la rencontre du peuple palestinien, mais aussi des forces pacifistes israéliennes. Dans un monde tout juste reconfiguré dans la lutte contre le terrorisme, le conflit israélo-palestinien semble un paradigme des logiques de la globalisation. Et, tout en décrivant les stratégies de conquête de l'état d'Israël au travers des colonies et du mur de séparation, Squarzoni met en valeur la dimension économique du conflit et son caractère colonial » (source : Les Requins Marteaux à l'occasion de la première édition en 2004).
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En 2012, la sortie de Saison Brune a donné lieu à plusieurs rééditions d'albums de Philippe Squarzoni chez Delcourt. Avantage direct : il est désormais possible de se les procurer facilement. L'occasion pour moi de vous parler d'un nouvel album sur le conflit israélo-palestinien (ça faisait longtemps ! :P) et qui traite des tortures psychologiques ou “tortures blanches”.
Torture blanche est un carnet de bord d'un séjour en Palestine effectué en décembre 2002.
« Nous sommes le 41è mission à partir dans le cadre des campagnes civiles internationales de protection du peuple palestinien. le but de ces missions est d'essayer de limiter, par la présence d'observateurs internationaux, les souffrances infligées aux Palestiniens. En mars dernier, pendant l'opération Rempart, des militants ont accompagné les ambulances palestiniennes ou tenté de protéger des camps de réfugiés. Depuis, les missions se sont succédé ces derniers mois. Souvent sollicitées par les Palestiniens eux-mêmes. Il y a en ce moment plusieurs groupes en même temps que le nôtre. Une centaine d'internationaux… mais la spécificité de la 41è mission, c'est que nous sommes tous membres d'ATTAC ».
Entendez-le comme vous voudrez, mais pour moi, ces missions internationales n'ont d'autre but que de proposer un bouclier humain aux palestiniens. Ensuite, il y a les objectifs sous-jacents : apporter des vivres, vêtements, médicaments… aux palestiniens. Mais l'enjeu premier est la protection des populations et la question de la mise en danger de l'intégrité physique est omniprésente dans cet album :
Marie ? Tu veux bien marcher devant avec moi ? Tu es bonde. On a moins de chances de se faire tirer dessus si tu es devant…
La mission en elle-même n'a duré que quelques jours mais on ressent parfaitement le malaise de la situation. Passé le premier étonnement essentiellement dû au format de l'album (86 pages c'est assez maigre pour traiter ce sujet), j'ai grandement apprécié cet ouvrage qui venait à la fois confirmer des points abordés dans d'autres ouvrages que j'avais lu (bien que publiés après Torture blanche) et qui les complète bien. Il est vrai que c'est la première fois que je prends connaissance d'un album qui aborde le sujet de ces missions internationales de manière aussi précise.
L'ouvrage se découpe en six grands chapitres et la narration nous pose, dans un premier temps, auprès de chacun des membres de la 41è mission. Ainsi, on recueille leurs points de vue respectifs, on mesure leur engagement et leur positionnement quant aux actions à entreprendre et au contexte socio-politique en présence.
Au niveau graphique, le style est simple et sans artifices. Les dessins se contentent d'être descriptifs et servent les propos rapportés par l'auteur. du reportage graphique des interventions en elles-mêmes (rencontres avec les populations, manifestations, compte-rendu visuel de l'état de la ville d'Hébron…), à la retranscription d'extraits d'interview durant lesquels les interlocuteurs interviennent pour parler du conflit (Squarzoni ne recourt à aucun artifice : l'interlocuteur est face à lui, assez immobile, installé devant un fond blanc… le lecteur « coute »). de plus, pour renforcer l'impact de son propos, Squarzoni injecte ponctuellement des photos prises sur le terrain, des cartes de la région et quelques visuels issus de l'imagerie collective. En somme, cette narration graphique déjà décrite lors de mon article sur Saison brune était déjà mise à l'épreuve par l'auteur en 2004, bien qu'elle moins efficiente sur Torture Blanche.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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Yokay
  17 février 2021
Je suis une grande admiratrice du travail d'investigation et d'information de Philippe Squarzoni sur des sujets sensibles et complexes. C'est toujours précis, documenté, argumenté, et très éclairant. le dessin est simple, statique, fin, au trait noir, avec quelques photos intercalées. Chaque mot est pesé, il pèse lourd. C'est implacable.
Fin 2002, Philippe Squarzoni s'est rendu en Israël, dans le cadre d'une des missions des campagnes civiles internationales de protection du peuple palestinien. Il témoigne des différentes formes de violence que subit le peuple palestinien, surtout dans les territoires occupés. La multiplication des murs, check points, frontières, la confiscation des terres agricoles et des puits. L'étouffement progressif qui constitue un nettoyage ethnique à bas bruit. Absolument contraire au droit international. Tout à fait scandaleux et glaçant.
Cela va faire bientôt 20 ans, c'est hélas toujours autant d'actualité (même si ça ne passe plus aux actualités), la colonisation avance, la paix recule. Une lecture indispensable.
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Bequelune
  03 février 2014
P. Squarzoni est passé maître dans l'art de nous présenter des situations complexes et problématiques du monde actuel à travers la BD. Avec Torture blanche il s'intéresse au conflit entre Israël et Palestine. Son récit fait suite à un voyage militant contre la colonisation qu'il a effectué avec plusieurs membres de l'altermondialiste ATTAC.
L'intérêt principal du livre est de proposer une analyse politique et économique là où les médias ne parlent généralement que de religion. le propos est intelligent, toujours clair sans être simpliste, et les dessins donnent plus de force encore aux démonstrations déjà convaincantes.
Un livre utile pour qui veulent en savoir plus sur ce conflit, et qui intéressera aussi tous ceux que la politique coloniale de l'Etat d'Israël révolte.
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ErnestLONDON
  19 octobre 2016
En 2002, Philippe Squarzoni accompagne une mission de membres d'ATTAC à Jérusalem-Est et dans les territoires Palestiniens. Il raconte, au fil de ses rencontres, la situation des populations. Ces témoignages sensibles alternent avec des entretiens que ses compagnons de route très informés lui accordent. (...)
le travail de Philippe Squarzoni est remarquable. Il ne fait jamais l'économie de ses doutes, jusqu'à la dernière page. Son ouvrage va à l'essentiel, montre la réalité d'une violence programmée quotidienne et décortique cette stratégie du chaos.
Article complet sur le blog de la Bibliothèque Fahrenheit 451.
Lien : http://bibliothequefahrenhei..
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critiques presse (1)
Sceneario   11 juin 2012
Dérangeant, rageant... Torture blanche est un titre parmi d’autres qui nous met forcément dans une colère noire. Car c’est de nettoyage ethnique qu’il s’agit, en "Terre promise".
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
alouettalouett   07 septembre 2012
Marie ? Tu veux bien marcher devant avec moi ? Tu es bonde. On a moins de chances de se faire tirer dessus si tu es devant…
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YokayYokay   16 février 2021
La première chose qui frappe ici... c'est la violence géographique.
Des routes de contournement qui barrent le paysage... pas cette violence des bombes et de la guerre qui passe si bien à la télé... mais une agression patiente, discrète... tout aussi stratégique... une agression au béton. Avec des bulldozers plutôt qu'avec des chars... contra la terre... contre le territoire.
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YokayYokay   16 février 2021
Un monticule de gravats, de boue, de déchets, et de béton, aux entrées de la ville.... que les gens franchissent à pied...
On n'entre plus en voiture dans Hébron... on n'en sort pas non plus.
(...)
Dans les territoires occupés, le rayon d'utilisation d'une voiture palestinienne ne dépasse pas les 15 km.
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EveToulouseEveToulouse   30 mai 2019
Nous passons devant le village palestinien de Beit Jala, à seulement 10 minutes en voiture de Bethléem... mais pour les villageois, le trajet représente une heure de marche à pied. Parce qu'ils n'ont pas le droit d'utiliser cette route avec leur voiture.
Ici, on fabrique de la frontière.
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EveToulouseEveToulouse   30 mai 2019
Dans les années 50, l'Israël "socialiste" était l'un des pays les plus égalitaires. Les 20% les plus riches gagnaient seulement 3 fois le revenu des 20% les plus pauvres... mais Israël est devenu le plus inégalitaire des pays développés, et ce ratio atteint aujourd'hui 21,3.
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Vidéo de Philippe Squarzoni
L’immersion dans le quotidien des inspecteurs de l’unité des homicides de Baltimore en 1988 se poursuit dans cette troisième partie de l’adaptation du livre de David Simon, à l’origine de sa série The Wire (Sur écoute).
Retrouvez l'interview de Philippe Squarzoni : https://www.youtube.com/watch?v=JUvXxHeiq4k
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