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ISBN : 2743637552
Éditeur : Payot et Rivages (24/08/2016)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 450 notes)
Résumé :
Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (154) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  18 mai 2018
Grippe de Géorgie : temps d'incubation, 2 à 3 heures, temps de survie, 2 à 3 jours. C'est ainsi que 99 % de la population mondiale disparaît en deux temps et trois mouvements, dans un scénario qui apparaît très crédible après les épisodes fort heureusement enrayés d'Ebola, de grippe aviaire ou de Sras. Le roman démarre à Toronto, où sur scène, Arthur Leander s'effondre en interprétant le roi Lear. Il est peut-être le cas zéro canadien de cette pandémie qui signe la fin de l'humanité et de la civilisation. Kirsten, petite fille qui joue un rôle dans la pièce, assiste à la mort d'Arthur, survit.

On la retrouve 20 ans plus tard. Elle fait partie de la Symphonie itinérante, mi-troupe de théâtre, mi-orchestre, qui chemine à bord de véhicules automobiles évidés de leurs moteurs et pièces désormais inutiles et tirés par des chevaux, évitant les zones dangereuses où des armes subsistent avant leur extinction faute d'usines en état de fonctionnement, où des gourous ont créé des sectes, sûrs d'être les élus survivants à l'extermination, et profitant de cette situation inespérée pour endoctriner sexuellement des femmes et des enfants.

Sans repères, égarée, aux prises avec le ré-apprentissage de gestes ancestraux pour se nourrir, se vêtir, se soigner, la Symphonie itinérante joue Shakespeare et interprète Beethoven devant de minuscules communautés. Car que reste-t-il quand tout a disparu et que survivre ne suffit pas  ? Le théâtre ? La musique ? L'art ? Quel magnifique sujet de dissertation.

Peu de romans m'ont marquée au fer rouge. Station eleven appartient à cette catégorie, transcendé par l'écriture magnétique, poético-onirique de l'auteure. La description de l'organisation des passagers en partance de l'aéroport de Severn City, qui n'ont jamais décollé, est un morceau d'anthologie littéraire : 20 ans dans un aéroport, comme prêts à s'envoler vers un nouveau monde, face aux avions cloués au sol, parmi lesquels l'appareil d'Air Gradia, qui atterrissait lorsque toute vie électronique s'est éteinte, mis en quarantaine, et dont les passagers ont été confinés à bord, par crainte d'une contamination. 20 ans dans leur carlingue-cercueil tandis que Clark, survivant, crée le Musée de la civilisation, entreposant tous les objets du monde d'avant, parmi lesquels une bande dessinée intitulée Station Eleven.

Le roman d'Emily St John Mandel n'est ni triste ni pessimiste ; de part en part, et jusque dans l'épilogue, il est traversé par des fulgurances d'espoir, montre à quel point le monde est beau, qu'il sera toujours beau quoi qu'on lui fasse subir, et y compris vidé de ses populations. Peut-être, dans ces conditions, est-il inutile de vouloir sauver la planète puisqu'elle sera toujours là, elle, dans sa splendeur originelle. C'est l'humanité qui est menacée de disparition et dont nous devrions prendre le plus grand soin.
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Commenter  J’apprécie          734
Kittiwake
  21 septembre 2016
Oeuvre de science fiction pour ceux qui n'aiment pas la science fiction (et les autres). Et c'est tellement vraisemblable que c'en est flippant.
Les pandémies constituent un thème récurrent des romans post apocalyptique et ça nous parle : les scénarios imaginés par nos ministères de la santé lors de la menace de grippe aviaire qui nous avait fait regarder d'un oeil suspicieux tout cygne sauvage pris à survoler nos poulaillers, faisaient froid dans le dos. Tant qu'il y aura du kérosène , il y aura des migrations intercontinentales qui favoriseront ce risque potentiel de contamination et il suffit d'un virus un peu plus hargneux que la moyenne pour que le drame potentiel devienne réalité .
Nous sommes conviés à une dramatique interprétation du roi Lear (l'acteur qui incarne le roi meurt sur scène) lorsque les premiers cas de grippe foudroyante commencent à faire parler d'eux dans les médias. Tout va alors très vite et l'humanité se réduit rapidement à une poignée d'individus naturellement protégés ou ayant eu la chance de ne pas être exposés.
Les instants de survie les plus primaires régissent les comportements et si l'on attaque pas il faut se défendre. C'est l'occasion de prendre conscience de la fragilité de ce qui fait notre confort : l'éclairage, le chauffage, la conservation de la nourriture disponible en quantité (en ce qui concerne notre monde occidentale) sans parler des innombrables gadgets qu'on nous a vendu comme incontournables.
La Symphonie Itinérante parcourt les décombres de la civilisation décimée en déclamant Shakespeare parce que l'art constitue l'espoir et l'espoir est nécessaire quand on a tout perdu. Rien à voir avec des super héros :
« Et tous ces gens, avec leur collection de petites jalousies, de névroses, de syndromes post-traumatiques non diagnostiqués et de rancoeurs brûlantes, vivaient ensemble voyageaient ensemble, répétaient ensemble, jouaient ensemble trois cent soixante-cinq jours par an, compagnie permanente, en tournée permanente »
Le fil rouge du roman, le lien avec le temps d'avant la pandémie dans cette histoire où les prophètes surgissent du terreau de la détresse humaine, tourne autour du manuscrit d'un roman graphique né de l'imagination de la compagne du célèbre acteur disparu à la veille de l'épidémie.
C'est encore un fois très angoissant parce que terriblement plausible. Et Bruce Willis n'est pas là pour empêcher quoi que ce soit. La terrible réalité est là, du jour au lendemain, l'humanité fait une bond en arrière de quelques dizaine de milliers d'année, et le désarroi des survivants est à la mesure d'un paradis perdu dont ils n'avaient pas conscience.
C'est très bien écrit et mon seul regret tient à ce que je m'attendais à y trouver beaucoup plus de Shakespeare, qui n'est là que virtuellement. A peine quelques tirades viennent ponctuer le récit.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Kirzy
  28 octobre 2018
« Il y eut la grippe qui explosa à la surface de la terre, telle une bombe à neutrons, et le stupéfiant cataclysme qui en résulta, les premières années indescriptibles où les gens partirent sur les routes pour finalement se rendre compte qu'il n'existait aucun endroit, accessible à pied, où la vie continuait telle qu'ils l'avaient connue auparavant ; il s'installèrent alors où ils pouvaient – dans des relais routiers, d'anciens restaurants, des motels délabrés -, en restant groupés par mesure de sécurité. »
C'est dans ce monde post-apocalypse que nous suivons un groupe de survivants, comédiens et musiciens itinérants qui font halte dans les colonies du nouveau monde. A partir de ce point de départ très classique, la construction de ce roman est très habile, choisissant comme point de pivot celui qui a peut-être été le patient zéro, le célèbre comédien Arthur Leander. Parmi les survivants, une jeune femme qui a joué le Roi Lear avec lui le jour de sa mort sur scène, son ex-femme, son fils, un journaliste, son meilleur ami, et un Station eleven, comics créé par sa première épouse, devenu une sorte de relique. Les aller-retours dans le temps, avant l'apocalypse et jusqu'à 20 ans après, sont brillamment orchestrés et se rejoignent de façon cohérente, mais pendant les deux tiers du livre, je me suis un peu ennuyée.
Il m'a manqué une atmosphère forte et intense alors que de très belles idées étaient là, pas assez exploitées ni explorées à mon goût, comme l'idée que c'est par l'art, la culture, Shakespeare ou Beethoven, que l'on peut se raccrocher au monde qui a été, et surtout faire revivre des instants de civilisation pour ceux qui ne l'ont jamais connu. « Parce que survivre ne suffit pas », telle est la devise de la troupe la Symphonie itinérante. Autre idée forte pas assez approfondie , la mainmise de gourous prophétisant sur la fin du monde et profitant de l'aubaine pour se créer des harems d'esclaves sexuels autour de communauté tenue par la force.
Reste que j'adore les romans d'anticipation post-apocalyptique, la réflexion qu'ils suscitent, l'éclairage critique sur notre société actuelle inconsciente et inconséquente dans ses actes. Et les deux derniers chapitres m'ont accroché, surtout celui qui décrit la colonie de l'aéroport : des rescapés qui attendent là comme on attend un avion qui tarde et qui y sont toujours 20 ans après, à y donner la vie, à mourir, à se souvenir de la dernière fois qu'ils ont mangé un cornet de glace ou vu un bus circuler, tout en essayant de ne point devenir fou.
Je conseille à tous les amateurs du genre le magistral Dans la forêt de Jean Hegland, à mon sens plus abouti.
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palamede
  11 août 2016
Kirsten, une très jeune figurante, assiste, lors d'une représentation du roi Lear, à la mort de l'acteur Arthur Leander sur la scène d'un théâtre de Toronto. Peu après, une pandémie extermine une grande partie de l'humanité. On retrouve la jeune femme, vingt ans plus tard, avec des comédiens et des musiciens qui circulent autour du lac Michigan. Les plus âgés se souviennent du monde perdu qu'ils tentent d'expliquer aux plus jeunes. Mais le nouveau monde est hostile, la troupe privée de tout confort doit aussi se protéger des agressions et « parce que survivre ne suffit pas » : elle joue des œuvres de Shakespeare et Beethoven.
Dans ce récit post-apocalyptique, où l'on fait de nombreux allers retours entre le passé et le présent, Emily St. John Mandel a choisi l'acteur disparu comme fil conducteur qui relie tous ses personnages. Avec eux, elle nous entraîne dans un monde dévasté et violent, mais qui n'est pas sans espoir, car il en existe encore quelques-uns pour croire en l'immortelle beauté de l'art.
Merci à Babelio et aux Editions Rivages pour ce roman ingénieux et pénétrant.
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tynn
  28 octobre 2016
Avant, il y avait l'électricité, l'aviation, Internet, la musique et Shakespeare...
Après le Chaos, il reste les souvenirs, la musique et Shakespeare...
Voici de la science-fiction mélancolique comme j'ai eu peu souvent le plaisir d'en lire, débarrassée de tout artifice de thriller post apocalypse.
Une pandémie de grippe fulgurante anéantit 99% de la population mondiale: en quelques jours, la société telle que nous la connaissons disparaît, laissant des individus perdus sans le tout-technologique.
Peu à peu, l'image d'un nouveau monde plausible se dessine en miroir de la civilisation disparue: des rescapés en petites communautés, capables du pire en violences et faux prophètes, mais aussi du meilleur par l'entraide, l'empathie, le désir de transmettre. Au-delà du sens pratique pour résister, c'est une réflexion sur le deuil, la capacité de résilience et le refus d'abdiquer sa part d'humanité pour la barbarie.
Avec une belle profondeur émotionnelle, des images fortes* et une construction narrative intelligente qui brouille les pièces du puzzle, Emily St John Mandel nous fait mourir, renaître et survivre avec ses personnages, établissant des liens entre eux, entre l'avant et l'après.
Et s'il reste un message fort, c'est de nous faire ouvrir les yeux sur notre société de privilégiés, sur la beauté de la nature (qui reprend ses droits), le confort fragile de notre civilisation qui paraît si évident, et l'importance de l'art, de l'amitié et de l'amour.
"Parce que survivre est insuffisant"
* ... qui resteront comme une carcasse d'avion, vigie mausolée au bout d'un tarmac.
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critiques presse (8)
LeFigaro   22 septembre 2016
L'auteure canadienne a imaginé un monde fantôme, cauchemardesque, peuplé de silhouettes vacillantes et de prédateurs illuminés.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   07 septembre 2016
Dans ce roman post-apocalyptique, la chute de l'humanité se fait tout en douceur. L'occasion d'un bel hymne à l'art, qui nous sauvera tous.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaPresse   06 septembre 2016
Station Eleven nous déroute, nous happe, puis laisse sa trace bien après la quatrième de couverture refermée
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   29 août 2016
Station Eleven est un excellent roman.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   24 août 2016
Une oeuvre littéraire qui, vaste et ambitieuse, parvient à ne jamais perdre le coeur de vue. Et qui, puisant à plusieurs sources, étonne et rafraîchit.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   23 août 2016
L’art comme mécanisme de survie. C’est peut-être ce qui subsiste de plus fort dans Station Eleven.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeJournaldeQuebec   22 août 2016
L’un des romans les plus terrifiants et bouleversants de la rentrée.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Chatelaine   04 août 2016
En dépit de la dévastation et de la violence, la douceur émerge au moindre signe de renouveau. Le climat est envoûtant.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
babel95babel95   20 août 2016
Liste non exhaustive :
Plus de plongeons dans des piscines d'eau chlorée éclairées en vert par en dessous. Plus de matchs de base-ball disputés à la lumière des projecteurs. Plus de luminaires extérieurs, sur les vérandas, attirant les papillons de nuit les soirs d'été. Plus de trains filant à toute allure sous la surface des métropoles, mus par la puissance impressionnante du troisième rail. Plus de villes. Plus de films, sauf rarement, sauf avec un générateur noyant la moitié des dialogues - et encore, seulement les tout premiers temps, jusqu'à ce que le fuel pour les générateurs s'épuise, parce que l'essence pour voitures s'évente au bout de deux ou trois ans. Le carburant d'aviation dure plus longtemps, mais c'était difficile de s'en procurer.
Plus d'écrans qui brillent dans la semi-obscurité lorsque des spectateurs lèvent leurs portables au-dessus de la foule pour photographier des groupes en concert. Plus de scènes éclairées par des halogènes couleur bonbon, plus d'électro, de punk, de guitares électriques.
Plus de produits pharmaceutiques. Plus aucune garantie de survivre à une égratignure à la main, à une morsure de chien, à une coupure qu'on s'est faite au doigt en éminçant des légumes pour le dîner.
Plus de transports aériens. Plus de villes entrevues du ciel à travers les hublots, scintillement de lumières ; plus moyen d'imaginer, neuf mille mètres plus bas, les vies éclairées en cet instant par lesdites lumières. Plus d'avions....
Plus de pays, les frontières n'étant pas gardées....
Plus d'internet. Plus de réseaux sociaux, plus moyen de faire défiler sur l'écran les litanies de rêves, d'espoirs fiévreux, des photos de déjeuners, des appels à l'aide, des expressions de satisfaction, des mises à jour sur le statut des relations amoureuses grâce à des icônes en forme de cœur - brisé ou intact -, des projets de rendez-vous, des supplications, des plaintes, des désirs, des photos de bébés déguisés en ours ou en poivrons pour Halloween. Plus moyen de lire ni de commenter les récits de la vie d'autrui et de se sentir ainsi un peu moins seul chez soi. Plus d'avatars.
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AllantversAllantvers   14 septembre 2016
- Je parle de ces gens qui se sont retrouvés dans une vie au lieu d'une autre et qui en sont infiniment déçus. Vous voyez ce que je veux dire? Ils ont fait ce qu'on attendait d'eux. ils voudraient faire autre chose, mais c'est devenu impossible avec les gosses, les hypothèques et tout le reste, ils sont pris au piège. C'est le cas de Dan.
- Donc, selon vous, il n'aime pas son job.
- Exact, mais à mon avis, il ne s'en rend même pas compte. J'imagine que vous rencontrez tout le temps des gens comme lui. Des somnambules de haut niveau, essentiellement.

Qu'est ce qui, dans cette affirmation, donna à Clark envie de pleurer?
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AllantversAllantvers   11 septembre 2016
La civilisation, en l'An vingt, était un archipel de petites localités. Ces colonies avaient combattu les bêtes sauvages, enterré leurs voisins, vécu, péri et souffert ensemble pendant les années sanglantes qui avaient suivi le cataclysme, avaient survécu dans des conditions épouvantables, et ce seulement en se serrant les coudes dans les périodes d'accalmie : autant dire qu'elles ne se mettaient pas en quatre pour accueillir les étrangers.
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Charybde2Charybde2   06 septembre 2016
– Bon, j’adore mon job, et je ne dis pas ça parce que mon patron va lire mes commentaires – soit dit en passant, je suis persuadée qu’il n’aura aucun mal à identifier qui a dit quoi, anonymat ou pas. Mais bref, en regardant autour de moi, par moments, j’ai l’impression – ça va peut-être vous sembler bizarre -que le monde de l’entreprise est peuplé de fantômes. En fait, non, laissez-moi rectifier : mes parents sont dans le milieu universitaire, de sorte que j’ai été aux premières loges pour assister à ce spectacle d’horreur-là, et je sais que le milieu universitaire n’est pas une exception ; il serait donc peut-être plus juste de dire que l’âge adulte est peuplé de fantômes.
– Excusez-moi, mais je ne suis pas sûr de…
– Je parle de ces gens qui se sont retrouvés dans une vie au lieu d’une autre et qui en sont infiniment déçus. Vous voyez ce que je veux dire ? Ils ont fait ce qu’on attendait d’eux. Ils voudraient faire autre chose, mais c’est devenu impossible avec les gosses, les hypothèques et tout le reste, ils sont pris au piège. C’est le cas de Dan.
– Donc, selon vous, il n’aime pas son job.
– Exact, mais à mon avis, il ne s’en rend même pas compte. J’imagine que vous rencontrez tout le temps des gens comme lui. Des somnambules de haut niveau, essentiellement.
+ Lire la suite
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AllantversAllantvers   14 septembre 2016
Kirsten et August cheminaient en silence. Un cerf traversa la route, devant eux, et s'immobilisa un instant pour les regarder avant de se fondre sous les arbres. la beauté de ce monde quasiment dépeuplé. Si l'enfer c'est les autres, que dire d'un monde il n'y a presque plus personne? Peut-être l'humanité s'éteindrait-elle bientôt, mais Kirsten trouvait cette pensée plus apaisante que triste. Tant d'espèces étaient apparues sur la Terre et avaient disparu par la suite; quelle importante, une de plus? D'ailleurs, combien d'humains restait-il aujourd'hui?
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Entretien avec Emily ST. John Mandel.
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