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ISBN : 289615079X
Éditeur : Editions Alire (01/03/2012)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Régis Duchesne a trouvé, en rassemblant les effets personnels de son père, mort du cancer il y a quelque temps, un album de photos dans lequel sont rassemblées des coupures de journaux qui témoignent, sur plusieurs décennies, de crimes ayant eu lieu à Montréal. Accompagnant l'album, un étrange carnet noir, rempli de montants d'argent qui s'échelonnent sur la même période, et la mention d'un seul intermédiaire : CS.  Obnubilé par sa découverte, Régis Duchesne confie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (0) Ajouter une critique
argali
  06 avril 2013
Le père qui n'enseigne pas ses devoirs à son fils est autant coupable que ce dernier s'il les néglige. Confucius

Cette maxime résume parfaitement le roman que nous propose ici Richard Ste Marie. Au-delà de l'intrigue et de l'enquête, ce qui rend le récit intéressant et différent c'est la relation père-fils, dévoilée au fil des pages. Un plus assurément.

L'histoire se déroule en trois phases. Il y a d'abord la découverte de curieux carnets que fait Régis Duchesne dans les affaires de son père décédé. Carnets qui lui donnent l'impression d'être la clé d'une énigme. Ayant cherché en vain l'énigme, il s'adresse à un policier dont on lui a vanté l'honnêteté. Comme dans les récits de la série « Cold Case », on remonte le temps pour comprendre le passé et résoudre l'affaire. La deuxième partie sera basée sur les écrits du père rédigés quelques mois avant sa mort qu'il savait inéluctable. Il revient sur trente ans de sa vie et sur les événements qui l'ont transformée à jamais. Mais tout n'est pas dévoilé et des zones d'ombres subsistent. Enfin, l'enquête en elle-même sera menée par Pagliaro sur base de ces fameux carnets. Tout cela se déroulant en un mois de l'été 2008.

L'auteur, dont c'est le deuxième roman, est venu à l'écriture sur le tard, après une carrière d'enseignant à l'Ecole des Arts visuels de Laval. Artiste dans l'âme et touche à tout, il laisse émerger sa créativité dans son style et son imaginaire. J'avais lu beaucoup de bien de ce roman sur divers sites et je n'ai pas hésité à me procurer ce livre. de plus, j'ai aimé tous les ouvrages de cette maison d'édition que j'ai lus et j'espérais bien qu'il en serait de même avec celui-ci. Ce fut le cas.

J'ai aimé l'enquête et son mystère, le sentiment que ces notes anodines cachent quelque chose d'important dont on ne comprend pas de suite la portée ; le changement de style - le récit étant interrompu par le journal du père ; la lente mise en place de la solution qui permet de suivre les raisonnements du policier tout en échafaudant nos propres hypothèses… J'ai aussi apprécié le personnage de l'enquêteur, loin des caricatures habituelles. Il est juste, bienveillant, a repris des études de philosophie à plus de 40 ans, est passionné par son métier et capable d'empathie pour les victimes… Cela nous change du cynisme de certains ou des dépressifs chroniques. de plus, la réflexion sous-jacente qui traverse l'histoire sur le bien et le mal, la culpabilité, l'injustice… m'a beaucoup plu.

Si vous aimez l'action, le sang, les rebondissements spectaculaires, ce livre ne vous parlera sans doute pas. Mais si vous cherchez un policier différent, des réflexions intelligentes sur le métier et une pertinence de vue sur la société, il vous plaira à coup sûr. Servi par une écriture agréable et dynamique, agrémentée de termes québécois typiques mais compréhensibles pour les Européens que nous sommes, ce récit vous fera passer un agréable moment de lecture. Un bon polar à découvrir.

Lien : http://argali.eklablog.fr/l-..
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fannyvincent
  17 août 2015
« L'inaveu » est un des deux polars québécois que j'ai acheté cet été lors de mon séjour dans la belle province, tous deux publiés par les éditions alire.

Un homme découvre, dans les affaires de son père décédé, un album de photos relatant des affaires criminelles ayant eu lieu à Montréal au cours des dernières décennies, et un carnet retraçant des mouvements d'argent sur la même période impliquant un certain « CS ». Il décide d'aller confier ces découvertes au sergent-détective Pagliaro, de la sûreté du Québec.
« L'inaveu » est un polar agréable, quoique pas particulièrement original toutefois. La résolution de l'intrigue m'a en outre semblé un peu trop aisée. Reste le plaisir de sillonner à nouveau cette superbe ville de Montréal, dans les pas de Pagliaro… serait-il d'ailleurs un collègue d'Armand Gamache, le héros de Louise Penny ?
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exarkun1979
  17 avril 2013
Au début de ce livre. j'avais bien accroché et j'aimais le style de l'auteur. Tout allait bien jusqu'à ce qu'on se rend compte que les événements du débuts ne seront pas l'enquête principale. On a plutôt droit à une simple histoire de taxage dans le monde adulte, ce qui m'a beaucoup déçu. À aucun moment on ne ressent de sentiment d'urgence et que cette enquête doit être complétée le plus rapidement possible.
Il y a beaucoup de potentiel avec cet auteur et j'ai malgré tout envie de lire son autre livre. Malheureusement ce livre n'a pas atteint mes attentes qui étaient peut être trop élevées.
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Cielvariable
  12 janvier 2013
Ce récit est l'une des meilleures intrigues policières que j'ai lues cette année. Dès les premières pages, le lecteur est intrigué par l'entrée en matière et il ne sera pas déçu par la suite. le rythme est soutenu, le contenu est riche, le récit est bien écrit: un vrai régal.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   10 janvier 2013
Pagliaro avait gardé au contraire sa confiance en lui-même. Son couple était solide, lui et sa femme Lisa s'aimaient depuis plus de vingt-cinq ans et le policier jouissait de l'estime de ses confrères et de ses patrons. Il n'éprouvait pas de dégoût pour sa profession, il n'en était quand même pas là, mais plutôt une insatisfaction ; et sa réflexion lucide sur l'aspect contingent de son métier l'avait progressivement conduit là où il se trouvait aujourd'hui : à la recherche de quelque chose de plus essentiel. De nécessaire. À quarante-sept ans, tout en poursuivant son travail d'enquêteur au Service des crimes contre la personne, à la Sûreté du Québec, il venait de commencer des études de philosophie à l'Université de Montréal. Un îlot de fraîcheur dans l'océan de la bêtise humaine.

Le sergent-détective Francis Pagliaro jeta un dernier coup d'œil dédaigneux au spectacle ardent de la circulation fourmillant à ses pieds. Le quartier Centre-Sud vibrait tout entier dans l'air cuisant de cette fin d'après-midi d'été tandis qu'en fond de scène le mont Royal offrait ses contours incertains, complètement perdus dans le sfumato urbain. Pagliaro se retourna vers son bureau, hésitant.

Que faire ?

Rentrer chez lui ? Personne ne le lui aurait reproché, sa semaine avait été assez longue déjà - et il était en vacances, après tout ! Reprendre une dernière fois, avant de quitter le bureau, la lecture du dossier qui le préoccupait depuis des mois et dans lequel il n'arrivait pas à établir les liens clairs et indéniables entre des gangs de rue et le chef présumé d'un réseau de prostitution juvénile ?

Tout le monde, dans le milieu, savait qui dirigeait ces jeunes voyous. Claude Poirier ou André Cédilot auraient sans doute pu dresser l'organigramme complet du réseau. Mais connaître par la rumeur publique ou par des contacts dans le milieu (des sources anonymes, dignes de foi et généralement bien informées, selon la formule éculée dans ces cas-là) et démontrer devant un juge sont deux choses différentes, et c'était une autre paire de manches pour le policier Pagliaro que de rassembler des éléments de preuve suffisamment appuyés et des témoignages corroborés pour aboutir à une requête d'intenter des procédures auprès du DPCP, le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Cependant, un nouvel élément s'était ajouté au dossier de cette opération baptisée Jouvence, à laquelle Pagliaro collaborait avec les Escouades régionales mixtes de Montréal et de Québec.

Le matin même, l'adjoint de Pagliaro, l'enquêteur Martin Lortie, avait débarqué dans le bureau du sergent-détective. Il arborait son sourire spécial Martin Lortie, celui de quelqu'un qui a trouvé la clé de l'énigme ou la réponse à la charade et qui prend le temps de jouir de sa trouvaille quelques secondes pour lui-même avant de la partager.
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CielvariableCielvariable   10 janvier 2013
Ce n'est cependant pas le devoir qui gardait le sergent-détective Francis Pagliaro au bureau pour des heures supplémentaires en cette chaude fin d'après-midi de juillet, mais plutôt sa lassitude de l'affrontement inutile et stupide qui l'attendait au ras du sol avec ses concitoyens enragés au volant de leurs bagnoles.

L'enquêteur avait connu toutes sortes de violences au cours de sa carrière, mais la rage au volant se retrouvait à peine dans la liste des crimes contre la personne, et elle n'entrait dans les statistiques criminelles que depuis peu. Elle existait bel et bien, Francis Pagliaro avait même consacré un chapitre complet sur le sujet dans sa thèse de maîtrise en criminologie, dix ans plus tôt. Sans grand succès. Certes, il avait obtenu son diplôme, mais aucune des conclusions de son mémoire n'avait suscité la curiosité chez ses collègues ou ses supérieurs à la Sûreté.

Tout cela était bien loin derrière lui.

Depuis quelques mois, il s'intéressait à autre chose. Quelque chose au-delà et au-dessus de toutes les considérations quotidiennes de son travail d'enquêteur.

À force de fréquenter des individus aux comportements équivoques et aux personnalités troubles, autant parmi ses confrères policiers que chez les criminels sur qui il enquêtait, il supportait de plus en plus mal d'avoir à faire face à des événements la plupart du temps imprévisibles, ou à réagir sans arrêt à des incidents insignifiants ayant amené des gens ordinaires à des actes graves qui auraient pu tout aussi bien ne pas se produire dans d'autres conditions. Il se demandait comment ses collègues percevaient eux-mêmes leur travail de policier. Quelques-uns avaient déjà espéré écrire un jour un roman à partir de leurs propres aventures. Autant rêver. S'ils éprouvaient une certaine lassitude, voire un écœurement professionnel, ils n'en laissaient rien paraître, car on ne parlait pas de ces choses-là dans la police. Jamais, pour sa part, Pagliaro ne s'était senti pareil aux héros de roman policier stéréotypés qui se défoncent dans le travail, ou plus simplement dans l'alcool ou la drogue, pour échapper à la pression du métier. Il s'était aussi rapidement moqué de cette attitude conventionnelle du flic tourmenté et malheureux, héros des films de série B : violent, négligé de sa personne, sans véritables attaches amoureuses, incapable au surplus de créer de vrais liens sentimentaux, peu apprécié de ses collègues et en conflit éternel avec la hiérarchie administrative de la police.
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CielvariableCielvariable   10 janvier 2013
Francis Pagliaro regardait les voitures circuler au ralenti dans l'incandescence de l'avenue Papineau à l'approche du pont Jacques-Cartier, sept étages plus bas. Vu de la fenêtre de son bureau, le spectacle ressemblait à un film IMAX dont on aurait coupé le son. Il frissonna dans l'air conditionné de la pièce et jeta un coup d'œil à sa montre : 17 h 31, vendredi 18 juillet 2008.

En principe il était en vacances depuis trente et une minutes. Mais pour l'heure, ce n'était vraiment pas le moment de rentrer chez lui.

Durant les douze dernières années à Parthenais, il n'avait quitté le travail avant dix-neuf ou vingt heures qu'à de rares occasions. Il aimait assez ces heures de la journée, surtout en hiver, quand la pièce était plongée dans l'obscurité, à peine éclairée en jaune par la lampe banquier de son bureau. Ce moment lui semblait plus productif en réflexion, tout comme les heures très matinales et tranquilles pendant lesquelles il se sentait moins distrait, préservé du va-et-vient de ses collègues et de l'agitation bruyante du personnel civil qui travaillait de neuf à cinq.

Dans la police, on avait beau dire « On ne ferme jamais », l'activité était tout de même plus calme à certains moments. « Même les criminels mangent à des heures plutôt régulières », disait souvent Pagliaro à la blague. « Et à moins d'occupations spéciales, ils dorment généralement la nuit, dans leur lit comme tout le monde. »
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CielvariableCielvariable   10 janvier 2013
Il avait déjà parlé à la fillette. Quatre ou cinq fois. Ils habitaient la même rue. À trois heures de l'après-midi, il la croisa en voiture alors qu'elle marchait sur le trottoir, avenue Laval, en direction de l'avenue du Mont-Royal. Il reconnut la veste K-Way bleu pâle avec le numéro 8 maladroitement brodé sur le bras gauche.

Juste comme il arrivait à sa hauteur, la petite entreprit de traverser la rue. Sans regarder. Il klaxonna et freina à bloc. Elle eut à peine le temps de remonter sur le trottoir. Il s'arrêta net et se précipita hors de la voiture pour la retrouver parce qu'elle s'était recroquevillée. Il craignait de l'avoir touchée.

Elle pleurait.

La petite n'était pas blessée, mais elle ne pouvait pas s'arrêter de pleurer. Elle répétait sans arrêt : « J'ai eu peur, j'ai eu trop peur... »

Il lui dit de s'asseoir dans l'auto et qu'il la reconduirait chez elle. La fillette hésita. Mais quand il ouvrit la portière du côté passager, elle s'approcha et monta.

« Je vous connais, dit-elle, vous restez dans la même rue que moi. »

Il roula jusqu'à l'avenue du Mont-Royal et vira à gauche pour revenir dans l'avenue Laval par la rue Coloniale. En se retournant vers la petite, il vit qu'elle tremblait toujours.

Il allongea le bras vers ses épaules pour la consoler, mais elle se raidit immédiatement.

« Tu trembles encore, faut pas, y a pas eu de mal. »

Puis :

« Je vais faire un tour sur la montagne, viens avec moi, ça va te calmer... »

La fillette ne répondit pas.

Il continua sur Mont-Royal et prit la voie Camillien-Houde jusqu'en haut.
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fannyvincentfannyvincent   14 août 2015
Peut-être n'y arriverait-il jamais, car, visiblement, l'expérience de ces opérations manquait à Régis Duchesne. Et le pouvoir d'enquêter. Ce qui n'était pas le cas de Pagliaro.
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Des mots, des idées, des créateurs et des écrivains. Un regard contemporain sur notre culture. Airelibre.tv, en partenariat avec la Librairie Monet, propose ...
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