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ISBN : 2070179311
Éditeur : Gallimard (06/04/2017)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 23 notes)
Résumé :
«Et maintenant, il est trop tard, répond Ari, pétri de remords. Anna esquisse un sourire, elle lui caresse à nouveau la main et lui dit, quelle sottise, il n’est jamais trop tard tant qu’on est en vie. Aussi longtemps que quelqu’un est vivant.»
À la mesure de l’univers est la suite du roman D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds. Ari rentre en Islande après avoir reçu une lettre de son père lui annonçant son décès imminent. Le jour se lève sur Keflavík,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Merik
13 avril 2017
Nul ne peut marcher sur la mer, ça se saurait sinon, et si « d'ailleurs les poissons n'ont pas de pied » c'est pour cette raison, apprenait-on dans le premier volet.
Voici donc le deuxième tome du diptyque, de cette saga familiale islandaise sur trois générations qui m'avait plongé avec délice dans la prose lyrique et poétique de cet auteur. C'était en 2015 déjà, ma mémoire bancale m'a incité à m'y replonger avant d'aborder la suite (mais ça n'est peut-être pas forcément indispensable, l'on peut lire sereinement le tome 2, les rappels y sont suffisants... enfin à mon avis).
L'on retrouve la famille d'Ari, poète de retour à Keiflavik pour se rendre au chevet de son père, après avoir quitté 2 ans plus tôt femmes et enfants pour Copenhague, et n'y avoir trouvé que regrets. Revoici ses amours, ses amis, ses emmerdes. Les souvenirs de son oncle Pordur, sa grand-mère Magret. Entre autres bien sûr, car les personnages prolifèrent. Construit comme le précédent, le récit oscille entre jadis et aujourd'hui, et se permet même des incises. Avec pour lien en guise d'héritage à ses diverses époques la gifle, monumentale gifle qu'ils se sont parfois transmise de père en fils.
Mais là n'est pas l'essentiel. le livre ne peut être résumé, tant les histoires des habitants de Keflavik se croisent et s'entre-mêlent, en plus de celles de la famille d'Ari.
Il y est aussi et surtout question d'univers, dans cette suite à « D'ailleurs les poissons n'ont pas de pied".
Quoi de mieux comme titre qu'« A la mesure de l'univers » en effet, quand avec Jon Kalman Stefansson on a cette sensation unique de basculer dans un monde si particulier, islandais, mêlant à l'humanité fjords et poésie, mers et étoiles, anges et glaciers. Une Islande où il ne neige pas comme ici ou là, où il faut s'attendre à voir dans les flocons des signaux d'un au-delà.
L'univers de ce roman n'est donc pas que terre-à-terre. Avec sa prose poétique et son lyrisme en conducteurs, il semble étirer parfois le réel vers un ailleurs, comme s'il cherchait dans les différentes époques une raison à l'humanité.
« Ari ouvre les yeux au son d'un chant qui lui semble venu de très loin. Il met longtemps à se réveiller vraiment, en tout cas, suffisamment pour distinguer le sommeil de la veille, le rêve du réel, et voilà sans doute pourquoi, l'espace de quelques instants, il pense que cette mélodie n'est pas de notre monde, il pense que cette nuit, les frontières entre les univers ont été abolies et que maintenant, les défunts chantent à son intention, si magnifiquement, pour l'aider à sortir du sommeil et l'envelopper de douceur avant que la réalité ne le percute. »
En tout cas une chose est sûre avec cet auteur, les étoiles s'allument à chaque fois que je le lis, à commencer par celles de Babélio.
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joedi
23 avril 2017
Ari a pris une chambre à l'hôtel de l'aéroport de Keflavik, dans les prochains jours il rendra visite à Jacob, son père, dont les jours sont comptés. Je retrouve le narrateur que j'avais quitté, en août 2015, après ma lecture de D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds, j'ignorais alors que c'était le premier tome d'un diptyque. Comme dans le premier livre, le narrateur n'arrête pas de me balader entre aujourd'hui, les années soixante, les années quatre-vingt et le temps jadis ; je renoue aussi avec tous les personnages de cette saga familiale.
Cette fois encore, j'ai été sous le charme de la prose poétique de Jón Kalman Stefánsson.
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Josephine2
20 juillet 2017
Indicible, c'est le mot qui me vient à l'esprit pour décrire mon ressenti à la lecture de ce roman. Indicible, c'est ce que je ressens au plus profond de moi.
Encore une fois Jon Kalman STEFANSSON me touche au-delà de tout.
Vous dire en quoi, est difficile à expliquer. Ce sont les mots, tout simplement, l'atmosphère... La magie a une nouvelle fois opérée. Ce livre est empreint de nostalgie, de mélancolie, mais aussi d'espoir. Les portraits des femmes sont magnifiques. C'est peut-être cela qui fait que j'aime particulièrement cet auteur.
Par petites touches, et tout au long des deux volumes STEFANSSON nous raconte ce qu'a été la vie de chacun de ses personnages. Ceux de la famille d'Ari mais également ceux qui gravitent autour d'eux, et ce, sur trois générations. Petit à petit tout prend corps, tout s'explique. L'histoire de chacun est tellement forte en émotion, qu'il n'était pas possible de tout raconter en une fois. Et le charme n'aurait pas opéré de la même façon.
Je l'ai acheté à sa sortie, mais j'attendais le moment propice pour le lire. Car un livre de Jon Kalman STEFANSSON ne se lit pas n'importe comment. Il faut le déguster, avoir le temps de se l'approprier.
J'attends la suite avec impatience ! Parce que pour moi, il doit y avoir une suite. Tout n'a pas été dit dans ce deuxième opus. Qu'en est-il des amours d'Ari et de Pora ?
Comme pour le précédent, ma critique n'est pas à la hauteur. J'aurais tellement aimé vous communiquer ce qu'il y a d'indicible et de ce que j'ai pu palper en me plongeant dans cette lecture. Vous pouvez vous référer aux citations que j'ai relevées tout au long du livre pour vous donner une idée de la dimension de ce roman.
De nouveau, une superbe traduction d'Eric BOURY.
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trust_me
28 avril 2017
« A la mesure de l'univers » poursuit la chronique familiale débutée avec « D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds ». On y retrouve donc Ari, de retour dans sa ville natale de Keyflavik après des années passées au Danemark. Ari qui s'apprête à revoir son père mourant, qui vient de quitter sa femme et ne sait plus vraiment où il en est. Et à travers Ari on remonte l'histoire de sa famille sur trois générations, entre « aujourd'hui », « jadis » (c'est-à-dire dans l'entre-deux-guerres) et les années 80. Les chapitres alternent les époques, les lieux et les personnages, montrant chacun à un moment crucial, un moment où il va falloir faire un choix, où tricher avec soi-même ne va plus être possible.
Oddur le grand-père capitaine d'un bateau de pêche, Margret la grand-mère irrésistiblement attirée par le directeur d'école, Pordur leur fils passionné de littérature mais qui ne pourra s'extraire de sa condition de marin, Jakob, le père d'Ari qui deviendra maçon, mais aussi l'horloger Gunnar, Erin, Tryggvi, Aslaug, Svavar, Asmundur ou encore Ana. Des islandais habitués à l'âpreté et aux vents contraires qui ont plus de facilités à affronter les éléments déchaînés que leurs propres tempêtes intérieures.
Stefansson tisse sa toile, comme d'habitude brillamment mais avec moins de flamboyance que dans ses romans précédents. L'écriture est plus sèche, le lyrisme plus contenu et les aphorismes, qui étaient un peu sa marque de fabrique, quasi inexistants. Une évolution certaine et pourtant le lecteur n'y perd pas au change. Parce que ce diable d'homme sait parler comme personne de la mort, de l'amour et du temps qui passe. Et puis il lui suffit d'une scène, d'une image pour saisir la grâce d'un moment, pour faire plonger dans l'océan un ivrogne décidé à cueillir la lune, pour décrire un visage conservant malgré les années « le souvenir imprécis d'une certaine beauté » ou pour exprimer la tristesse d'une femme à l'enterrement de son mari, « cet homme taciturne, râblé, et aussi dur qu'une pierre » qui ne viendra plus poser une couverture sur ses épaules quand elle regardera les étoiles.
Du grand Stefansson, tout simplement.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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montmartin
14 juin 2017
L'Islande, un petit pays où les gens écrivent des poèmes comme s'il en va de leur santé mentale, où les habitants sacrifient une place précieuse dans leur maison assez petite pour créer un cabinet de lecture, un pays où le libraire parcourt le pays en bateau avec une valise remplie de livres, mais aussi un pays où on aime se soûler en compagnie du pasteur quitte à en venir aux mains ensuite.
Keflavik, quelques milliers d'habitants, son port vide, son chômage, ancienne base américaine. le cimetière est installé sur la lande battue par les vents, les morts sont enterrés là, c'est leur punition pour avoir choisi de passer leur vie sur cette terre plate. le monde avance avec son cortège d'événements, mais ici tout tourne autour du poisson.
Ce récit se déroule sur trois périodes et l'on suit trois générations d'une famille à travers trois personnages, Margret la grand-mère, Jakob un des enfants et Ari le petit-fils.
Jadis : le directeur de l'école est venu voir Margret, il souhaite que Poldur, son fils, poursuive ses études, la vie de pêcheur est un gâchis. Mais son mari Oddur a pris sa décision, il va prendre son fils à bord comme matelot.
Années 80 : Ari vit avec Jakob son père et sa belle-mère, il travaille dans une usine de poissons avec Svavar, dont la grosse pomme d'Adam monte et descend le long de son cou maigrelet comme un animal cherchant la sortie.
Aujourd'hui : Ari, éditeur célèbre, revient à Keflavik après une longue absence, Il va rendre visite à Jakob, son père, qu'il n'a pas vu depuis 3 ans. Depuis 45 ans Jakob n'a jamais dit mon fils, pas plus qu'Ari n'a dit mon père.
Le lecteur retrouve la beauté, la force et la poésie de l'écriture de Stefansson ainsi que les personnages de son roman précédent " D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds" .
Parsemé de références littéraires et musicales, ce livre d'une grande qualité reste très difficile à lire car les nombreux va-et-vient entre les trois époques déroutent complètement. La terre âpre de l'Islande, La dureté des personnages et le style de l'auteur se mélangent et se confondent dans ce roman où transpire à chaque page l'amour de son pays.


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Les critiques presse (4)
LeDevoir31 juillet 2017
Avec À la mesure de l’univers, Jón Kalman Stefánsson poursuit ce qu’il avait commencé dans D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, plongeant toujours plus profondément dans les destins d’Ari, son père Jakob, sa grand-mère Margret et tous les autres.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LaPresse28 juillet 2017
Cette chronique familiale voyage dans l'Islande du XXe siècle, depuis les fjords de l'Est jusqu'à Keflavik, pour couvrir l'histoire de trois générations d'est en ouest.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte15 mai 2017
Une lecture sans rupture, sensible et savoureuse ; une invitation à la rêverie et à la contemplation, au dépaysement et à l'agréable mélancolie.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique09 mai 2017
La plume impressionnante de densité et de lyrisme de Jón Kalman Stefánsson.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka18 août 2017
C'est ainsi, l'histoire de l'humanité va dans un sens et celle de l'individu prend une tout autre direction, voilà pourquoi il existe sans doute au minimum deux versions tout aussi valides l'une que l'autre de l'histoire du monde.
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PiatkaPiatka19 août 2017
Je ressens quelque chose, me confie Ari, je sais que c'est important, mais je ne parviens pas à poser les mots sur cette sensation, ils se dérobent. Oui, dis-je, les mots sont parfois des oiseaux qui s'effarouchent facilement - peut-être faudrait-il que tu te changes en air si tu veux les toucher.
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Josephine2Josephine213 août 2017
Page 413
Et pourquoi as-tu renoncé à écrire de la poésie, demande Sigga. J’ai toujours les poèmes que tu as lancés sur mon balcon cette nuit-là. J’en étais incroyablement fière, des poèmes sur ma poitrine, je ne m’étais pas attendue à ça. Et je crois que tu n’imagines pas à quel point ils ont compté pour moi. Il m’arrivait de les lire pour me consoler, quand mon estime de moi était au plus bas et que je pensais mourir. Tu as composé trois recueils, puis tu as renoncé, pourquoi ? Tu ne sais donc pas que c’est un devoir de se servir des dons qu’on a reçus. Celui qui a une voix doit chanter. Celui qui a un cerveau conçu pour calculer doit résoudre des équations complexes. Celui qui comprend l’âme humaine doit devenir psychologue ou pasteur et consoler les autres. Personne ne t’a donc jamais dit que celui qui ne se sert pas de ses dons trahit la vie, qu’il se trahit lui-même et se condamne à mourir malheureux ?

Sigga regarde longuement Ari de ses yeux noirs. Il ouvre la bouche pour lui répondre, mais le téléphone sonne.
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Josephine2Josephine210 août 2017
Page 399
Le clair de lune entre par la fenêtre. Elle est là-haut, la lune, avec les traces de pas solitaires d’Armstrong à sa surface. Tu veux que je continue à raconter, demande-t-elle, quand un moment s’est écoulé, quelques secondes, quelques années, elle s’est contentée de respirer, c’est tout ce dont le monde a besoin. Je ne sais pas, répond-il, j’ai envie que tu continues, mais j’ai peur que tu meures quand tu seras arrivée à la fin du récit. Tu as raison, je mourrai quand l’histoire sera finie. Dans ce cas, arrête-toi là, demande-t-il. Je ne le peux pas, mon cœur, parce que si je le fais, tout le reste périra aussi. La mort traverse tous les êtres, elle emporte tout, elle efface tout le monde, l’unique résistance qu’on puisse lui opposer, c’est de vivre et de raconter. De consigner l’énergie vitale dans les mots. Cela ne permet sans soute pas d’en triompher, mais cela empêche peut-être la mort de triompher de la vie. Peut-être, consent Ari à contre-cœur. Tu peux me croire, dit-elle en lui caressant les doigts d’un geste apaisant, puis elle ferme les yeux et plonge…
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Claire45Claire4511 août 2017
Si nous sommes incapables de parler, le silence que la mort laisse dans son sillage devient, avec le temps, plus vaste et plus pesant que la vie elle-même. P.139
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