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ISBN : 2070179311
Éditeur : Gallimard (06/04/2017)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 13 notes)
Résumé :
«Et maintenant, il est trop tard, répond Ari, pétri de remords. Anna esquisse un sourire, elle lui caresse à nouveau la main et lui dit, quelle sottise, il n’est jamais trop tard tant qu’on est en vie. Aussi longtemps que quelqu’un est vivant.»
À la mesure de l’univers est la suite du roman D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds. Ari rentre en Islande après avoir reçu une lettre de son père lui annonçant son décès imminent. Le jour se lève sur Keflavík,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Merik
13 avril 2017
Nul ne peut marcher sur la mer, ça se saurait sinon, et si « d'ailleurs les poissons n'ont pas de pied » c'est pour cette raison, apprenait-on dans le premier volet.
Voici donc le deuxième tome du diptyque, de cette saga familiale islandaise sur trois générations qui m'avait plongé avec délice dans la prose lyrique et poétique de cet auteur. C'était en 2015 déjà, ma mémoire bancale m'a incité à m'y replonger avant d'aborder la suite (mais ça n'est peut-être pas forcément indispensable, l'on peut lire sereinement le tome 2, les rappels y sont suffisants... enfin à mon avis).
L'on retrouve la famille d'Ari, poète de retour à Keiflavik pour se rendre au chevet de son père, après avoir quitté 2 ans plus tôt femmes et enfants pour Copenhague, et n'y avoir trouvé que regrets. Revoici ses amours, ses amis, ses emmerdes. Les souvenirs de son oncle Pordur, sa grand-mère Magret. Entre autres bien sûr, car les personnages prolifèrent. Construit comme le précédent, le récit oscille entre jadis et aujourd'hui, et se permet même des incises. Avec pour lien en guise d'héritage à ses diverses époques la gifle, monumentale gifle qu'ils se sont parfois transmise de père en fils.
Mais là n'est pas l'essentiel. le livre ne peut être résumé, tant les histoires des habitants de Keflavik se croisent et s'entre-mêlent, en plus de celles de la famille d'Ari.
Il y est aussi et surtout question d'univers, dans cette suite à « D'ailleurs les poissons n'ont pas de pied".
Quoi de mieux comme titre qu'« A la mesure de l'univers » en effet, quand avec Jon Kalman Stefansson on a cette sensation unique de basculer dans un monde si particulier, islandais, mêlant à l'humanité fjords et poésie, mers et étoiles, anges et glaciers. Une Islande où il ne neige pas comme ici ou là, où il faut s'attendre à voir dans les flocons des signaux d'un au-delà.
L'univers de ce roman n'est donc pas que terre-à-terre. Avec sa prose poétique et son lyrisme en conducteurs, il semble étirer parfois le réel vers un ailleurs, comme s'il cherchait dans les différentes époques une raison à l'humanité.
« Ari ouvre les yeux au son d'un chant qui lui semble venu de très loin. Il met longtemps à se réveiller vraiment, en tout cas, suffisamment pour distinguer le sommeil de la veille, le rêve du réel, et voilà sans doute pourquoi, l'espace de quelques instants, il pense que cette mélodie n'est pas de notre monde, il pense que cette nuit, les frontières entre les univers ont été abolies et que maintenant, les défunts chantent à son intention, si magnifiquement, pour l'aider à sortir du sommeil et l'envelopper de douceur avant que la réalité ne le percute. »
En tout cas une chose est sûre avec cet auteur, les étoiles s'allument à chaque fois que je le lis, à commencer par celles de Babélio.
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joedi
23 avril 2017
Ari a pris une chambre à l'hôtel de l'aéroport de Keflavik, dans les prochains jours il rendra visite à Jacob, son père, dont les jours sont comptés. Je retrouve le narrateur que j'avais quitté, en août 2015, après ma lecture de D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds, j'ignorais alors que c'était le premier tome d'un diptyque. Comme dans le premier livre, le narrateur n'arrête pas de me balader entre aujourd'hui, les années soixante, les années quatre-vingt et le temps jadis ; je renoue aussi avec tous les personnages de cette saga familiale.
Cette fois encore, j'ai été sous le charme de la prose poétique de Jón Kalman Stefánsson.
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montmartin
14 juin 2017
L'Islande, un petit pays où les gens écrivent des poèmes comme s'il en va de leur santé mentale, où les habitants sacrifient une place précieuse dans leur maison assez petite pour créer un cabinet de lecture, un pays où le libraire parcourt le pays en bateau avec une valise remplie de livres, mais aussi un pays où on aime se soûler en compagnie du pasteur quitte à en venir aux mains ensuite.
Keflavik, quelques milliers d'habitants, son port vide, son chômage, ancienne base américaine. le cimetière est installé sur la lande battue par les vents, les morts sont enterrés là, c'est leur punition pour avoir choisi de passer leur vie sur cette terre plate. le monde avance avec son cortège d'événements, mais ici tout tourne autour du poisson.
Ce récit se déroule sur trois périodes et l'on suit trois générations d'une famille à travers trois personnages, Margret la grand-mère, Jakob un des enfants et Ari le petit-fils.
Jadis : le directeur de l'école est venu voir Margret, il souhaite que Poldur, son fils, poursuive ses études, la vie de pêcheur est un gâchis. Mais son mari Oddur a pris sa décision, il va prendre son fils à bord comme matelot.
Années 80 : Ari vit avec Jakob son père et sa belle-mère, il travaille dans une usine de poissons avec Svavar, dont la grosse pomme d'Adam monte et descend le long de son cou maigrelet comme un animal cherchant la sortie.
Aujourd'hui : Ari, éditeur célèbre, revient à Keflavik après une longue absence, Il va rendre visite à Jakob, son père, qu'il n'a pas vu depuis 3 ans. Depuis 45 ans Jakob n'a jamais dit mon fils, pas plus qu'Ari n'a dit mon père.
Le lecteur retrouve la beauté, la force et la poésie de l'écriture de Stefansson ainsi que les personnages de son roman précédent " D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds" .
Parsemé de références littéraires et musicales, ce livre d'une grande qualité reste très difficile à lire car les nombreux va-et-vient entre les trois époques déroutent complètement. La terre âpre de l'Islande, La dureté des personnages et le style de l'auteur se mélangent et se confondent dans ce roman où transpire à chaque page l'amour de son pays.


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trust_me
28 avril 2017
« A la mesure de l'univers » poursuit la chronique familiale débutée avec « D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds ». On y retrouve donc Ari, de retour dans sa ville natale de Keyflavik après des années passées au Danemark. Ari qui s'apprête à revoir son père mourant, qui vient de quitter sa femme et ne sait plus vraiment où il en est. Et à travers Ari on remonte l'histoire de sa famille sur trois générations, entre « aujourd'hui », « jadis » (c'est-à-dire dans l'entre-deux-guerres) et les années 80. Les chapitres alternent les époques, les lieux et les personnages, montrant chacun à un moment crucial, un moment où il va falloir faire un choix, où tricher avec soi-même ne va plus être possible.
Oddur le grand-père capitaine d'un bateau de pêche, Margret la grand-mère irrésistiblement attirée par le directeur d'école, Pordur leur fils passionné de littérature mais qui ne pourra s'extraire de sa condition de marin, Jakob, le père d'Ari qui deviendra maçon, mais aussi l'horloger Gunnar, Erin, Tryggvi, Aslaug, Svavar, Asmundur ou encore Ana. Des islandais habitués à l'âpreté et aux vents contraires qui ont plus de facilités à affronter les éléments déchaînés que leurs propres tempêtes intérieures.
Stefansson tisse sa toile, comme d'habitude brillamment mais avec moins de flamboyance que dans ses romans précédents. L'écriture est plus sèche, le lyrisme plus contenu et les aphorismes, qui étaient un peu sa marque de fabrique, quasi inexistants. Une évolution certaine et pourtant le lecteur n'y perd pas au change. Parce que ce diable d'homme sait parler comme personne de la mort, de l'amour et du temps qui passe. Et puis il lui suffit d'une scène, d'une image pour saisir la grâce d'un moment, pour faire plonger dans l'océan un ivrogne décidé à cueillir la lune, pour décrire un visage conservant malgré les années « le souvenir imprécis d'une certaine beauté » ou pour exprimer la tristesse d'une femme à l'enterrement de son mari, « cet homme taciturne, râblé, et aussi dur qu'une pierre » qui ne viendra plus poser une couverture sur ses épaules quand elle regardera les étoiles.
Du grand Stefansson, tout simplement.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Les critiques presse (2)
Actualitte15 mai 2017
Une lecture sans rupture, sensible et savoureuse ; une invitation à la rêverie et à la contemplation, au dépaysement et à l'agréable mélancolie.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique09 mai 2017
La plume impressionnante de densité et de lyrisme de Jón Kalman Stefánsson.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations & extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
montmartinmontmartin11 juin 2017
compter les fenêtres d'une maison ou d'un appartement où l'on dort pour la première fois, permet aux rêves de se réaliser
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montmartinmontmartin11 juin 2017
Pourquoi les gens peinent tellement à être heureux, à quoi servent les poètes s'ils ne sont pas capables de nous aider à vivre ?
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BibaliceBibalice13 avril 2017
Il passe derrière le comptoir pour y prendre un disque. Le Requiem de Mozart. Il caresse doucement la couverture. [...]Ici, la beauté console la douleur.
Ce n'est pas Mozart qui mettra l'agneau à cuire, lance sa femme, qui va et vient dans la boutique pour nettoyer, je plonge la main dans ma poche pour y chercher mon portefeuille, nous avions pensé acheter tout autre chose, plutôt du rock, ou bien un disque que nous ne connaissons pas, de la musique qu'on pourrait écouter dans la Saab le matin, des solos de guitare aussi longs que la lande de Midnesheidi, des chansons sur le malheur, le sexe, l'amour - et nous voilà avec Mozart sur les bras.

Mais quand je tends à l'ancien chanteur un billet de cinq mille couronnes, il recule d'un pas, lève les bras au ciel et nous présente ses paumes en secouant la tête, non, non, non, ce n'est pas une chose qui se vend, ce ne serait pas bien, il ne faut surtout pas !
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MerikMerik12 avril 2017
Les semaines passent, nombreuses, et en soi, il n'y a rien à redire à ce séjour sur la lande, dans cette grande bâtisse près du lac grouillant d'alevins qui détalent des bords comme des pensées joyeuses et imprévisibles, les nourrices nous caressent les joues, nous disent des mots gentils, elles sont grandes et bienveillantes, ici, il y a une foule de gamins qui passent leurs journées à jouer; il n'y a rien à redire. N'était la douleur de l'absence, n'était la mort qui rôde.
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joedijoedi19 avril 2017
C'est Dieu qui distribue les cartes, lit-on quelque part, et il est inutile de se lamenter sur sa donne car il n'y en aura pas d'autre. Dieu distribue les cartes, certes, mais chaque être humain joue en fonction de ce qu'il a reçu, c'est ce qu'on appelle le libre arbitre. Le destin n'existe pas, il n'y a rien que le libre arbitre — et les cartes données par Dieu.
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