AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246815932
Éditeur : Grasset (29/08/2018)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Reykjavik, au début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur deuxième fille Ásta, d’après une grande héroïne de la littérature islandaise. Un prénom signifiant – à une lettre près – amour en islandais qui ne peut que porter chance à leur fille… Des années plus tard, Sigvaldi tombe d’une échelle et se remémore toute son existence : il n’a pas été un père à la hauteur, et la vie d’Ásta n’a pas tenu cette promesse de bonheur.

Jón Kalman ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  20 septembre 2018
Àsta, enlevez le a final et vous obtenez amour en islandais, mais vous tenez surtout un des refrains du roman. C'est en effet d'amour dont il est souvent question dans ces tranches de vies familiales et amoureuses, entremêlées et souvent tumultueuses, donnant au final l'image d'une saga quelque peu dynamitée. Car si le début nous amène sur la conception d'Àsta par ses parents Helga et Sigvaldi, le parcours narratif ne sera pas linéaire loin de là, nous informe vite l'auteur : «Si tant est que ça l'ait été un jour, il n'est désormais plus possible de raconter l'histoire d'une personne de manière linéaire, ou comme on dit du berceau à la tombe. Dès que notre premier souvenir s'ancre dans notre conscience, nous cessons de percevoir le monde et de penser linéairement, nous vivons tout autant dans les évènements passés que dans le présent.»
Une narration rythmée par les souvenirs du père d'Àsta tombé d'un immeuble dont il repeignait la façade. Désormais étendu sur le trottoir il s'adresse (ou croit s'adresser) à cette norvégienne réconfortante, lui transmettant les épisodes de sa vie qui défilent dans sa mémoire au gré du vent. Une narration rythmée aussi par les lettres d'Àsta à un amour perdu, ou encore par les nouvelles que nous donne l'auteur du récit depuis sa retraite au fin fond des fjords de l'Ouest, avec pour seul voisin un entrepreneur de tourisme local pour le moins envahissant. Autant dire que l'on navigue entre les époques et les personnes, sans se perdre pour autant, on construit le puzzle au diapason d'une prose toujours aussi poétique et lyrique, profonde, sous tension permanente de questionnement sur le sens de la vie.
Et c'est magique, comme toujours avec Jon Kalman Stefansson. La lecture est envoûtante sous les décors contrastés d'Islande. Les lumières d'été et les nuits d'hiver y sont comme des pendants de la vie et la mort, les personnages si humains prennent corps sous les étoiles qu'allume l'auteur.
Encore une bien belle réussite à mes yeux, pour un auteur (souvent associé au travail de son traducteur Eric Boury) dont je suis résolument fan.
« Je le mesure depuis maintenant six mois et un jour. Les résultats sont disponibles : il s'avère que mon manque de toi dépasse les limites du monde des vivants. En réalité, il les dépasse tellement qu'il engendre une certaine agitation jusque chez les défunts. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          762
nadiouchka
  28 octobre 2018

Après avoir lu la trilogie de Jón Kalman Stefánsson : « Entre ciel et terre » - « La tristesse des anges » - « Le coeur de l'homme », des ouvrages chaque fois envoûtants, cette fois j'ai choisi « Ásta » (« Où se réfugier quand aucun chemin ne mène hors du monde ? ») pour lequel j'avais entendu de nombreux éloges. Un roman sur l'Islande, terre de feu et de glace, si magnifique pour qui a pu y aller.
Je voudrais signaler, tout de suite, pour ne pas l'oublier car ce serait vraiment dommage et navrant, l'excellent (framúrskarandi) travail de traduction d‘Eric Boury qui a traduit de grands écrivains islandais.
Avec « Ásta », j'ai mis un tout petit peu plus de temps que d'habitude pour intégrer la construction (ô quelques pages seulement), mais une fois concentrée j'ai pu constater que c'était bien original et qu'il fallait se plonger dans l'histoire, c'est tout.
Mais « Commençons pas le commencement : nous sommes dans Vesturbaer, le quartier Ouest de Reykjavik, au début des années cinquante du siècle dernier. Je vous expose l'origine du prénom d'Ásta Puis je ne maîtrise plus rien. » (p.13) Un prénom auquel, si on enlève une lettre, signifie : « amour » 😍 en islandais.
« D'ici peu, je vous expliquerai pourquoi ses parents l'ont appelée Ásta. En fait, ils l'ont « choisi avant sa naissance, persuadés qu'ils auraient une fille, ils l'ont trouvé dans Gens indépendants, un livre de Halldór Laxnes, paru en 1934-1935. » (p.13)
Pourquoi ils sont choisi ce prénom (…), car nous naissons tous anonymes, et immédiatement, ou très peu de temps après, on nous attribue un nom qui rend à la mort sa besogne plus complexe. Donnez-moi un nom et la Faucheuse me trouvera moins facilement. Mais comment raconter l'histoire d'une personne sans présenter l'univers qui la voit naître, sans évoquer cette atmosphère, cet air du temps qui retient le ciel – et surtout, en a-t-on le droit ? » (p.9)
A présent, quelques indications :
Ásta est la fille de Sigvaldi et Helga, mais un jour, Sigvaldi tombe d'une échelle et c'est le drame. Couché sur le sol, une femme le regarde, le réconforte (mais est-ce vrai ?), tandis que lui, agonisant, lui raconte une foule de souvenirs en lui demandant : « Pourriez-vous me réveiller quand je serai tout à fait mort ? » (p.312)
Dans le récit, des lettres d'Ásta constituent des chapitres. Ce sont les destins mêlés d'Ásta, de Sigvaldi, Helga et d'autres personnages qui donnent un roman où sont évoqués, la vie ordinaire, l'amour et surtout la passion (avec une grande sensualité pour ne pas dire torride) - on passe d'une époque à l'autre – le style est poétique. Les chapitres commencent par une simple phrase, toute seule, mais le texte continue deux pages plus loin. C'est particulier, original et il faut se laisser guider.
A mentionner également qu'il y a beaucoup de musique ♫♫ : on entend Ella Fitzgerald, Billie Holliday, Elvis Presley, Nina Simone, Miles Davis et bien d'autres...♫♫
On voit qu'Ásta avait été recueillie par une nourrice, dans une ferme où elle participe (avec un autre enfant recueilli, Joséf) au travail certes, mais où elle rencontre de l'affection et la beauté de la nature autour d'elle : « Où en étais-je … Ah oui. Je me rappelle avoir attendu un certain temps avant que ma nourrice me confirme que les aurores boréales étaient bien les rêves du bon Dieu. » (p.207)
Avec ce roman où alternent les personnages, les époques, le questionnement sur le sens de la vie, les indices au cours de la lecture, cette histoire est bien touchante quand on voit combien Ásta a souffert de l‘amour. On la suit tout au long du récit en assistant aussi à la lente agonie de Sigvaldi.
C'est un roman très prenant par son lyrisme, ses énigmes, sa poésie. Il suffit de se laisser entraîner. Un roman consacré à la passion, au temps qui efface tout et cela est irrémédiable. Ce à quoi Stefánsson semble répondre : « L'amour seul défie cet immuable effacement. » Un roman consacré aussi à la notion de famille.
Il me reste à rajouter quelques lignes :
* En fin de critique, j'ai relevé : « Comment survivent ceux qui jamais ne peuvent parler de leur amour ? Et comment s'y prend-on pour consoler les morts ?
Je suis entré dans le phare. Chargé de livres, de musique et de souvenirs, j'entre dans la lumière qui fend la nuit. »
* J'ai aussi lu que l'on qualifiait ce roman ainsi : « Le tourbillon de la vie. » Cinq mots pour résumer ce roman, une prouesse que je n'ai pas réussi à faire. Mais un tourbillon qui m'a emportée et une fois celui-ci calmé, je me suis retrouvée dans mon entourage habituel, bien heureuse d'avoir vécu cette histoire que certains peuvent trouver « déboussolante », mais n'est-ce pas le propre d'un bon roman ?
* Enfin, la couverture : mention spéciale pour sa simplicité mais qui est bien significative : une échelle qui s'élève d'un rocher glacé (un bout de la terre d'Islande) vers un trou noir dans le ciel. » (la fin de la vie , le chemin que prennent les âmes ?).
Mais j'ai vu aussi un bel éloge de Telerama :
« L'amour, passionnel ou familial, et la brièveté de l'existence sont au coeur d'une saga envoûtante, contée admirablement par l'écrivain islandais. »
Ma conclusion est : « Merci «  : « þakka þér fyrir“ et “bravo l‘auteur“ :“bravo höfundur“ et ainsi s‘arrête ma chronique puisqu'il faut bien finir...👍😉
⭐️ ⭐️ ⭐️ ⭐️ ⭐️
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          406
Eve-Yeshe
  07 novembre 2018
J'ai eu du mal à entrer dans ce roman, car l'auteur fait des allers et retours sans arrêt entre les époques, Ásta vient de naître, quelques pages plus loin, elle est adolescente dans les fjords de l'Ouest où elle a été envoyée un été, après avoir casser le nez d'un camarade de classe, puis on la retrouve adulte, perdue, et ça continue encore et encore…
J'ai compris que l'auteur faisait raconter l'histoire d'Ásta par son père, Sigvali qui est tombé d'une échelle, donc les images lui reviennent forcément dans le désordre, un peu comme si toute sa vie défilait aux portes de la mort. Donc, je me suis accrochée…
Comment parler d'Ásta ? tout d'abord en expliquant pourquoi ses parents ont choisi de lui attribuer ce prénom : il s'agit en fait d'un hommage à un personnage de roman de Halldor Laxness ! et l'amour est au centre de ce roman :
« En retirant la dernière lettre du prénom, il reste le mot àst qui signifie amour en islandais. »
L'histoire de cette famille est belle, l'auteur pose notamment une question : hérite-t-on de la « folie » de sa mère, ou n'est-ce qu'une répétition du scénario : on abandonne alors qu'on a été abandonné. Et en poussant plus loin la réflexion : peut-on envisager même l'idée d'être aimée après un abandon ?
Et Ásta fuit tout ce qui pourrait l'aider, tous ceux qui l'aiment vraiment pour tomber sur des êtres négatifs. On la suit à Vienne où elle part faire des études, abandonnant sa fille à ses parents. Elle fuit l'amour, elle fuit dans l'alcool, laisse partir son amour de jeunesse, Josef, comme si le bonheur ne pouvait que s'abimer, sans se donner une chance d'y avoir droit.
Jón Kalman Stefánsson évoque aussi et de fort belle manière, le passage de l'adolescence à l'âge adulte : se fait-il en douceur ou un évènement peut-il qui faire basculer brutalement dans le monde des grands, devenir mature avant l'heure ?
On retient l'omniprésence de l'alcool dans ce roman : le père de Sigvali avait des phases d'imprégnation massive, « il était beaucoup moins drôle quand il sombrait dans le trou noir de l'alcool. Ses beuveries duraient en général deux à trois semaines, et aucune puissance terrestre ni céleste ne semblait pourvoir l'arrêter. »
Outre l'alcoolisation massive, on note aussi au passage l'importance de la sexualité : une première scène torride entre Helga et Sigvali, bien sûr, mais parfois on a droit à des scènes de sexe toutes les trois ou quatre pages et cela finit par devenir lassant.
La littérature est omniprésente dans ce roman, Jón Kalman Stefánsson rend hommage aux écrivains de son pays, surtout aux poètes, un des personnages, le frère de Sigvali, est un écrivain, ou du moins tente d'écrire, car l'inspiration n'est pas au rendez-vous, alors il choisit d'écrire une autobiographie, cela lui permet de parler de lui !
« L'écriture libère des choses en moi. Ça te semblera peut-être étrange, mais quand j'écris, je deviens plus grand que l'homme que je suis. Oui, je me transforme en une corde sensible qui tremble entre le visible et l'invisible. »
L'Islande est un pays qui me fascine car tout prend un aspect gigantesque dans ce pays… on retrouve la magie des grands espaces, des éléments déchaînés, la précarité, la vie qui s'apparente parfois à une simple survie et, outre les poèmes, l'auteur évoque comme pour adoucir la rigueur, la musique; on croise notamment Nina Simone ou les nocturnes de Chopin selon l'humeur… sans oublier les prénoms islandais compliqués me font rêver : Sigvali, Helga et Sigrid, Sesselja, Gudmundur…
J'ai aimé l'histoire de cette famille mais le mode de narration choisi par l'auteur m'a dérangée, parfois même irritée et je ne suis pas sûre qu'elle apporte quelque chose de plus au roman.

Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          440
Jeanfrancoislemoine
  13 octobre 2018
Je viens de lire toutes les critiques concernant ce livre et je suis très content de l'adhésion quasi générale pour dire que c'est un très bon livre.Le problème, si problème il y a, vient de moi ,qui n'etais sans doute pas prêt à rentrer dans cette histoire.
J'ai été dérouté par une construction qui m'a posé d'énormes problèmes à tel point que j'ai déclaré forfait après plus de 300 pages lues.Et pourtant,le contenu est excellent, bien écrit ,surtout bien traduit, fluide.Ma frustration est d'autant plus grande que je me demande :"pourquoi?".Pourquoi cette présentation si peu conventionnelle. Alors,je sais ce que vous allez me répondre ,je ne suis pas complètement ignare et j'ai lu vos très intéressantes critiques, mais je continue à penser que l'auteur aurait pu écrire un très bon roman, tout aussi plaisant me semble-t-il ,et sans le transformer en puzzle nécessitant une réflexion continue sans faille....sans nous projeter au gré du temps,des personnages, des événements, comme des petits fétus de paille.J'aime bien me faire "balader" dans un roman,mais là c'était trop pour moi.
Bon,je le répète , vous avez aimé et le problème vient de moi, ce qui me navre, me frustre, mais me rassure aussi, tant il est essentiel que les points de vue divergent, nous ne sommes que des hommes et des femmes, pas des robots.(Pennac à donné les "droits du lecteur,"non?)
C'était le 111e livre que je lis cette année, le deuxième seulement que je laisse en cours de route, ce qui m'est toujours douloureux.
Je ne dirai jamais que ce livre est "nul", ce serait prétentieux, mais il ne m'a pas plu du fait de sa construction.Dommage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          496
isabelleisapure
  11 novembre 2018
Je suis très heureuse d'avoir enfin fait la connaissance de Jon Kalman Stefansson.
Il m'est toujours agréable de me plonger dans les pages d'un auteur célèbre, dont je connais à peine le nom.
Cette immersion en terre islandaise a été une découverte assez déconcertante dans les premières pages. J'ai été déroutée par le manque de linéarité dans le récit, Jon Kalman Stefansson n'hésitant pas à nous balader d'un personnage à l'autre, d'un pays à l'autre avec souvent quelques décennies d'écart.
Mon plaisir a commencé lorsque j'ai accepté de me laisser guider à l'aveugle par un auteur ô combien talentueux, sur les pas d'Asta, superbe héroïne née de la passion brûlante entre Sigvaldi et Helga.
Toute l'histoire d'Asta nous est relatée par Sigvaldi étendu sur un trottoir après avoir chuté de l'échelle sur laquelle il travaillait.
Cette vie qui le quitte peu à peu est intimement liée à celle de sa fille Asta.
Jon Kalman Stefansson a l'art de tisser les destins, dresser les portraits des protagonistes, croiser leurs regards et nous raconter les péripéties de leur vie. Chaque personnage est brossé avec beaucoup d'application et une grande sensibilité.
« Asta » est un roman foisonnant porté par une écriture lyrique, sensuelle qui mélange les époques et les personnages. J'ai adoré me perdre dans ces lignes pour mieux me retrouver dans cette Islande grandiose aux paysages époustouflants magnifiquement décrits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          412

critiques presse (5)
Liberation   08 octobre 2018
De par son ampleur, de par sa profondeur, Ásta est un roman exaltant. C’est le sixième livre traduit de l’Islandais Jón Kalman Stefánsson, l’auteur de D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds (Gallimard, 2015) et d’A la mesure de l’univers.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   08 octobre 2018
Agencé comme un puzzle géant, ce grand roman mystérieux passe du présent au passé, et retour au présent, à toute allure. Il revient au lecteur de chercher la pièce manquante. C’est un écrivain qui raconte. Mais il y a aussi les souvenirs du père d’Asta au moment où il tombe d’une échelle, et des lettres d’Asta elle-même.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique   02 octobre 2018
Après son éblouissant diptyque ( D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds et À la mesure de l’univers), Jón Kalman Stefánsson signe l’un des romans marquants de cette rentrée. Une femme y évolue sur le fil de la vie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaCroix   28 septembre 2018
Sur les traces d’une héroïne dans tous ses états, Jón Kalman Stefánsson livre d’une plume vigoureuse un récit fragmenté sous le sceau de l’amour.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   21 septembre 2018
Avec « Asta », vie d’une femme tourmentée par la tristesse et la mauvaise conscience, le romancier islandais signe un roman aussi superbe qu’envoûtant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (109) Voir plus Ajouter une citation
tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres   20 novembre 2018
Ce n'est pas toujours facile de dire les choses importantes dans sa langue maternelle, une langue dont on connaît chaque nuance, chaque meuble, chaque objet, chaque touffe d'herbe, chaque tonalité. Il est parfois presque insurmontable d'évoquer les choses les plus intimes, celles qui reposent au fond du cœur, voilà pourquoi il est délicieux de connaître une langue étrangère. De préférence très lointaine, éventuellement venue d'une autre galaxie..."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
michelekastnermichelekastner   20 novembre 2018
Mon cher frère, d'ici trente, quarante ans, et crois-moi, ces années passeront plus vite qu'on n'oserait le croire, ce sera si comme ni toi ni moi n'avions jamais existé, malgré tout le bagage que nous portons en nous. Nous mourrons et tout meurt avec nous. Nos meubles sont dispersés, ils trouvent une nouvelle fonction ailleurs, ils ne gardent aucune trace de notre passage, une nouvelle génération grandit à l'endroit où nous vivions et elle ne soupçonne même pas que nous avons existé. Le temps efface tout. C'est une loi implacable. Il t'effacera aussi. Tes soixante, soixante-dix, quatre-vingt-dix années passées sur terre seront effacées, dissipées comme un malentendu. Avons-nous un autre but dans la vie que celui de naître, de tousser deux ou trois fois, puis de mourir ? Quant à la vie elle-même, elle qui nous semble si vaste et puissante qu'elle soutient le ciel, n'est-elle pas en fin de compte qu'une souris qui traverse la cuisine un jour au mois d'octobre avant de disparaître à jamais ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
michelekastnermichelekastner   20 novembre 2018
Bien sûr qu'il doit bouger doucement afin de prolonger son séjour au sein de ces délices car la vie de l'homme est si courte, en soi, elle n'est pas plus longue que l'espace qui sépare le jour de la nuit. Voilà pourquoi nous devons faire durer pleinement et entièrement les moments où notre existence tout entière vibre. Où elle s'approfondit au point, parfois, de devenir bonheur.
Commenter  J’apprécie          10
tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres   20 novembre 2018
Avons-nous un autre but dans la vie que celui de naître, de tousser deux ou trois fois, puis de mourir ? Quant à la vie elle-même, elle nous semble si vaste et puissante qu'elle soutient le ciel, n'est-elle pas en fin de compte qu'une souris qui traverse la cuisine un jour au mois d'octobre avant de disparaître à jamais ?"
Commenter  J’apprécie          10
tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres   20 novembre 2018
Comment survivent ceux qui jamais ne peuvent parler de leur amour ? Et comment s'y prend-on pour consoler les morts ?
Je suis entré dans le phare. Chargé de livres, de musique et de souvenirs, j'entre dans la lumière qui fend la nuit."
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Jón Kalman Stefánsson (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jón Kalman Stefánsson
Le coup de c?ur de la librairie Planet'R, Saint-Lô, pour cette 26e édition du festival Les Boréales est Jón Kalman Stefánsson. Présentation par : Caroline le Gal Réalisation : Fabrice Touyon Graphisme : le Klub
CONVERSATIONS et QUESTIONS sur ce livre Voir plus
autres livres classés : littérature islandaiseVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox






Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
3032 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre
.. ..