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ISBN : 2246815932
Éditeur : Grasset (29/08/2018)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Reykjavik, au début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur deuxième fille Ásta, d’après une grande héroïne de la littérature islandaise. Un prénom signifiant – à une lettre près – amour en islandais qui ne peut que porter chance à leur fille… Des années plus tard, Sigvaldi tombe d’une échelle et se remémore toute son existence : il n’a pas été un père à la hauteur, et la vie d’Ásta n’a pas tenu cette promesse de bonheur.

Jón Kalman ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  20 septembre 2018
Àsta, enlevez le a final et vous obtenez amour en islandais, mais vous tenez surtout un des refrains du roman. C'est en effet d'amour dont il est souvent question dans ces tranches de vies familiales et amoureuses, entremêlées et souvent tumultueuses, donnant au final l'image d'une saga quelque peu dynamitée. Car si le début nous amène sur la conception d'Àsta par ses parents Helga et Sigvaldi, le parcours narratif ne sera pas linéaire loin de là, nous informe vite l'auteur : «Si tant est que ça l'ait été un jour, il n'est désormais plus possible de raconter l'histoire d'une personne de manière linéaire, ou comme on dit du berceau à la tombe. Dès que notre premier souvenir s'ancre dans notre conscience, nous cessons de percevoir le monde et de penser linéairement, nous vivons tout autant dans les évènements passés que dans le présent.»
Une narration rythmée par les souvenirs du père d'Àsta tombé d'un immeuble dont il repeignait la façade. Désormais étendu sur le trottoir il s'adresse (ou croit s'adresser) à cette norvégienne réconfortante, lui transmettant les épisodes de sa vie qui défilent dans sa mémoire au gré du vent. Une narration rythmée aussi par les lettres d'Àsta à un amour perdu, ou encore par les nouvelles que nous donne l'auteur du récit depuis sa retraite au fin fond des fjords de l'Ouest, avec pour seul voisin un entrepreneur de tourisme local pour le moins envahissant. Autant dire que l'on navigue entre les époques et les personnes, sans se perdre pour autant, on construit le puzzle au diapason d'une prose toujours aussi poétique et lyrique, profonde, sous tension permanente de questionnement sur le sens de la vie.
Et c'est magique, comme toujours avec Jon Kalman Stefansson. La lecture est envoûtante sous les décors contrastés d'Islande. Les lumières d'été et les nuits d'hiver y sont comme des pendants de la vie et la mort, les personnages si humains prennent corps sous les étoiles qu'allume l'auteur.
Encore une bien belle réussite à mes yeux, pour un auteur (souvent associé au travail de son traducteur Eric Boury) dont je suis résolument fan.
« Je le mesure depuis maintenant six mois et un jour. Les résultats sont disponibles : il s'avère que mon manque de toi dépasse les limites du monde des vivants. En réalité, il les dépasse tellement qu'il engendre une certaine agitation jusque chez les défunts. »
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tynn
  24 septembre 2018
Un jour, Sigvaldi tombe de son échelle.
Allongé sur le sol, sa vie se déplie en flashs de souvenirs depuis son enfance jusqu'à cet âge mûr qui l'a peut-être fait perdre l'équilibre. Une vie, ça se remplit d'amour, d'amitié, de regrets, de rancoeur, même de haine. Elle peut aussi être source de culpabilité, pour lui, père incertain d'Ásta, à l'enfance cabossée par le désamour de ses parents.
Ásta aussi se raconte ou est racontée par d'autres voix. Car elle est la pierre angulaire de tous ces destins, ces êtres qu'on croise, dont on s'approprie si peu ou si vite l'intimité fragmentée, et que la mémoire collective perdra. Il y a tant de possibilités de rencontres, de choisir son chemin librement. Une existence de mortel passe si vite, déterminée par des choix judicieux ou malheureux.

Cet éphémère de destins multiples est-il le terreau de la création littéraire? Question essentielle de l'écrivain qui s'invite dans le récit, tel un biographe de tous ces anonymes qui vivent et seront oubliés irrémédiablement.
C'est un livre à tiroirs qui brouille l'espace-temps et les individus. Il faut tout remettre d'aplomb en établissant peu à peu une chronologie et des liens entre les personnages. On se prend aisement au jeu des indices placés au fil de la lecture, écoutant chacun apporter voix au chapitre par des lettres, des récits et des poèmes.
Un beau roman sur l'éphémère et le temps qui passe, singulier dans sa construction narrative, pétri d'humanité, illustré par l'identité islandaise, l'ambiance si particulière de ces paysages et de ce climat tourmenté.
(Mention spéciale pour la couverture qui se comprend au fil du récit et pour la qualité de la traduction).
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sylvaine
  06 septembre 2018
Asta Jon Kalman Stefansson Grasset 29/O8/2018.
Comment résister? Lire un roman de Jon Kalman Stefansson c'est pour moi embarquer dans un univers différent . L'Islande une fois de plus sert d'écrin à ce roman existentiel. Deux générations; Années 1950 Sigvaldi et Helga vivent un amour passionné et fusionnel. Une seconde fille nait Asta , prénom d'une héroïne de la littérature islandaise. Asta à une lettre près signifie amour en islandais , tout un programme.
Asta sera t'elle l'héroïne romantique attendue?
Asta est une femme âgée, fatiguée et elle se souvient. Sigvaldi tombe de son échelle de peintre et se souvient. Un narrateur écrivain retrace leur histoire.La narration n'est pas linéaire mais peut-on raconter une vie de façon chronologique? A travers les souvenirs de l'un , de l'autre c'est aussi à une quête du bonheur que nous convie Jon Kalman Stefansson. Un roman foisonnant, sensuel, des personnages enlisés dans un quotidien qui le plus souvent ne leur convient pas, avec au bout du compte le sentiment de n'avoir pas su ou pas pu agir comme il l'aurait fallu. Bien sur nous sommes en terre d'Islande, bien sur la lumière du soleil se fait souvent rare, bien sur la mélancolie est omniprésente, mais qu'importe la tempête quand la plume de l'auteur nous emporte loin du rivage!
Jon Kalman Stefansson continue d'imprimer sa marque dans la littérature contemporaine. Si vous ne le connaissez pas encore n'hésitez pas à découvrir son univers le chemin parfois escarpé vaut le détour.
Un très grand merci aux éditions Grasset via NetGalley pour ce partage.#Ásta #NetGalleyFrance
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GabySensei
  11 septembre 2018
Le nouveau livre de Jón Kalman Stefánsson est absolument magnifique !
Il nous raconte la vie d'Ásta et de ses parents dans l'Islande des années 50. Alors qu'il pourrait se contenter de nous raconter ces vies dans un style naturaliste qu'il maîtrise parfaitement, il prend le parti d'exploser la narration en mélangeant au sein d'un même chapitre, parfois d'une même phrase, les temps et les époques, les personnages, les espoirs et les désillusions. Le tour de force de Stefánsson est que cela ne rend pas le livre difficile à lire. Au contraire, la lecture reste d'une fluidité stupéfiante, alors que l'écriture de Stefánsson gagne en profondeur et en subtilité. "Il est impossible de raconter une histoire sans s'égarer, sans emprunter des chemins incertains, sans avancer et reculer, car nous vivons en même temps à toutes les époques. (P463) "Il n'est désormais plus possible de raconter l'histoire d'une personne de manière linéaire, ou comme on dit, du berceau à la tombe. Personne ne vit comme ça." (P35)
Le livre de Stefánsson est un hommage à la vie, à l'amour, à ses désillusions, aux regrets, à la folie et à la douleur de vivre. Ses personnages aimeraient aimer comme il faut, mais ils n'y arrivent pas. Ils sont à contretemps, n'arrivent pas à dominer leurs instincts. Ils sont sans méchanceté ni malice, mais il est difficile d'affronter la vie et il est parfois plus simple de fuir face à elle (à l'étranger, dans l'alcool, dans l'écriture...). Et tout cela se transmet et se reproduit de générations en générations, sur fond d'Islande qui elle-même se transforme (modernité, tourisme de masse...). Car le plus grand tallent de Stefánsson, c'est évidement de nous faire vivre en Islande le temps d'un livre. On ressent la fragilité des hommes qui essaient de survivre dans cette nature hostile. On ressent le froid, la solitude, l'âpreté de la nature, avec cette langue poétique et admirablement rendue par la traduction d'Eric Boury.
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pilyen
  18 septembre 2018

Que peut être un grand roman en 2018 ? L'auteur islandais Jon Kalman Stefansson nous fait une proposition ultra convaincante tant le portrait éclaté mais totalement maîtrisé d'Asta, emporte le lecteur par son lyrisme et l'acuité du regard de son auteur sur le monde.
Nous sommes en Islande, île aux paysages sublimes qu'habitent des hommes et des femmes pas plus torturés qu'ailleurs mais que la rudesse du climat et sa situation géographique destinent à des vies plus romanesques. Derrière ce titre qui est un prénom, "Asta" va ausculter un famille contemporaine, plus précisément le parcours de la deuxième fille du couple formé un temps par Helga et Sigvaldi.
Sigvaldi exerce la profession de peintre en bâtiment et au début du livre on le retrouve écrasé au sol, suite à une chute de son échelle de chantier. Sentant sans doute que la mort le guette, il va laisser s'ouvrir dans son esprit la porte des souvenirs. Comme il est de coutume avec le cerveau, tout remontera de façon désordonnée. Va se dresser alors le portrait cubiste de cette jeune Asta.
Faisant fi de la chronologie, éclairant puissamment certains moments, en laissant d'autres peut être essentiels dans l'ombre, laissant ainsi au lecteur le plaisir de combler les vides, le portrait va peu à peu apparaître. D'autres narrateurs interviendront, sans que l'on perçoive d'emblée qui ils sont, mais qui viendront apporter un supplément d'âme à ce tableau.
Ce parti pris romanesque, éclaté, sophistiqué, donnant une construction originale au livre n'est pas gratuit. le lecteur devient parti prenante de cette évocation. Porté par une langue sublime ( bravo à Eric Boury le traducteur !) qui épouse à merveille tout autant la beauté âpre des paysages de fjords que les aurores boréales, le roman nous emporte, irrigué par une grande réflexion sur l'humain. Jon Kalman Stefansson nous livre ses pensées, ses réflexions d'homme à l'écoute du monde sur les grands thèmes que sont la mort, le sexe, la féminité, la solitude, la passion mais aussi sur des sujets plus actuels puisque cela peut aller jusqu'à l'élection de Donald Trump. Habilement intégrés dans ce portrait sensible et sans concession, ces considérations aussi bien philosophiques que sociologiques, loin d'alourdir le texte, irriguent l'ensemble d'un regard humaniste. A la suite d'Asta, nous avons la sensation de découvrir, de lire, une oeuvre de grande portée, assurément, l'un des GRANDS romans de cette rentrée.
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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critiques presse (1)
LeMonde   21 septembre 2018
Avec « Asta », vie d’une femme tourmentée par la tristesse et la mauvaise conscience, le romancier islandais signe un roman aussi superbe qu’envoûtant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
ChryseiaVonSourdeChryseiaVonSourde   22 septembre 2018
Celui qui se dévoile est plus vulnérable. Celui qui s'ouvre entièrement est comme mort.
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andmanandman   19 septembre 2018
Les lecteurs assidus, surtout quand ce sont des lectrices, sont plus ouverts que d'autres aux souffrances de la vie. La poésie et la littérature les rendent plus sensibles. La lecture ouvre tant d'espaces à l'intérieur des gens.
Commenter  J’apprécie          290
ChryseiaVonSourdeChryseiaVonSourde   22 septembre 2018
Je suppose qu'on devrait uniquement posséder les livres qui nous parlent intimement, ceux qui nous concernent vraiment.
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ChryseiaVonSourdeChryseiaVonSourde   22 septembre 2018
Certains mots portent en eux un séjour en enfer.
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GabySenseiGabySensei   10 septembre 2018
Le diable sait exactement par quelle porte entrer dans chaque être humain. S'il n'arrive pas à le posséder en jouant sur sa cupidité ou son ambition, il s'adresse à sa vanité.
Cette vanité. Qui fait descendre la pensée du cerveau... jusqu'au fondement.

(P288)
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Payot - Marque Page - Jón Kalman Stefansson - Asta
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