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ISBN : 2246815932
Éditeur : Grasset (29/08/2018)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Reykjavik, au début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur deuxième fille Ásta, d’après une grande héroïne de la littérature islandaise. Un prénom signifiant – à une lettre près – amour en islandais qui ne peut que porter chance à leur fille… Des années plus tard, Sigvaldi tombe d’une échelle et se remémore toute son existence : il n’a pas été un père à la hauteur, et la vie d’Ásta n’a pas tenu cette promesse de bonheur.

Jón Kalman ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  06 septembre 2018
Asta Jon Kalman Stefansson Grasset 29/O8/2018.
Comment résister? Lire un roman de Jon Kalman Stefansson c'est pour moi embarquer dans un univers différent . L'Islande une fois de plus sert d'écrin à ce roman existentiel. Deux générations; Années 1950 Sigvaldi et Helga vivent un amour passionné et fusionnel. Une seconde fille nait Asta , prénom d'une héroïne de la littérature islandaise. Asta à une lettre près signifie amour en islandais , tout un programme.
Asta sera t'elle l'héroïne romantique attendue?
Asta est une femme âgée, fatiguée et elle se souvient. Sigvaldi tombe de son échelle de peintre et se souvient. Un narrateur écrivain retrace leur histoire.La narration n'est pas linéaire mais peut-on raconter une vie de façon chronologique? A travers les souvenirs de l'un , de l'autre c'est aussi à une quête du bonheur que nous convie Jon Kalman Stefansson. Un roman foisonnant, sensuel, des personnages enlisés dans un quotidien qui le plus souvent ne leur convient pas, avec au bout du compte le sentiment de n'avoir pas su ou pas pu agir comme il l'aurait fallu. Bien sur nous sommes en terre d'Islande, bien sur la lumière du soleil se fait souvent rare, bien sur la mélancolie est omniprésente, mais qu'importe la tempête quand la plume de l'auteur nous emporte loin du rivage!
Jon Kalman Stefansson continue d'imprimer sa marque dans la littérature contemporaine. Si vous ne le connaissez pas encore n'hésitez pas à découvrir son univers le chemin parfois escarpé vaut le détour.
Un très grand merci aux éditions Grasset via NetGalley pour ce partage.#Ásta #NetGalleyFrance
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GabySensei
  11 septembre 2018
Le nouveau livre de Jón Kalman Stefánsson est absolument magnifique !
Il nous raconte la vie d'Ásta et de ses parents dans l'Islande des années 50. Alors qu'il pourrait se contenter de nous raconter ces vies dans un style naturaliste qu'il maîtrise parfaitement, il prend le parti d'exploser la narration en mélangeant au sein d'un même chapitre, parfois d'une même phrase, les temps et les époques, les personnages, les espoirs et les désillusions. Le tour de force de Stefánsson est que cela ne rend pas le livre difficile à lire. Au contraire, la lecture reste d'une fluidité stupéfiante, alors que l'écriture de Stefánsson gagne en profondeur et en subtilité. "Il est impossible de raconter une histoire sans s'égarer, sans emprunter des chemins incertains, sans avancer et reculer, car nous vivons en même temps à toutes les époques. (P463) "Il n'est désormais plus possible de raconter l'histoire d'une personne de manière linéaire, ou comme on dit, du berceau à la tombe. Personne ne vit comme ça." (P35)
Le livre de Stefánsson est un hommage à la vie, à l'amour, à ses désillusions, aux regrets, à la folie et à la douleur de vivre. Ses personnages aimeraient aimer comme il faut, mais ils n'y arrivent pas. Ils sont à contretemps, n'arrivent pas à dominer leurs instincts. Ils sont sans méchanceté ni malice, mais il est difficile d'affronter la vie et il est parfois plus simple de fuir face à elle (à l'étranger, dans l'alcool, dans l'écriture...). Et tout cela se transmet et se reproduit de générations en générations, sur fond d'Islande qui elle-même se transforme (modernité, tourisme de masse...). Car le plus grand tallent de Stefánsson, c'est évidement de nous faire vivre en Islande le temps d'un livre. On ressent la fragilité des hommes qui essaient de survivre dans cette nature hostile. On ressent le froid, la solitude, l'âpreté de la nature, avec cette langue poétique et admirablement rendue par la traduction d'Eric Boury.
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pilyen
  18 septembre 2018

Que peut être un grand roman en 2018 ? L'auteur islandais Jon Kalman Stefansson nous fait une proposition ultra convaincante tant le portrait éclaté mais totalement maîtrisé d'Asta, emporte le lecteur par son lyrisme et l'acuité du regard de son auteur sur le monde.
Nous sommes en Islande, île aux paysages sublimes qu'habitent des hommes et des femmes pas plus torturés qu'ailleurs mais que la rudesse du climat et sa situation géographique destinent à des vies plus romanesques. Derrière ce titre qui est un prénom, "Asta" va ausculter un famille contemporaine, plus précisément le parcours de la deuxième fille du couple formé un temps par Helga et Sigvaldi.
Sigvaldi exerce la profession de peintre en bâtiment et au début du livre on le retrouve écrasé au sol, suite à une chute de son échelle de chantier. Sentant sans doute que la mort le guette, il va laisser s'ouvrir dans son esprit la porte des souvenirs. Comme il est de coutume avec le cerveau, tout remontera de façon désordonnée. Va se dresser alors le portrait cubiste de cette jeune Asta.
Faisant fi de la chronologie, éclairant puissamment certains moments, en laissant d'autres peut être essentiels dans l'ombre, laissant ainsi au lecteur le plaisir de combler les vides, le portrait va peu à peu apparaître. D'autres narrateurs interviendront, sans que l'on perçoive d'emblée qui ils sont, mais qui viendront apporter un supplément d'âme à ce tableau.
Ce parti pris romanesque, éclaté, sophistiqué, donnant une construction originale au livre n'est pas gratuit. le lecteur devient parti prenante de cette évocation. Porté par une langue sublime ( bravo à Eric Boury le traducteur !) qui épouse à merveille tout autant la beauté âpre des paysages de fjords que les aurores boréales, le roman nous emporte, irrigué par une grande réflexion sur l'humain. Jon Kalman Stefansson nous livre ses pensées, ses réflexions d'homme à l'écoute du monde sur les grands thèmes que sont la mort, le sexe, la féminité, la solitude, la passion mais aussi sur des sujets plus actuels puisque cela peut aller jusqu'à l'élection de Donald Trump. Habilement intégrés dans ce portrait sensible et sans concession, ces considérations aussi bien philosophiques que sociologiques, loin d'alourdir le texte, irriguent l'ensemble d'un regard humaniste. A la suite d'Asta, nous avons la sensation de découvrir, de lire, une oeuvre de grande portée, assurément, l'un des GRANDS romans de cette rentrée.
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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Verdure35
  16 septembre 2018
Ce roman islandais est superbe, sa conception a du demander du temps et de la méthode à l'auteur, et au traducteur Eric Boury, exceptionnel, parce qu'il s'agit d'un puzzle qui se met en place à la lecture sans effort.
Un homme tombé d'une échelle va mourir, et sa vie ainsi que celle de tous les êtres aimés défile, il pense raconter tout cela à une passante qui le réconforte.
Asta est avant tout une histoire d'amour, de grand amour, d'abord de cet homme, Sigvaldi et de sa première épouse Helga, femme trop excessive qui l'abandonnera ainsi que leurs deux petites filles Sesselja et Asta(qui veut dire amour).
Puis changement de rythme, c'est Asta, qui après avoir aimé sa nourrice la quitte pour « une cession de rééducation » et une histoire d'amour qui aurait pu être belle et qu'elle n'oubliera jamais. Une enfant confiée à son père et sa belle-mère.
Une vie chaotique qui mène Asta pour des études à Vienne entre autres.
Les fjords de Norvège et Reykjavik font partie de ce roman tellement maîtrisé, où s'enjambent les époques sans chronologie, on y trouve des lettres, on en devine l'auteur, se mêle aussi la voix de l'écrivain. C'est un roman curieux, charnel, politique, et aussi il parle d'amour paternel par le récit conscient ou inconscient de Sigvaldi au moment de mourir.
Ce livre, qui ne s'oubliera pas est une performance réaliste et poétique.
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mumuboc
  04 septembre 2018
Voilà la phrase qui pourrait résumer le livre :
Sans erreurs il n'y a pas de vie. (p36)
Il y a  Sigvaldi, le père d'Asta, immobilisé par sa chute et qui raconte à une femme venue lui porter secours sa vie, sa fille, sa première femme Helga. Ensuite le récit est entrecoupé des lettres d'Asta, pleines d'amour, de solitude, d'attente et de mélancolie. Mais à qui les adresse-t-elle ? Et puis comme si cela ne suffisait pas, il y a un narrateur qui ressemble à l'auteur du livre : qui est-il ? Lui aussi prend la parole, parle de son travail d'écrivain, loin de tout, dans un coin d'Islande où il donne quelques informations sur sa vie, son environnement, sa solitude recherchée, sur notre monde et sur sa prise de position sur les hommes, leurs actions.
Mais n'oublions pas non plus que certains (écrivains) forcent l'admiration, s'attirent la renommée, parce qu'ils n'hésitent pas à affronter les tempêtes du monde, alors qu'en réalité, ils s'y réfugient. On peut même aller jusqu'à dire qu'ils se jettent à corps perdu dans ces tempêtes afin de ne pas avoir à se débattre avec leurs démons personnels. A regarder en face leurs sentiments les plus intimes et les plus embarrassants.(p164)
La vie n'est pas pour Asta un long fleuve tranquille : cette femme au caractère déterminé, curieuse des choses de la vie, confiante en l'avenir, qui devra se faire une place mais conservera des séquelles dues au manque d'une mère, d'un père, d'un cocon familial. Quelques bribes dispersées ça et là dans le texte laissent présager des zones d'ombre. C'est parfois un peu long à venir, on a hâte de découvrir la vie d'Asta, le pourquoi de son abandon par sa mère, Josef (qui est-il, d'où vient-il ?), sa nourrice. Les époques se mélangent au gré des souvenirs de Sigvaldi qui vont et viennent suivant son état de conscience. Et lui, quel rôle a-t-il joué sur le destin de sa fille ? Ne devient-il pas le personnage central du livre finalement ?
Elle s'efforce de comprendre plutôt que de juger . Ce qui n'est pas si fréquent dans les sociétés humaines. Il est plus facile de juger les autres que d'essayer de les comprendre. La vie est plus simple ainsi. (p253)
Encore un auteur et une littérature que je ne connaissais pas du tout et attention, dans cette lecture vous embarquez avant tout pour un voyage dans un pays assez mystérieux, isolé, sauvage, l'Islande, dont l'auteur est amoureux, malgré ses vastes étendues, malgré son climat, malgré la rudesse des gens qui y vivent. Car il y a plusieurs sujets dans ce livre, en dehors d'une histoire familiale, il y a l'Islande l'éloignement, le thème de l'abandon et la recherche du bonheur. J'ai apprécié le côté philosophique de l'auteur qui, à travers une histoire romanesque, il transmet ses constations, ses idées sur le monde et l'humanité.  Ce livre est aussi un plaidoyer sur notre monde, ses bouleversements, sur un retour à des valeurs de respect, d'écoute et une prise de conscience des dangers qui nous guettent : politique, écologique, sociétal.
Celui qui ne peut pas travailler ne saurait s'enfuir (…) car certains travaillent pour se fuir eux-mêmes. (p361)
Pas facile au début de bien se situer au milieu de tout cela, une certaine impatience me gagnait de démêler les fils du récit qui se disperse avec les nombreux intervenants, les époques, mais grâce à un subtil découpage fait de chapitres, de phrases, d'enchaînements on en comprend peu à peu la construction mais beaucoup de mystères planent sans réponse jusqu'aux pages finales. J'ai trouvé que la lecture avançait peu par moment. L'écriture est fluide et belle mais manque un peu de chaleur, mais l'auteur maîtrise son récit  et lui sait où il veut nous emmener. Comme les pièces d'un puzzle, tout s'emboîte parfaitement, chaque chose prend sa place et les émotions sont là. Comme le contexte du pays, tout est en retenue, en non-dit, en silence.
Si cela ne vous semble pas raisonnable, c'est parce que justement il n'y a rien qui soit raisonnable dans la raison (p368)
Mais on garde malgré tout une certaine distance par rapport aux personnages et c'est dommage : j'ai eu peu d'émotions, d'empathie peut-être parce que les ressentis ne sont pas assez exprimés même quand il s'agit d'événements durs, difficiles.
Ce livre est aussi un plaidoyer sur notre monde, ses bouleversements, sur un retour à des valeurs de respect, d'écoute et une prise de conscience des dangers qui nous guettent : politique, écologique, sociétal.
1er malheur :Il est plus facile de décrire le monde que de parler de soi.
2ème malheur : Ecrire en parlant trop de soi même, et pas assez du monde (p173)
Je pense découvrir plus cet auteur à l'écriture magnifique, au style particulier propre peut être à cette aride, désertique, aux conditions climatiques extrêmes, un pays de caractères forgés par leur environnement.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   19 septembre 2018
Les lecteurs assidus, surtout quand ce sont des lectrices, sont plus ouverts que d'autres aux souffrances de la vie. La poésie et la littérature les rendent plus sensibles. La lecture ouvre tant d'espaces à l'intérieur des gens.
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GabySenseiGabySensei   10 septembre 2018
Le diable sait exactement par quelle porte entrer dans chaque être humain. S'il n'arrive pas à le posséder en jouant sur sa cupidité ou son ambition, il s'adresse à sa vanité.
Cette vanité. Qui fait descendre la pensée du cerveau... jusqu'au fondement.

(P288)
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GabySenseiGabySensei   10 septembre 2018
Quand il faut rentrer le foin, il faut le rentrer. Le bonheur, la tristesse, l'innocence, les trahisons, les systèmes philosophiques de l'Occident et les dernières découvertes en astronomie - tout cela est mis de côté. Le foin, c'est le foin, et l'hiver est long. L'histoire de l'Islande se résume avant tout à une lutte permanente pour mettre ce foin à l'abri de la pluie, et le faire sécher avant de le rentrer dans la grange. C'était une question de vie ou de mort pour les bêtes et les gens. Une récolte trop maigre impliquait immanquablement la famine à la fin de l'hiver ou au début du printemps. D'abord chez le bétail, puis dans le monde des hommes. Notre vie sur cette île ressemble à celle d'une espèce en voie d'extinction, elle dépend depuis toujours de la quantité de foin engrangé. Peut-être aussi de quelques poissons et d'une poignée de poème. Et il vous suffit de compter les brins d'herbes dans la grange en automne pour savoir si vos enfants survivront à l'hiver.

(P231)
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GabySenseiGabySensei   10 septembre 2018
Vous ne seriez pas écrivain ? Mais c'est génial ! Je veux dire, d'avoir un écrivain dans cette maison. Les touristes vont être rudement contents. Pour beaucoup d'étrangers qui séjournent à Strönd, l'Islande, c'est avant tout le pays des aurores boréales, de la nature, de la littérature, de la poésie et des macareux moines. Et de Björk, évidement. Mais comme je ne peux leur promettre ni Björk ni les macareux, ce n'est pas mal d'avoir un écrivain Islandais sous la main, et c'est nettement mieux qu'un jacuzzi ou une pluie d'étoiles filantes ! Je pourrais sans doute augmenter mes prix de dix pour cent grâce à votre présence. Certains de vos livres ont-ils été traduits ? Où est-ce que je peux les acheter ? Je leur dirai que vous écrivez un roman sur l'Islande et ses champs de lave. Oui, évidemment, aussi sur la mer, et sur la pêche à la barque. Ils seront scotchés ! Mais à part ça, vous faites quoi dans la vie ?

(P78)
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GabySenseiGabySensei   10 septembre 2018
Si tant est que ça l'ait été un jour, il n'est désormais plus possible de raconter l'histoire d'une personne de manière linéaire, ou comme on dit, du berceau à la tombe. Personne ne vit comme ça. Dès que notre premier souvenir s'ancre dans notre conscience, nous cessons de percevoir le monde et de penser linéairement, nous vivons tout autant dans les évènements passés que dans le présent. Mais voilà, le désir d'une certaine continuité nous donne l'impression que chaque vie à son sens, qu'elle ne relève pas de simples hasards et de coïncidences, mais que tout est écrit d'avance - ce qui, en passant, donne également un sens à l'univers. Voilà qui explique évidement pourquoi j'ai voulu raconter la vie d'Ásta en commençant par le récit de sa conception. Mais c'était une erreur.

(P35)
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