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ISBN : 2351785800
Éditeur : Gallmeister (07/09/2017)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 20 notes)
Résumé :

Publié en 1987, soit six ans avant la mort de l'écrivain, c'est le dernier des grands romans de Stegner - son finale... en sourdine. Deux couples d'enseignants à l'âge de la retraite, qui se connaissent depuis les années trente. se retrouvent pour des vacances dans une maison perdue au milieu des forêts. Passé et présent Jouent à cache-cache. cependant que la mort rôde en fond de décor... A la sortie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ivredelivres
  14 février 2012
Comment sait on dès les premières lignes que l'on vient d'ouvrir un très bon roman ?
L'histoire avance lentement mais vous ne remarquez pas cette lenteur, vous êtes suspendu aux mots, ils vous tiennent en haleine. En quelques paragraphes les héros semblent faire partie de votre univers depuis toujours.
Un roman sans armes à feu, sans passions exacerbées, sans divorce, sans drogue, rien de spectaculaire ici.
Des vies pleines, riches, parfois difficiles, une amitié qui repose sur de fortes différences et qui pourtant ne vacille pas même dans la tempête.

Il est temps de faire connaissance avec les deux couples d'universitaires car vous allez passer la moitié d'un siècle avec eux.
Dans les années trente, Larry Morgan, le narrateur, vient d'épouser Sally qui attend un bébé.
Il a obtenu un poste à Madison, Wisconsin, ils sont désespérément fauchés et Larry s'acharne à l'écriture de nouvelles qu'il espère vendre à des magazines.
La rencontre avec Sid et Charity Lang va changer le cours de leur vie. le couple Lang représente la notoriété, la richesse, les relations mondaines. C'est une véritable adoption plénière qui va avoir lieu, ils vont tout partager : Les soirées à parler littérature, les espoirs des uns et des autres, les pique-niques qui deviennent un rituel mémorable, les naissances, les vacances dans le Vermont, la guerre, les échecs.
Des liens fort se créent qui gomment les différences et font accepter les contraintes de la vie quotidienne.
Tout n'est pas parfait, Sid rêve d'écrire de la poésie mais pragmatique et ambitieuse Charity le pousse à écrire des articles et livres pour servir sa carrière, elle organise tout, est indispensable à tous, mène d'une poigne de fer toute sa tribu et les Morgan très vite en font partie. Larry regimbe parfois devant tant d'autorité mais toujours les quatre amis sont soudés face aux réussites joyeuses comme aux accidents de l'existence. L'amitié encaisse tout les chocs car dit Larry :
« Mon sentiment pour eux est une part de moi-même avec laquelle je ne me suis jamais querellé, même si mes rapports avec eux ont pu être plus d'une fois quelque peu raboteux. »
En plusieurs retour vers le passé Wallace Stegner décrit à merveille la vie qui s'écoule, le partage permanent, la mémoire des instants heureux. Voilà ce qu'il dit de ses intentions à la parution de ce qui fut son dernier roman :
« Je voulais faire toucher du doigt une vérité moins fardée encore que d'habitude, une vérité vraiment nue. Faire entendre une musique qui ne remuerait que de tout petits bruits, mais dont les échos iraient un peu plus loin. » , il tient parole je vous l'assure.

Un roman pour lequel un critique américain parle de « rasade de sagesse » j'aime bien l'expression. Un livre qui est une belle méditation sur l'amitié, la création littéraire, la compassion et l'amour entre les êtres, servi par une écriture sans effet, dépouillée
mais jamais mièvre.
Vous pouvez le trouver sur les sites de livres d'occasion, je viens de le relire avec un plaisir intact, je vous propose de lui faire une place dans votre bibliothèque.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Matatoune
  29 octobre 2017
A la faveur d'une ré-édition en format Totem (comme poche) chez GALLIMEISTER, BABELIO m'a proposée cet ouvrage en échange d'une critique ! Sans cette opportunité, je ne sais pas si je l'aurais lu. La quatrième couverture le présente comme le récit d'une amitié de longue durée entre deux couples qui arrivés à l'âge de la retraite se retrouvent. le roman couvre une bonne partie du XX siècle et se situe aux États-Unis. Lorsque j'ai reçu ce choix, j'ai pensé que BABELIO aurait pu être plus délicat et ne pas me renvoyer ainsi à mon actualité de façon aussi brusque! Mais, bonne élève, je m'y suis collée … Autre chose encore, je ne connaissais rien de cet auteur. J'ai filé vite sur la toile et découvrît mon inculture crasse! J'appris au passage qu' « En lieu sûr » était son dernier roman après avoir goûté la gloire et enseigner l'art d'écrire.
Le récit de cette amitié pourrait, à elle seule suffire, à nous embarquer. Deux couples, que tout pourrait opposer, vont à la faveur du hasard apprendre à se connaitre et à s'apprécier. « Et c'est ainsi que, suivant des voies aussi détournées qu'imprédictibles, nous convergeons vers le centre du continent pour nous rencontrer à Madison, et qu'aussitôt, par l'effet d'une attirance réciproque, une amitié se tresse et se noue. » Ils vont traverser de longues années en consolidant cet amour par les épreuves, les joies et les dissensions que la vie réserve. Bien sûr, le couple que forme Charity et Sid m'a semblé un peu trop caricatural (grands bourgeois universitaires). Quelque fois, la description de l'autorité de Charity m'a fait bondir, mais cette maîtresse femme nous enseigne la dignité !
La nature est présente comme un personnage à part entière. « Remontant au travers d'un entrelacs de rêves et de souvenirs, me tordant telle une truite à travers les cercles de précédents réveils, je fais surface. » Les récits de randonnées, de ballades, de canoés, de baignades, de pique nique se succèdent. Les personnages connaissent parfaitement le nom de la flore et de la faune du coin. Mais, capté par le récit de ces vies, j'ai traversé ces descriptions certainement trop rapidement.
Car, le coeur de ce roman devient rapidement la littérature : « Laisser notre marque sur le monde. Au lieu de cela, c'est le monde qui nous a laissé des marques. Nous avons avancé en âge. La vie s'est chargée de nous assagir, en sorte qu'aujourd'hui nous gisons dans l'attente de mourir ou marchons avec des cannes ou séjournons sur des galeries où jadis les fluides de la jeunesse circulaient puissamment, et nous nous sentons vieux, mal fichus et désemparés ! » le narrateur, Larry marié à Sally, nous explique comment il va tout au long du livre se consacrer à l'écriture. « Où se trouvent les éléments dont se saisissent les romanciers et qu'attendent lesdits lecteurs ? » de l'écriture de thèses à celle de romans, Larry va subsister aux besoins de sa famille en se consacrant, un peu par hasard, au métier d'écrivain. Il ne ménage pas ses recherches. « Comment, à partir d'existences aussi paisibles que celles-ci, faire un livre qui trouverait des lecteurs ? » Ces questions reviendront comme un leitmotiv tout au long du roman: « Où se trouvent les éléments dont se saisissent les romanciers et qu'attendent lesdits lecteurs ? Où sont la grande vie, le gâchis criant, la violence, la dépravation, le désir de mort ? « . le témoignage de Larry est précieux pour mieux connaître l'auteur. Enseignant, il a transmis des connaissances, des évidences et des recettes à ses étudiants pour qu'ils deviennent de bons écrivains. On entend dire l'enseignant qu'il devait être: « L'art et la littérature ont de ces modes ! Pourquoi ne laisses-tu pas de côté tous ces trucs auxquels s'intéressent tant d'auteurs contemporains ? » Mais, le héros du dernier livre exprime les doutes et les questionnements qui demeurent au soir d'une vie pour l'écrivain enseignant qu'il a été. « Quoique j'aie été occupé, peut-être surmené, toute ma vie durant, il me semble aujourd'hui que j'ai accompli bien peu de choses importantes, que mes livres n'ont jamais été à la hauteur de ce que j'avais en tête, et que les gratifications – revenu confortable, célébrité, prix littéraires et titres honorifiques – n'ont été que du clinquant et rien dont un homme fait doive se contenter. » Il nous rappelle qu'une vie ne se joue pas dans la fiction! Que c'est dans la nature, les rapports des autres avec soi que notre vie satisfait! « Pourquoi ne pas écrire quelque chose sur un être humain bon, gentil, présentable, qui mènerait une existence normale dans un environnement normal et s'intéresserait à ce à quoi s'intéressent la plupart des gens ordinaires ? » En posant la question, Wallace STEGNER nous chuchote une réponse ! Une dernière fois, comme un dernier point d'enseignement qu'il transmet!
Alors qu'en pensez-vous? Est-ce une histoire normale avec des personnages normaux dans un environnement normal ?
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Nadael
  21 octobre 2017
Ce roman est l'histoire d'une amitié profonde et inaltérable, de quatre coeurs battant à l'unisson, de deux couples d'universitaires américains passionnés de littérature. Sally, Larry, Sid et Charity. À travers le regard de l'un d'eux, quarante ans de leurs vies – 1930/70 – se déploient en réminiscences, des allers et retours aléatoires ; des lieux singuliers, des maisons, des pays (dont le sublime récit d'un séjour à Florence), des idéaux, des randonnées, des paysages, des montagnes, des lacs, des pique-niques sous le soleil, des rires et des larmes, des romans et des poèmes, des enfants qui grandissent trop vite, des échecs et des réussites professionnels, l'autorité de Charity, la vertu de Sally, les doutes de Sid, l'intégrité de Larry, la maladie, la mort qui se profile…
Une lecture délicieuse, une promenade au fil des époques, au gré des tableaux – la description de la nature est un ravissement -, et deci delà des accélérations, des événements, des oscillations pleines de sensibilité de tendresse de tristesse. La vie et ses surprises, ses contrariétés, ses joies, ses peines, ses regrets, ses soupirs, ses griseries, son tourbillon…
Malgré des différences sociales, des points de désaccord, un éloignement géographique, leur amitié d'une rare solidité ne faiblira jamais au cours des quarante longues années qu'ils traversent. Même loin, ils veillent les uns sur les autres et quand arrive l'heure, ils se rejoignent. Au plus près du souffle…
Volontairement, je ne dirai rien de plus sur la trame. Ce livre se découvre et se dévoile au lecteur en toute intimité, simplement, naturellement. Avec humilité, élégance et humanité, l'écriture de Wallace Stegner m'a touchée au plus profond.
Ce roman, c'est la vie même. Et en lieu sûr, je vais le garder.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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Bookycooky
  10 septembre 2014
Un classique de la littérature américaine,publié en 1987 et largement autobiographique.Dans les années 30 ,Larry Morgan, le narrateur,vient d'épouser Sally et a obtenu un poste d'enseignant à Madison,Wisconsin.Ils vont y faire la connaissance du couple,Sid et Charity Lang,une rencontre qui va changer le cours de leur vie....Un trés bon roman sur l'amitié et le marriage,interessant à lire.
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luocine
  12 août 2016
Après avoir lu « La Montagne en Sucre » je n’ai pas hésité à me lancer dans ce second roman que Domi­nique et Keisha m’avaient conseillé. Hélas, ce roman centré sur les amitiés entre univer­si­taires améri­cains ne m’a pas vrai­ment inté­ressée. Le roman suit la destinée de deux couples spécia­listes de litté­ra­ture anglaise, ils se pren­nent d’amitié, l’un a beau­coup d’argent et fait profiter de son confort un couple d’amis moins fortunés. Le person­nage prin­cipal dans lequel on peut recon­naître Wallace Stegner est l’universitaire moins riche mais doué pour l’écriture de romans à succès et qui , pour cette raison, est visi­ble­ment appelé à faire une belle carrière alors que son ami aura plus de mal à s’imposer car il aime surtout écrire de la poésie. Nous sommes donc dans le milieu d’enseignants au compor­te­ment et à la réus­site divers, on voit combien il est impor­tant, aux Etats-​Unis, de publier des arti­cles ou des livres pour réussir en tant qu’universitaire. Les deux carrières de ces amis évolue­ront donc à des rythmes très diffé­rents. La vie et un acci­dent que je ne peux pas raconter sans dévoiler l’intrigue, mettra leur amitié à rude épreuve. J’ai eu du mal à supporter les criti­ques sur le couple juif qui est, comme par hasard, arri­viste et inté­ressé. Un moment Stegner se demande (à travers son person­nage prin­cipal) s’il n’est pas victime de l’antisémitisme ambiant. Je peux lui répondre qu’il ne trouve aucune qualité à ses collè­gues juifs et que ça n’est pas très agréable car on peut penser que des profes­seurs capa­bles de peti­tesses, il y en a de toutes couleurs et de toutes confes­sions ! Comme beau­coup d’Américains, ils sont passionnés par la nature, je pense que c’est un aspect du roman qui a beau­coup plu à Domi­nique . Quant à moi, je dois un peu me forcer pour lire les descrip­tions surtout quand je les trouve gratuites. Je dirai que c’est un roman à lire pour ceux qui sont inté­ressés par le monde univer­si­taire améri­cain d’avant guerre, et que Stegner est d’une honnê­teté totale dans l’analyse des senti­ments mais, hélas, on ne retrouve pas du tout le souffle épique de « Montagne en sucre « .
Lien : http://luocine.fr/?p=6410
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   21 octobre 2017
« Laisser notre marque sur le monde. Au lieu de cela, c’est le monde qui nous a laissé des marques. Nous avons avancé en âge. La vie s’est chargée de nous assagir, en sorte qu’aujourd’hui nous gisons dans l’attente de mourir ou marchons avec des cannes ou séjournons sur des galeries où jadis les fluides de la jeunesse circulaient puissamment, et nous nous sentons vieux, mal fichus et désemparés. Il m’arrive parfois d’affirmer d’un ton chagrin que nous nous sommes tous fait piéger, alors que bien évidemment piégés, nous ne le sommes pas plus que la majorité des gens. »
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luocineluocine   12 août 2016
Quoique j’aie été occupé, peut-​être surmené, toute ma vie durant, il me semble aujourd’hui que j’ai accompli bien peu de choses impor­tantes, que mes livres n’ont jamais été à la hauteur de ce que j’avais en tête, et que les grati­fi­ca­tions –revenu confor­table, célé­brité, prix litté­raires et titres honorifiques-n’ont été que du clin­quant et rien dont un homme doive se contenter.
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NadaelNadael   21 octobre 2017
« Tournant le dos au paysage, je faisais face aux autres et pouvais voir notre réflexion dans la baie vitrée. Cela ressemblait à un décor de théâtre ou à une photographie de l’été éternel : de grands lointains blanc et bleu en guise de toile de fond, puis la courbe du mur en pierre qui empêchait le sommet aplani de la colline de glisser vers le lac, puis l’étendue de gazon avec le fauteuil de Sally et les deux transats en toiles à rayures regroupés autour de la banquette de Charity. Nous composions sur cette pelouse une constellation pleine de couleurs. Avec, en notre centre, Cassiopé, la Dame à la chaise. Même son reflet émettait de la lumière. »
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MatatouneMatatoune   29 octobre 2017
Laisser notre marque sur le monde. Au lieu de cela, c’est le monde qui nous a laissé des marques. Nous avons avancé en âge. La vie s’est chargée de nous assagir, en sorte qu’aujourd’hui nous gisons dans l’attente de mourir ou marchons avec des cannes ou séjournons sur des galeries où jadis les fluides de la jeunesse circulaient puissamment, et nous nous sentons vieux, mal fichus et désemparés.
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NadaelNadael   21 octobre 2017
« Orphelins venus de l’Ouest, nous avions échoué à Madison et les Lang nous adoptèrent au sein de leur nombreuse, riche, influente et rassurante tribu. Nous nous aventurâmes, telle une paire d’astéroïdes, dans leur univers newtonien bien réglé, et ils nous capturèrent par un effet de leur gravitation, firent de nous des lunes et nous placèrent en orbite autour d’eux. »
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