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EAN : 9782253005971
631 pages
Le Livre de Poche (01/06/1974)
4.49/5   3000 notes
Résumé :
Dans cette grande fresque, les personnages représentent le bien et le mal avec leurs rapports complexes. Adam, épris de calme. Charles, son demi-frère, dur et violent, Cathy, la femme d'Adam, un monstre camouflé derrière sa beauté, ses enfants les jumeaux Caleb et Aaron.
En suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton, l'auteur nous raconte l'histoire de son pays, la vallée de la Salinas, en Californie du Nord.
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Critiques, Analyses et Avis (243) Voir plus Ajouter une critique
4,49

sur 3000 notes
La lecture est un refuge intime, un tableau géant, une fenêtre vers l'esprit. Lorsqu'on entame un roman comme A l'est d'Eden l'on éprouve cet indéfinissable bonheur de tourner les pages et de s'émerveiller.

Le canevas est à priori simple, mais le dispositif narratif rend le récit passionnant. John Steinbeck aime raconter des histoires qui se déplient lentement, cherchant au fond de l'encrier la singularité des êtres et des choses. Il possède un sens saisissant du détail et la subtilité de poser en filigrane les questions de morale, portant un regard affûté sur son pays et sur son époque.
La trame se déroule autour de la question du Bien et du Mal. Des notions religieuses, mais aussi philosophiques et humanistes viennent appuyer le récit, notamment la question du libre arbitre.

A l'est d'Eden est une formidable saga historique qui retrace le passage du siècle et le tournant de la révolution industrielle.
Intimiste, lumineux, juste saupoudré d'ironie, ce bijou étaye des sentiments universels : la joie, la peine, le courage, la peur, le péché, l'innocence.
Tragique, comme toutes les belles histoires, ce récit plein de références et de symbolisme célèbre la vie, l'importance de se battre pour la vie et contre nos mauvais penchants.
Avec ce roman à la fois juste et enlevé, John Steinbeck prouve une fois de plus son talent de portraitiste affûté des solitudes modernes. Il drague et fouille les eaux noires des âmes.

Entre chronique sociale et mélancolie, A l'est d'Eden est un roman aussi brillant que salutaire, intemporel et contemporain, de ces romans qui vous touchent au coeur et restent marqué au fer rouge dans la mémoire.


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Éden, Dean, dong... Lire À l'est d'Éden et mourir...
Et bing ! Encore un chef-d'oeuvre signé Steinbeck. Pour ceux qui auraient vu le vieux film d'Elia Kazan avec James Dean, l'incipit du commentaire fera sens car vous savez que le grand James est mort peu de temps après. Sachez simplement que le livre comporte 4 parties et que le film ne traite que de la dernière. Ce n'est donc pas peu dire que le film, tout honnête qu'il puisse être, n'est qu'un très pâle reflet du livre.
Pour les amoureux de Steinbeck, sachez aussi que ce livre est partiellement autobiographique car les Hamilton ont réellement existé, Sam Hamilton étant le grand père maternel de l'auteur et tous les noms donnés dans cette famille sont réels. La scène du baptême de l'air, par exemple, concerne la mère de John Steinbeck.
Que dire de ce livre? le sujet semble en être le bien et le mal, mais dit comme cela, ça ne donne pas trop envie, il faut bien évidemment imaginer toute la subtilité de l'auteur, sa propre absence de manichéisme (pensez par exemple à "En un combat douteux"), la dentelle dans laquelle il travaille la profondeur de ses personnages, la caricature à but allégorique comme dans "La perle". Ici tout y est.
On suit donc tout d'abord le destin d'Adam Trask, fruit du premier mariage du rude Cyrus Trask, et de son frère puiné Charles D une seconde épouse. Les deux frères, si différents sont tels le yin et le yang. Adam semble aussi chétif et rêveur que Charles apparaît robuste et prosaïque.
Puis cheminant dans le destin et dans le temps, Adam Trask va se trouver une femme et suffisamment se brouiller avec Charles pour décider de migrer en Californie afin de se séparer de son frère. D'où le titre du livre qui est un clin d'oeil à la bible : "Caïn se retira de devant l'Éternel, et séjourna dans le pays de Nôd, à l'est d'Éden." L'épouse d'Adam, Kate, s'avère être passablement handicapée de toute sorte de commisération ou d'empathie pour son prochain. Pour faire simple on peut la qualifier, au bas mot, d'impitoyable.
Celle-ci va donner naissance à des jumeaux, Aaron et Caleb, aussi dissemblables que pouvaient l'être Adam et Charles. Je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture.
Sachez encore que tout au long du livre, l'auteur alterne des événements de la famille Trask avec ceux de la famille Hamilton jusqu'à ce que les deux principaux pivots de ces deux familles, Samuel Hamilton et Adam Trask interagissent entre eux. Les personnages secondaires, Sam Hamilton et surtout le chinois Lee sont particulièrement intéressants. Alors n'hésitez plus, lisez, délectez-vous et faites passer le message car la portée philosophique et parabolique de l'ouvrage valent vraiment le détour, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Les chemins de la littérature permettent d'accéder à des petits coins de paradis, jardins merveilleux où chacun peut croquer comme bon lui semble des moments de douce félicité. Ainsi les grands classiques, porteurs de messages intemporels, sont-ils là pour tout à la fois divertir et éclairer.
Brillerait-il “À l'est d'Eden” un soleil enchanteur, comparable à celui rencontré dernièrement dans d'autres romans de John Steinbeck ?

Au coeur de la Californie, la vallée de la Salinas est une région fertile pour peu qu'il pleuve suffisamment durant le printemps. En ce 19ème siècle finissant, la plupart des fermiers vivent correctement de leur labeur. Les Hamilton n'ont pas la chance de posséder les meilleures terres mais l'intelligence inventive de Samuel et son altruisme compensent ce handicap. Avec sa femme Liza et leurs neuf enfants, ils forment une famille au sein de laquelle il fait bon vivre.
Nouvellement installé, son voisin Adam Trask est lui aussi un homme bon. Il est loin de posséder la fibre paysanne mais l'héritage paternel l'a mis jusqu'à la fin de ses jours à l'abri du besoin. Il vient d'engager un domestique chinois, un homme plus très jeune pétri d'humanisme et de sagesse.
Avec des personnages masculins, plus avenants les uns que les autres, “À l'est d'Éden” aurait-il le profil d'un roman à l'eau de rose ? C'est sans compter sur la personnalité étrange de Cathy Trask, la ravissante épouse d'Adam enceinte de plusieurs mois. Le regard inhabité de cet être démoniaque laisse transparaître un esprit schizophrène incapable de supporter la moindre contrariété.

Magnifique allégorie du Livre de la Genèse selon lequel toute la misère du monde découle du péché originel, “À l'est d'Éden” met en exergue une lutte à mort entre le bien et le mal.
Le titre de ce chef-d'oeuvre est lui aussi d'inspiration biblique et résume à merveille le jeune parcours de vie des jumeaux du couple Trask, Caleb et Aaron, abandonnés par leur mère à leur naissance et aussi dissemblables que l'étaient naguère Caïn et Abel.

Publié en 1952 après une longue période de gestation, ce long roman est peut-être le plus abouti et le plus fascinant du grand écrivain américain. Comme souvent chez Steinbeck le happy end est particulièrement réussi : la vie continue malgré tout...
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Deuxième lecture de cette « grande saga » d'un très « Grand écrivain », une fresque sublime et foisonnante.
Je ne tracerai pas les grandes lignes de l'histoire que tout le monde connaît, je vous donnerai plutôt mes impressions.
L'amour et la haine, le bien et le mal se côtoient, se tiraillent, triomphent ou meurent tour à tour. Nous sommes au coeur même de la vie dans des paysages tout aussi contrastés, beaux et tourmentés que les âmes de nos héros.
Ce récit est bouleversant, John Steinbeck profondément humaniste n'accable aucun de ces héros, il nous les rend presque tous sympathiques, même Cathy que la vie a malmenée nous inspire de la compassion. Sous la plume intelligente de Steinbeck rien n'est absolument et définitivement négatif, pourtant la violence est omniprésente. Ces vies écorchées nous émeuvent, nous bouleversent et … nous tirent des larmes, mais, sur qui pleurons nous ? Il y a du sublime et du tragique dans Adam, son courage, ses doutes, ses préoccupations sont les notres… Il écoute et aide tendrement ses enfants à grandir, John Steinbeck nous peint avec une grande sensibilité ces scènes familiales, il nous touche profondément. Et … n'oublions pas que certains personnages ont réellement existé, ce qui donne une autre dimension au roman.
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Je voulais commencer cette critique par un verset de la genèse. L'histoire d'Abel et Cain.
Le premier était berger le second laboureur. Abel offrit à dieu une brebis et Cain le fruit de son labour.
Dieu accepta l'offrande d'Abel et ignora le cadeau de Caïn. de rage, se sentant rejeté, Cain tua son frère et se réfugia au pays de Nod, à l'est d'éden.
La jalousie est le fil rouge de ce fabuleux roman de John Steinbeck.
La jalousie Charles la connaîtra, se sentir rejeté par son père, ce mal le ronge, l'aveugle au point de laisser Adam son demi-frère à demi-mort.
L'arrivée de Cathy dans la ferme des frères Trask va précipiter Adam dans son choix de partir.
Avec l'héritage de son père en poche et une Cathy mal en point, Adam va trouver son jardin d'éden dans la vallée de Salinas en Californie.
Je viens de fermer ce livre et pourtant j'ai du mal à aligner mes mots, "à l'est d'éden "est tellement touffu, dense, la richesse des personnages comme Lee le serviteur chinois plein de sagesse, Samuel Hamilton le génial inventeur sans le sou, fin psychologue, Cathy le diable personnifié, Caleb le fils aîné d'Adam, Aaron le jumeau torturé.
Oui difficile d'écrire mon ressenti sur ce livre, déjà avec "les raisins de la colère " Steinbeck m'avait impressionné par son talent, son humanisme.
"A l'est d'éden " m'a scotché pendant deux semaines, j'ai découvert la belle vallée de Salinas où James Dean alias Caleb Trask perdit la vie dans sa Porsche.
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Citations et extraits (551) Voir plus Ajouter une citation
La main de Lee trembla lorsqu’il remplit les tasses translucides. Il but la sienne d’un trait. « Ne comprenez-vous pas ? Lança-t-il d’une voix forte. D’après la traduction de la Bible américaine, c’est un ordre qui est donné aux hommes de triompher sur le péché, que vous pouvez appeler ignorance. La traduction de King James avec son tu le domineras promet à l’homme qu’il triomphera sûrement du péché. Mais le mot hébreu, le mot timshel – tu peux – laisse le choix. C’est peut-être le mot le plus important du monde. Il signifie que la route est ouverte. La responsabilité incombe à l’homme, car si tu peux, il est vrai aussi que tu peux ne pas, comprenez-vous ?
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Tu ferais mieux d'ouvrir ton coeur.

(Lee à Cal)
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Je ne comprends pas pourquoi l’état de serviteur a mauvaise réputation. C’est le refuge du philosophe, la nourriture du paresseux, et, si elle est bien comprise, c’est une position de pouvoir et même d’amour. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas plus de gens intelligents pour embrasser cette carrière, en apprendre les secrets et en tirer les bénéfices. Un bon serviteur est à l’abri, non pas derrière la bonté de son maître, mais derrière l’habitude et la paresse. Il est difficile pour un homme de faire sa cuisine ou de raccommoder ses chaussettes. Il préférera garder un mauvais domestique que d’en changer. Mais un bon - et j’en suis un excellent- peut diriger complètement la vie de son maître. Il peut lui dire ce qu’il doit penser, comment il doit agir, qui épouser, quand divorcer. Il peut le réduire à la terreur par l’habitude, lui offrir le bonheur et finalement être couché sur son testament. Si je l’avais voulu, j’aurais pu voler, dépouiller et battre tous ceux pour lesquels j’ai travaillé, et m’en tirer avec des remerciements. Tout bien considéré, mon état ne me protège pas, mais c’est le devoir de mon maître de me défendre. Vous, vous devez travailler et affronter des soucis. Je travaille et affronte moins de soucis que vous. Et je suis un bon serviteur. Un mauvais ne travaille pas, ne s’inquiète de rien et est pourtant nourri, habillé et protégé.
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Lorsqu'un enfant, pour la premiére fois, voit les adultes tels qu'ils sont, lorsque pour la premiére fois l'idée pénètre dans sa tête que les adultes n'ont pas une intelligence divine, que leurs jugements ne sont pas toujours justes, leurs idées bonnes, leurs phrases correctes, son monde s'écroule et laisse place à un chaos terrifiant. Les idoles tombent et la sécurité n'est plus. Et, lorsqu'une idole tombe, ce n'est pas à moitié, elle s'écrase et se brise ou s'enfouit dans un lit de fumier. Il est difficile alors de la redresser et, même réinstallée sur son socle, des taches ineffaçables dénoncent la chute passée. Et le monde de l'enfant n'est plus intact. Il se meut alors péniblement jusqu'à l'état d'homme.
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Chaque année, régulièrement, naissait un enfant. Les quelques médecins du pays, harassés de travail, étaient rarement appelés pour une naissance, à moins que l'heureux évènement ne se transformât en cauchemar. Samuel Hamilton mit au monde tous ses enfants, coupa et noua les cordons ombilicaux, claqua les petites fesses et nettoya tout le gâchis. Lorsque son plus jeune enfant naquit et commença d'étouffer, Samuel colla sa bouche à celle du nouveau-né et lui insuffla la vie. Son habileté et sa délicatesse étaient si grandes que l'on l'appelait à vingt milles à la ronde pour les accouchements - que ce fût une jument, une génisse ou une femme.

Il avait un gros livre noir, toujours à portée de la main, dont le dos s'ornait d'un titre en lettres dorées : La Médecine familiale du Docteur Gunn. Certaines pages étaient écornées et déchirées ; d'autres ne furent certainement jamais ouvertes à la lumière. Feuilleter le Docteur Gunn est un excellent moyen de connaître l'histoire médicale des Hamilton. Les pages usées traitaient des fractures, coupures, coups, oreillons, rougeole, tour de reins, scarlatine, diphtérie, rhumatismes, douleurs féminines, hernie - et évidemment de tout ce qui se rapportait à la grossesse et à l'accouchement. Quant aux chapitres sur la blénnoragie et la syphilis, ils étaient intacts - ce qui prouve que les Hamilton étaient soit vertueux, soit veinards.
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Vidéo de John Steinbeck
Dans cet épisode, on vous parle de sept classiques qu'on a adoré. Des textes qu'on vous recommande les yeux fermés, et dont nous espérons qu'ils vous embarqueront et que vous les partagerez à votre tour !
Voici les livres présentés dans cet épisode :
Sherlock Holmes, d'Arthur Conan Doyle (éd. Gallmeister, collection Litera) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/21903084-sherlock-holmes-1-arthur-conan-doyle-editions-gallmeister ;
Les Cerfs-volants, de Romain Gary (éd. Folio) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/103524-les-cerfs-volants-romain-gary-gallimard ;
Lady L., de Romain Gary (éd. Folio) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/906211-lady-l-romain-gary-folio ;
La Route, de Manu Larcenet d'après l'oeuvre de Cormac McCarthy (éd. Dargaud) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/23326077-la-route-manu-larcenet-dargaud ;
Les Raisins de la colère, de John Steinbeck (éd. Folio) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/23286551-les-raisins-de-la-colere-john-steinbeck-folio ;
La Longue Route, de Bernard Moitessier (éd. J'ai lu) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/18244945-la-longue-route-seul-entre-mers-et-ciels-bernard-moitessier-j-ai-lu ;
Tragédie à l'Everest, de Jon Krakauer (éd. 10-18) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/1280234-tragedie-a-l-everest-jon-krakauer-10-18.
Et vous ? Quels sont les classiques que vous avez aimés ? N'hésitez pas à nous en envoyer les titres à l'adresse reservation@librairiedialogues.fr !
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