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ISBN : 2070372324
Éditeur : Gallimard (14/10/1980)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Joseph Wayne et ses frères Thomas, Burbon et Benjamin vont exploiter une grande ferme en Californie. Bien que Joseph ne soit pas l'aîné des frères Wayne, c'est lui que tout le monde reconnaît comme le chef de famille. Il est fort, tranquille et juste. C'est à lui d'ailleurs que son père, le vieux John Wayne, a donné sa bénédiction solennelle, tout comme un patriarche de la Bible. John Steinbeck ne se borne pas à faire vivre des personnages d'une grandeur tragique, r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  09 octobre 2016
Etonnante découverte que ce roman méconnu de Steinbeck, que l'on découvre ici sous un nouveau jour !
A travers l'histoire de la famille Wayne, guidée par l'aîné des frères Joseph, homme puissant vouant un véritable culte à la terre, « Au dieu inconnu » est une ode aux accents bibliques envoutante, brute et presque dérangeante à la nature féconde et cruelle, aux éléments et aux astres, aux ancestraux rites païens des hommes pour la célébrer et prier sa mansuétude.
Baigné de la bénédiction de son père, Joseph devient à son tour à la fois patriarche rassembleur et sorte de passeur de vie entre les hommes et l'univers, avec lequel il communique à travers le vieux chêne présent sur la terre de Californie sur laquelle il vient s'établir. Nourri d'une foi tellurique, il croit en sa fertilité, et ne veut entendre ni les paroles des anciens sur la malédiction des épisodes de sécheresse qui ont marqué la région, ni celles des croyants effarés par ses pratiques sacrificielles. Aussi, quand la pluie viendra à manquer, Joseph ne pourra-t-il plus reculer devant le sacrifice ultime…
On savait Steinbeck amoureux de sa terre et de sa fameuse vallée de la Salinas ; mais dans ce roman cet amour prend sous sa plume enfiévrée et animale une dimension quasi mystique, qui permet de découvrir une nouvelle profondeur à l'un des plus attachants des grands auteurs américains du 20ème siècle.
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cmpf
  16 décembre 2018
J’ai déjà lu - et aimé - plusieurs livres de Steinbeck et j’ai été un peu étonnée par celui-ci.
Bien qu'il s'agisse d'un homme qui fait tellement corps avec la terre qu'il recréé au fond de son coeur une foi paganiste, j'ai trouvé quelque chose de biblique dans ce roman. La bénédiction paternelle, le départ pour un pays de lait et de miel de Joseph, rejoint par ses frères.
Un homme qui exploite une ferme avec ses frères sous le regard bienveillant du père déclare vouloir partir en Californie pour obtenir de nouvelles terres car la ferme ne pourra plus nourrir tout le monde.
Joseph ne veut pas croire ce que disent les gens du pays, qu'il y a déjà eu des sécheresses et qu'il y en aura d'autres. Comment y croire devant cette herbe haute et si verte, ce troupeau qui se multiplie. A la mort du père il est rejoint par ses frères et le domaine s'agrandit. Mais bientôt arrivent les premiers signes d'une sécheresse tandis que Joseph rend un culte à son père à travers le chêne qui pousse près de sa maison. Il sera de plus en plus persuadé que c'est par son corps que la vallée peut vivre.
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steppe
  11 octobre 2010
Pas le plus connu de Steinbeck. L'histoire d'une famille de pionniers au début du 20ème siècle,venue exploiter une ferme en Californie, tributaire des caprices d'une nature tour à tour généreuse et cruelle.... Cette nature qui devient au fil des pages le personnage principal du livre, une entité déifiée par la plume de Steinbeck. Et quelle plume!!! Lyrisme et poésie transcendent cette magnifique histoire d'une lutte toujours recommencée, dans un univers sauvage et grandiose. Poignant, bouleversant et terriblement inspiré....
Mon préféré de Steinbeck....
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laurentgui
  31 mai 2012
Un roman mettant en scène un homme habité qui progressivement, dans son amour pour son père et sa passion pour la terre, va en concevoir une forme de croyance païenne. Il ne s'agit ni l'histoire d'un nouveau messie, ni celle de l'élaboration d'une religion nouvelle ou la restauration d'une ancienne, mais plutôt de l'histoire d'un homme incarné, qui se sent lié directement au sort de la terre. Dans cette Californie des pionniers, tous ces personnages vibrants font face aux variations de la nature auxquelles ils sont soumis. le début du roman notamment m'a rappelé sous certains aspects Regain de Giono.
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Natacha79
  13 mars 2016
Joseph Wayne et ses frères Thomas, Burbon et Benjamin vont exploiter une grande ferme en Californie. Bien que Joseph ne soit pas l'aîné des frères Wayne, c'est lui que tout le monde reconnaît comme le chef de famille. Il est fort, tranquille et juste. C'est à lui que son père a donné sa bénédiction solennelle, tout comme un patriarche de la Bible.
Cette épopée est biblique tout du long, virant à la tragédie quand la sécheresse va plonger Joseph dans les abimes, se retrouvant seul, sa femme morte, le troupeau décimé... John Steinbeck retrace les difficultés des pionniers du début du siècle avec brio, en y ajoutant une poésie dramatique et flippante. Oui, il m'a fait un peu flipper ce livre; la folie de Joseph est si puissante et dévastatrice qu'elle semble sortir des pages... Un grand Steinbeck, et peu être le plus dur de ceux que j'ai déjà lus.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
laurentguilaurentgui   30 mai 2012
Joseph méditait lentement sur ce sujet : "La vie ne peut pas être coupée d'un seul coup. Une personne n'est morte que lorsque les choses qu'elle a modifiées sont mortes à leur tour. L'unique preuve de la vie est dans ses répercussions. Tant qu'il demeure d'elle ne fût-ce qu'un souvenir plaintif, une personne ne peut être retranchée de la vie, ne peut être morte." Et il pensa : "C'est un long et lent processus pour un être humain que de mourir. Nous tuons une vache et dès que sa chair est mangée, elle n'existe plus, mais la vie d'un homme s'éteint comme un remous à la surface calme d'un étang, par petites vagues qui s'étendent et meurent dans la quiétude"
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AllantversAllantvers   09 octobre 2016
Il jeta par-dessus son épaule un coup d'œil à la lune d'une blancheur osseuse qui voguait et se balançait dans les rafales de poussière.
"Dans peu de temps, grommela-t-il, elle descendra ici et dévorera l'univers."
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crapahutevidacrapahutevida   08 juin 2017
Le taillis du bois était mort à présent, mais les troncs droits montaient encore la garde auprès du roc. La sécheresse s'était infiltrée d'abord à la surface du sol et avait tué toutes les plantes grimpantes et tous les arbustes, mais les racines profondes des arbres plongeaient jusqu'à l'assise du rocher où elles trouvaient encore un peu d'eau et les aiguilles gardaient leur couleur vert foncé. Dès qu'il eut pénétré dans la clairière, Joseph alla toucher le rocher, pour s'assurer qu'il était encore humide et regarda attentivement le petit ruisseau. Cette fois il planta des repères de chaque côté, au bord de l'eau, pour déterminer à quelle vitesse le débit diminuait.
En décembre, le gel s'abattit sur la montagne. Le ciel était rouge au lever et au coucher du soleil et le vent du nord s'engouffrait dans les vallées, soulevant la poussière et déchiquetant les feuilles mortes. Joseph descendit à la ferme et remonta une tente, pour dormir. Pendant qu'il se trouvait entre les maisons calmes il mit en marche le moulin à vent, l'écouta un moment aspirer l'air dans ses canalisations et actionna la manivelle qui arrêtait les pales. Il gravit la colline sans se retourner pour regarder le ranch. Il fit un large détour afin d'éviter les tombes au flanc du coteau.
Cet après-midi là, il vit le brouillard s'élever au-dessus de la chaine occidentale. Il pensa: "Je pourrais retourner voir le vieillard. Il sait peut-être d'autres choses qu'il pourrait me dire." Mais sa pensée n'était qu'un jeu. Il savait qu'il ne pouvait pas abandonner le rocher, de peur de voir la mousse se faner. Il revint à la clairière silencieuse et monta sa tente. Il prit le seau et alla pour jeter de l'eau sur le rocher. Il s'était produit quelque chose. Le ruisseau avait rétréci de quatre bons centimètres par rapport aux points de repère. Quelque part sous la terre, la sécheresse attaquait la source. joseph remplit son seau dans la mare, jeta de l'eau sur le rocher et vint l'emplir à nouveau. La mare fût bientôt vide _ il lui fallut attendre une demi-heure, avant que l'anémique filet d'eau ait fait monter l'eau jusqu'aux bords. Pour la première fois, la terreur le saisit. Il se glissa à plat ventre dans l'excavation et regarda la fissure par où l'eau s'infiltrait lentement: il en ressortit à reculons, couvert d'humidité. Il s'assit près du ruisseau et le regarda s'écouler dans la mare. Il eut, en l'observant, l'impression de la voir décroitre. Le vent agitait impatiemment les branches des sapins.
Elle vaincra, dit Joseph tout haut. La sécheresse finira par nous atteindre. » (p280-281
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crapahutevidacrapahutevida   08 juin 2017
Elle caressait doucement le genou d'Élisabeth en parlant, accordant le geste au rythme de ses paroles et ses yeux brillaient avec une intensité telle qu'ils lançaient des lueurs rouges.
- Je connais les hommes, poursuivit-elle. Je connais si bien Thomas que je sens sa pensée à l'instant même où elle naît. Et je connais ses impulsions avant seulement qu'elles soient assez fortes pour mettre ses membres en mouvement. Je connais Burton jusqu'au fond de son âme étriquée. Et Benjy... je connaissais la douceur et l'indolence de Benjy. Je savais combien il était malheureux d'être Benjy et je savais qu'il ne pouvait rien contre.
Elle sourit à ses souvenirs. [...]
- Je les connaissais tous, dit-elle d'une voix qui s'enrouait. Mon instinct ne m'a jamais trompée. Mais Joseph, je ne le connais pas. Pas plus que je n'ai connu son père.
Élisabeth approuvait de la tête, prise par le rythme.
Rama poursuivit:
- Je ne sais pas s'il y a des hommes qui naissent en dehors de l'humanité ou s'il y a des hommes à tel point humains que près d'eux les autres paraissent irréels. Peut-être un demi-dieu vit-il sur la terre de temps à autre. Joseph a une force dont on n'imagine pas qu'elle puisse être ébranlée. Il a le calme des montagnes et son émotion est aussi sauvage, aussi farouche, aussi pénétrante que l'éclair et tout aussi dénuée de fondement, à mes yeux. Quand il ne sera pas là, essayez de penser à lui et vous verrez ce que je veux dire. Sa silhouette prendra des proportions énormes, jusqu'à atteindre le sommet des montagnes et sa force aura la violence irrésistible du vent. Benjy est mort. Vous ne pouvez pas imaginer la mort de Joseph. Il est éternel. Son père est mort et sa mort n'en était pas une.» (p121-122)
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steppesteppe   12 novembre 2010
La stérilité était un péché sans rémission, -péché intolérable, impardonnable. Avec cette doctrine nouvelle, les yeux bleus de Joseph devenaient farouches. Il supprimait sans pitié les bêtes stériles, mais quand une chienne se traînait, le ventre gonflé par sa portée, quand une vache était pleine, ces animaux étaient sacrés pour lui. Joseph ne raisonnait pas ces choses : il les tenait de sa poitrine et des muscles cordés de ses jambes. C'était l'héritage d'une race qui depuis de nombreux millésimes s'était nourrie au sein de la glèbe et avait aimé la terre.
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Videos de John Steinbeck (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Steinbeck
Des souris et des hommes
A partir du 18 avril 2017 NOMINATION 2015 – MEILLEUR SPECTACLE THEATRE PRIVÉ
L'histoire d'une amitié inconditionnelle entre George, petit vif et réfléchi et Lennie, l’infantile colosse aux mains dévastatrices. Dans l'Amérique rurale des années 30, les deux amis parcourent la Californie à la recherche de travail dans les ranchs. Ils entretiennent un même rêve : acquérir le pécule qui leur permettra d’acheter une petite ferme, synonyme de liberté et de paix. www.michodiere.com
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