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EAN : 9782251310060
272 pages
Éditeur : Les Belles Lettres (19/11/2013)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 10 notes)
Résumé :

Dépêches du Vietnam rassemble la dernière série de reportages de guerre de John Steinbeck.

Inédit en France, cet ouvrage reprend les chroniques écrites à partir de 1966 pour le magazine Newsday par celui qui reçut le Prix Pulitzer en 1940 pour les Raisins de la Colère et le prix Nobel de littérature en 1962.

John Steinbeck, à 64 ans, est déjà un homme malade et fatigué il mourra deux ans plus tard quand il part pour couvrir le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
andreas50
  15 juillet 2018
C'est à l'invitation du magazine Newsday, que John Steinbeck, va partir en 1966, suivre la guerre du Vietnam. Il y a d'autres raisons lorsqu'il prend sa décision : son amitié pour Lyndon B. Johnson, la présence de l'un de ses fils présent sur le terrain, et l'envie de découvrir le conflit au plus près, le comprendre. La guerre, il connaît. En 1943, il était reporter en Afrique du nord, mais la guerre a bien changé depuis. Finie la guerre de mouvement, finis les grands affrontements de chars et d'infanterie soutenus par une aviation d'appui au sol. Au Viet-Nam, il va découvrir la guerre sans front, la guerre des partisans qui frappent, harcèlent, et puis se fondent dans la jungle. C'est aussi la guerre des snipers, des pièges diaboliques ou " booby- traps pour arrêter l'infanterie, la guerre des villes où le vietcong se promène incognito et balance ses grenades dans les bars, les restaurants fréquentés par les GI's.
Le fantassin vietcong, homme ou femme, vêtu d'un simple pyjama noir, de sandales confectionnées avec du caoutchouc de récupération ; armé d'un fusil, d'un mortier ; portant pour tout viatique, une boulette de riz froid; ce fantassin va tenir en échec la plus puissante armée du monde.
Le Vietcong tient tout le pays : villes, villages, plaines, régions montagneuses; un ennemi insaisissable.
Le soldat américain n'est en sécurité nulle-part.
Sous peine de mort, la population est soumise à l'impôt, au ravitaillement; obligée de subir la propagande révolutionnaire propagée par les commissaires politiques. Les traîtres, les informateurs, les collabos sont liquidés impitoyablement.
L'armée américaine tente de s'adapter au terrain, aux conditions climatiques, à la guerre idéologique, à la guerrilla, aux attentats.
L'intérêt du livre de Steinbeck réside dans sa volonté de tout voir, de tout suivre, de tout comprendre.
A 64 ans, malade, il n'hésite pas à suivre des sections d'infanterie à la recherche, au contact, à l'anéantissement de l'adversaire; à sonder avec d'autres équipes, le fond des rizières où " Charlie " aurait planqué armes et matériel; à accompagner dans leur missions les hélicoptères de combat de la 1ere Division de Cavalerie; à naviguer sur les canaux du delta du Mékong avec les vedettes de patrouille à la recherche de passeurs, de trafiquants, de poseurs de bombes; à assumer le rôle de co-pilote sur de petits monomoteurs de reconnaissance et de destruction d'objectifs désignés suspects.
Steinbeck, devant la cruauté de cette guerre qui n'épargne ni civils innocents, ni militaires américains; ne cache pas son anticommunisme. L'Amérique est là pour sauver, libérer le Vietnam de l'emprise idéologique des Chinois et des Russes. Steinbeck, l'écrivain social, le chantre du petit peuple; qui fut dans le collimateur de la commission des activités anti-américaines semble s'être rangé du côté des Faucons. Contrairement à la majorité des écrivains et des artistes américains qui manifestent pour l'arrêt de cette sale guerre.
Steinbeck ne s'en rend pas compte, ( au début du moins), mais la guerre est perdue d'avance. En 1944, il avait écrit un livre sur une armée occupante ( armée nazie ), Les Nuits sans lunes. Cette armée qui commence à avoir peur de ne pouvoir rentrer chez elle, la peur d'être chassée comme un lapin par l'opprimé, par l'occupé.
Paradoxe de l'Histoire, l'armée américaine joue ici le rôle de l'occupant.
Revenons à Dépêches du Vietnam, où John Steinbeck a pu donner la pleine mesure de ses talents d'auteur. le livre se présente comme une correspondance à un être fictif dénommé Alicia.
Chaque événement relaté est une illustration touchante, passionnante, parfois incisive d'un tout qui pourrait s'intituler Scènes de la Vie quotidienne au Vietnam en guerre.
Un reportage, souvent partial, mais d'un grand intérêt historique.
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Commenter  J’apprécie          577
karkarot
  28 août 2018
Avec ce livre, ces articles écrits par le prix Nobel et prix Pulitzer sur la guerre du Vietnam offre un nouveau regard sur le grand écrivain. Ces derniers textes, d'un Steinbeck qui ne s'économise pas et ne se réfugie pas dans des attitudes attendues éclaire son oeuvre et nous font redécouvrir de l'intérieur l'un des conflits phare de l'ére moderne qui a bouleversé la société américaine. L'introduction est à ce niveau très bien construite et remet bien dans le contexte le lecteur aujourd'hui un peu éloigné de l'actualité de l'époque !
De très beaux récits de guerre, auxquels on ne s'attendait pas, des articles réfléchis bien qu'écrit dans l'urgence et sans recul; avec toujours une acuité terrible et qui elle rappelle bien tous les autres textes de Steinbeck.
Bref, un très bon livre, passionnant de bout en bout.
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critiques presse (3)
Telerama   18 décembre 2013
Emerveillé par les paysages, horrifié par les carnages de la guerre, Steinbeck reste pourtant américain à 100 %, adoptant des positions guerrières qui scandalisèrent plus d'un lecteur [...]
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos   11 décembre 2013
La lecture de ces dépêches, d'une qualité littéraire exceptionnelle, est stupéfiante. Et pas seulement parce que Steinbeck carburait, si l'on en croit son fils John, à la métamphétamine.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Liberation   10 décembre 2013
La valeur de ces textes est multiple. Ils exposent le point de vue, aujourd’hui anachronique et dévalué par la défaite américaine, de ceux qui ont cru en la vertu démocratique de cette intervention. Ils dévoilent une grille de lecture, celle de l’épopée.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
andreas50andreas50   03 juillet 2018
[Ces pilotes d'hélicoptère] me rendent malade d'envie. Ils pilotent leurs appareils comme un homme monte un demi-sang bien entraîné. Ils serpentent au-dessus des lits des rivières, s'élèvent comme des hirondelles pour passer des arbres, tournent, basculent et plongent comme des martinets dans la lumière du soir. J'observe leurs mains et leurs pieds sur les commandes, la délicatesse de la coordination me rappelle les mains sûres et apparemment lentes de Pablo Casals sur le violoncelle. [...]
+ Lire la suite
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andreas50andreas50   10 juillet 2018
Je m'aperçois que je n'ai aucun moyen de comprendre la pensée de ce terrorisme sans raison. Pourquoi détruisent-ils leur propre peuple, leur pauvre peuple qu'ils veulent libérer, prétendent-ils sans cesse ? Cet hôpital, rempli de toute cette souffrance inutile, fait penser à un nuage de pleurs. Qui peut croire que le Vietcong, capable de faire une chose à son peuple, pourrait se soucier de son bien-être s'ils avaient le contrôle du pays ? Pour ma part, j'en suis incapable.
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andreas50andreas50   17 juillet 2018
Dans la 317e Section de Pierre Schoendoerffer, un supplétif vietnamien explique à un jeune lieutenant français tout juste débarqué de Coëtquidan, comment le Viêt-Minh dépeint la situation après la chute de Diên Biên Phu. Il brise un œuf dans sa main, l'ouvre et dit « Lui dire...blanc foutre le camp...jaune rester...Lui dire comme ça.»
Le blanc des dépêches de John Steinbeck va foutre le camp, mais le jaune rester.
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leviatempsleviatemps   23 décembre 2017
Il a encaissé les coups depuis si longtemps que sa nuque est devenue un ressort.
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Vidéo de John Steinbeck
Le trailer d'Of Mice and Men de John Steinbeck !
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