AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Maurice-Edgar Coindreau (Traducteur)
EAN : 9791091472074
420 pages
Tishina (14/10/2020)
4.68/5   247 notes
Résumé :
Le chef-d’œuvre de John Steinbeck, adapté en roman graphique par Rébecca Dautremer.

États-Unis, 1937 : John Steinbeck publie un court roman qui deviendra un chef-d’oeuvre de la littérature, mondiale. Des Souris et des Hommes, c’est l’histoire de George et Lennie, deux saisonniers qui voyagent à travers la Californie, rêvant d’une vie meilleure. Une histoire magnifique, qui nous raconte l’amitié, l’espoir mais aussi la cruauté des hommes, et qui a prof... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
4,68

sur 247 notes
5
58 avis
4
5 avis
3
0 avis
2
0 avis
1
0 avis

Quel travail titanesque que ces 428 pages illustrées ! Pas moins de 16 mois de travail acharné 7 jours sur 7. Respect total pour le travail magnifique de l'artiste prodige Rebecca Dautremer.

N'ayant pas lu le roman de John Steinbeck, j'ignore si l'album du haut de ses 428 pages est la représentation fidèle du roman mais ça y ressemble. Beaucoup de lecteurs qui ont aimé Des souris et des hommes de Steinbeck portent un regard critique sur le roman de Karine Giebel, Glen affric. Je peux l'entendre car en effet, il y a pas mal de ressemblances entre ces deux livres. Malgré le succès du classique de Steinbeck, ma préférence se porte toujours sur le roman français que j'ai trouvé plus moderne. La sauce française émoustille aussi davantage mes papilles que la sauce américaine.

Par contre, je me pâme devant les illustrations de cet album qui sont absolument fantastiques. Rebecca Dautremer jongle avec différents styles dans un souci de représentation fidèle et sensible de l'histoire de Georges et Lennie.

Georges le gringalet et Lennie, la bête dans une tête de bébé.

On voyage littéralement au coeur de cette histoire. On assiste aux discussions intimistes entre Georges et Lennie avec de petits croquis pastels et doux. On part vers des planches une page d'une très grande poésie représentant le lien entre Georges et Lennie. Il y a aussi des dessins qui frôlent la caricature, sortes de graffitis, symboles peut-être du cerveau désordonné de Lennie. Puis il y a des planches très colorées, enfantines, le monde intérieur tout gentil de Lennie. Sa vie rêvée à ce grand gaillard c'est d'avoir une ferme avec Georges, avec des lapins, des poules, des fraisiers. Mais Lennie il fait des bêtises. Il n'est pas méchant non non, il ne contrôle juste pas sa force et il aime caresser les jolies choses. Georges et Lennie fuient pour aller travailler dans un nouveau ranch. On va se rapprocher de ce petit monde, Candy l'estropié avec son vieux chien, Crooks le nègre solitaire, la femme du fils du patron dans sa jolie robe rouge avec ses cheveux qui tombent comme des saucisses.

L'univers américain est absolument bien rendu. Il ne peut que ravir les amateurs du genre. Les illustrations sont tellement belles et riches de vibrations et de miroir émotionnel que ces 426 pages, je les ai absorbées et vécues de l'intérieur.

Je suis absolument ravie d'avoir découvert ce classique à travers cet album. Maintenant je connais l'histoire Des souris et des hommes et j'ai des tas d'images grandioses qui l'accompagnent. 16 mois de travail quand même, vous avez tout mon respect Rebecca Dautremer, c'est du grand art.

Commenter  J’apprécie          867

En ce soir d'un jour très chaud, deux hommes marchent, l'un derrière l'autre, sur un sentier. Tous deux coiffés de chapeaux noirs, un rouleau serré de couverture sur les épaules. Arrivés dans la clairière, le premier s'arrête net. Son camarade lâche aussitôt son baluchon et, s'allongeant, se met à boire goulûment. C'est ici, au bord de l'eau verte, que George et Lennie décident de passer la nuit. Si seulement le chauffeur avait bien voulu les emmener à destination, ils n'auraient pas eu à parcourir les quatre milles jusqu'au ranch, situé au sud de Soledad, là où on les attendait. Mais avant d'y parvenir, George n'oublie pas de répéter, comme à son habitude, les multiples recommandations à Lennie. Notamment celle de se taire lorsqu'ils seront devant le patron, de ne pas mentionner le fait qu'ils ont été chassés de l'ancien ranch mais aussi qu'il arrête avec sa manie de tout caresser, comme les robes des femmes ou encore cette petite souris, morte de surcroit, trimballée au fond de sa poche...

Quel album époustouflant ! Outre le fait que le roman originel est un vrai bijou littéraire, Rébecca Dautremer se l'approprie avec virtuosité. À partir du texte intégral, elle met en image, sur plus de 400 pages, les aventures de George et Lennie, deux amis qui parcourent le pays, vivotant de petits boulots en petits boulots afin d'avoir suffisamment d'argent pour pouvoir s'offrir un lopin de terre... et des lapins pour Lennie. Mais le caractère simplet de ce dernier leur attire parfois des ennuis. Pour autant, George continue de le protéger et de s'occuper de lui. Un texte qui happe, de par son humanité, sa solidarité mais aussi de par sa violence et une certaine tension latente. Graphiquement, l'on est happé aussi dès la première page. Et c'est parfois le souffle coupé que l'on admire toutes ces planches variées, dessinées au crayon et à la gouache : décors en double page, fausse publicité, aérées sans cadre... Un travail minutieux, d'une rare justesse et maîtrise.

Une oeuvre magnifique et incomparable...

Commenter  J’apprécie          7312

Il en fallait du courage pour s'attaquer à un tel monument de la littérature américaine du XXème siècle ! Et ce courage, la talentueuse illustratrice Rébecca Dautremer l'a trouvé ; elle a relevé le défi de faire de "Des souris et des hommes" un roman graphique absolument époustouflant. Et le chef-d'oeuvre créa le chef-d'oeuvre.

Pour commencer, l'objet-livre est en soi une merveille. Sa tranche bleue électrisante, sa couverture mate au toucher soyeux, sa colorisation variant du sang au tabac annoncent direct la qualité avant même de révéler la beauté de ses 420 pages dont chacune est une merveille d'illustration, d'émotion et d'art.

J'ai une relation complexe avec le chef-d'oeuvre de Steinbeck. Lecture imposée au collège à laquelle j'étais restée complètement hermétique, il aura fallu attendre l'âge adulte pour me replonger dans ce récit d'amitié poignant pour amener bien plus qu'une réconciliation : une révélation ! Si petit par sa taille et si dense par son contenu et sa portée, ce roman est ciselé comme un diamant.

Par cette adaptation graphique et hautement visuelle du texte intégral de Steinbeck, Rébecca Dautremer rend un grand hommage à l'auteur tout en offrant au lecteur une (re)lecture atypique qui déborde généreusement le texte pour l'ancrer dans une époque, dans une atmosphère et dans une matérialité fascinantes. Poésie, volupté, rêves hallucinatoires, nature writing, storyboards, témoignage social, sentiments crus, il y a tout cela dans cet incroyable roman graphique.

La créativité de Rébecca Dautremer donne vie à chaque personnage et du relief à chaque destinée, les ancrant dans un passé, un présent et un futur entre illusion homérique et réalité sordide.

Challenge PLUMES FEMININES 2021

Challenge MULTI-DEFIS 2021

Challenge NOBEL

Challenge XXème siècle 2021

Commenter  J’apprécie          732

Mettre en images le texte intégral d'un chef d'oeuvre de la littérature américaine : le projet n'est-il pas d'une ambition folle ? Il fallait la virtuosité, la sensibilité et l'imaginaire de Rebecca Dautremer pour relever le défi aussi magistralement.

L'histoire est connue : George et Lennie s'accrochent désespérément l'un à l'autre dans la tourmente de la Grande dépression. Lennie, c'est la force fragile, un esprit de mouflet dans une enveloppe de colosse qui ne maîtrise ni sa force, ni ses impulsions. George, plus vif, essaie de limiter la casse. Les deux hommes sont unis par la solitude et par leur rêve ressassé mille fois d'acquérir un lopin de terre où élever leurs lapins et vivre à l'abri de la dureté du monde. Mais en attendant, il faut travailler pour rassembler un pécule. Au ranch bien-nommé Soledad, ils vont avoir fort à faire face à l'agressivité du fils du patron et aux multiples occasions qui se présentent de faire des faux pas…

Si ce roman continue de fasciner plus de 80 ans après sa parution, c'est que la précarité, le poids écrasant des déterminismes, la solitude et la dureté des relations sociales restent plus que jamais d'actualité. À Soledad, chacun a envie de rêver : à une terre à soi, à une carrière d'actrice, à la liberté… Steinbeck pulvérise l'american dream, donne une voix et une place en littérature aux plus humbles dont les instants de fraternisation insufflent de la grâce à cette histoire si sombre.

Rebecca Dautremer nous invite à découvrir le film de sa lecture personnelle de ce roman. Évidemment, rien à voir avec celui qui s'était projeté dans mon imaginaire à la lecture des mots de Steinbeck. Mais c'est justement là que réside la contribution propre de cet album. Il sublime les descriptions qui ouvrent chaque chapitre, ancrés chacun dans un lieu singulier par de splendides doubles-pages, suivies d'illustrations quasi-photographiques qui plantent magnifiquement un décor de western. Pour restituer les nombreux dialogues, l'artiste fait preuve d'une grande créativité, alternant gouaches et crayons de couleur, empruntant aux codes de la bande-dessinée comme de la caricature, donnant corps par des esquisses aux pensées, souvenirs et rêves des personnages (quelques extraits accessibles via le lien ci-dessous). Elle détourne l'imagerie et les comics des années 1930, en faisant tomber le vernis de la société de consommation pour révéler sa face obscure. Ces intermèdes nous montrent notamment les souris qui ont pu y être mises en scène, mais tristes, vulnérables, désarticulées, ou anéanties. Ces graphismes épousent si bien le texte qu'on ne voit pas passer les 428 pages.

L'objet-livre a certes un coût, mais il est aussi complètement hors-normes dans l'ambition, la densité et la beauté brute du propos. Il est de ceux qu'on ouvrira souvent, juste pour le plaisir d'un choc littéraire et esthétique intact à chaque relecture.


Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
Commenter  J’apprécie          645

Ce roman graphique et de toute beauté. le texte extrêmement émouvant est incroyablement bien rendu à travers le graphisme qui est lui aussi émouvant, poétique mais aussi varié, original. le mélange des styles est un vrai régal. Je ne vais pas retranscrire ici tous les synonymes de "merveilleux", mais ce roman mis en images le mériterait amplement. John Steinbeck serait, sans aucun doute, enchanté par le travail de Rebecca Dautremer. Je suis émue par ce talent d'une incroyable richesse.

Grâce à vous Rebecca Dautremer, Lennie et George vont revivre dans les coeurs de ceux (dont je fais partie) qui les avaient oubliés.

Commenter  J’apprécie          552


critiques presse (2)
LaLibreBelgique   12 novembre 2020
Rébecca Dautremer met son talent d'illustratrice au service du roman culte de Steinbeck. A couper le souffle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
BDGest   03 novembre 2020
À ne manquer sous aucun prétexte, Des Souris et des hommes relève autant de la rencontre graphique que littéraire et permet de (re)découvrir un immense auteur comme d’admirer le travail d’une très grande artiste.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
— ... Un jour, on était un tas de types sur le bord du Sacramento. J'me sentais en veine de blagues. Je m'tourne vers Lennie et j'lui dis:"Saute." Et il saute. Savait pas nager une brasse. Pour un peu il se noyait avant qu'on ait pu le repêcher. Et il a été tellement chic avec moi, parce que je l'avais repêché. Il avait complètement oublié que c'était moi qui l'avais fait sauter. Ben, après ça, j'ai plus jamais recommencé.
— C'est un brave type, dit Slim. Y a pas besoin d'avoir de la cervelle pour être un brave type. Des fois, il me semble que c'est même le contraire.
Prends un type qu'est vraiment malin, c'est bien rare qu'il soit un bon gars.
Commenter  J’apprécie          160
— Ça empêche pas que Curley, c'est un gars habile, dit le vieux avec scepticisme. Ça m'a jamais semblé juste, à moi. Une supposition que Curley saute sur un grand type et lui foute une pile, alors tout le monde dira que Curley est un type qui sait y faire. Et suppose qu'il fasse la même chose et que ça soit lui qui reçoive la pile, alors tout le monde dira que le grand type aurait dû se battre avec quelqu'un de sa taille, et peut-être bien qu'ils sauteront tous sur le grand type. Ça m'a jamais semblé juste, à moi. Il semblerait qu'avec Curley on n'a jamais la chance de son côté.
Commenter  J’apprécie          80
-- Allons, dit Lennie. Comment que ça sera ? On aura une petite ferme.
-- On aura une vache, dit George. Et on aura peut-être bien un cochon et des poulets... et, dans le champ... un carré de luzerne...
-- Pour les lapins, hurla Lennie.
-- Pour les lapins, répéta George.
-- Et c'est moi qui soignerai les lapins.
-- Et c'est toi qui soigneras les lapins.
Lennie gloussa de bonheur.
-- Et on vivra comme des rentiers.
-- Oui.
Lennie tourna la tête.
-- Non, Lennie. Regarde là-bas, par-dessus la rivière, c'est presque comme si on pouvait la voir, notre ferme.
Commenter  J’apprécie          80
Son visage en lame de couteau n'avait pas d'âge. Il aurait pu avoir trente ans aussi bien que cinquante. Ses oreilles entendaient plus qu'on ne lui disait, et sa parole lente avait des nuances, non de pensée, mais de compréhension au-delà des pensées.
Commenter  J’apprécie          180
Ils étaient tous assis, immobiles, hypnotisés par la beauté de la chose, l'esprit tendu vers le futur, quand cette chose adorable viendrait à se réaliser.
Commenter  J’apprécie          260

Videos de John Steinbeck (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Steinbeck
Agnès Desarthe lit « Nevermore » de Cécile Wajsbrot.
Lecture suivie d'un dialogue sur la re-traduction avec Élise Lépine.
Elle-même traductrice et auteur de trois re-traductions – La chambre de Jacob de Virginia Woolf, Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, d'Alice Munro et Des souris et des hommes, de John Steinbeck (à paraître), Agnès Desarthe donnera une lecture de Nevermore, le roman de Cécile Wajsbrot qui met en scène une traductrice aux prises avec une nouvelle version de To the Lighthouse. Dans ce texte, la narratrice/personnage/traductrice remet sans cesse sur le métier le roman de Virginia Woolf qu'elle connaît par coeur et qui génère, outre un éventail de phrases et d'interprétations qui se déploient à partir de l'original dans une quête éperdue de l'exactitude, une réflexion vivante et multiforme autour de la disparition.

À l'occasion de la 6e édition du Printemps de la traduction – Les traducteurs parlent aux lecteurs.
À lire – Agnès Desarthe, Ce coeur changeant, éd. Points, réédition 2021 – 2015.
+ Lire la suite
autres livres classés : roman graphiqueVoir plus
Notre sélection Bande dessinée Voir plus





Quiz Voir plus

Des souris et des hommes

En quelle année est paru ce roman de John Steinbeck ?

1935
1936
1937

10 questions
846 lecteurs ont répondu
Thème : Des souris et des hommes de John SteinbeckCréer un quiz sur ce livre