AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres

Renée Vavasseur (Traducteur)Marcel Duhamel (Traducteur)
EAN : 9782070364282
128 pages
Gallimard (22/08/1973)
3.81/5   1777 notes
Résumé :
Jouant de sa lame comme d'un levier, il le fit céder et le coquillage s'ouvrit. Les lèvres de chair se crispèrent puis se detendirent. Kino souleva le repli et la perle était là, la grosse perle, parfaite comme une lune. Elle accrochait la lumière, la purifiait et la renvoyait dans une incandescence argentée. Elle était aussi grosse qu'un oeuf de mouette. C'était la plus grosse perle du monde.
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (179) Voir plus Ajouter une critique
3,81

sur 1777 notes

Nastasia-B
  26 août 2012
Ce livre est une allégorie de l'argent ou, à tout le moins, une parabole autour de la thématique de la possession matérielle. Son style est assez différent du style "ordinaire" de Steinbeck, tout comme "Tortilla Flat", il possède un style bien à lui.
Tout est symbole dans ce livre, la perle, objet tant convoité par les chercheurs de perle, tout comme l'argent, recherché par ceux qui n'en ont pas, en sont le centre.
L'histoire se passe en Californie mexicaine, presque au bout de la presqu'île. Les protagonistes sont pauvres (comme souvent chez Steinbeck) et l'un d'eux va trouver, c'est le cas de le dire, la perle rare. Je vous laisse découvrir ce qui peut arriver à des pauvres qui d'un coup de dé magique décochent la fortune... Pensez bien au double sens du mot "fortune".
Pour ceux que cela intéresse, l'histoire débute ainsi : Kino et sa femme Juana sont de rudes indiens, pauvres et travailleurs, parents d'un jeune enfant nommé Coyotito. Ce dernier se fait piquer par un scorpion et est entre la vie et la mort. Juana comprend que ses remèdes traditionnels risquent de ne pas être suffisants et convainc Kino de le présenter à la médecine des blancs.
Le richissime docteur blanc les envoie balader en voyant qu'il ne pourrait vraisemblablement pas être payé. le couple s'en retourne donc, plein d'amertume, presque résigné à perdre son enfant. Devant repartir travailler pour ne pas mourir de faim, Kino et Juana s'en vont une nouvelle fois draguer le fond du golfe et découvrent, une énorme perle, une gigantesque perle, une comme pas même ils n'auraient osé l'imaginer, encore moins la posséder.
Bien qu'ils désirent la cacher, la nouvelle se répand comme une trainée de poudre, un peu comme pour l'or de Suter (voir L'or de Blaise Cendrars).
De là, leur destin ne leur appartient plus en propre, le médecin blanc, mystérieusement, désire voir l'enfant, Kino entend rôder le soir autour de sa hutte...
Que faire quand on n'est pas de la partie pour jouer dans la catégorie de ceux dont l'argent est le métier ? C'est maintenant à vous de lire et de savourer cette belle nouvelle à caractère philosophique ou sociologique, mais souvenez-vous que tout ce que je viens d'écrire n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1100
najnaje
  19 juillet 2013
Une vraie révélation j'ai découvert Steinbeck avec des Souris et des Hommes, je me suis dis pourquoi pas essayer La Perle et là grosse claque.
Steinbeck a l'art et la manière de dénoncer les inégalités provoquées par l'argent, l'origine sociale et le manque d'éducation. Il insiste sur le destin qui s'acharnent sur les personnages principaux malgré la trouvaille d'une perle inestimable du fait de la convoitise, de la folie, elle ne provoque que désolation. La légende de cette perle s'est répandue jusqu'en Afrique on la retrouve dans le Désert de le Clézio.
Commenter  J’apprécie          9211
Roggy
  24 novembre 2020
John Steinbeck est aussi multiple que sa littérature. Néanmoins, il existe un dénominateur commun dans l'écriture ensorcelante de l'auteur américain : le récit s'enracine toujours dans l'oralité des contes et des légendes que les anciens transmettent au fil du temps aux nouvelles générations pour qu'elles n'oublient jamais d'où elles viennent. Ici il s'inspire d'un conte mexicain traditionnel.
Cette petite parabole se lit d'une traite, tant l'écriture est riche et limpide. Les thèmes chers à l'auteur et communs à de nombreux de ces romans sont encore omniprésents.
Steinbeck dépeint la misère pour faire prendre conscience des existences malheureuses, mais surtout il dénonce les conditions de vie des pêcheurs de perles, exploités et asservis par les marchands de pierres précieuses.
Il dénonce s'insurge encore et toujours contre le clivage social et la misère pénible et sans espoir qu'il engendre.
Ce qui fait vivre, ce sont les rêves et l'imagination florissante. Mais les rêves des pauvres sont systématiquement piétinés par les plus puissants.
Malgré une vision réaliste mais très pessimiste de la société, toute la finesse de Steinbeck éclaire La perle, dont la musique mélancolique, s'incruste durablement dans la mémoire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          824
viou1108_aka_voyagesaufildespages
  15 décembre 2014
Lu dans le cadre du Challenge Nobel.
Début du 20ème siècle, quelque part en Basse Californie, Mexique. Sur une plage de la côte Pacifique, les huttes de pêcheurs s'alignent. Décor paradisiaque ? Ca aurait pu… Mais nous sommes chez Steinbeck, alors vous feriez bien de vous préparer à une histoire dramatique, au lieu de rêver soleil et cocotiers.
Kino, Indien, pêcheur, vit avec Juana et leur bébé Coyotito. Il ne possède que sa cabane et son bateau de pêche. Ils n'ont ni argent, ni instruction. Sont-ils malheureux ?
Un jour, Coyotito est piqué par un scorpion. Kino et Juana amènent le bébé à la ville, chez le docteur. Celui-ci, pour les pauvres, est aux abonnés absents.
Rentrant sa colère sous des strates séculaires d'oppression des indigènes par les Blancs, Kino retourne à la pêche, dans l'espoir de gagner un peu d'argent pour soigner son fils. Et là, miracle… Il pêche la « Perle du Monde », la plus grosse qu'on ait jamais vu sur Terre.
Kino voit là la fin de tous les problèmes de sa famille, alors que Juana pressent la catastrophe. Et en effet, après un bref moment d'euphorie, la Perle a tôt fait d'attiser la convoitise des voisins, de l'Acheteur de perles, et du docteur, qui soudain se souvient de son petit patient piqué par un scorpion. Et d'attiser aussi la paranoïa de Kino, qui craint les voleurs, et qui, de brave type, se muera peu à peu en fauve prêt à tout pour défendre son bien. Il avait soif d'argent, il avait trouvé le moyen d'être l'homme le plus riche de la région, et il va tout perdre.
Entre conte philosophique et tragédie classique, cette fable sur la richesse matérielle montre que si l'argent fait le bonheur des riches, il brise celui des pauvres. Les riches ont et auront toujours le pouvoir, et les pauvres resteront écrasés par leur destinée implacable d'esclaves. Chacun doit rester à sa place : « aspirer à un destin autre que celui pour lequel on semble avoir été créé, est-ce le péché ? La résignation vaut-elle mieux que la révolte ? » (introduction à l'édition Folio). Cette fable, cruelle, ne fait guère dans la nuance : il y a le Bien et le Mal, et peu de choses entre les deux. Mais c'est un petit bijou, noir, de poésie et de finesse psychologique, dans un style limpide. Comme pour «  Des souris et des hommes », je reste sans voix devant ce talent pur : dire tant de choses en si peu de mots, susciter tant de réflexions avec des histoires si simples, marquer si profondément les esprits avec quelques lignes, avoir une telle force d'évocation avec tant de pudeur et de douceur dans les phrases… Permettez-moi cet auto-plagiat : qui donc pourra m'expliquer ce mystère qui transcende des mots anodins et des faits divers en prodige littéraire intense et bouleversant ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          743
palamede
  20 mai 2016
Pauvre Kino !
Il a rêvé d'un avenir meilleur,
que son fils irait à l'école,
qu'il serait « celui qui pourrait lui dire la vérité des choses. »
Mais quand Kino l'indien pêche la plus grosse perle du monde, « aussi grosse qu'un oeuf de mouette »,
il connait la peur, la cupidité et le crime qui le contraint, pour échapper à la justice,
à fuir dans le désert avec Coyotito et sa jeune mère.
Ce qu'il advint ensuite de Kino et de sa famille, il est vraiment triste d'y penser.
C'est ce qui arrive aux pauvres pêcheurs, que les puissants transforment en tueurs, pour avoir voulu changer l'ordre du monde.
Commenter  J’apprécie          700

Citations et extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
fathigayfathigay   29 septembre 2022
Et soudain l'angoisse qui avait peu à peu envahi Juana éclata. Les lèvres serrées, elle s'écria d'une voix rauque : -C’est l'esprit du mal! Cette perle, c'est le péché! Elle nous fera périr! Sa voix devenait perçante. Jette-la, Kino! Écrasons-la entre deux pierres. Enterrons-la quelque part et oublions l’endroit ! Rejetons-la à la mer. Elle nous apporte le malheur. Kino, mon homme, elle va nous faire périr !

Et, à la lueur du cierge, ses lèvres et ses yeux clamaient sa frayeur. Mais le visage de Kino resta ferme; son esprit et sa volonté restèrent fermes.

-Cette perle est notre unique chance, répondait-il. Notre fils doit aller à l'école. Il faut qu’il brise la muraille qui nous enferme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
fathigayfathigay   29 septembre 2022
Et soudain, l’espace d'un éclair, Juana comprit que l’ancienne vie était finie à jamais. Un homme mort sur le chemin, et le poignard de Kino, rougi de sang, gisant à son côté l’en convainquirent sur-le-champ. Tout au long, Juana avait essayé de sauver une parcelle au moins de la vie paisible, une parcelle de cette vie d’avant la perle. Maintenant c'était fini et on ne pouvait plus revenir en arrière. Et dès qu'elle en eut conscience, elle raya totalement le passé. lIs n'avaient plus qu'une chose à faire : se sauver eux-mêmes. Elle n’éprouvait plus aucune douleur, elle avait retrouvé son agilité. Vivement, ele traina le corps de I'homme mort l'abri des buissons m. Puis elle revint à Kino et humecta son visage avec sa jupe mouillée. Il commença revenir à lui et gémit.

- lIs ont pris la perle. Je lai perdue. Maintenant, tout est fini, s'exclama-t-l. J'ai perdu la perle. Juana le calma comme elle I'aurait fait pour un enfant malade. Chut l.. dit-elle, Voila ta perle. Je I'ai trouvée sur le chemin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
fathigayfathigay   28 septembre 2022
. Des gens de toutes sortes se découvrirent un intérêt soudain pour Kino : des gens qui avaient des choses à vendre et des gens qui avaient des faveurs à demander, Kino avait trouvé la Perle du Monde. L'esprit de la perle, mélangé à celui de I'homme, donnait un étrange et sombre précipité. Chaque individu trouva la relation qui l’unissait à la perle de Kino et celle-ci devint part de tous les rêves, les calculs, les projets, les plans, les espérances, les voeux, les besoins, les désirs et les fringales de chacun. Et à tout cela un seul être faisait obstacle : Kino, si bien que, étrangement, il devint I'ennemi de tous. La nouvelle avait éveillé un sentiment noir et diabolique dans la ville, et cette sombre mixture était comme le scorpion, ou comme la faim exaspérée par l'odeur des victuailles, ou la solitude quand l’amour se refuse. Les poches à venin de la ville se mirent sécréter le poison et la cité entière s'enfla sous sa poussée.
Mais Kino et Juana ne savait rien de tout cela.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
fathigayfathigay   29 septembre 2022
Le docteur dit : Je n'étais pas chez moi quand vous etes venu, ce matin. Mais maintenant, dès que j'ai pu, je viens voir le bébé.

Debout sur le seuil, Kino bouchait l’entrée ; une haine rageuse brûlait au fond de ses yeux, mais la peur s'y mêlait car les siècles de servage étaient profondément imprimés en lui.

Le bébé va beaucoup mieux, dit-il brièvement. Le docteur eut un sourire, mais, dans leurs petites poches lymphatiques, ses yeux ne sourirent pas.

-Mon ami, fit-il, il arrive que la piqûre de scorpion ait de curieux effets. Un mieux peut paraitre se produire et tout à coup - pfffff….
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
fathigayfathigay   28 septembre 2022
Oui ? interrogez le docteur.

C’est un petit indien avec un bébé. il dit que le scorpion l'a piqué.

Le docteur posa soigneusement sa tasse avant de donner libre cours à sa colère.

- Est-ce que je n'ai rien de mieux à faire que de soigner les piqûres d'insectes des petits Indiens ? Suis-je un docteur ou un vétérinaire ?

Oui, patron, répondit le domestique.

A-t-il de l'argent ? demanda le docteur. Non, ils n'en ont jamais. Et moi, moi seul au monde, je devrais travailler gratuitement.. J'en ai assez! Va voir s'il a de l'argent !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de John Steinbeck (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Steinbeck
Agnès Desarthe lit « Nevermore » de Cécile Wajsbrot.
Lecture suivie d'un dialogue sur la re-traduction avec Élise Lépine.
Elle-même traductrice et auteur de trois re-traductions – La chambre de Jacob de Virginia Woolf, Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, d'Alice Munro et Des souris et des hommes, de John Steinbeck (à paraître), Agnès Desarthe donnera une lecture de Nevermore, le roman de Cécile Wajsbrot qui met en scène une traductrice aux prises avec une nouvelle version de To the Lighthouse. Dans ce texte, la narratrice/personnage/traductrice remet sans cesse sur le métier le roman de Virginia Woolf qu'elle connaît par coeur et qui génère, outre un éventail de phrases et d'interprétations qui se déploient à partir de l'original dans une quête éperdue de l'exactitude, une réflexion vivante et multiforme autour de la disparition.

À l'occasion de la 6e édition du Printemps de la traduction – Les traducteurs parlent aux lecteurs.
À lire – Agnès Desarthe, Ce coeur changeant, éd. Points, réédition 2021 – 2015.
+ Lire la suite
autres livres classés : contes philosophiquesVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Des souris et des hommes

En quelle année est paru ce roman de John Steinbeck ?

1935
1936
1937

10 questions
832 lecteurs ont répondu
Thème : Des souris et des hommes de John SteinbeckCréer un quiz sur ce livre