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Critiques sur Les Raisins de la colère (260)
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Meps
  05 novembre 2017
Au moins deux chemins de ma vie me menaient aux Raisins de la colère de Steinbeck. Tout d'abord, ma lecture Des souris et des hommes, dans ma jeunesse, qui m'avait bouleversé, la découverte d'un auteur majeur. L'envie de lire l'autre oeuvre marquante était donc forcément présente. L'album The Ghost of Tom Joad de Bruce Springsteen, hommage du Boss au personnage central des Raisins et réécriture moderne de la mythologie humaine créée par Steinbeck.

Pourquoi ai-je-mis autant de temps à emprunter ces chemins, c'est là une question à laquelle j'ai du mal à répondre ? Mais quel bonheur de l'avoir enfin fait, quelle nouvelle claque émotionnelle, humaine l'on ressent à la lecture de ce chef d'oeuvre. Dès qu'on a commencé à accompagner ces gens sur la route de leur épreuve, on ne peut plus les quitter, on fait partie de la famille à l'image du révérend Casey, pièce rapportée comme nous et pasteur devenu philosophe humaniste face aux douleurs que les hommes s'imposent entre eux. On espère avec eux, on s'effondre avec eux.

On pourrait réfléchir à la manière qui a permis à Steinbeck d'impliquer autant son lecteur dans le destin de ces personnages (les nombreux dialogues retranscrits dans leur gouaille populaire, les alternances entre courts chapitre décrivant le contexte général et longues séquences aux côtés de la famille Joad) mais les recettes littéraires ne suffisent sans doute pas à expliquer le miracle qu'est un livre pleinement réussi, qui touche au coeur de l'âme humaine dans ce qu'elle a de fragile, de terrible et de merveilleuse. On ne peut que, à l'image de Springsteen, se dire que L Histoire ne fait que se répéter, dans ses drames mais aussi dans la solidarité qui émergera toujours des épreuves subies par l'humanité.
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Drych
  03 août 2015
Ma première lecture de ce livre remonte à très longtemps, ses pages ont jauni et la colle de sa reliure est en piteux état, mais une critique de cmpf m'a donné envie de le relire. Je me souvenais des grandes lignes de l'histoire mais sans plus, et j'ai retrouvé un livre malheureusement toujours actuel. On parle aujourd'hui de migrants et plus d'Okies, mais le monde a bien peu changé depuis les années 1930. Nos migrants n'ont même plus de camion, les campements sauvages existent toujours et si on ne les incendie pas, le résultat n'est guère plus flatteur. A quand un nouveau Steinbeck pour écrire un remake du 21 ème siècle avec son climat fait d'un mélange flou d'un peu de compassion et de beaucoup d'hypocrisie et de xénophobie. Relisez "les raisins de la colère", ce livre mériterait une réédition qui le remettrait en tête de gondole.

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Estellelecture
  02 mai 2015
Une famille s'enfuit de chez elle, chassée, avec l'espoir de s'en sortir. de très beaux personnages qui restent dignes, respectueux et proches de leurs valeurs de vie (l'entraide, la fraternité ..) jusqu'à la fin. Nous traversons des épisodes de vie très très dure, mais nous nous attachons à cette famille car, malgré la misère ambiante, ils continuent sans relâche. Après avoir fini ce livre, je me suis surprise à continuer à penser à cette famille car nous pouvons nous retrouver un peu dans chacune de leurs difficultés. C'est un roman très bien décrit dans tous les détails avec un Steinbeck qui sait embrasser avec merveille tous les éléments de la vie (la nature, la flore, la faune ..), c'est un monde vibrant de vie qu'il a su créer.. Et, pour moi, des personnages modèles, avec de bonnes valeurs humaines et qui cherchent à s'en sortir sans écraser les autres. La fin est atypique, j'ai lu dans son journal qu'il a dû se battre pour que son éditeur ne l'a déforme pas et bravo à lui pour avoir eu le courage de se battre pour son oeuvre.. un vrai écrivain avec une belle technique d'écriture et une conviction intime .
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chriskorchi
  11 avril 2013
Une grande leçon de vie
A lire absolument, c'est tristement d'actualité

Ce bouquin n'est pas seulement un roman, c'est le récit de la misère, le récit du combat pour la survie, plusieurs leçons de vie, plusieurs études sociologiques, une étude des comportements humains. Il est écrit de façon claire et limpide, avec des descriptions que certains trouveront trop longues, je les trouve personnellement juste comme il faut. C'est aussi le récit presque historique des prémices de l'avènement du capitalisme aux Etats-Unis, et de toutes les externalités négatives qui s'en suivent. le récit de la vie d'une famille qui va subir la rationalité humaine en matière de travail, le récit du passage de l'ère traditionnelle à l'ère capitaliste... Au milieu des années 30, aux Etats Unis, vous suivrez les périples d'une famille de métayers, les Joad. Une grande leçon de vie, il faut lire ce livre un jour ou l'autre, avec attention, derrière de simples phrases se cachent parfois de grande leçons, de grandes études sociologiques.
"Plus qu'un roman, Les raisins de la colère (The grapes of wrath ) est une étude sociologique d'un phénomène qui marque l'histoire des États-Unis dans les années 1930, soit pendant la période de la "Grande dépression " marquée par les séquelles de la Crise et la sécheresse dans le sud du pays. Si les ouvriers des villes sont durement touchés par les mises à pied des usines et des commerces, les agriculteurs sont également éprouvés par de très graves difficultés. Avec une grande humanité, Steinbeck raconte l'histoire sociale de milliers de fermiers du sud des États-Unis à travers le destin de la famille Joad, une famille dont les conditions de survie sont affectées par des circonstances climatiques et sociales éprouvantes. Ce sont d'honnêtes gens, motivés par la force de la vie. Ils ne cherchent non pas la richesse et la facilité, mais simplement un espace où ils pourront travailler pour gagner leur vie. L'un des thèmes importants de la trame du récit est la dualité entre, d'une part la perte (matérielle et humaine) et le deuil et, d'autre part, l'espoir et le courage
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iseut78
  22 septembre 2019
Enfin j'ai pu comprendre l'engouement dont fait l'objet ce roman. L'écriture de Steinbeck vous emporte à l'époque de la grande dépression aux Etats Unis, après la crise de 1929, où l'on suit une famille de fermiers de l'Oklahoma expulsée par la banque et obligée de quitter leur ferme. La famille Joad nous entraine dans cette vague migratoire, entre misère, famine, mais aussi solidarité et liens familiaux indéfectibles. Sublime ouvrage qui nous prend aux tripes et que je regrette de ne pas avoir lu avant, mais l'erreur est réparée. Quelle belle plume ce Monsieur Steinbeck.
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Ptitmousse
  03 septembre 2019
Quelle poésie ! C'est sublime ! J'avoue être restée en extase et avoir buggé face à des phrases aussi simples et efficaces que "L'aube se leva, mais non le jour" (Est-ce qu'il y a un truc qui cloche chez moi ?!?...) Alors que j'écris cette remarque, je me souviens que cette pureté tellement efficace avait déjà été une de mes remarques de Des Souris et des hommes. Cela semble être la marque de M. Steinbeck. J'ai relevé un nombre incommensurable de citations ! Il trouve les mots justes pour faire comprendre l'ambiance de cette traversée, sa longueur, sa difficulté. Cela m'a fait voyager à travers les États-Unis avec cette famille. J'aimais également la façon de présenter des situations, des personnages a priori sans rapport avec notre histoire, et rattacher les wagons petit à petit. Mais c'était fait avec parcimonie, ce qui fait que l'on n'était pas perdu ni ennuyé.

Pour le thème, c'est un peu "Germinal" version US des années 1920. C'est le roman des pauvres face aux puissants, d'un rêve, d'une terre d'espérance dans laquelle ils mettent tout. Et l'on sent bien qu'ils seront déçus. Parce que, c'est terrible mais, les plus faibles semblent toujours perdre…

C'est aussi une ode à la terre, au travail manuel de la culture, au lien étroit qui se crée entre le paysan et celle qu'il adore ou déteste, lien que viennent détruire les tracteurs.

Dommage pour la fin (qui n'en est pas vraiment une pour moi) et qui m'a frustrée. Bien sûr, une happy end aurait été complètement inappropriée mais enfin une petite conclusion quoi…

Quoi qu'il en soit, une lecture marquante et intense ! Etape suivante : le film…
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Sea
  02 août 2017
« Dans l'âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant des vendanges prochaines » Une écriture descriptive, s'attardant sur les détails. Une pure beauté transpire des pages. Un très grand livre, traitant du sort réservé aux nombreuses familles de fermiers et ouvriers avant pendant et après le jeudi noir de 1929. La crise aux Etats-Unis décrite par John Steinbeck. Il concentre son récit sur une famille de fermiers souffrant des dommages que créent le capitalisme sans foi ni loi, et le productivisme ridicule. La pauvreté, la misère prend les tripes. Les personnages émeuvent d'humilité, de beauté. le lecteur ne peut que s'attacher à tel roman. Personne n'est à l'abris.
Extrait du livre sur fnac.com : « le soleil se leva derrière eux, et alors... Brusquement, ils découvrirent à leurs pieds l'immense vallée. al freina violemment et s'arrêta en plein milieu de la route. - Nom de Dieu ! Regardez ! s'écria-t-il. Les vignobles, les vergers, la grande vallée plate, verte et resplendissante, les longues files d'arbres fruitiers et les fermes. Et Pa dit : - Dieu tout-puissant ! ... J'aurais jamais cru que ça pouvait exister, un pays aussi beau. »
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kouette_kouette
  21 mai 2017
Quand on vit comme moi dans la vieille maison familiale où plusieurs générations se sont succédé, on tombe nez-à-nez avec des livres qui ne nous appartiennent pas. Une mine d'or pour certains. Un sentiment de culpabilité pour moi. Oui, à force de voir ces classiques dans les vieilles bibliothèques de ma maison, je me dis que ça la fout mal de ne pas les lire.
Alors de temps en temps, je me lance... Avec une pointe d'obligation... (qui ne doit pas être sans répercussion sur ma notation)

Ceci dit, je suis quand même capable de reconnaître la profondeur de l'écriture de John Steinbeck sous son apparente simplicité qui met en exergue l'inhumanité d'un exode forcé sous des dialogues d'apparente légèreté.

Je n'en lirais pas des dizaines, des livres comme ça, mais je suis persuadée d'associer définitivement la famille Joad à la grande dépression de 1929 aux États-Unis.
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ahasverus
  27 février 2014
Début des années trente, Oklahoma, Etats-Unis. Tom Joad sort de prison et retourne à Sallisaw. Mais il n'y trouve que crise économique, dust-bowl, et des hommes avec des tracteurs et des papiers sur lesquels il est écrit que les fermiers doivent partir.

L'écriture, Pa Joad n'aime pas ça : "ça lui fait un peu peur. A chaque fois que Pa a vu de l'écriture, y a toujours eu quelqu'un qui lui a pris quelque chose. "

Les Joad, Les Graves, même Jim Casy l'ancien pasteur, qui a "la vocation de guider les hommes" mais qui ne sait pas dans quelle direction, se jettent sur cette route 66 en direction de la Californie, pleine d'oranges, de pêches et de promesses . Et tout l'Oklahoma avec eux.

Publié en 1939, les Raisins de la Colère est un pavé de plus de 600 pages couronné par le prix Pulitzer en 1940. Steinbeck brosse avec beaucoup d'originalité une peinture sociale de l'Amérique de la Grande Dépression, agrémentée d'une galerie de personnages hauts en couleur, et de dialogues parfois improbables, mais toujours criants de vérité. C'est la force de Steinbeck, ce traitement décalé de l'histoire, parfois aux abords de l'absurde. Ainsi en est-il de l'anecdote du cochon que Ma Joad laisse échapper, ou du dialogue autour d'un lapin partagé près d'un feu de camp entre Tom Joad, Jim Casy et Muley Graves.

L'histoire est très bien ficelée. Elle a d'ailleurs donné lieu à une excellente adaptation cinématographique de John Ford, avec un inoubliable Henry Fonda. La fin du film est différente - et moins forte. le fait de voir le film (plusieurs fois) avant de lire le livre n'a aucunement gâché mon plaisir car l'écriture de Steinbeck connait des raccourcis vers l'imagination.

Ce livre est l'un des trois meilleurs de l'auteur, (c'est pas rien : on parle tout de même de John Steinbeck !). Il est très proche par son volume et ses percées mystiques - l'exode, le doute, le péché - de son lointain successeur également adapté à l'écran avec James Dean (avec moins de réussite et ne traitant qu'une partie du livre), A l'Est d'Eden .

Disons pour conclure qu'un bibliophile ne peut pas ne pas lire au moins un Steinbeck, et que s'il doit en choisir un, il faut que ce soit celui-ci, Des Souris et des Hommes, ou A l'Est d'Eden.

Comme dirait une Babelionaute célèbre, ceci n'est que mon avis. Cependant je le partage.
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Marti94
  12 novembre 2017
John Steinbeck fait partie des écrivains du 20ème siècle qui ont choisi de mettre au grand jour les failles, les insuffisances et les injustices de la société américaine.
Avec "Les raisins de la colère" publié en 1939, il complète sa fresque en trois volets sur les difficultés de vie des ouvriers agricoles en Californie.
Dans ce roman épique, il peint avec justesse le sort réservé à toute une famille qui quitte l'Oklahoma pour la Californie. Leur périple va être éprouvant et tragique, de camps de réfugiés en bidonvilles, dans une Amérique en proie à la misère.
C'est la période de la grande dépression mais face à la crise économique on trouve un vibrant appel à la solidarité et c'est ce que j'ai particulièrement apprécié.
Digne de son prix Nobel de littérature, Steinbeck alterne entre l'histoire de la famille Joad et des descriptions poétiques du paysage américain, le tout assemblé donnant une vision à la fois belle et tragique de cette histoire que John Ford a rendu célèbre en l'adaptant au cinéma.
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