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Critiques sur Les Raisins de la colère (260)
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Nastasia-B
  13 août 2012
Juste un mot : SUBLIME !
Une fois n'est pas coutume, je vais essayer de faire court car il n'y a pas grand chose à dire si ce n'est : « Chapeau l'artiste ! »
Imaginez : Vous vivez de la terre en pleine période de crise (dépression post 1929) dans un sale Oklahoma qui refuse d'offrir de bonnes parcelles. Vous êtes endetté auprès des banques au point de devoir quitter votre terre pour honorer vos créances (je vous conseille à ce propos, si vous ne le connaissez déjà, L'Argent Dette sur Dailymotion ou Youtube). Où allez vous ? Là où tout le monde vous dit que c'est mieux ; la Californie, l'Eldorado en quelque sorte (pour mémoire, voir L'or de Blaise Cendrars).
Ouais ! La Californie... et toutes les misères qui vont avec et que vous pouvez vous figurer (du garagiste véreux, aux super propriétaires, toujours prêts à faire travailler à l'oeil une main-d'oeuvre en souffrance).
Ce livre dépasse de loin les frontières des États américains, c'est une allégorie de l'immigration en général. Les Africains, Sud-Américains, Asiatiques qui arrivent péniblement au fond d'un container, sur un radeau ou par quelque autre moyen sommaire et dangereux en Europe ou dans n'importe quelle autre terre soi-disant "promise" doivent vivre à peu près la même chose que les Joad des années 30 aux États-unis.
La magie de Steinbeck, c'est une écriture juste, basée sur un chapitre d'ordre général directement suivi par la mise en situation pour les infortunés Joad. du zéro faute littéraire, un monument de littérature, probablement le plus grand roman du XXème siècle et il s'est même permis le luxe de laisser poindre "le vin de l'espoir" derrière "les raisins de la colère". Chapeau l'artiste ! même si ça commence à faire beaucoup de fois que je l'écris, ce ne sera jamais de trop, du moins c'est mon minuscule avis, qui se balance comme une feuille roussie désespérément accrochée au rameau dans un matin gris de novembre, autant dire, pas grand-chose.

P. S. : même si j'aime assez le film de John Ford de 1940 (donc un an seulement après la sortie du roman), c'est peu dire qu'il est très en-dessous du livre. Vu la densité et la longueur du roman, le réalisateur a choisi de se focaliser sur certains tableaux, il fait notamment l'ellipse de toute la descente aux enfers que constitue le trajet depuis l'Oklahoma jusqu'à la Californie, qui est, personnellement, ce que j'aime le mieux du livre (même s'il m'est difficile de prétendre qu'il existe des endroits que j'aime moins dans ce livre car j'aime absolument tout). Ce film vaut surtout pour l'illustration très réaliste et contextuelle qu'il procure de l'oeuvre de Steinbeck.

N.B. : ce livre est évidemment à l'origine du superbe titre de Bruce Springsteen : The Ghost Of Tom Joad.
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pyrouette
  29 septembre 2012
Il y a d'abord le sentiment d'échec, la culpabilité, le regard sur ce qu'on a perdu, puis le départ. Départ vers une autre vie, une vie meilleure, la promesse d'un eldorado. On se retourne alors une derrière fois vers la terre qui nous a vus naître. le voyage interminable, les premiers morts, la faim, le froid… Mais on y croit toujours parce qu'on a vu les tracts qui promettaient un travail avec un bon salaire. Même si une petite voix nous dit que ce n'est pas normal tous ces gens qui partent dans la même direction. Chacun avec ses rêves dans la tête, tient bon. Puis l'arrivée, la descente aux enfers, la faim, le froid. Pas de maison, peu de travail et le salaire qui ne permet pas de manger à sa faim. Des morts, encore des morts. La cruelle vision des gens du nouveau pays qui ne nous acceptent pas mais qui ont besoin de nous pour le travail. L'inacceptable réalité et l'impossible retour. Alors notre mère qui a toujours tout accepté sans broncher va devenir la citadelle de la famille motivant les uns, câlinant les autres. Mais rien n'y fait, la misère est à nos portes, la désillusion, encore la mort… L'acceptation puis la colère.

Un récit bouleversant mais terriblement réaliste. Une prose sublime sur la crise de 1929 aux Etats- Unis qui me rappelle insidieusement la crise de notre monde moderne. Une chose n'a pas changée, les banques ont toujours le pouvoir ! Un roman à lire ou à relire, c'est grandiose. A prescrire à tous les intolérants de la Terre.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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cmpf
  04 juin 2015
Steinbeck a dit qu'il ne méritait pas le prix Nobel de littérature qui lui a été attribué en 1962. Dans ce cas, à mon avis, beaucoup ne l'ont sans doute pas mérité. Quand bien même il n'aurait écrit que ce chef d'oeuvre, il ferait partie des plus grands.
En tout cas ce titre est allé étoffer ma liste de livres pour une ile déserte ; celle ci changera sans doute au fil du temps mais il ne sera pas parmi les premiers à devoir céder sa place.
Dès les premières lignes, j'ai été époustouflée par la qualité de la prose de Steinbeck. J'avais lu il y a très longtemps Des souris et des hommes mais je n'ai pas souvenir qu'il m'avait autant remué. Moindre maturité sans doute.
La description de la terre, des cultures en train de mourir, le discours des agents de la banque et des propriétaires pour chasser les métayers. Comme celle des vendeurs de voitures d'occasion, des propriétaires de Californie, tout est vraiment très fort. L'évocation de toutes les difficultés auxquelles
les Okies doivent faire face, et qui n'en sont pas vraiment à leurs yeux puisque de toute façon ils ne peuvent faire autre chose qu'aller droit devant, est si réaliste, qu'on ressent la fatigue, la poussière, la volonté tendue jusqu'à la dureté.
Le drame des fermiers chassés de leurs fermes par le Dust Bowl et le rachat de leurs terres par les banques est vu à la fois à travers la famille Joad et quelques personnages qui partagent leurs destins quelques jours ou quelques semaines, mais aussi par la masse de tous les migrants, dans des chapitres où sans personnaliser les dialogues, Steinbeck fait revivre les scènes que tous ont connu face aux commerçants, aux propriétaires.
Tous ces pauvres savent ne pouvoir compter que sur eux-mêmes : « le seul genre de gouvernement qu'on ait qui s'appuie sur nous, c'est la marge de bénéfices. »
Le personnage de Man, cette femme forte, autour de laquelle la famille gravite comme les planètes autour de leur soleil, même si ce sont les hommes qui dirigent, au moins en principe, est particulièrement remarquable. Elle est avec l'un de ses fils, Tom, la charpente de la famille, les deux seuls à s'effacer toujours devant les besoins du groupe.
J'ai été à de nombreuses reprises frappée par la modernité du propos ou son intemporanéïté. C'était en Amérique du Nord dans la décennie 1930, mais cela aurait pu se passer n'importe où, n'importe quand. Quelques transpositions et le propos reste juste et d'actualité.
Une notion qui revient souvent c'est le changement que constituent pour les hommes de ne plus travailler eux-mêmes la terre, de ne plus la toucher que ce soit dans les grandes plaines où les tracteurs retournent la terre ou en Californie où les fermiers sont devenus des commerçants, qui ne la travaillent pas eux-mêmes et parfois ne la connaissent pas. Je ne connais pas le reste de l'oeuvre de Steinbeck et je ne sais pas comment cela s'articule avec d'autres opinions, mais j'ai fort envie de le savoir.

Voilà un avis que je donne très rarement, c'est peut-être même la première fois, mais si vous ne l'avez jamais lu, courez chez votre libraire ou à défaut à la bibli la plus proche. Pour ma part, je suis allée me procurer un autre Steinbeck, et ce ne sera pas le dernier.
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andman
  01 avril 2016
En cette fin des années trente où les terribles effets de la Grande Dépression tardent à s'estomper, le sort du petit fermier de l'Oklahoma n'est guère enviable.

Plus encore que les périodes de sécheresse qui n'en finissent pas d'épuiser une terre déjà appauvrie par le manque de rotation des cultures, l'apparition des premiers tracteurs à chenille va porter le coup de grâce aux petits propriétaires terriens. Les récoltes insuffisantes ne leur permettent pas d'investir dans les nouvelles technologies et voilà bon nombre d'entre eux, déjà lourdement endettés, contraints de céder au grand capital leur lopin de terre poussiéreux.
Ils s'en vont, par familles entières, rejoindre les cohortes d'anciens métayers et de journaliers attirées par la riche Californie à l'arboriculture fruitière gourmande en main-d'oeuvre.

Les Joad, douze miséreux sur trois générations entassés dans un vieux camion brinquebalant, ont dû se résoudre eux aussi à tout quitter du jour au lendemain.
La fameuse route 66 de la migration vers l'ouest doit les conduire sur plusieurs milliers de milles jusqu'à la terre californienne bénie des Dieux. L'espoir de bientôt travailler, de pouvoir enfin manger à leur faim, de recouvrer un semblant de dignité, les fait avancer coûte que coûte vers cet Eldorado de la dernière chance.
Leur courage inébranlable suffira-t-il à triompher de la poisse qui trop souvent colle aux basques des plus démunis ?

Les raisins de la colère”, paru en 1939, relate une des pages les plus douloureuses de l'histoire des États-Unis.
John Steinbeck ne s'est pas contenté de décrire de façon romanesque les dérives et les conséquences du productivisme à outrance. Il a pris soin d'intercaler tout au long de l'intrigue de courts chapitres explicatifs à seule fin d'orienter la réflexion du lecteur. Pas le moins du monde rébarbatifs, ils sont écrits avec inspiration même si de tant à autre on sent poindre l'exaspération de l'auteur face aux aberrations et aux injustices les plus criantes de son époque.

Les nombreux dialogues, traduits de l'américain avec une incroyable justesse, rendent la famille Joad attachante et donnent du rythme au roman.
Le personnage de Man, qui protège tant qu'elle peut ses six enfants, est bouleversant d'abnégation et de pragmatisme. Citadelle familiale et refuge inexpugnable pour les siens, Man du tréfonds de son être sent gonfler et mûrir peu à peu “Les raisins de la colère”...

La prose de cette fresque historico-romanesque est absolument délicieuse, elle a la saveur particulière des oeuvres qui à l'évidence passent à la postérité.
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Kassuatheth
  04 mai 2014
J'ai lu ce livre pour la première fois il y a 50 ans presque jour pour jour (novembre 1964), j'ai vu le film une dizaine de fois et, j'ai choisi Les raisins de la colère parmi mes livres pour une île déserte. Pourquoi? Tout simplement parce que ce roman est tellement dense que je suis persuadé de ne pas avoir encore tout découvert..

Je ne tenterai pas de vous convaincre que Les raisins de la colère est un chef d'oeuvre, presque tous ceux qui m'ont précédé l'ont fait. Je ne vous parlerai pas non plus des réalités économiques décrites. Là aussi, ceux qui m'ont précédé ont fait du bon travail. Je vais me concentrer sur deux aspects seulement du roman sachant qu'il y en a beaucoup plus. On va se partager le travail.

Le premier aspect, est cette dualité que l'auteur met en opposition entre le mépris et la méchanceté des gens bien pensant et de l'autre un groupe de personnes qui démontrent constamment leur humanisme. Cet extrait exprime très bien le mépris et. Je vais m'en contenter pour ne pas trop allonger la critique.

– Tu penses, on n'est pas piqués, nous deux. Ces sacrés Okies de malheur, ils n'ont pas un sou de jugeote, et pas un grain de sentiment. C'est pas des êtres humains ces gens-là, moi j' te le dis. Jamais un être humain ne supporterait une crasse et une misère pareilles. Ils ne valent pas beaucoup mieux que des chimpanzés…

De l'autre côté, nous voyons tous les gestes d'entraide, les partages de la dernière bouchée, le refus de donner pour ne pas humilier la personne qui est pauvre, le père qui se sacrifie pour son enfant et cet honneur auquel ils tiennent…

Le deuxième aspect, c'est l'évolution de la famille Joad. Avant l'éclatement de la famille traditionnelle, il y avait une structure précise : l'homme était le pilier de la famille et, chacun avait sa place et, même le grand père, avait encore le premier droit de parole même s'il n'était plus actif. Ils avaient aussi tout un ensemble de valeurs que chacun devait respecter.

Tout au long de la route, on voit les familles se regrouper et, sans voter quoi que ce soit, établir des règles de fonctionnement pour que tous et chacun soient respectés. La mère a pris une plus grande place mais elle le dit elle-même, ce n'est que temporaire. Même si on est encore dans le malheur, on sait que quelque chose doit et va arriver.

La fin de ce roman est sublime et illustre à merveille la valeur que l'auteur donne à ces personnes.

Cela ne fait pas partie de ma critique, mais est-ce quelqu'un sait ce qui est advenu de ces centaines de milliers de personnes. Sont-elles retournées chez elles ou se sont-elles intégrés à la population locale?
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Pcpa
  11 août 2019
John Steinbeck nous offre ici une nouvelle plongée dans l'Amérique profonde, pauvre et misérable. C'est un roman a très forte dimension sociale. L'écriture est remarquable.

A la façon d'Emile Zola, Steinbeck nous livre un roman à valeur quasi historique, on est dans ce grand mouvement qu'est le naturalisme dont Zola a longtemps été le chef de file.

Ce roman, considéré comme l'un des plus aboutis de Steinbeck, prix nobel de littérature, a été écrit à la fin de la première moitié du 20ème siècle. Il est relatif à l'exode des peuples qui fuit la misère en parallèle à la mise en place du grand capitalisme de notre bon vieil Oncle Sam...
Un sujet terriblement d'actualité encore....
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Kittiwake
  25 septembre 2018
Certains textes classiques exploités au cours des années studieuses, commentés, analysés, peuvent à la longue faire partie de notre culture inconsciente au point qu'après des années, l'on s'imagine à tort se lancer dans une relecture. Et avoir la surprise de parcourir des chapitres inconnus, une histoire presque nouvelle. écrite de façon très moderne, préfigurant ces romans américains qui sont maintenant un fond de commerce pour les maisons d'édition.

Le plus étonnant, c'est qu'avec le récit consacré à la famille Joad, chassée de ses terres familiales par l'industrialisation de l'agriculture, et parcourant les Etats unis d'est en ouest vers l'eldorado californien, il suffirait juste de modifier le nom des états et des villes pour se retrouver dans une réalité bien plus proche de nous, avec la migration vers l'Europe de tous les perdants de la guerre, de la famine et de la politique économique internationale. C'est exactement le même problème : un abandon incontournable de son territoire d'origine, un voyage semé d'écueil, non loin de nombreux compagnons d'infortune, et surtout le rejet massif à destination. Car ils dérangent, ces étrangers, en loque, usés, malades, affamés, et qui ont l'impudence de réclamer du travail! Et pourquoi pas un logement et de la nourriture? On en était là dans les années qui ont précédé la seconde guerre mondiale aux USA. On en est là de nos jours en Europe.
La révolte des Okies signe les débuts du syndicalisme et de la chasse aux sorcières qu'il entraina. Steinbeck fait aussi la démonstration de la folie du système : une production de fruits cueillis par les ouvriers sous-payés et que personne ne pourra acheter . Tout le monde y est perdant.

Les personnages sont forts. Tout repose sur la vaillance de la mère, qui se bat pour nourrir la famille, qui console, guide, soutient , malgré les difficultés. Sans elle, le péril n'aurait pas abouti.

Le récit est dense, et les Joad expérimentent de nombreuses difficultés qu'ils croient toujours sur le moment être le pire du pire. Et pourtant… On se doute de l'issue d'une telle entreprise, même si l'auteur clôt le roman sur une magistrale scène finale, que John Ford n'a pas repris dans le film réalisé en 1940 (de même que le scénario du film est une sorte de puzzle des différents épisodes relatés dans le roman).

Donc , à lire ou à relire, tant le thème est d'actualité.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Gwen21
  01 mai 2018
Très souvent, quand on vous parle depuis des années de certains livres comme de chefs-d'oeuvre absolus, quand à l'école on vous en a fait étudier des extraits, exercices de dissection qui hélas éveillaient moins l'intérêt que l'ennui dans une jeune cervelle, tant d'éloges finissent par nuire à l'attraction que peuvent exercer de tels livres ; ils finissent par faire peur aux lecteurs, il émane d'eux une espèce d'aura fabuleuse et mystique dans laquelle on n'ose pas pénétrer. Mais quand, enfin mûr et prêt à sauter le pas, on s'y engage résolument, très souvent aussi, il arrive qu'on n'ait pas à regretter sa témérité car, en effet, on découvre des pépites qui frapperont à jamais l'imagination.

Pour moi, il en fut ainsi de plusieurs romans, je n'en citerai que quelques uns : "Le guépard", "Des souris et des hommes", "Les misérables", "Cent ans de solitude", "Crime et châtiment", "Le petit prince", "Germinal", "Lolita", "Autant en emporte le vent", etc. et je peux désormais ajouter "Les raisins de la colère" à cette liste non-exhaustive qui, j'en suis convaincue, se complétera encore tout au long de ma vie de lectrice.

Au-delà de l'écriture réaliste de son auteur servant à merveille le caractère social du roman, "Les raisins de la colère" dévoile une telle modernité dans les rapports des hommes à la société, une telle universalité dans les sentiments et les valeurs explorés, enfin une telle humanité à travers ses personnages sincères et entiers, qu'il convainc rapidement le lecteur d'être en présence d'une belle littérature, de celles qui marquent, qui durent et qui bouleversent. N'est-ce pas la définition d'un chef-d'oeuvre ?

Steinbeck engage ses opinions dans son récit, il écrit en activiste, il décrit pour mieux dénoncer et soulever notre indignation. Il écrit en journaliste, il témoigne pour accuser et soulever notre indignation. Il écrit en homme, il compatit pour mieux nous faire ressentir l'indignité de la société et soulever notre indignation. Aussi, est-il difficile de rester insensible à ce thème des flux migratoires qui est plus que jamais d'actualité ; aussi est-il difficile de ne pas porter toute son attention sur la famille Joad et son exil douloureux ; aussi est-il impossible de ne pas ressentir profondément leurs espoirs et leurs désespoirs.

Un très très grand roman.


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Ambages
  11 décembre 2017
« Dans l'âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines. »

Magnifique ! Si ce livre n'éveille pas une conscience politique alors rien ne peut y faire. J'ai été envoutée par ces lignes qui vous plongent dans une réalité crue, cruelle et vous font ressentir ce qu'à pu être cette vie insupportable sur les routes, cette vie de déracinés, de souffrance et d'entraide. Tout est creusé avec minutie par John Steinbeck, il a tout vu, tout ressenti, compris et l'écrit avec une sensibilité incroyable. La terre, les machines, l'amour familial, la religion, les banques inhumaines, les hommes de tous les horizons, les idées et le temps, radieux brûlant ou gris et pluvieux, et l'enfance aussi. J'ai eu une admiration sans limite pour Man, une merveilleuse femme. La fin est sublime.

« J'écoute tout le temps. C'est pour ça que je réfléchis. J'écoute les gens parler et bientôt je sais tout ce qui se passe en eux. »
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palamede
  26 mai 2016
La Grande Dépression et la sécheresse l'ont jetée sur les routes comme beaucoup de petits fermiers de l'Oklahoma. La famille Joad, le coeur rempli d'amertume, doit quitter la terre qu'elle a travaillée, abandonner tout ce qui n'est pas indispensable.

Dans leurs camions surchargés, elle et ses compagnons d'infortune connaissent la peur de tomber en panne, l'épuisement et le soleil brûlant, mais ils ont espoir en une nouvelle vie en Californie dont ils espèrent beaucoup. Trop peut-être. Quelque part ils ont lu qu'au bout de la longue route 66, on embauchait en toutes saisons pour la cueillette des pois contre de gros salaires. Dès lors pourquoi ne pas espérer et faire des projets, quitte à ignorer ceux qui en reviennent et disent que les « Okies » ne sont pas les bienvenus et crèvent de faim en Californie.

John Steinbeck est un écrivain engagé qui a souvent pris la défense des plus pauvres. Avec Les Raisins de la colère, publié en 1939, qu'il estime comme sa meilleure oeuvre, il s'engage un peu plus (après Des souris et des hommes) dans la dénonciation d'un système économique inique. Une position contestataire dont il craignait les réactions de rejet qui n'ont pas eu lieu, au contraire, ce chef d'oeuvre de la littérature américaine a immédiatement été reconnu comme tel et a été récompensé par le prix Pulitzer.
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