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Louis Guilloux (Traducteur)
EAN : 9782070366927
341 pages
Gallimard (15/10/1975)
4.06/5   150 notes
Résumé :
En Californie, entre Salinas et Monterey, des familles de fermiers vivent prospères et paisibles. La terre est riche et facile à travailler, les fruits des jardins sont les plus beaux de Californie. John Steinbeck décrit ces familles avec tendresse et humour. Le même paysage rassemble des personnages très divers qui, sous le même ciel, construisent un rêve intimement mêlé à la terre, aux fleurs, aux animaux, au grand souffle cosmique des saisons.
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Nastasia-B
  29 septembre 2014
C'est toujours un grand privilège d'avoir John Steinbeck comme guide touristique et de partir en excursion avec le portraitiste officiel de la vallée. Il nous présente cette vallée californienne à deux pas de Monterrey et de Salinas, et plus particulièrement, ses habitants, avec leur part d'ombre et de mystère, leurs faiblesses qui les rendent tellement attachants.
Bien que les personnages soient partiellement récurrents, il s'agit plus d'un recueil de nouvelles que d'un roman à proprement parler. Chaque chapitre est une nouvelle en soi et présente un personnage ou une famille différente.
Cet ouvrage fait énormément penser à La Grande Vallée, et, bien qu'antérieur, tous les ingrédients stylistiques sont les mêmes. Comme dans La Grande Vallée, vous aurez votre lot d'âmes frustrées, de doux rêveurs décalés (un peu comme le Danny de Tortilla Flat), des sortes de petits monstres inoffensifs (souvenez vous de Johnny L'Ours encore dans La Grande Vallée).
Peut-être sont-ce les ingrédients universels de Steinbeck, car il semble affectionner les monstres (Lennie dans Des Souris Et Des Hommes, Cathy dans À L'Est D'Eden, etc.). Bref, John Steinbeck toujours flamboyant dans l'écriture mais probablement un petit ton en dessous par rapport à ses grands romans très construits qui ont fait sa renommée amplement justifiée.
Néanmoins, une oeuvre très personnelle, où l'on peut lire en filigrane la propre philosophie du bonheur selon l'auteur, du moins, c'est mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose sous les nuages...
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BillDOE
  17 novembre 2021
Ce sont plusieurs histoires qui n'en font qu'une, celle d'une vallée cachée en Californie découverte par un caporal espagnol parti à la poursuite d'un daim. Emerveillé par la nature qu'il trouve : « Une longue vallée tapissée de verts pâturages où paissait un troupeau de daims. Des chênes plantureux croisaient dans les prairies de cette charmante vallée, et les collines la défendaient contre le vent et le brouillard. » Il la nommera « les pâturages du Ciel ».
Des années plus tard, colonisée par des fermiers, John Steinbeck raconte ces gens, leurs joies et leurs douleurs, leur vie et comme souvent dans ses romans toute la riche humanité de leurs existences ordinaires.
On aurait pu croire lire les contes et légendes de ce petit paradis si la nature vraisemblable des situations n'avait pas rattrapé la magie de ces chroniques. L'auteur fait une parfaite synthèse de chacune de ces destinées : « La plupart des vies prennent la forme d'une courbe. D'abord une montée vers l'ambition, le pic arrondi de la maturité, la pente douce de la désillusion, et enfin le terrain plat de l'attente de la mort. »
« Les Pâturages du Ciel » est une merveilleuse peinture de la lutte entre les ambitions des hommes et leur fatum.
Traduction de Louis Guilloux.
Editions Gallimard, Folio, 341 pages.
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Allantvers
  19 novembre 2019
Petite merveille découverte presque par hasard que ce Steinbeck-là!
Le titre pose le sujet : nous sommes au coeur du paradis sur terre ou presque, à savoir la fameuse vallée de la Salinas à laquelle Steinbeck revient toujours pour évoquer l'essentiel. Dans une suite de chroniques très cinématographiques, l'auteur nous emmène à la rencontre des habitants de cette vallée, autant de personnages d'une fulgurante authenticité qu'avec son talent habituel il rend vivants en moins de deux phrases : fermier cupide, laboureur solitaire, prostituées solaires, tout ce petit monde qui s'agite, rêve et interagit en une suite de tableaux bucoliques est un enchantement pour le lecteur, et pour moi une occasion de retrouver le climat si particulier de l'un de mes auteurs préférés. A savourer!
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MadameTapioca
  06 août 2022
C'est une longue vallée tapissée de verts pâturages, une vallée fertile ornée de chênes plantureux. Un coin de terre quelque part en Californie, entre Salinas et Monterey, un coin de paradis. Quelques familles y vivent paisiblement, entre leurs fermes, l'école, le magasin général et le bureau de poste.
Ce roman se déroule donc au coeur du "pays de Steinbeck". Roman ou nouvelles. La structure est la même que dans Rue de la sardine: un lieu et à chaque chapitre un récit centré sur une des familles de la vallée. Les nouvelles sont donc indépendantes mais interconnectées par la géographie et par certains personnages que l'on retrouve. C'est le cas surtout des Munroe dont chaque apparition annonce un changement pour le pire. Agents d'un destin malin, ils brisent sans le savoir les rêves, les fantasmes ou les illusions de leurs voisins.
On retrouve avec régal la prose limpide de Steinbeck, son utilisation frappante des images, sa puissante évocation des lieux, sa capacité à transformer des gens ordinaires en personnages mémorables.
Toutes les histoires sont imprégnées de sa compréhension profonde du lien qui uni les êtres humains à leur chez eux. Steinbeck n'avait que trente ans lorsque ce livre a été publié. Comment quelqu'un de si jeune pouvait être si sage sur la condition humaine? Il semblait déjà comprendre ce qui fait de nous des êtres imparfaits.
Cette oeuvre de jeunesse, douce-amère, est à mon avis une des masterpieces de la bibliographie de Steinbeck. Ne passez pas à côté.
Traduit par Louis Guilloux
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Luniver
  16 juillet 2017
Les pâturages du Ciel sont une terre bénie, qui offre un espace de sérénité et des terres fertiles à quiconque décide de s'y installer. Certains y vivent depuis plusieurs générations, d'autres viennent s'y réfugier avec quelque drame personnel. Steinbeck nous présente chaque famille, avec ses rêves et ses malheurs, ses obsessions étranges parfois. D'un homme obsédé par la fondation de sa dynastie familiale, un autre à la fortune imaginaire et un dernier fasciné par les pendaisons. On croise la route d'une personne réellement folle, mais l'auteur nous la rend sympathique, nous laissant même avec le doute que ce soit la seule personne du village qui ait vraiment compris la vie.
Malgré le côté un peu désuet du roman (qui lui donne d'ailleurs un certain charme), avec ses grandes fermes et l'arrivée du confort moderne, les archétypes des habitants sont universels, et on peut se reconnaître dans beaucoup : un rêve caché, un espoir secret qui ne meurt jamais malgré les années qui passent, …
Si un logement se libère aux Pâturages du Ciel, ne laissez pas passer votre chance !
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   15 juillet 2017
Après les indispensables obligations de vivre et de se reproduire, l'homme a, de plus, besoin de laisser quelques archives de lui-même, une preuve, peut-être, qu'il a vraiment existé. Il laisse cette preuve sur le bois, sur la pierre, ou dans la vie des autres gens. Ce désir profond existe chez tous les êtres, depuis le garçon qui écrit des mots impurs dans une toilette publique, jusqu'au Bouddha qui grave son image dans l'esprit de sa race. La vie est tellement irréelle. Je pense que nous doutons terriblement de notre existence et que nous tentons toujours de nous prouver qu'il est bien vrai que nous vivons.
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Nastasia-BNastasia-B   01 septembre 2012
Vous savez que je ne mange jamais de poulet. Je ne souffle jamais mot à personne pourquoi je n'en mange pas. Je me contente de dire que je n'aime pas le poulet. (...) Quand j'étais gosse — âgé de douze ans — j'avais l'habitude de livrer quelques provisions d'épicerie avant d'aller à l'école. Bon. Près de la brasserie, vivait un vieillard infirme. (...) Il avait une jambe coupée, à hauteur de la cuisse (...). Avec sa béquille, il allait et venait assez bien, mais plutôt lentement. Un matin, comme je passais par là avec un panier rempli de marchandises, ce vieillard était dehors, dans sa cour, occupé à tuer un coq. Ce coq était le plus gros Rhode Island rouge que j'aie jamais vu. Ou peut-être était-ce parce que j'étais si petit que le poulet paraissait si énorme. (...) Ce vieillard tenait une hachette dans son autre main. Au moment où il visait le cou du coq, sa béquille glissa un peu, le poulet se tortilla dans la main du vieux qui lui coupa complètement une aile. Et alors, ce vieux-là devint presque fou furieux. Il se mit à donner des coups et des coups de hache toujours au mauvais endroit, dans la poitrine et dans l'estomac. Puis la béquille glissa un peu plus et lui fit perdre complètement l'équilibre, juste comme il allait frapper. Il coupa net une des pattes du poulet et trancha du même coup son propre doigt. (...) À ce moment-là, le vieillard laissa carrément tomber le coq par terre et rentra dans la maison en clopinant, en soutenant son doigt. Et ce coq, dont les boyaux pendants traînaient par terre, se mit à ramper en faisant entendre une espèce de croassement. (...) Eh bien, Mr Banks, je n'ai jamais tué un poulet depuis lors, et je n'en ai jamais mangé un seul. J'ai essayé d'en manger, mais à chaque fois, je vois ce damné Rhode Island rouge se sauver en rampant.
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Cricri08Cricri08   30 août 2021
Dans l'Ouest, où, si deux générations d'une même famille ont habité la même maison, cette maison est considérée comme vieille, et la famille comme une famille de pionniers, on éprouve, pour ces vieilles maisons, une sorte de vénération mêlée de mépris. Il y a très peu de vieilles maisons dans l'Ouest. Ces Américains remuants qui ont colonisé la terre n'ont jamais pu rester bien longtemps en place. Ils bâtissaient des maisons de camelote, et bientôt repartaient vers quelque nouvelle Terre Promise. Les vieilles maisons sont presque toujours froides et laides.
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AllantversAllantvers   13 novembre 2019
Julius ne savait rien du mépris de ses voisins pour lui. Il était toujours magnifiquement heureux. Sa vie était aussi fantastique, romantique et sans importance que sa pensée. Il lui suffisait de s'asseoir au soleil et de laisser ses pieds tremper dans le ruisseau. S'il n'avait pas de bons vêtements, au moins il n'avait à aller nulle part où l'on exige de bons vêtements.
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LuniverLuniver   25 juin 2017
Quand elle sortait avec des garçons, elle parlait d'idéal avec beaucoup d'émotion. Mae savait peu ce qu'était l'idéal, si ce n'est qu'en quelque sorte il décidait de la qualité des baisers qu'on recevait en rentrant de voiture à la maison après le bal.
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Vidéo de John Steinbeck
Agnès Desarthe lit « Nevermore » de Cécile Wajsbrot.
Lecture suivie d'un dialogue sur la re-traduction avec Élise Lépine.
Elle-même traductrice et auteur de trois re-traductions – La chambre de Jacob de Virginia Woolf, Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, d'Alice Munro et Des souris et des hommes, de John Steinbeck (à paraître), Agnès Desarthe donnera une lecture de Nevermore, le roman de Cécile Wajsbrot qui met en scène une traductrice aux prises avec une nouvelle version de To the Lighthouse. Dans ce texte, la narratrice/personnage/traductrice remet sans cesse sur le métier le roman de Virginia Woolf qu'elle connaît par coeur et qui génère, outre un éventail de phrases et d'interprétations qui se déploient à partir de l'original dans une quête éperdue de l'exactitude, une réflexion vivante et multiforme autour de la disparition.

À l'occasion de la 6e édition du Printemps de la traduction – Les traducteurs parlent aux lecteurs.
À lire – Agnès Desarthe, Ce coeur changeant, éd. Points, réédition 2021 – 2015.
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