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EAN : 9782730400909
224 pages
Nouvelles Editions Oswald (30/11/-1)
3.96/5   13 notes
Résumé :
Texte intégral révisé suivi d'une biographie de John Steinbeck. Écrit pendant la Seconde Guerre mondiale par John Steinbeck, qui était à l'époque Correspondant de guerre pour le "New York Herald Tribune", "The Moon Is Down" -- "Nuits noires" ou "Lune noire" selon les traductions françaises, le titre étant tiré du "MacBeth" de Shakespeare -- a été traduit et diffusé clandestinement par la Résistance dans la plupart des pays européens occupés par l'Allemagne nazie.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Warrenbismuth
  26 février 2021
Écrit aux États-Unis en 1942, en pleine guerre mondiale, ce roman est rapidement traduit en français, et paraît tout d'abord en Suisse sous le titre « Nuits sans lune », mais dans une version expurgée et incomplète. En France, les éditions de Minuit clandestines, alors en résistance contre l'occupant nazi, décident d'en sortir une version intégrale. La traduction est l'oeuvre d'Yvonne DESVIGNES, et le titre est désormais « Nuits noires », parution le 29 février 1944. C'est le plus fort tirage de toutes les éditions de Minuit clandestines, 1500 exemplaires imprimés. John STEINBECK est aussi le seul auteur étranger à figurer dans ce catalogue (1942-1944). C'est par ailleurs loin d'être un inconnu à cette époque, puisqu'il a déjà écrit certains de ses chefs d'oeuvre, dont « Des souris et des hommes », « Tortilla flat » ou encore le très célèbre « Les raisins de la colère ».
Après la libération, STEINBECK voyage en France. VERCORS, cofondateur des éditions de Minuit clandestines, se tient dans la même pièce que lui et veut alors le saluer. Par l'intermédiaire de son secrétaire particulier, STEINBECK fait comprendre qu'il ne souhaite pas rencontrer VERCORS (c'est VERCORS lui-même qui raconte dans « La bataille du silence »), se bornant à dire à son porte-parole « no time ». S'ensuit un immense désappointement de VERCORS.
« Nuits noires » sera réédité à plusieurs reprises, notamment dans les années 1990, mais avec un titre différent : « Lune noire ». La lecture proposée ici est cependant bien la même traduction (ainsi que le même titre) que celle publiée initialement chez Minuit, elle est sortie en 2013 chez La République des Lettres. Voilà pour l'histoire du livre. Mais de quoi est-il question ?
En Scandinavie pendant la deuxième guerre mondiale, dans un pays qui pourrait être la Norvège, l'occupant armé de mitrailleuses vient déposer ses valises dans une ville après un assaut musclé. Ayant subi des pertes humaines, il tient désormais à se faire respecter. Il se pourrait qu'au coeur de la ville, l'un des habitants, pourtant connu et apprécié, soit un indicateur, un traître à la cause. le bourgmestre cherche tant bien que mal à jouer son rôle d'élu et reçoit les représentants de l'armée d'occupation. L'ennemi est là pour les mines de charbon qu'il convoite au même titre que les produits de la pêche.
Il est demandé au bourgmestre de collaborer. Ne voulant pas salir sa fonction, il doit ménager la chèvre et le chou dans une ville où il dirige ses administrés dans une sorte d'autogestion généralisée. Mais un homme, résistant, vient de tuer un gradé de l'armée d'occupation et doit être jugé, alors même qu'il est entendu qu'il sera ensuite exécuté. La lutte s'organise. « Ils exagèrent, aussi, à entrer et sortir à toutes les heures de la nuit, et à fusiller le monde ».
Dans ce roman sombre, lucide et engagé, STEINBECK déploie les thèmes du positionnement en temps de guerre, de la collaboration, de la résistance, mais aussi des armes psychologiques comme le chantage ou le mensonge. Il met en avant les fonctions politiques locales dans une ville occupée. STEINBECK ne verse jamais dans le lynchage ni la loi du talion. Son récit pacifiste, humaniste, tourné vers la volonté de bonne entente (par ce thème, il peut être rapproché du tout premier des volumes des éditions de Minuit clandestines, lancé le 20 février 1942, en l'occurrence le très célèbre « le silence de la mer » de VERCORS, où un allemand respectueux et empli de compassion se heurte au mur de silence d'une famille occupée).
« Vous n'êtes plus un homme. Vous êtes un soldat. Votre bien-être ne compte plus et votre vie, Lieutenant, ne compte guère davantage. Si vous en réchappez, vous aurez des souvenirs. Il ne faut pas vous attendre à avoir grand'chose d'autre. Entre temps, vous devez noter les ordres qu'on vous donne et les exécuter. La plupart du temps, ce ne sera pas agréable, mais cela n'est pas votre affaire ». Récit lent, âpre, comme détaché, il est le portrait d'une ville occupée à un instant T, avec ses forces et ses paradoxes, et fait partie des très bons romans de l'oeuvre de STEINBECK.
https://deslivresrances.blogspot.com

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olivierpla
  17 juin 2020
Un petit texte publié durant la 2nde Guerre Mondiale, de manière clandestine (exemplaire de l'époque dont les pages n'étaient pas encore découpées - plaisir et joie d'être le premier lecteur) acheté au marché du livre ancien Georges Brassens à Paris.
D'une manière très simple, il décrit la résistance d'un village occupé face à une armée d'occupation qui utilise la force, après avoir tenté une forme de conciliation avec la population. de très beaux passages mettent en lumière la neige qui tombe et l'étouffement de la vie par la patrouille ennemie qui traverse le silence du village où seul un chien hurle.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
PhilOchePhilOche   29 novembre 2020
Tension et griserie, fatigue, mouvements, tout se confond en un grand rêve gris et, lorsque c’est fini, il est difficile de se rappeler comment c’était quand on tuait des hommes ou que l’on donnait l’ordre de les tuer. Alors, d’autres qui n’y étaient pas vous expliquent comment c’était et vous dites vaguement : « Oui, je suppose que ce devait être comme ça. »
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PhilOchePhilOche   29 novembre 2020
Les cadres militaires et politiques dans lesquels je travaille ont certaines tendances, certaines méthodes qui ne varient pas. »
Orden dit : « Et ces tendances, ces méthodes ont fait faillite à chaque occasion depuis que le monde est monde. »
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Vidéo de John Steinbeck
Agnès Desarthe lit « Nevermore » de Cécile Wajsbrot.
Lecture suivie d'un dialogue sur la re-traduction avec Élise Lépine.
Elle-même traductrice et auteur de trois re-traductions – La chambre de Jacob de Virginia Woolf, Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, d'Alice Munro et Des souris et des hommes, de John Steinbeck (à paraître), Agnès Desarthe donnera une lecture de Nevermore, le roman de Cécile Wajsbrot qui met en scène une traductrice aux prises avec une nouvelle version de To the Lighthouse. Dans ce texte, la narratrice/personnage/traductrice remet sans cesse sur le métier le roman de Virginia Woolf qu'elle connaît par coeur et qui génère, outre un éventail de phrases et d'interprétations qui se déploient à partir de l'original dans une quête éperdue de l'exactitude, une réflexion vivante et multiforme autour de la disparition.

À l'occasion de la 6e édition du Printemps de la traduction – Les traducteurs parlent aux lecteurs.
À lire – Agnès Desarthe, Ce coeur changeant, éd. Points, réédition 2021 – 2015.
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