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Critique de yv1


yv1
  27 septembre 2014
Voici un résumé on ne peut plus décousu, mais je m'explique : ce livre est constitué de douze chapitres comme douze nouvelles qui forment un roman. Chaque narrateur tourne, devient un personnage de second plan ou disparaît. Chaque bout d'histoire en éclaire une autre. Tout se passe dans le village, dans un temps très court, avec quelques retours en arrière pour comprendre la situation actuelle et le rôle de chacun. J'aurais pu parler de deux des adolescents du début qui reviennent chacun pour son chapitre expliquer un bout de la grande histoire du village grâce à ce qu'il voit ou entend. Ou encore de ces deux frères fâchés qui ne se voient plus depuis quarante ans. Ou de Renate, l'adolescente qui fuit ses parents et se retrouve en mauvaise posture. Ou de ce handicapé énigmatique qui observe tout le monde à travers ses longues-vues. Un jour une explosion aux abords du village déclenche des scènes de peur, des réflexes étonnants, des rencontres imprévues, un peu comme si la bulle de verre qui chapeautait le village explosait et que chacun commençait à s'ouvrir aux autres. Une tentative au moins. Un petit pas contre le repli sur soi.
Lire cet ouvrage n'est pas un exercice facile comme l'est la lecture de certains best-sellers de cette rentrée littéraire (je ne vise personne évidemment, puisque je n'ai pas lu le dernier -ni les autres d'ailleurs- livres d'A. Nothomb !). Jens Steiner fait appel à l'intelligence du lecteur, à lui de faire le lien entre tous les intervenants, qui comble du vice pour certains, prennent un pseudonyme. Je rassure tout le monde, je ne suis pas fort en général à ce jeu-là, je me perds facilement dès que le nombre d'intervenants dans un livre est important, mais là, j'ai tout réussi, ce qui est, bien sûr, vous l'avez deviné, une preuve de ma grande intelligence -ou du talent de l'écrivain- ! Jens Steiner procède par petites touches, par ellipses et par images. Il commence chaque chapitre sans nous dire qui en est le narrateur, et bien sûr chacun s'exprime à la première personne. On commence dans le flou, on tente de deviner et puis au bout de plusieurs lignes, voire une ou deux pages, on le tient. Ce n'est pas un sentiment très agréable de ne pas savoir qui parle (je dois même dire que sur certains chapitres qui m'ont moins plus, j'ai trouvé le procédé un peu répétitif et longuet), mais la plupart du temps, il fonctionne. le lecteur que je suis n'a jamais entièrement perdu une sensation de flottement, une certaine incompréhension, je me suis parfois fait violence pour finir ma lecture, mais franchement, je ne regrette pas d'avoir été un peu bousculé, la littérature sert à cela aussi, ne lire que des choses très linéaires peut être un peu rengaine parfois, même si j'aime bien aussi des livres avec un début, un développement et une fin, le tout bien calibré
L'écriture de Jens Steiner est simple, minimaliste parfois, lorsqu'il dialogue notamment et que l'interlocuteur principal hésite, n'est pas très à l'aise avec la discussion, poétique, familière, "parlée", elle varie en fonction des narrateurs. Un beau travail de traduction.

Les toutes jeunes éditions Piranha publient un texte original, dense et riche.
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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