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Gilles Perrault (Préfacier, etc.)Simone de Beauvoir (Préfacier, etc.)
EAN : 9782213593388
394 pages
Fayard (01/01/1994)
4.36/5   90 notes
Résumé :
Près d'un million de Juifs ont été brulés dans les fours de Treblinka, avant le 2 août 1943. Ce jour-là, 600 prisonniers armés de grenades et d'armes volées ont attaqué les gardes-nazi, incendié le camp et se sont enfui dans les forêts polonaises à proximité. Parmi ceux-ci, quarante survécurent pour témoigner du courage des hommes face au plus grand mal que l'histoire humaine ait produit.

Quatrième de couverture

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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Ce livre a été écrit comme un témoignage, c'est d'ailleurs ce que prétend l'auteur. Malheureusement, après une grande polémique, de nombreux faits n'ont pas été authentifiés, notamment la façon dont s'est passée la révolte, ce qui classe plutôt ce livre dans la catégorie "roman historique''.

Malgré cela, et après un début un peu long, c'est un petit bijou. Car certaines choses racontées se sont réellement passées. Les fosses communes ont existé, Treblinka aussi.
Ce qui me plaît beaucoup dans ce livre, c'est la façon dont l'auteur raconte, la façon dont il essaie de répondre à une question que je me suis moi-même posée de nombreuses fois, pourquoi le peuple Juif n'a-t-il pas résisté plus tôt ? Comment ce massacre a-t-il pu prendre de telles proportions ? L'auteur donne des explications tout à fait convaincantes. D'un ton neutre, sans jugements. J'ai trouvé ça bien.

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Treblinka : un des pires camps d'extermination, pour autant qu'il soit imaginable d'établir un palmarès.
Treblinka : un roman historique, qui a fait un carton en 1966, 21 ans seulement après la fin de la guerre.
Treblinka : écrit par un jeune juif, qui avait 4 ans au moment des faits, et qui a en partie cristallisé un morceau de la querelle des anciens et des modernes dans l'horreur qu'a été l'holocauste.

Je ne suis pas juive. Mais je suis française. La question de la deuxième guerre mondiale (sous l'angle politico-économique, rationnel, matérialiste) à laquelle Treblinka tente de répondre me hante depuis l'enfance. Pourquoi le peuple juif s'est-il laissé mener à l'abattoir.
C'est une question qui a été reprochée à l'auteur. Pourtant dans son roman j'ai trouvé des éléments d'explication : d'abord la question n'est pas si simple, il faut se représenter la machine, la machinerie, la machination, qui entourait les convois (la fausse gare de Lalka, mais jusqu'où est allée cette folie dépasse vraiment les limites de l'entendement, de l'intelligence). Et puis.... il y a eu des révoltes. Il y a eu des révoltés. Enfermés dans un système absurde et horrible.

Que mes mots sont faibles.

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Treblinka, c'est un roman historique sur un camp d'extermination.

Avant d'écrire cette critique, j'ai appris qu'il y avait une polémique autour de cet ouvrage. Toutefois, je ne me suis pas vraiment informé du contenu de cette polémique.Ainsi, j'espère garder un esprit relativement vierge.

L'aspect qui m'a le plus marqué de cet ouvrage est le personnage nazi qui devient directeur du camp d'extermination. Il en vient à gérer son camp d'extermination comme un patron. Il veut augmenter l'efficacité de sa production .... de la mort. Il a trouvé sa vocation, son métier. Il y est efficace et satisfait de son «utilité sociale». Psychologiquement fascinant. Il y a un détachement par rapport à l'ignominie de sa tâche. Il devient un mathématicien de la mort où l'efficacité de la production de la mort dans son camp supplante la haine du juif. Au final, ce personnage aimerait mieux qu'il se laisse tuer tranquillement plutôt que de les torturer ou de laisser sa haine s'assouvir à travers la torture. Moins atroce? Non. Au contraire. C'est un plan calculé et «rationnel» d'élimination d'une ethnie. C'est terrible.

L'autre côté du roman insiste sur la psychologie juive ou plutôt, les éléments culturels qui expliquent le manque de réactivité des juifs face aux massacres de leur peuple. Il y a des hypothèses intéressantes, mais il est impossible de savoir si c'est basé sur une étude sérieuse de la culture juive.

Le livre aborde une perspective différente sur l'extermination des juifs. Une perspective qui mérite d'être lu. Trêve d'hésitation, ouvrez-moi ce livre!

Bonne lecture!
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Ceci est un livre à ne pas lire avant d'aller se coucher... il est terrible parce que il nous livre l'histoire de Treblinka. Bon nombre de gens ne connaissent que le nom d'Auschwitz, Dachau, Ravensbrück ou Buchenwald. Ce sont eux dont on parle le plus. Ce n'est pas l'école qui m' parlé de ce camp dont je ne connaissais pas l'existence jusqu'à ce que je décide de me pencher sur cette période sombre de notre histoire : le seconde guerre mondiale.

Qu'avait donc de différent ce camp de Treblinka ? Ce n'était pas un camp de concentration, mais un camp d'EXTERMINATION.

Cela change tout... Enfin, si l'on veut. Dans ce camp, on ne demandait pas aux hommes, aux femmes et aux enfants qui y étaient envoyés de travailler jusqu'à l'abêtissement, jusqu'à l'épuisement physique et intellectuel.

Non, on leur demandait de mourir. Directement...

Ils y moururent très nombreux. Jusqu'à ce qu'un jour, certains parmi eux décident de porter témoignage devant L Histoire, pour qu'on ne puisse jamais oublier la folie de Treblinka.

Quand je vous disais qu'il ne faut pas lire ce genre de livre au soir... Mais si vous le lisez, vous saurez comment certains ont tout de même survécu et ils vous raconteront leur histoire.
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"Treblinka" est l'oeuvre d'un halluciné qui a réussi à se mettre dans la peau de personnages inventés (un peu comme dans "La mort est mon métier" de Robert Merle, "Les bienveillantes" de Jonathan Little ou les livres de James Michener) pour nous faire comprendre "de l'intérieur" la (relative) passivité des Juifs durant la Shoah et le machiavélisme des nazis.
"Treblinka" débute par le ghetto de Varsovie et finit par la révolte des Juifs du camp d'extermination : c'est haletant de bout en bout...
On en ressort bouleversé, mais aussi plus intelligent.
A noter que l'auteur s'est suicidé après avoir écrit son livre.
A noter également la préface profondément insipide de Simone de Beauvoir.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Cela avait été un homme calme et doux, bon juif, bon père et bon mari. Il était arrivé à Treblinka avec toute sa famille et il n'avait jamais compris quelle force l'avait poussé à prétendre qu'il était charpentier. Après avoir passé sa première nuit à dire le "kaddish", il avait sombré dans un état de catalepsie pour échapper à l'horreur de la situation. Depuis, il n'était plus soutenu que par cette mystérieuse volonté ancestrale de vivre qui avait fait que ses ancêtres avaient survécu à tous les empires, à toutes les tempêtes, à tous leurs ennemis et à tous leurs amis, à tous ceux qui leur avaient dit :"meurs, Juif !", et à tous ceux qui leurs avaient dit : "vis, mon frère. Tu es un homme comme tous les hommes !" Son nom, plus personne ne s'en souvient, la tradition orale du camp de Treblinka n'a gardé que le souvenir d'un visage rond, qui semblait avoir été fait pour sourire , de deux yeux au regard perdu, d'une silhouette petite et lasse. On l'avait amené dans ce coin à l'écart où les cadavres étaient entassés au sortir des chambres à gaz avant d'être traînés vers les grandes fosses. On lui avait mis dans les mains une paire de tenailles et on lui avait dit d'ouvrir toutes les bouches et d'arracher les dents en or qui pouvaient s'y trouver, mais il n'avait pas compris. C'était beaucoup trop difficile pour lui. La pince pendue au bout de son bras, il avait erré parmi les cadavres en murmurant le "kaddish" pour tous ces frères morts.
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“Comme il [Herbert Floss] l’expliqua, tous les cadavres ne brûlaient pas de la même manière, il y avait de bons cadavres et de mauvais cadavres, des cadavres réfractaires et des cadavres inflammables. L’art consistait à se servir des bons pour consumer les mauvais. D’après ses recherches (…), les vieux brûlaient mieux que les nouveaux, les gras que les maigres, les femmes que les hommes et les enfants moins bien que les femmes mais mieux que les hommes. Il en ressortait que le cadavre idéal était un vieux cadavre de grosse femme.”
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“Regarde-moi, je suis belle. Regarde-moi, je vais mourir. Regarde mon corps, regarde comme il est beau. Il était fait pour aimer, il était fait pour la vie, pour les caresses. Regarde-le! N’est-il pas beau? N’est-il pas jeune? N’est-il pas ferme? Il veut vivre, il veut aimer, Dieu l’a dessiné pour l’amour.”
Elle laissa retomber ses mains qu’elle avait remontées le long de ses hanches et de ses flancs, puis, après un instant d’immobilité, son visage lumineux se déchira en sanglots.
Deux gardes ukrainiens que le bruit avait attirés l’emmenèrent derrière la baraque et ses sanglots de désespoir devinrent des sanglots de douleur.”
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“A quelques dizaines de mètres de là, d’immenses brasiers hauts de plusieurs mètres vrombissaient. Les visages des morts reprenaient, au moment où les flammes les atteignaient, une vie soudaine. Ils se tordaient et grimaçaient comme déformés par une douleur insoutenable. La graisse liquide et la lymphe qui perlaient soudain recouvraient leur visage d’une sorte de sueur qui renforçait encore l’impression de vie et d’intense souffrance. Sous l’effet de la chaleur, le ventre d’une femme enceinte éclata comme un fruit trop mûr libérant le fœtus qui s’embrasa d’un coup.”
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Dans la Rome ancienne, on tranchait la tête des messagers de mauvaises nouvelles; à Lodz, à Vilna, comme à Bialystok et à Varsovie, on se contentait de ne pas les écouter.
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