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ISBN : 2749932629
Éditeur : Michel Lafon (14/02/2019)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 12 notes)
Résumé :
La nouvelle série de la reine du polar suédois.La timide Tuva n'a pas grand-chose en commun avec ses camarades de classe. Elle ne se sent bien que sur l'île où elle habite, dans l'archipel de Stockholm dont elle connaît chaque recoin. Mais, alors que l'automne arrive, le changement se profile dans ce havre si tranquille. Des gens disparaissent en mer, des ombres se cachent sous les vagues et d'étranges lueurs éclairent la forêt. Lors d'une sortie, l'un des élèves s'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
PapillonVoyageur
  04 avril 2019
Tout d'abord, il faut savoir que le premier tome clôturait un arc sur les mystères de l'Archipel de Stockholm, tout en répondant à des interrogations sur Tuva, automatiquement suivies de nouvelles questions à son sujet… En soi, il y avait une certaine fin, mais en même temps, un suspense planant au-dessus de l'univers des deux autrices, un creux à combler amenant une certaine frustration. J'étais plus qu'heureuse de débuter cette suite qui, je l'espérais, répondrait à mes nombreuses questions quant au peuple de l'océan et à la nature de Tuva. J'ai apprécié les petits rappels sur l'intrigue du premier opus qui nous sont faits, nous rappelant avec subtilité ce qui s'était passé. J'ai adoré replonger dans l'univers des deux autrices, un univers qui m'avait manqué depuis tout ce temps que j'attendais la suite. le scénario s'assombrit de plus en plus, au fil des pages qui se tournent. On retrouve l'aspect noir du premier livre, mais de manière plus poussée, comme si les ténèbres s'imprégnaient lentement des pages. Une immersion totale dans une intrigue bien ficelée, où frissons et tensions ne vous quittent pas une seconde. Tout le long de l'histoire, j'ai senti un certain malaise me saisir. Un malaise qui refusait de partir. J'éprouvais excitation et appréhension à l'idée d'atteindre la dernière page, parce que j'avais peur de ce qui allait se dérouler. Pourtant, malgré l'angoisse, je n'ai pu m'empêcher de tourner les pages. Encore et encore. Un véritable page-turner à vous glacer le sang !​
Côté écriture, j'avais oublié à quel point ce roman se lit vite. Il contient des phrases et des mots simples, maniés à la perfection et ancrés dans un rythme difficile à déprécier. Il s'agit d'une traduction, j'en ai conscience. Et celle-ci est vraiment réussie. Elle régale les yeux, sans pour autant se montrer alambiquée et complexe. Tout réside dans sa construction basique. Comme quoi, la simplicité peut vraiment rendre accro, parfois. Cette simplicité associée à Tuva et son jeune âge. D'ailleurs, ça aussi, c'est quelque chose que j'adore dans cette saga : l'âge de Tuva respecté dans la narration. Bien que mature pour son âge, l'héroïne du roman s'exprime à la première personne dans la narration. Nous suivons tout à travers son regard, nous la voyons évoluer, nous grandissons avec elle. J'ai apprécié de constater qu'envers et contre tout, elle restait une pré-adolescente dans ses paroles et dans son attitude, dans certaines situations. Ce thriller fantastique ne se départit pas de cohérence et de réalisme, autant dans le scénario que dans la plume…
De nouveaux personnages interviennent dans le récit, mais très secondaires. Nous gravitons surtout autour des protagonistes principaux que nous connaissons depuis le premier tome, toujours selon le point de vue de Tuva. Alors, j'étais un peu dégoûtée de voir Rasmus en retrait à ce point, mais en dehors de ça, j'ai été subjuguée par l'évolution des personnages plus qu'incroyable ! Tuva, déjà mature, devient encore plus adulte en oubliant même de quelle manière on redevient une ado normale. Par cette histoire, nous en apprenons un peu plus sur ses origines, mais aussi sur elle, son identité, ses doutes et ses peurs. Elle se demande où est véritablement sa place, se cherche, sans parvenir à se trouver. Une vraie quête de soi, mise en fond pour laisser l'intrigue principale prendre le dessus. J'ai été quelque peu déçue du personnage de Rasmus, dont les réactions m'ont énervée. La façon qu'il a de gérer sa relation avec Tuva m'a déplu, à tel point que l'estime que j'avais pour lui est redescendue dans ce tome. J'espère que, s'il y a une suite (normalement ?), ce personnage s'améliorera et que je pourrais recommencer à l'apprécier. Dans le premier tome, il avait justement bien agi, frôlant même de trop près la perfection. Au moins, cette suite aura contrebalancé la cadence, nous rappelant par ce biais que chaque être humain a des défauts. En dehors de ce duo, j'ai adoré le rapprochement entre Tuva et un certain personnage, dont je ne parlerai pas, pour ne pas spoiler. Mais, c'était vraiment sympa à suivre !
Lorsque j'ai atteint la fin, j'étais plus que triste de devoir quitter cet univers à nouveau… J'éprouve une sensation d'arrachement, de réveil abrupt après un merveilleux rêve (même si l'on pourrait plutôt associer cette saga à un cauchemar, quand on voit comme ils en bavent tout au long du récit !). L'envie de me replonger dans les aventures de Tuva me titille, me nargue, mais je sais que ça m'est impossible. J'ai l'impression de ne pas en avoir eu assez, une sensation de manque ne cesse de m'oppresser. D'autant plus qu'il s'agissait d'un final sensationnel ! de l'action, du stress, des ultimatums, de la rage, de la peur… Tout y était, tout s'entrechoquait, tout s'accélérait. le début et le milieu faisaient vaciller le lecteur, tiraillé entre diverses émotions contradictoires. Des montagnes russes de sentiments, allant d'extrêmes à extrêmes. Ici, la fin, c'est un mur. Un mur sur lequel on nous pousse. Ça fait BANG, ça fait BOOM, ça fait mal. En plus ? Ce n'est que le commencement. le pire ? C'est qu'il faut encore attendre. FRUSTRATION ! Malgré tout, ce final explosif aura comblé toutes mes attentes, me confortant dans l'idée que ce roman est fabuleux.
Grosso modo, si vous avez apprécié (ou adoré) le premier tome de L'Île des Disparus, écrit par Viveca et Camilla Sten, vous devez succomber à cette suite. Plus palpitant, plus angoissant, plus enrageant, ce deuxième opus vous entraînera au fond de l'eau jusqu'à vous couper le souffle. Au fil des pages, vous sentirez votre respiration vous quitter, mais vous ne pourrez pas vous arrêter. Ce livre addictif ne se lit pas, il se gobe tout cru ! À l'instar du premier tome, L'Île des Disparus, tome 2 : le Secret du Brouillard figure parmi mes premiers coups de coeur de l'année 2019 !
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Walkyrie29
  06 mars 2019
Une seconde fois, la mère et la fille Sten nous plongent dans l'atmosphère brumeuse et langoureuse des mythes de la mer Baltique, une réussite !
Depuis l'automne dernier, Tuva sait qu'elle est différente, c'est une changlin, un être de légende capable de respirer sous l'eau grâce aux branchies qu'elle cache, aux êtres humains qu'elle fréquente, avec une écharpe. Grâce à son chant, elle a pu vaincre les créatures qui menaçaient les hommes et hantaient les eaux de la mer Baltique l'automne dernier. Aujourd'hui, le printemps tente avec peine de percer un brouillard épais et étrange qui s'est installé depuis quelque temps dans l'archipel, déroutant les plus fins navigateurs. Tapie dans l'ombre, une nouvelle menace semble se profiler, la brume n'est pas innocente et tente de noyer les hommes, « le pacte est rompu » susurre la voix à la fille de l'eau, « les hommes doivent périr pour leur imprudence ». Plongée à nouveau dans le folklore de l'archipel et ses origines, Tuva va devoir affronter un mythe oublié, rancunier et extrêmement vengeur.
Ce que j'aime particulièrement dans cette série, c'est l'atmosphère ténébreuse et lourde où l'on peine à respirer, le lecteur est très vite embarqué dans l'archipel suédois qui vit dans l'humidité ambiante de ce brouillard dense et imposant. de ce phénomène qui s'intensifie et dure depuis des semaines, certains avancent un problème climatique qui se serait déjà produit par le passé causant de grand dégât, d'autres plus discrets abordent les mythes oubliés, un pacte entre les humains et le peuple de l'Océan, une cause plus mystique. Il se dégage ainsi une ambiance austère, qui s'installe peu à peu et se densifie au cours du récit, les gens vivent reclus et les croyances passées se réveillent. le froid, l'humidité et le brouillard épais sont le présage de réveils d'anciennes légendes locales, de créatures agonisantes et terrifiantes, menaçantes, hantant aussi bien les fonds marins que les cimetières locaux.
C'est dans ce contexte que Tuva, l'héroïne et fille de l'eau, doit faire à nouveau face au danger pour protéger les hommes et ceux qu'elle aime. Les auteures, à travers ce personnage, exploitent beaucoup de thématiques sensibles ; la différence d'une part, mais aussi l'amitié, Tuva se liant avec Rasmus, un jeune garçon de son âge bien qu'ici leur amitié soit mise à rude épreuve et que l'on voit finalement assez peu l'adolescent, les liens filiaux difficiles, une mère absente qui ne supporte pas de voir ses branchies et un père qui se néglige en proie depuis trop longtemps au chômage ou encore la sensibilité écologique maritime, Tuva appartenant au peuple des Océans. On peut dire que la petite Tuva du haut de ses douze ans doit gérer beaucoup de choses et pourtant elle fait preuve de beaucoup de courage et n'hésite pas à prendre des risques pour découvrir et résoudre les mystères. A côté de cela, Tuva se rapproche de Maria, la mara appartenant au petit peuple sur qui elle va pouvoir beaucoup compter dans cette aventure, on en apprend ainsi davantage sur ce personnage qui s'impose un peu plus dans ce tome. C'est aussi le cas avec le personnage énigmatique d'Osterman, en arrêt maladie dès le début du roman, on apprend plus tardivement que c'est un peu plus complexe et les révélations qu'il va apporter vont éclaircir les suspicions de Tuva sur cet étrange brouillard.
C'est donc un ouvrage qui porte essentiellement ses réflexions sur l'écologie et qui est surtout là pour sensibiliser le jeune public visé par les auteures. La pollution des océans et particulièrement celle de la mère Baltique, peu profonde, est un phénomène catastrophique quasiment irréversible. Mais si ce sujet est omniprésent dans l'histoire, d'autres sont aussi abordés tel que les problème de société (alcoolisme, isolement, chômage…) de cet archipel en marge du continent. le pardon n'est pas esquivé au contraire, il est surtout question de prise de conscience et d'agir au plus vite pour limiter les désordres déjà engendrés.
En bref, ce roman vaut surtout pour cette atmosphère très particulière qu'il dépeint, la brume enrobe son lecteur pour le plonger avec Tuva au coeur des légendes de la mer Baltique terriblement polluée et dans un archipel où les hommes et les femmes perdent leur jovialité. Tout cela est très pesant, l'écologie et les problèmes de société local sont omniprésents. le tout est amené avec une certaine simplicité au travers du personnage de Tuva et de ses aventures mythiques pour sauver les hommes malgré toutes leurs erreurs. Franchement une réussite !
Je remercie les éditions Michel Lafon et plus particulièrement Camille pour cet envoi.
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argali
  03 mars 2019
Dans ce tome 2, on retrouve les mêmes personnages et l'archipel où ils vivent entre Harö à Sandham mais l'histoire se renouvelle totalement. Cette fois, c'est un brouillard dense et mystérieux qui fait la une des conversations et des préoccupations des iliens. Certains disent que c'est une brume du printemps, d'autres qu'il est maléfique. D'ailleurs le printemps tarde à s'installer. N'est-ce pas un signe ? Tuva sait, elle, qu'il n'est pas naturel ce brouillard. Il semble vouloir étouffer les humains qui s'y retrouvent emprisonnés. Et cette voix qu'elle entend dans sa tête : « Tu ne peux rien y faire, fille de l'eau. le pacte est rompu. » Qu'est-ce que cela signifie ? Quand une climatologue et ethnologue suédoise annonce, lors d'un reportage, que tout cela est inquiétant et a des conséquences sur la faune et la flore. Tuva sait qu'elle doit la rencontrer. Son statut la pousse à agir pour sauver les humains et à tout faire pour éloigner ce danger.

Une fois encore, Viveca Sten et sa fille mêlent adroitement récit d'aventures, légendes et écologie. Tout au long de l'histoire, elles n'hésitent pas à parler de la conservation du littoral, de la qualité des eaux, de la nécessité de manger sainement, d'éviter le gaspillage ou encore la pollution de notre environnement. Elles redisent inlassablement que la mer Baltique est la plus polluée du monde et que vu sa faible profondeur (55m) elle est particulièrement sensible à la pollution. Derrière l'histoire de Tuva, les mystères qui entourent sa naissance et son identité, il y a un réel enjeu de société.
On ne s'étonne donc pas de savoir que Greta Thunberg est suédoise. La préservation de l'environnement est un leitmotiv là-bas et une prise de conscience qui n'est pas nouvelle.

Si le rythme est un peu plus lent que dans le tome un, le roman n'en est pas moins addictif car le mystère reste entier durant les dix jours que compte l'enquête de Tuva. le lecteur est entrainé dans une course contre la montre palpitante où il tente de dénouer la véracité des faits des mythes ancestraux.
Un deuxième tome réussi qui complète parfaitement le premier.
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Aelynah
  04 mars 2019
J'ai adoré retrouvé Tuva, la fille de l'eau dans ce second opus.
Cette fois encore les légendes et les faits réels pour la petite communauté de l'archipel suédois se rejoignent.
Nous sommes au printemps mais une brume aussi dense qu'une couverture couvre tout l'archipel. Parfois il arrive même que l'on ait l'impression de s'y noyer
Après avoir renvoyé dans les profondeurs de l'océan les serpents de mer, Tuva va devoir à nouveau combattre un esprit ancien. Mais cette fois, par chance, hasard ou même par la force elle va aussi tout faire pour en apprendre plus sur son peuple, le peuple de l'eau et sur un pacte qui la concernerait, elle plus que quiconque.
Camilla & Viveca Sten nous plonge une fois encore dans un récit à la fois fantastique et bien réel. Les menaces que l'homme fait peser sur l'écosystème marin, les conséquences de toute cette pollution existent vraiment.
Et si nous étions plus respectueux de la Nature, peut-être dans les livres mais qui sait un jour aussi en vrai la nature ne se vengerait-elle pas à sa façon.
Ici une nouvelle créature mythique menace l'archipel et les hommes pour les dommages qu'ils ont causés et continuent à faire par leur ignorance, leur je-m'en-foutisme notoire...
Ce roman nous entraîne ainsi dans l'aventure de la vie de Tuva mais aussi beaucoup plus loin dans la réflexion. C'est encore un magnifique roman qui m'a émue car on sent toute la détresse de notre jeune héroïne face aux réactions des autres pour qui, elle est et a toujours été « différente ». Pourtant, Tuva a de l'espoir depuis qu'elle a rencontré Rasmus. Il est son ami. Même Maria, la mara et infirmière de l'école lui concède de l'intérêt. Elle n'est plus seule.
Pourtant les événements vont apporter leur lot de malheurs, de mauvaises nouvelles ou de choix difficiles. Tuva va devoir grandir et choisir son destin.
Merci encore aux éditions Michel Lafon pour cette découverte qui m'emmène loin là-bas tout au nord, en Suède, dans ses brumes et ses légendes, dans cette vie rude des habitants de l'archipel. Un vari dépaysement et deux plumes particulièrement bien accordées pour nous faire frémir.
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Jangelis
  24 février 2019
La suite des aventures de Tuva, La fille de l'eau, un an après le tome 1.
Le fantastique n'est toujours pas mon genre préféré, mais cette série est vraiment très prenante.
J'ai aimé retrouver Tuva, dans sa vie quotidienne de collégienne, mais son quotidien est de plus en plus perturbé par les créatures mystérieuses qui peuplent son archipel.
Le brouillard envahit tout et ne leur laisse plus guère de répit, un brouillard dont elle devine vite qu'il n'a rien de naturel.
Tuva nous émeut, par sa condition, qui la rend si solitaire, exilée de son monde, incapable d'y retourner, mais peinant à se faire une place dans le nôtre. Une adolescente qui cumule beaucoup de difficultés. Et surtout, elle doit à elle seule agir pour sauver ce monde, y compris des gens qui ne lui manifestent aucune amitié. Elle se sent bien fragile pour une telle destinée, elle aimerait tellement se reposer sur quelqu'un, pouvoir agir comme la fillette qu'elle est.
Ce tome est à la fois bien la suite du précédent, mais l'histoire se renouvelle totalement, les autrices ont su continuer sans aucune impression de déjà vu.
Tuva sait à présent qui elle est, et l'assume totalement, même si ça ne l'enchante guère.
Ses parents ont beaucoup évolué, et pas dans le bon sens, surtout son père. C'est elle qui doit l'aider, plus que l'inverse.
La menace a changé, même si son visage est toujours terrifiant.
Heureusement elle sait à présent de quel côté est Maria, l'infirmière.Et elle peut aussi compter sur Rasmus.
Le côté écologique, évoqué dans le premier tome, est ici vraiment précisé.
Si ces créatures mythiques se réveillent et en veulent tant aux humains, c'est parce qu'ils sont en train de détruire sans espoir de retour la mer et la planète, par leur inconscience.
On a donc un étonnant mélange de contes ancestraux et de tristes actualités, dues à la pollution critique de la Baltique.
Les autrices ont étonnamment su allier les légendes et les informations actuelles, dans une aventure inquiétante et palpitante, que l'on lit d'un trait.
Et mention spéciale pour la très belle couverture.

Lien : https://livresjeunessejangel..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   12 février 2019
Je fixe la surface de l’eau. Ou plutôt, j’essaie. Avec l’épais brouillard qui engloutit la mer, on n’y voit pas à plus de deux mètres. Mon souffle résonne plus fort que d’habitude, comme si j’étais enfermée dans un espace clos. C’est à cause de la brume. J’ai beau le savoir, je ne trouve pas ça moins étrange.
Elle inonde tout. Elle isole tous les bruits et enveloppe le monde dans du coton, un duvet non pas blanc et doux mais froid et humide, une masse grisâtre, mouillée, qui étouffe le reste. J’ai l’impression de ne pas avoir été au sec depuis des semaines, l’humidité se glisse dans mes vêtements et me plaque les cheveux sur le front. Même mon blouson ne parvient pas à sécher, alors que je l’accroche au-dessus du radiateur dès que je rentre de l’école.
Tandis que je marche vers le ponton, les cailloux de la plage crissent sous les semelles de mes bottines. Je plonge mon regard dans la brume, dans l’espoir vain de voir quelque chose à travers l’air chargé de gouttelettes. Le bateau-bus ne devrait-il pas être arrivé ?
Voilà bientôt près de trois semaines que ça dure. Par moments, le voile semble sur le point de se dissiper, et chaque fois j’entends quelqu’un lancer une banalité irritante, du style : « Là, regardez, enfin ! » Mais le nuage ne se lève pas. Il s’allège simplement pour s’épaissir de plus belle, nous laissant errer comme des fantômes dans un monde irréel, où les bruits sont étouffés et les contours, floutés.
Je me force à ne pas penser d’où vient ce brouillard. Ni à quel point il est surnaturel.
Il y a quelques jours, ils en ont même parlé aux infos. Maman a bien voulu que je regarde pendant le dîner. Le journaliste a interrogé un gros bonhomme avec des lunettes rectangulaires, qui a parlé du réchauffement climatique, de la pollution atmosphérique et de la grave pollution de la mer Baltique. Tout ça pourrait avoir un lien avec cette étrange météo, disait-il, sans donner d’explication plus claire.
En conclusion, le journaliste lui a demandé :
– Que peut-on dire avec certitude des raisons de ce phénomène ?
Le bonhomme a lâché un rire, remonté ses lunettes sur son nez et répondu :
– Avec certitude ? On peut dire que c’est… très étrange. Un écart statistique jamais observé jusque-là.
Je crois entendre le bruit du moteur, tends l’oreille, mais rien. Où est passé le bateau-bus ? Österman devrait être là depuis longtemps. Je vais être en retard à l’école.
Impatiente, je donne un coup de pied dans un caillou et le regarde voler puis tomber presque sans bruit dans l’eau.
Si seulement je pouvais retirer mon blouson et mon jean, et me glisser dans la mer. Sous la surface, tout est vivant, rien n’échappe à mon oreille. Je perçois les sons, les sens sur ma peau, les flaire. J’entends les bateaux qui sillonnent les bras de mer entre les îles de l’archipel et les ferries pour la Finlande qui s’acheminent vers la Baltique. Je sens même le souffle des algues oscillant dans le courant, et les bancs de petits poissons filant dans toutes les directions.
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SioSio   14 avril 2019
J'ignore ce que je m'étais imaginé à propos d'Österman. A vrai dire, je n'ai jamais pensé que, comme tout le monde, il a une maison. Alors que je sais qu'il habite sur Harö, la même île que moi. Je suis sans doute passée devant chez lui plein de fois sans même me douter qu'il vivait là.
Les professeurs, c'est pareil. Impossible de les imaginer hors des murs de l'école. Un jour, j'ai vu Léna au supermarché de Stavsnäs, où je faisais les courses avec maman. Je me suis cachée, toute gênée. Elle était avec un homme et portait des vêtements très différents de quand elle nous fait cours.
Le fait qu'elle ait une vie privée ne m'avait jamais traversé l'esprit. Qu'elle puisse vivre quelque part, porter des chaussures à talons et rire avec un homme en l'enlaçant... Tout ça me semblait bizarre.
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JangelisJangelis   24 février 2019
- Ce n'est pas à toi de sauver ta maman, Tuva. Ni qui que ce soit. Je refuse que l'on vienne t'imposer tous nos problèmes. Tu n'as pas à porter ce fardeau. Tu es une enfant. Peu importe qui tu es et ce dont tu es capable, tu dois rester une enfant.
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Vidéo de Camilla Sten
Bande annonce (VO) du roman Staden de Camilla Sten
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