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Henri Martineau (Éditeur scientifique)Dominique Fernandez (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070363926
373 pages
Éditeur : Gallimard (25/05/1973)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.65/5 (sur 193 notes)
Résumé :
- Eh bien! puisque votre lâcheté le veut, moi-même je tuerai mon père...
Animés par ce peu de paroles fulminantes, et craignant quelque diminution dans le prix convenu, les assassins rentrèrent résolument dans la chambre, et furent suivis par les femmes. L'un d'eux avait un grand clou qu'il posa verticalement sur l'œil du vieillard endormi ; l'autre, qui avait un marteau, lui fit entrer ce clou dans la tête. On fit entrer de même un autre grand clou dans la g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  22 mars 2016
Pour certains critiques, l'Italie de Stendhal est un paradis issu de son imagination, où vivent intensément et meurent avec panache des êtres magnifiques, des héros de pur instinct qu'aucune "vanité" (à savoir, artifice, souci du qu'en-dira-t-on, respectabilité extérieure) n'entrave. Le recueil de ces belles chroniques a commencé par de simples travaux de traduction à peine adaptée d'anciennes histoires de la renaissance. A mesure qu'il y travaillait, Stendhal traduisit de moins en moins et adapta de plus en plus, au point d'écrire de pures nouvelles (presque) de son cru. L'une d'elles, en fait, se développa tellement qu'elle devint "La Chartreuse de Parme". Nulle timidité n'est de mise devant pareil livre : la timidité, c'est encore de la susceptibilité, de la peur du jugement d'autrui, de la "vanité". Que le lecteur se jette dans Stendhal comme ses héros se jettent dans la vie, sans penser aux autres.
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CDemassieux
  25 juin 2018
On pourrait dire que l'Italie c'est l'exotisme de Stendhal, quand d'autres, à son époque, lorgnaient du côté de l'Orient. Il y voyagea, fut consul à Trieste et Civitavecchia et toute son oeuvre en est parcourue, à commencer par ce tour de force qu'est La Chartreuse de Parme, dicté en sept semaines à un secrétaire.
Il y aura aussi ses déambulations italiennes – tel Rome, Naples et Florence – ainsi qu'une Histoire de la peinture en Italie, dont le manuscrit connaîtra un destin digne d'un roman d'aventure : d'abord perdu pour une grande part lors de la désastreuse campagne de Russie et remanié ultérieurement. Puis il y a ce texte, Chroniques italiennes, recueil de nouvelles – publié après la mort de l'auteur, même si certaines l'avaient été de son vivant dans des revues – qui ont pour cadre les milieux aristocratiques de l'Italie.
« Ce recueil singulier de huit “chroniques”, qu'il s'agisse de traductions assez fidèles de manuscrits italiens du XVIe siècle [découverts par l'auteur dans une bibliothèque…que c'est romanesque !] ou d'inventions de Stendhal, expose une suite de passions amoureuses tourmentées dans une Italie où la violence de l'amour triomphe tragiquement sur les contraintes politiques, religieuses et sociales. » (https://kolumbris.wordpress.com/2014/04/30/chroniques-italiennes-stendhal)
Dans ces chroniques, on croise des destins de femmes particulièrement tragiques, dont s'emparèrent, pour certaines, les artistes. Ainsi, dans Les Cenci, une famille condamnée pour avoir assassiné le père tyrannique et incestueux, on retrouve Béatrice (ici Beatrix), qui inspira particulièrement les romantiques, dont Alexandre Dumas ou William Shelley. de cette figure de l'innocence révoltée, Stendhal fait un portrait à la fois amoureux et raphaélien : « Elle était petite ; elle avait un joli embonpoint et des fossettes au milieu des joues, de façon que, morte et couronnée de fleurs, on eût dit qu'elle dormait et même qu'elle riait, comme il lui arrivait fort souvent quand elle était en vie. Elle avait la bouche petite, les cheveux blonds et naturellement bouclés. En allant à la mort ces cheveux blonds et bouclés lui retombaient sur les yeux, ce qui donnait une certaine grâce et portait à la compassion. »
Les femmes de ces chroniques sont exceptionnellement belles et toutes affligées par le sort qui s'acharne contre elles, au fil d'époques où la loi des hommes règne sans partage et dont elles sont le jouet, telle Vittoria Accoramboni, ballotée entre des familles rivales, à l'image des Montaigu et des Capulet de Shakespeare.
Les femmes sont donc le coeur du recueil, et c'est justement leur coeur qui les fait rompre – et se rompre – avec les usages en vigueur, voire la raison. Ainsi, Vanina Vanini n'hésite pas à trahir son amant pour le sauver, lui dont l'oeil ne brille finalement qu'en nommant la patrie. Mais « toute vraie passion ne songe qu'à elle », écrivait Stendhal dans le Rouge et le Noir, ajoutant que lesdites passions étaient « ridicules à Paris ». Il faut comprendre, à la lecture de ces histoires, qu'elles ne le sont pas en Italie.
Fort logiquement, tout est extrême dans ces récits de femmes, celle de la duchesse de Palliano n'étant pas des moindres. Voici une femme adultère qui est trahie auprès de son mari par celle-là même qui l'avait entraînée sur cette périlleuse pente. Enceinte, elle se fera étrangler, sans broncher, par son frère : « La chose se passa, de la part de la duchesse, absolument sur le ton d'une conversation ordinaire. » Contraste absolu entre le calme de la victime et l'horreur du geste, tout ça pour des questions d'honneur.
Il y a aussi Hélène de Campireali – L'Abbesse de Castro –, qui, séparée de son amant de basse extraction à la suite de multiples péripéties, est envoyée dans un couvent dont elle deviendra abbesse. Elle tombera enceinte des oeuvres de l'évêque en personne et sera emprisonnée, pour finir par se planter une dague dans le coeur, comme une sentence qu'elle s'inflige en apprenant que son amant n'est pas mort et à qui elle écrit : « Enfin il faut dire cette chose qui me fait de la peine ; je ne voyais pas pourquoi je n'essayerais pas de l'amour grossier, comme toutes nos dames romaines ; j'eus une pensée de libertinage, mais je n'ai jamais pu me donner à cet homme sans éprouver un sentiment d'horreur et de dégoût qui anéantissait tout le plaisir. »
Du drame intime de ces femmes, on glisse donc vers la tragédie, dans des temps aussi troublés qu'implacables où elles eurent le malheur de l'amour-passion, qui est le désespoir et la mort, écrivait Stendhal Dans de l'Amour.

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aouatef79
  10 août 2015
Les Chroniques italiennes est un ensemble de nouvelles que Stendhal a trouvé
dans une vieille bibliothèque.Au départ les nouvelles étaient séparées les unes
des autres. Ce recueil de nouvelles où ces dernières furent, d' abord, publiées
séparément, puis elles étaient assemblées en un recueil dont le titre sera " Les
Chroniques italiennes". Cette série de nouvelles est écrite par Stendhal et elle
trouve son origine dans de vieux manuscrits italiens.Ces récits de la Renaissan-
-ce, violents et passionnés, lui inspirent d' une façon ou d' une autre : les Cenci,
Vittoria Accoramboni, la duchesse de Palliano, Vanina Vanini etc....
Je m' intéresserai, dans un premier temps, à Vanina Vanini. Cette nouvelle
raconte l' histoire de Missirilli, un carbonaro qui lutte pour la liberté de l' Italie,et
de Vanina, une aristocrate impétueuse, prête à tout pour garder son amant .
Cette nouvelle fut écrite en 1829, et constitua la raison principale de l' expulsion de Stendhal d' Italie.
Je passe maintenant à la deuxième nouvelle: Vittoria Accoramboni.
Vittoria est une aristocrate née dans le duché d' Urbin, elle est une jeune fille
à la beauté et au charme extraordinaires, objet de la dévotion de tous ceux
qui la croisent. Parmi de nombreux prétendants, les parents de Vittoria choisis
-sent de la marier à Félix Peretti, neveu du cardinal Montalto, futur pape Sixte
Quint. Vittoria est adorée par sa belle-famille, le cardinal Montalto étend sa
protection et ses faveurs aux trois frères de Vittoria.
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Maxie
  05 février 2015
Ces chroniques italiennes sont une série de nouvelles écrites par Stendhal sur base des récits retrouvés dans d'anciens manuscrits. Il y relate des histoires de passions tragiques se déroulant dans l'Italie de la Renaissance. J'ai mis un peu de temps pour arriver à me plonger dans cette époque durant laquelle, par exemple, les filles issues de la noblesse se retrouvaient enfermées au couvent pour ne pas peser sur les finances des familles, qui favorisaient les frères aînés. La lecture était un peu ardue au départ, mais petit à petit, on s'habitue au style de ces chroniques, on est emporté par les passions relatées sans ornements, comme le dit lui-même Stendhal, et on prend plaisir à imaginer quelle était la vie de palais, ou de couvent, des nobles de l'époque.
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EricB
  09 juillet 2018
Des nouvelles rassemblées dans un recueil sont souvent de qualité inégale : n'est pas Maupassant qui veut. Stendhal n'échappe malheureusement pas à la règle ; certaines de ses "chroniques" m'ont laissé de marbre, notamment "Vittoria Accorambori" (la plus proche, paraît-il, du manuscrit italien).
Il y a aussi ces deux chroniques inachevées, "Trop de faveur tue" et "Suora Scolastica" ; c'est bien dommage, mais personne n'y peut rien. Les vingt ou trente dernières pages de "Suora Scolastica", faites de divers fragments, sont pour cette raison assommantes. Il eût fallu, ce me semble, les reléguer dans les annexes (où personne ne les lira, me rétorquerez-vous).
J'ai tout de même savouré "L'abbesse de Castro", et surtout "San Francesco a Ripa" (pour le monologue de la trop lucide et trop passionnée princesse Campobasso) et "Vanina Vanini" (la jeune fille riche qui, amoureuse d'un carbonaro, constate que seule compte pour lui la liberté de la patrie).
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critiques presse (1)
Liberation   16 juillet 2012
C’est un plaisir de lire, dans la petite collection dont la couverture est un linceul brillant et noir, l’aventure du noble italien François Cenci, traduite et recomposée par Stendhal.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   08 décembre 2013
L’évêque fut interrogé par l’auditeur de la chambre, l’un des premiers personnages de L’ordre judiciaire. On remit de nouveau à la torture le pauvre César del Bene, qui non-seulement n’avoua rien, mais dit des choses qui faisaient de la peine au ministère public, ce qui lui valut une nouvelle séance de torture. Ce supplice préliminaire fut également infligé à mesdames Victoire et Bernarde. L’évêque niait tout avec sottise, mais avec une belle opiniâtreté ; il rendait compte dans le plus grand détail de tout ce qu’il avait fait dans les trois soirées évidemment passées auprès de l’abbesse.
Enfin, l’on confronta l’abbesse avec l’évêque ; et, quoiqu’elle dît constamment la vérité, on la soumit à la torture. Comme elle répétait ce qu’elle avait toujours dit depuis son premier aveu, l’évêque, fidèle à son rôle, lui adressa des injures.

L'ABBESSE DE CASTRO.
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JcequejelisJcequejelis   26 octobre 2012
Le 14 du mois d'août (1744), au petit jour, don Carlos fut surpris dans sa chambre par une compagnie d'Autrichiens. Le duc de Vargas del Pardo, que la reine, en dépit des efforts du grand aumônier, avait placé auprès de son fils, le saisit par les jambes et le hissa jusqu'à la fenêtre, qui était à dix pieds du plancher, pendant que les grenadiers autrichiens enfonçaient la porte à coups de crosse, en criant au prince, avec tout le respect possible, qu'ils le suppliaient de se rendre. Vargas sauta par la fenêtre après son prince, trouva deux chevaux, le fit monter à cheval, courut à l'infanterie, campée à un quart de lieue.

- Votre prince est perdu, dit-il aux Espagnols, si vous ne vous souvenez que vous êtes Espagnols. Il s'agit de tuer deux mille de ces hérétiques d'Autrichiens qui veulent faire prisonnier le fils de votre bonne reine.

Toute la valeur espagnole fut réveillée par ce peu de mots. Ils commencèrent par passer au fil de l'épée les quatre compagnies qui revenaient de Velletri, où elles avaient essayé de surprendre le prince. Par bonheur, Vargas trouva un vieux général qui, en se souvenant de la façon absurde dont on faisait la guerre en 1744, n'eut pas l'idée baroque d'éteindre la colère des braves Espagnols en leur commandant des manoeuvres savantes. Enfin, l'on tua, à la bataille de Velletri, trois mille cinq cents hommes à l'armée autrichienne.

Dès lors, don Carlos fut vraiment roi de Naples.

608 - [Le Livre de Poche n°1271, p. 356]
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cmpfcmpf   19 août 2014
Ce fut donc le propre jour de la Circoncision de Notre-Seigneur, circonstance qui aggrava beaucoup la faute aux yeux d’un souverain aussi pieux, qu’André Lanfranchi, secrétaire du duc de Palliano, donna un souper magnifique au cardinal Carafa, et, voulant qu’aux excitations de la gourmandise ne manquassent pas celles de la luxure, il fit venir à ce souper la Martuccia, l’une des plus belles, des plus célèbres et des plus riches courtisanes de la noble ville de Rome. La fatalité voulut que Capecce, le favori du duc, celui-là même qui en secret était amoureux de la duchesse, et qui passait pour le plus bel homme de la capitale du monde, se fût attaché depuis quelque temps à la Martuccia. Ce soir-là, il la chercha dans tous les lieux où il pouvait espérer la rencontrer. Ne la trouvant nulle part, et ayant appris qu’il y avait un souper dans la maison Lanfranchi, il eut soupçon de ce qui se passait, et sur le minuit se présenta chez Lanfranchi, accompagné de beaucoup d’hommes armés.
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aouatef79aouatef79   10 août 2015
Parmi tant de femmes remarquables, il fut question de décider qu' elle était la plus belle : le choix resta quelque temps indécis ; mais enfin la princesse Vanina
Vanini, cette jeune fille aux cheveux noirs et à l' oeil de feu, fut proclamée la reine
du bal .
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PatrickCasimirPatrickCasimir   24 avril 2020
Après avoir écrit, Hélène s’approcha du vieux soldat qu’elle trouva dormant ; elle lui déroba sa dague, sans qu’il s’en aperçût, puis elle l’éveilla.

— J’ai fini, lui dit-elle ; je crains que nos ennemis ne s’emparent du souterrain. Va vite prendre ma lettre qui est sur la table, et remets-la toi-même à Jules, toi-même, entends-tu ? De plus, donne-lui mon mouchoir que voici ; dis-lui que je ne l’aime pas plus en ce moment que je ne l’ai toujours aimé, toujours, entends bien !

Ugone debout ne partait pas.

— Va donc !

— Madame, avez-vous bien réfléchi ? Le seigneur Jules vous aime tant !

— Moi aussi, je l’aime, prends la lettre et remets-la toi-même.

— Eh bien ! que Dieu vous bénisse comme vous êtes bonne !

Ugone alla et revint fort vite ; il trouva Hélène morte : elle avait la dague dans le cœur.
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Videos de Stendhal (50) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Stendhal
L'historien Emmanuel de Waresquiel publie "J'ai tant vu le soleil" aux éditions Gallimard.
Cet ouvrage est un essai consacré à Stendhal. Pourquoi faire le portrait de l'auteur du "Rouge et le noir" ? "Le contexte historique dans lequel s'inscrit Stendhal m'intéressait tout autant que lui-même", déclare Emmanuel de Waresquiel à François Busnel. La chute de Napoléon va faire tomber les ambitions sociales De Stendhal, mais le pousser vers la littérature et lui faire prendre conscience de son génie littéraire. "Stendhal réveille en nous des contradictions dont nous ne sommes pas prêts de sortir", affirme l'historien.
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-12/1454555-crise-sanitaire-ce-que-nous-apprend-l-histoire.html
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