AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres

Victor Del Litto (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070308200
144 pages
Gallimard (13/05/2005)
3.43/5   15 notes
Résumé :
Féder, devenu veuf après un court mariage d'amour, s'installe à Paris, prêt à tout pour conquérir le monde et faire fortune. Séduite par sa mélancolie et son ambition, la belle Rosalinde, célèbre danseuse, devient sa maîtresse et le lance comme peintre à la mode. Le succès ne tarde guère. Un jour, un riche provincial demande à Féder de faire le portrait de Valentine, sa jeune épouse...
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Biblioroz
  05 septembre 2021
Sans être allée chercher des détails sur ce titre De Stendhal, je m'attendais à lire une nouvelle de l'auteur comme le laissait supposer le résumé. Quelle déception de s'apercevoir bien trop tard que ce n'est qu'un écrit inachevé ! Je ne peux que m'en prendre à mon ignorance mais j'aurais aimé que ce fait soit stipulé sur la quatrième de couverture.
À dix-sept ans, Féder écoute son coeur et se marie avec une petite actrice, attirant le courroux de son père, un riche négociant allemand établi à Marseille. Dès lors, Féder est chassé de la maison paternelle mais ne s'en offusque point puisque le commerce le répugne. Il monte à Paris et, se figurant artiste, y exécute des portraits, ressemblants certes, mais « Ils étaient toujours d'une laideur atroce et n'atteignaient à la ressemblance qu'en outrant les défauts du modèle. » C'est direct, quoique très joliment dit !
Féder perd sa femme et, endetté, se voit généreusement demander de peindre le portrait de son logeur contre quatre mois d'arriérés de loyers. L'auteur ironise alors sur la vanité des héros se faisant peindre pour s'immortaliser. de là, le jeune peintre est demandé par tous les gardes nationaux pour satisfaire leur vanité de petits bourgeois. Féder obtient ainsi des avantages et se fixe l'objectif de s'introduire dans la bonne compagnie parisienne. Il fait en sorte que Rosalinde, une célèbre danseuse, tombe follement amoureuse de lui et s'en sert pour le conduire vers les femmes du grand monde, un peu comme le Bel ami de Guy de Maupassant mais en beaucoup moins mordant. J'ai trouvé ce Féder bien terne en comparaison.
Rosalinde qui le conseille en vue de leur futur mariage lui fait comprendre que pour percer il faut jouer la comédie en société en se faisant passer pour le veuf inconsolable, un homme mélancolique. Et ce conseil de femme s'avère juste. Stendhal, sans aucune circonvolution, démontre la fausseté de ce monde bourgeois où tout est affaire de simulation. Il critique les discussions ennuyeuses qui ont cours tous les jours dans ces salons parisiens où l'hypocrisie s'invite sans que quiconque la remarque. Il nous fait également ressentir le fossé largement comblé de mépris qui existe entre Paris et la Province.
Et alors que Féder est bien conscient de la médiocrité de ses portraits, il devient follement à la mode et un riche Bordelais le supplie de faire une miniature de sa jeune femme Valentine. Celle-ci est timide, dévote mais d'une simplicité et d'un naturel qui attirent le jeune peintre. Un amour naît en s'interdisant de se l'avouer. Pour côtoyer la belle Valentine sans attirer les soupçons, Féder se met dans les bonnes grâces du mari qui est la caricature même du gros provincial ignorant mais ambitieux : il désire devenir pair de France.
Stendhal se moque des parvenus, des vaniteux, de la capitale et des provinciaux sans manières. le romantisme n'est pas du tout le trait dominant de ce texte interrompu. J'ai trouvé la relation amoureuse très, très fade comparée à celle de Julien Sorel et Mme de Rênal qui flotte encore dans mes souvenirs pourtant bien lointains. le personnage de Féder est difficile à cerner, on a tendance à le croire ambitieux et finalement pas vraiment. On ne sait pas trop non plus s'il est réellement pris de passion pour cette jeune Valentine. Il s'interdit pourtant d'aller plus avant dans cette relation pour ne pas courir le risque de se heurter à la candeur de Valentine et lui déplaire. Son caractère reste inachevé, peut-être à cause de l'interruption du roman. Cette interruption est d'ailleurs très frustrante et m'a donné l'impression que l'auteur ne savait plus trop comment faire aboutir cette satire comique sur ce Bordelais bête et présomptueux et cette petite idylle insipide. Ce n'est pas du tout un titre que je conseillerais pour admirer le talent De Stendhal.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
Laureneb
  05 mai 2019
Stendhal dépeint à nouveau l'évolution des sentiments amoureux avec une grande finesse dans cette courte nouvelle, dont le principal défaut est sa fin si abrupte que le récit semble inachevé - je n'ai pas trouvé l'information, en tout cas ce récit est publié de façon posthume au XXème siècle.
Car finalement, on ne sait pas ce qu'il advient de Féder et de Valentine, même si plusieurs indices suggèrent que leur passion adultère est condamnée, par la dévotion de Valentine ou la jalousie du mari.
Il ne faut pas oublier d'autres histoires d'amour, toutes tragiques, dans ce texte : celle de Féder pour sa première femme qui lui fait commettre des folies, celle de Rosalinde qui sacrifie tout à Féder qui ne la voit que comme un moyen pour s'élever socialement et profite de l'amour qu'elle lui porte pour obtenir une possession sociale.
Car il y aussi une étude de l'hypocrisie, des manières à adopter pour se faire accepter de la bonne société. Féder revêt un masque et joue un rôle, au sens propre. En ce sens, le personnage de de Boissiaux, le mari, en plus d'être l'inverse de la délicatesse sensible de l'artiste Féder pour Valentine, est l'exemple d'un parvenu nouveau riche ridicule qui veut acheter une distinction et une élégance par sa fortune - d'où le titre. Il y a donc beaucoup d'humour et d'ironie spirituelle dans ce texte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
athena1
  04 octobre 2010
Que dire après la lecture de cette nouvelle si ce n'est : "Chapeau bas monsieur Stendhal".
Dans Féder, Stendhal nous démontre une fois de plus qu'il est un chirurgien du sentiment amoureux et, plus particulièrement, des bouleversements émotionnels dont sont si souvent victimes les femmes bourgeoises au 19ième siècle.
Tout au long de cette lecture, il m'a semblé être proche de Féder et Valentine, à tel point que, parfois, j'ai eu peur que ma présence puisse les gêner ...
Stendhal, orfèvre des sentiments humains, est aussi un immense écrivain. Quel plaisir de voir couler ces mots sur le papier. Avec Stendhal le mot est juste, la phrase équilibrée, la syntaxe parfaite... Chaque mot occupe une place essentielle qui outre le sens donne à la phrase une émotion.
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
athena1athena1   03 octobre 2010
Le lecteur, s'il est de Paris, ne sait peut-être pas qu'en Province ce qu'on appelle être aimable, c'est de s'emparer exclusivement de la conversation, parler fort haut, et raconter une suite d'anecdotes remplies de faits improbables autant que de sentiments exagérés, et dont, par surcroît de ridicule, le narrateur se fait toujours le héros.
Commenter  J’apprécie          40
athena1athena1   03 octobre 2010
Vous vous présentez sans armes et la poitrine découverte à des gens prudents avant tout et qui ne descendent dans l'arène qu'après s'être bien assurés qu'ils sont couverts de fer et que leur vanité est invulnérable. si vous n'étiez pas si jolie, et si, grâce à moi, M. Boisseaux ne donnait pas des dîners irréprochables, on vous prêterait des ridicules.
Commenter  J’apprécie          20
athena1athena1   03 octobre 2010
toute son âme était occupée à résoudre cette question assez embarrassante : "Si Féder n'est pas un homme aimable, qu'est-il donc ? Faut-il le ranger dans la classe des ennuyeux ?"
Commenter  J’apprécie          30
athena1athena1   03 octobre 2010
Quant au gouvernement, n'est-il pas évident que tout homme qui a des idées ou qui y prétend peut être tourné à l'opposition par le premier bavard effronté qui l'empoignera ? Donc l'homme à idées ne va pas au gouvernement.
Commenter  J’apprécie          20
LaurenebLaureneb   02 mai 2019
Son père, Allemand fort moral et de plus riche négociant depuis longtemps établi à Marseille, maudissait vingt fois par jour Voltaire et l’ironie française ; et ce qui l’indigna peut-être le plus, dans l’étrange mariage de son fils, ce furent quelques propos légers à la française par lesquels celui-ci essaya de se justifier.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Stendhal (61) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Stendhal
Nicolas Bouyssi - Couleuvres - éditions P.O.L - où Nicolas Bouyssi tente de dire de quoi et comment est composé son livre "Couleuvres" à l'occasion de sa parution aux éditions P.O.L, et où il est notamment d'héroïsme dans la capitulation, De Stendhal et De Balzac, de Jack Kerouac et de William Burroughs, d'hommes de lettres et d'écrivains, du dernier livre et de la critique, du virtuel et du réel, de longueur de phrase et du présent, le 3 mai 2022 à Paris.
"Cependant, c'est la fin."
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La chartreuse de Parme

De quel pays est originaire le héros du roman ?

France
Italie
Espagne
Allemagne

10 questions
195 lecteurs ont répondu
Thème : La Chartreuse de Parme de StendhalCréer un quiz sur ce livre