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Véronique Dassas (Traducteur)Colette St-Hilaire (Traducteur)
EAN : 9782845472006
345 pages
Éditeur : H & O Editions (11/11/2009)

Note moyenne : 2.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :

La science a-t-elle quelque chose à nous apprendre sur la croyance religieuse, sujet réputé relever de l'intime? Est-elle même fondée à s'y intéresser alors que le consensus voudrait que science et religion appartiennent à des " domaines de compétence distincts ". Pourtant de nombreux scientifiques croyants, aux Etats-Unis et ailleurs, s'acharnent par exemple à prouver l'efficacité thérapeutique ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
DocIdoine
  02 février 2019
Ouf. Fini. Eh bien voilà un livre d'une indigence intellectuelle et d'une arriération culturelle tout à fait américaines. Quelle dégringolade, les athéistes, des hauteurs voltairiennes... à ça! Quelle déchéance, de Bertrand Russell à Victor Stenger! La pensée fast-food: il n'y a rien dedans et ça reste sur l'estomac. On n'a vraiment pas gagné à s'américaniser.
Je retiendrai quand même plusieurs choses. D'abord, Stenger n'agit pas en scientifique. le critère de démarcation de la science, c'est la réfutabilité; il en part, mais il n'y retourne pas. Et comme il ne propose pas ses propres verdicts à la réfutation, il tombe lui-même dans la religion (oh! comme il aimerait être grand pape... de l'athéisme, bien sûr). Ensuite, on est vraiment très étonné qu'il appelle Einstein ou Darwin à la rescousse, ceux-ci ayant chacun déclaré que l'univers pour l'un et l'évolution pour l'autre avaient un caractère "providentiel" inexplicable devant lequel le scientifique devrait avoir l'humilité de se taire... au nom même de la science. Quant à Stephen Hawking, il défendait la version forte du principe anthropique, ce qui revient au même.
Enfin, le cas de Galilée me pousse à ouvrir, en historien, une parenthèse spéciale. Galilée était un fervent chrétien. L'Eglise lui allouait pour ses recherches astronomiques deux pensions très substantielles qu'elle lui versera jusqu'au bout. Galilée avait pour protecteurs le pape Urbain VIII qui était son ami intime et l'encourageait dans ses recherches, et le duc de Médicis. Galilée a dû son procès à une petite manoeuvre du reste assez sournoise qui a consisté à soutirer à un prélat trop confiant une autorisation d'imprimer pour un bouquin (Les Dialogues sur les deux grands systèmes du monde) où il se foutait ouvertement des Jésuites défendant le système de Ptolémée. D'où: bras de fer inévitable. le reproche qui était adressé à Galilée lors de son procès portait sur l'absence de preuves pour étayer ses affirmations. Dès que James Bradley prouva sans équivoque la rotation de la terre autour du soleil, l'héliocentrisme fut officiellement admis par l'Eglise. Mais la vérité historique n'intéresse pas Stenger qui se contente de caricatures standardisées pour la masse (il faut faire du livre un "best seller"!)
On me dira: oui, effectivement, ça craint pour les idées reçues, préjugés et autres images d'Epinal concernant Galilée, mais ce n'est pas gênant concernant Darwin ou Einstein; après tout, Stenger n'attaque ouvertement que Yahveh, le dieu commun aux trois monothéismes. Bon, pourquoi pas. Mais alors voyons comment il traite ça. Les miracles n'existent pas? Sans blague! La prière ne sert à rien? Pas possible! Il n'y a pas de Dieu personnel à grande barbe blanche qui vous protège de son nuage, là-haut? C'est le scoop! Enfin, probablement, quand on est mort, on est foutu? Là, vraiment, on n'a pas perdu son temps à apprendre des choses pareilles. Et Stenger s'est mis en tête de nous le PROUVER, études à l'appui.... consternant! Complètement rétrograde. Aussi puéril que ce qu'il se propose de contester.
Mais si vous trouvez qu'il insulte votre intelligence, rassurez-vous, Stenger ne s'adresse pas à vous, mais aux protestants américains qui s'imaginent que Dieu a créé le monde comme dans une superproduction hollywoodienne. D'après le National Adult Literacy Survey, 21 millions d'Américains ne savaient pas lire du tout en 1992, 45 millions étaient incapables de lire des mots de trois syllabes, un journal ou un livre, et un lycéen sur cinq ne pouvait pas déchiffrer ce qui figurait sur son diplôme du bac. Imaginez où ils en sont 27 ans après! Oui, en comparaison, Stenger est un grand savant! Outre-Atlantique.
En conclusion, tout ce que ça m'évoque, c'est cette conversation avec Jean Dutourd que j'avais entendue à la radio il y a bien longtemps: "Mais vous pensez que les gens intelligents sont la majorité ou une minorité? - Ils sont certainement une minorité - Alors si vous voulez que votre bouquin soit un best-seller, à votre avis, qu'est-ce qui est préférable: de publier un bouquin intelligent ou complètement stupide?"
"Dieu, L'Hypothèse erronée", est un indiscutablement un best seller.
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mercutio
  13 janvier 2015
L'auteur, bravant la pensée dominante de la communauté scientifique, considère que la question religieuse y compris celle de l'existence de Dieu peut légitimement être abordée de façon scientifique et faire l'objet de conclusions rigoureusement prouvées, en l'occurrence ici l'inexistence de Dieu.
La problématique s'éclaire quand il prend soin de préciser, dès le début de son essai, qu'il vise le Dieu judéo-chrétien islamique.
Les attributs et actes présumés de celui-ci ressortent principalement des grands textes que sont l'Ancien et le Nouveau Testament ainsi que le Coran, mais aussi des interprétations de ces textes par les pouvoirs religieux au fil des siècles et in fine des représentations qu'ils ont suscités dans la pensée des humains.
Certes d'autres conceptions de dieux sont rapidement évoquées (le Créateur, le Grand Architecte, le dieu caché,…) qui subissent grosso modo le même verdict.
Ainsi circonscrit, il ressort pourtant que l'objectif de Stenger devient moins ambitieux en même temps qu'il gagne une certaine légitimité, les hommes ayant mis du leur, et le meilleur, tout au long des siècles, pour donner de ce Dieu, dont d'aucuns pensent qu'ils l'ont inventé, une bien étrange figure.
L'exercice qui vise une preuve "au-delà du doute raisonnable" c'est-à-dire qu'elle reste probabiliste m'apparaît plutôt attractif sinon complètement réussi. Il va sans dire qu'il ménage, sans que l'auteur le veuille aucunement, la possibilité pour un ferme croyant de ne pas être convaincu. Mais chacun, notamment ceux qui ont cessé de lire depuis "la brève historie du temps" de Stephen Hawkings, y gagne une bonne opportunité de mettre à jour ses connaissances concernant l'origine et la composition de l'univers ainsi que la théorie de l'évolution, sans avoir à transpirer sur d'ardues considérations théoriques. Les arguments développés se veulent factuels, empiriques, de bon sens et surtout pas philosophiques. Quelques affirmations m'ont paru péremptoires sans que cela remette en cause l'ensemble de la démarche, une fois acceptée la règle initiale. D'autres considérations peuvent paraître un peu naïves. Mais surtout, et c'est la limite de l'entreprise, l'auteur raisonne sur Dieu (certes assimilé au Dieu judéo-chrétien-islamique) comme si ses activités étaient nécessairement soumises aux lois physiques et syllogismes humains. Il est vrai que les croyants ont pour cela bien préparé le terrain. Et Stenger étant ce qu'il est, un professeur de physique et d'astronomie matérialiste, ne pouvait évidemment pas faire autrement…..
Le cadre de référence de l'essai est très américain à double titre: le lecteur se convainc très rapidement que la cible de Stenger, bien au-delà des croyants traditionalistes ou moutonniers qui négligent ou refusent de chercher à réconcilier les fondements de leur foi avec l'état des connaissances scientifiques, concerne les cohortes évangélistes américaines, en première ligne et fort actives pour soutenir les théories créationnistes. A ce seul titre, l'ouvrage est javellisant.
En second lieu, l'auteur est très sensible à la manière nord-américaine d'intégrer Dieu à la vie politique et d'envisager le destin civilisateur de leur nation sur des fondements religieux, toutes choses qui le hérissent
En conclusion, ce livre, sans être révolutionnaire, me semble assez indiqué pour tous ceux que le remue-méninges intellectuel stimule plutôt qu'il n'effraie. Il peut, dans certaines circonstances, dîners en ville ou soirées entre amis, se révéler un bon petit manuel d'athéisme, gage de débats animés; toutefois à utiliser avec doigté par les temps qui courent.
Ici se termine ma critique.

J'ajoute, pour celles et ceux que ça intéresserait ou qui préféreraient éviter de perdre à le lire ne serait-ce que le temps de Planck, un long extrait du chapitre 9 "Dieux possibles et impossibles" lequel, en étant une bonne synthèse des conclusions auxquelles aboutit Stenger, illustre sa démarche et le ton général de l'ouvrage .
"Des dieux qui ne correspondent pas aux données
1. Un Dieu responsable de la structure complexe du monde, et de celles des créatures vivantes en particulier, ne correspond pas avec le fait que cette structure se soit développée à partir d'un processus naturel et ne présente aucun des signes de ce qui serait un dessein intelligent. L'univers ressemble à ce qu'il devrait être s'il n'existait pas de dessein.
2. Un Dieu qui donne une âme immortelle aux humains ne correspond pas au fait que la mémoire et la personnalité des humains sont déterminées par des processus physiques, que l'on n'a jamais démontré que l'esprit humain possédait le moindre pouvoir spirituel ou extra-physique, et qu'on n'a toujours aucune preuve de l'existence d'une vie après la mort.
3. Un Dieu qui communique avec les humains y compris par des miracles, comme le relatent les Écritures, ne tient pas en l'absence de preuves indépendantes de ces miracles. de plus, nous disposons maintenant de preuves physiques concrètes qui montrent de manière convaincante que certains épisodes bibliques les plus importants, l'Exode par exemple, ne se sont jamais produits
4. Un Dieu qui crée l'univers par miracle, de manière surnaturelle, ne correspond pas aux données empiriques montrant que les lois de la physique n'ont pas été violées pour produire l'univers, ses lois, ou son existence plutôt que sa non-existence. Ce Dieu ne correspond pas non plus avec les théories reconnues, fondées sur des faits, qui indiquent que l'univers possède à ses débuts une entropie maximale et qu'il ne porte donc l'empreinte d'aucun créateur.
5. Un Dieu qui aurait effectué un réglage fin des lois et des constantes de la physique en fonction de la vie, et en particulier de la vie humaine, ne correspond pas au fait que l'univers n'est pas propice à cette vie et qu'il représente, d'un point de vue humain, un incroyable gaspillage de temps, d'espace et de matière. Ce Dieu s'oppose aussi au fait que l'univers se compose essentiellement de particules libres et que certaines structures complexes, comme les galaxies, représentent moins d e4% de sa masse et moins d'une particule sur un milliard.
6. Un Dieu qui se révèle directement aux humains ne concorde pas avec le fait qu'une révélation présumée n'a jamais été confirmée empiriquement et que bon nombre ont été réfutées. Dans tous les cas, la personne concernée pouvait parfaitement déjà connaître l'information qu'elle était censée apprendre par la révélation divine.
7. Un Dieu source de morale et de valeurs humaines ne tient pas puisque tout indique que les humains les définissent par leurs propres moyens. Il ne s'agit pas de "relativisme moral". Croyants et non-croyants partagent un ensemble de règles éthiques et de valeurs. Même les plus dévots décident pour eux-mêmes ce qui est bon et ce qui est mauvais. Quant aux non-croyants, ils respectent la morale tout autant que les croyants.
8. L'existence du mal, la souffrance gratuite en particulier, est logiquement incompatible avec l'idée d'un Dieu omniscient, infiniment bon et tout-puissant (le problème classique du mal)."
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