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EAN : 9782754803809
112 pages
Éditeur : Futuropolis (05/04/2012)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 8 notes)
Résumé :
L’oiseau de Louis est mort. Mais il vit dans les rêves éveillés, les cauchemars ou les fantasmes de l’enfant. À la fois protecteur et guide, l’oiseau, devenu énorme et décharné, conduit Louis sur une terre de cendres, désolée et morbide. Il faut y voir, bien sûr, le lieu métaphorique du génocide cambodgien, cette terre ravagée par les Khmers rouges, qui déportèrent et assassinèrent 1,7 millions de personnes entre 1975 et 1979. L’oiseau apprendra à Louis que son père... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
alouett
  14 mai 2012
Louis vit en France avec sa mère. Depuis quelques temps, l'enfant pense à son père qu'il n'a jamais connu. Qui est-il ? Comment est-il ? Pourquoi n'est-il pas venu en France en même temps que sa mère ? Autant de questions auxquelles Louis souhaite trouver des réponses.
Dans la première partie du diptyque, nous avions découvert les prémices de la relation que l'enfant va construire avec son canari. Peu à peu, l'animal va prendre la place de confident, sa mort soudaine ne va faire qu'accroître l'importance qu'a pris le volatile dans la vie de l'enfant. Contre toutes attentes, Louis va conserver précieusement et secrètement ce petit cadavre dans sa chambre. Durant son sommeil, l'enfant et l'oiseau se retrouvent. Ces rencontres oniriques sont l'occasion, pour Louis, de lever le voile sur le tabou familial, sa mère refusant de lui parler de son père. C'est donc grâce aux échanges qu'il a durant ses rêves que Louis apprend l'histoire de son pays et découvre qui était son père.
-
La seconde partie de Cent mille journées de prières, la tonalité du récit et la teneur des propos qu'il contient donnent une orientation nouvelle (et attendue) au scénario. Un tome très différent de son prédécesseur : l'ambiance, l'importance que prend le personnage de l'oiseau, la nature des réponses qu'il apporte au narrateur… il était tellement nécessaire que l'histoire s'oriente ainsi ! Cependant, même si le choix des auteurs me semble cohérent, j'étais loin d'imaginer qu'ils allaient s'aventurer sur ce chemin périlleux. Il y a une réelle continuité entre réalité et monde imaginaire, une réelle pertinence à ne pas utiliser le personnage de la mère pour transmettre ce témoignage et l'histoire familiale qu'il contient. L'oiseau fait office de tiers neutre et bienveillant. Les auteurs ont eu à coeur de rendre hommage aux Cambodgiens victimes du régime de Pol Pot. Mais avec la présence de cet enfant, le narrateur, il fallait trouver un moyen de transmettre le juste niveau de savoirs sans le heurter, trouver le vocabulaire adéquat pour que l'échange soit à sa porté ; il fallait également transmettre suffisamment de clés de compréhension pour que l'enfant (et donc le lecteur) puisse accueillir ce témoignage sereinement ; dure tâche d'informer sans enfermer son interlocuteur dans un positionnement voulu. A regarder les auteurs faire, à les lire… j'ai eu l'impression que les mots sont venus naturellement.
Ce diptyque provient, en partie, d'une expérience personnelle et des questionnements qui y sont inhérents. Certains d'entre eux sont inscrits dans le premier tome du diptyque, le second tome est celui des réponses que l'on peut y apporter. Ainsi, ce nouvel ouvrage relate l'épisode douloureux que fut le régime khmers rouges au Cambodge : de leur arrivée au pouvoir à la terreur qu'ils ont instaurée, des conditions de détention à – pour les plus chanceux – l'exode vers un pays d'accueil. Loo Hui Phang ne fait pas l'impasse sur la souffrance des Cambodgiens contraints à vivre dans la terreur, sur les conditions de vie dans les camps, sur le devenir de la diaspora cambodgienne… Un peuple qui ne parvient pas à panser ses plaies et préfère oublier ; depuis peu, le génocide cambodgien a été réintégré dans les programmes scolaires mais une grande majorité de jeunes cambodgiens ignorent totalement cet épisode de leur Histoire. La page ne se tourne pas (même si les procès des criminels de guerre se poursuivent, à l'instar du procès en appel de Douch). Tous ces sujets sont ici traités avec tact et pudeur.
(...)
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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Yvan_T
  06 septembre 2012
Le premier volet de ce diptyque imaginé par Loo Hui Phang et dessiné par Michaël Sterckeman invitait à suivre le malaise d'un enfant aux origines eurasiennes, quotidiennement victime d'une différence que sa mère refusait d'expliquer. Se heurtant constamment au silence qui entourait ce lourd secret familial, il laissait libre cours à son imagination pour s'inventer des racines et pour trouver lui-même réponse à ses nombreuses interrogations. Cette conclusion va non seulement lever le voile sur la destinée du père de Louis, mais également dévoiler un pan douloureux de l'Histoire du Cambodge.
Indirectement touchée par la guerre civile déclenchée par les Khmers rouges fin des années soixante, Loo Hui Phang s'inspire donc de l'histoire de sa propre famille pour livrer un diptyque qui aborde cette page sombre de son pays. La quête familiale du petit Louis débouche donc inévitablement sur le régime dictatorial des Khmers Rouges et propose des passages aussi didactiques qu'intéressants.
L'album débute néanmoins dans le monde onirique que le petit Louis s'est inventé pour combler le vide laissé par le mystère qui entoure son père. Cette approche qui conduit le jeune garçon à partager ses angoisses et ses peines avec un canari mort peut s'avérer surprenante, mais permet à l'auteur de décrire la souffrance de l'enfant avec énormément de justesse. Au fil des explications, ce voile onirique s'estompe et laisse place à une réalité qui n'a rien de réjouissante, mais qui à le mérite de sortir l'enfant de son cauchemar, abandonnant son mal-être au profit d'une vérité apaisante.
La mise en images très sobre de Michaël Sterckeman conforte le ton intimiste du récit. Un dessin noir et blanc assez minimaliste qui s'inscrit totalement au service du scénario.
Un ancrage historique cambodgien intéressant et une quête identitaire difficile d'accès, mais d'une grande justesse émotionnelle.
Lien : http://brusselsboy.wordpress..
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vdujardin
  19 juillet 2015
Comme dans le tome 1, le canari (enfin le cadavre du canari) est le médiateur indispensable entre la mère qui a enfoui un lourd secret et l'enfant qui a besoin de comprendre qui était son père. Chez lui (au cours d'une longue sieste agitée, transporté sur un champ de cendres), puis dans Phnom Penh aux heures sombres de 1975 et enfin par un retour des années plus tard au Cambodge (dans l'épilogue), le passé émerge peu à peu. «Même avec cent mille journées de prières, on ne peut rien changer », dit le canari (page 77). le dessin me plaît beaucoup, un dessin à la plume avec des fonds gris plus ou moins foncés qui délimitent les cases. Si j'avais regretté la non traduction des caractères khmers dans le premier tome, ici, les phrases censées être dans cette langue sont écrites en français mais avec une graphie qui fait bien comprendre que l'on change de langue (dans l'épilogue en particulier). Un album à découvrir! Les deux tomes sont un peu différents dans leur approche d'un même thème, sans doute la scénariste a-t-elle évolué en même temps qu'elle avançait dans cette histoire (personnelle?).
Lien : http://vdujardin.com/blog/st..
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dianab
  22 mars 2020
Pour comprendre l Histoire effacée !
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critiques presse (2)
ActuaBD   09 juillet 2012
Le résultat de cette collaboration entre les deux auteurs forme un diptyque émouvant, qui mêle histoire et onirisme.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Sceneario   19 mars 2012
Cent mille journées de prières est une terrible histoire portée par un graphisme lui aussi empreint de symboles de peur et d’angoisse.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
alouettalouett   14 mai 2012
Les mauvais rêves ne disparaissent pas, ils se terrent au fond de nous, et attendent
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alouettalouett   14 mai 2012
Ils nous ont tout pris et nous voilà réduits en bêtes de somme. Chaque jour, je lutte pour ne pas m’effacer
Commenter  J’apprécie          20

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