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Joseph Duhamel (Éditeur scientifique)
EAN : 9782874230240
183 pages
Mijade (15/05/2008)
3.95/5   50 notes
Résumé :
Les corps se transforment, les êtres disparaissent, les lieux mènent vers nulle part, les objets ont d'étranges réactions, les miroirs reflètent des ombres, les squelettes s'animent, les trains ne s'arrêtent plus... 99 contes qui sèment le doute, frôlent l'absurde et sont remplis de mystère. 99 contes à servir glacés, pour provoquer frissons et sueurs froides.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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LydiaB
  10 décembre 2012
Dans "Les Contes glacés" de Jacques Sternberg, la première chose qui choque, c'est le titre. Il s'agit presque ici d'un oxymore. Je m'explique : le mot "conte" représente souvent à nos yeux un monde féerique où le gentil prince viendra toujours à bout du dragon pour épouser sa belle (oui, j'ai été élevée aux contes de Grimm). Et pourtant... En y réfléchissant bien, les contes reflètent très souvent un aspect négatif afin d'en tirer une morale. Il n'y a qu'à lire ou relire "Le Petit chaperon rouge" ou "Barbe Bleue" pour s'en persuader.

Dans ce recueil, Jacques Sternberg essaie d'étudier l'angoisse, la peur de l'homme face à l'étrange, face au surnaturel. Cette sourde panique qui nous étreint lorsque nous ne sommes plus devant nos certitudes, notre logique... Cette déstabilisation sur laquelle, d'ailleurs, avait joué Rod Serling, le créateur de "La Quatrième dimension" ("The Twilight Zone") dans les années 60. Pour ce faire, l'auteur va utiliser la concision afin de surprendre les lecteurs et, surtout, il va terminer ses contes par des chutes, à la manière des nouvelles. L'adhésion est d'autant plus importante que les contes utilisent non pas du féerique mais un univers quotidien dans lequel l'irrationnel vient s'immiscer.

Il s'agit là d'une véritable prouesse technique et d'un auteur, décédé malheureusement en 2006, à découvrir ou à redécouvrir.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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alberthenri
  01 février 2021
Dans le format court, difficile de faire mieux que Jacques Sternberg, cet auteur belge avait le sens du raccourci.
Ses contes, tenaient souvent en quelques lignes, rarement plus de deux pages…
Ce recueil, illustré par Topor (dans l'édition Marabout de 1974, j'ignore si les rééditions reprennent ses dessins), rassemble des textes, mêlant, fantastique, absurde, science-fiction, le tout généralement abordé avec une dose d'humour noir.
Ce format de textes, était la marque de Stenberg, co-fondateur du groupe "Panique".
Si la plupart de ces micro-contes font mouche, d'autres pourraient être le début d'un récit plus long, et cela laisse un petit goût d'inachevé.
Mais peut-être était-ce le propos de l'auteur, que de donner une amorce d'histoire et de laisser le choix à l'imagination du lecteur de la continuer ou non ?
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The_Noir
  09 décembre 2018
J'ai gardé en tête pendant des années cette nouvelle des Contes Glacés intitulée le Tapis sans savoir qui l'avait écrite et dans quel ouvrage. Je la tenais pour le chef-d'oeuvre de la littérature fantastique, ce basculement subit et inéluctable entre le réel et l'imaginaire.
Il y a dans les contes glacés cette précision et cette concision qui rend notre réel tellement "questionnable". Notre univers est-il bien réel ou une autre oeuvre littéraire.
Prenez La Disparition ou encore L'Erreur ou n'importe lequel des contes et vous vous sentirez hésiter, tituber, vos mains s'agripperont à n'importe quel objet à l'allure bien objective mais vous hésiterez : existe-t-elle cette rampe, et moi-même, ne va-t-on pas m'effacer d'un trait ?
Voilà pourquoi je voue une très grande admiration à Jacques Sternberg, si jamais il a existé :-)
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Luna26275
  20 mars 2015
J'ai bien aimé ce livre, c'est la couverture qui ma donné envie de le lire. Je trouve qu'il correspond parfaitement au titre : un paysage froid et un décor insolite.

Quand j'ai lu la quatrième de couverture j'ai été charmé ! " Un univers délirant qui bouscule les règles du quotidien: le temps et l'espace se modifient sans cesse, les objets vivent, les corps se transforment, les êtres disparaissent, les chemins ne mènent nulle part, les objets on d'étrange réactions, les miroirs reflètent des ombres, les squelettes s'animent, les trains ne s'arrêtent plus.
Tous pour provoquer frissons et sueurs froides !"
Un grand nombre de récits brefs, étrange et différent qui nous met les nerf à vif en nous transportant dans un monde irréel et surprenant ! Quelques fois compliquer à comprendre mais tout de même à mon gout.
Je suis quand même un peu déçu du contenu, car je m'attendais à plus de frayeur et de frisson mais très bien dans l'ensemble !
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DorpheeTheDog
  07 décembre 2021
J'ai connu Jacques Sternberg en feuilletant un trèèès vieux numéro de Fluide Glacial, où on faisait l'éloge de cet auteur. Or, en tant que princesse en fourrure, je n'ai pas peur de ce qui est glacé et sophistiqué, c'est le moins que l'on puisse dire.
Donc j'ai essayé ce livre !
Glacé oui, il n'y a pas de doute, d'ailleurs c'est dans le titre. Il est beaucoup question de la mort, Sternberg a l'air d'en être autant amoureux qu'Edgar Poe... mais qu'est-ce qu'ils lui trouvent tous ? Surtout par rapport à moi ? Juste parce que Jacques Sternberg a échappé de justesse aux chambres à gaz, il se sentirait coupable d'avoir fait des infidélités à la mort ? Voudrait-il se faire pardonner, prendre un nouveau départ, refaire sa vie avec elle ? Bon, je n'en sais rien, je suis un chien, ma vie est trop courte pour penser à la mort.
Quant à la sophistication, ça varie ! Souvent, les nouvelles font très brouillon. Rien à voir avec leur très courte longueur, attention ! Je ne fais pas ce genre d'amalgamme grossier, non monsieur ! Les haïkus, c'est souvent très sophistiqué par exemple. Mais ces contes auraient mérités d'être triés, l'ensemble est très inégal, parfois on a l'impression que l'auteur balance une idée à l'état brut et passe directement à la suivante sans rien en faire de plus. On voit bien là l'amoureux de chats. Ces horribles bestioles se comportent de la même façon : ça fait joujou avec une souris pendant quelques minutes et puis crac, ils passent à autre chose sans même se soucier de ce qu'ils en ont fait. Alors que moi je ne me lasse jamais d'aller chercher la baballe et de bien scrupuleusement la rapporter à celui qui l'a lancée !
Donc j'eusse préféré que la qualité suive en permance la quantité chez ce monsieur, mais c'est bien difficile vu la vitesse à laquelle il pondait des histoires (1500 textes dans sa carrière, un record semble-t-il).
Puisque je ne saurais tolérer ce genre d'hyperactivité, je vais me rendormir, comme une morte amoureuse (de ses maîmaîtres). Zzzzzz...
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   10 décembre 2012
Le Communiqué
Il était sur le point de s'endormir quand, soudain, il vit briller dans la nuit la petite lucarne de sa radio qu'il avait oublié de fermer. Il se redressa et, machinalement, il fit passer d'un poste à l'autre l'aiguille de métal qui boucla le tour du cadran sans se heurter au moindre son, pas même un parasite. Il allait fermer le poste quand soudain l'aiguille se buta à une voix. L'homme s'étonna: il n'avait jamais obtenu le moindre programme sur cette longueur d'ondes.
- Cher auditeur... dit la voix.
De cela, l'homme était certain : la voix n'avait pas fait mention des chers auditeurs. Cher auditeur, avait-elle dit. Et cette voix ne semblait pas appartenir au monde des spectacles et diffusions. Elle n'en avait pas la sonorité classique, il lui manquait une certaine onctuosité, un certain pouvoir rassurant. Elle sonnait sèche, personnelle. Le ton était distant, neutre, légèrement froid.
- Cher auditeur, dit la voix sans aucun effet oratoire, il est maintenant zéro heure, zéro minute, zéro seconde. Votre programme est terminé. Nous vous donnons rendez-vous demain matin dans un autre monde.
L'homme, en effet, ne passa pas la nuit.
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LydiaBLydiaB   10 décembre 2012
Les chats
On s’était si souvent demandé, et depuis longtemps, à quoi les chats pouvaient bien penser. Tapis au plus profond de leur solitude, enroulés autour de leur chaleur, comme rejetés dans une autre dimension, distants, méprisants, ils avaient l’air de penser, certes. Mais à quoi ? Les hommes ne l’apprirent qu’assez tard. Au XXIe siècle seulement.
Au début de ce siècle, en effet, on constata avec quelque étonnement que plus aucun chat ne miaulait. Les chats s’étaient tus. On n’en fit pas un drame. En fin de compte, les chats n’avaient jamais été tellement bavards : sans doute n’avaient-ils vraiment plus rien à dire à présent. Puis, plus tard, on releva un autre fait. Plus singulier celui-là : les chats ne mouraient plus. Quelques-uns mouraient évidemment par accident, écrasés par un véhicule, le plus souvent; ou emportés en bas âge par quelque maladie particulièrement pernicieuse. Mais les autres évitaient la mort, lui échappaient, comme si cette fatale échéance n’avait plus existé pour eux.
Cette énigme, personne ne la perça jamais.
Leur secret était simple pourtant. Les chats, depuis qu’ils étaient sur terre, n’étaient jamais sortis de leur indolence native pour accomplir, comme les hommes, mille petits tours savants. Ils n’avaient jamais rien construit, pas même leur niche. Ils avaient toujours laissé les hommes s’occuper de leur sort, leur procurer la nourriture, le confort et la chaleur artificielle. Eux, libérés de tout, avaient toujours vécu dans une sorte d’hibernation idéale, bien dosée, parfaitement mise au point, ne songeant qu’à mieux se concentrer, douillettement lovés dans leur bien-être.
Les chats avaient eu beaucoup de temps pour y penser. Ils avaient beaucoup pensé. Mais alors que les hommes pensaient à tort et à travers, au superflu de préférence, les chats, eux, n’avaient pensé qu’à l’essentiel, sans cesse, sans se laisser distraire. Ils n’avaient médité inlassablement, au cours des siècles, qu’un seul problème.
Et, à force d’y penser, ils l’avaient résolu.
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DorpheeTheDogDorpheeTheDog   07 décembre 2021
Le plafond

Il était immobilisé dans son lit, les deux jambes fracturées. Depuis six semaines, il en était réduit à regarder fixement le plafond. Depuis six semaines il cherchait en vain dans ce désert de plâtre un détail, une fissure, une tache, n’importe quoi, quand un matin il vit la chose, là dans un coin, près de la fenêtre.
Il eut un sursaut de joie. Avidement, il s’attacha à suivre le point rouge qui bougeait, car il bougeait, il bougeait oui, rapide et cependant si lent car si minuscule. Il le suivit des yeux, affolé à l’idée de le perdre de vue. Ce point rouge qui venait de sortir d’un angle du plafond, c’était une fourmi.
Après quelques secondes, elle parut hésiter, elle revint sur ses pas, s’arrêta un instant près d’un angle du plafond, elle dut lancer quelques signaux, car aussitôt une autre fourmi apparut.
Elles avancèrent, mais se séparèrent très vite.
Et venant de deux endroits différents, d’autres fourmis apparurent.
Immédiatement, en quelques virevoltes bien réglées, elles se rangèrent en patrouilles de six unités.
Le malade regardait toujours avec la même avidité, souriant, ébloui, subjugué.
Une heure plus tard, tout le plafond grouillait de caravanes dont la plus importante filait vers le mur, lourd et rouge comme un caillot de sang vivant.
Les groupes correspondaient sans cesse entre eux, chaque mouvement paraissait médité, et des patrouilles allaient sans cesse d’un groupe à un autre, donnant des ordres pendant que d’autres groupes semblaient assurer la circulation qui était d’ailleurs très ordonnée.
Le malade souriait toujours, empoigné, étourdi de plaisir et d’étonnement.
Vers une heure, l’armée tout entière avait abandonné le plafond et se trouvait groupée verticale à quelques millimètres de la jonction entre le mur et le parquet.
Elle s’arrêta là.
Une patrouille de quelques fourmis se détacha du bloc, elle se dirigea vers un point du parquet et, de ce point, venant de quelque gouffre dissimulé sous les lattes, une autre gorgée de fourmis se répandit sur le plancher...
Cette invasion devait être le signal attendu, car toute l’armée qui venait du plafond descendit en masse vers le parquet, opérant la fusion au ralenti, sans le moindre désordre.
Vers deux heures de l’après-midi, le malade brusquement cessa de sourire.
Il arrivait sans cesse d’autres faisceaux de fourmis, des coulées de renfort qui venaient du plafond, du sol, du mur et tout le plancher n’était plus qu’un énorme terrain de manœuvres.
Mais le malade ne sentit vraiment la peur que lorsqu’il vit toute l’armée s’immobiliser. Il attendit quelques secondes.
Bientôt arriva ce qu’il attendait: une fourmi avait atteint le drap de son lit, elle se dressait sur ses pattes ; indiquant et signalant, elle semblait scruter l’horizon, l’avenir, les choses et le but à atteindre.
Une deuxième fourmi apparut.
La première redescendit.
Et toute l’armée se remit à bouger.
Alors, pris de panique, le malade s’empara de la poire électrique qu’il avait à portée de ses doigts. Il se mit à sonner, il appuya furieusement, il appuya de plus en plus fort, mais en vain. Aucun son, il n’y avait plus aucun son à attendre : les fourmis avaient prévu ce geste et depuis bien longtemps elles avaient coupé les fils.
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LydiaBLydiaB   10 décembre 2012
Le rêve
Il écoutait, allongé sur le dos. Il écoutait la respiration de la femme qui dormait à ses côtés. Soudain, il vit un mot se dessiner devant lui. « Entrer » c'était cela le mot. Puis une idée se fondit dans ce mot, comme une goutte d'eau subitement aspirée par une autre goutte. Entrer dans un rêve... S'il avait pu entrer dans le rêve de sa femme...
C'est alors qu'il eut la sensation de tomber au ralenti, de tomber durant très longtemps, jusqu'au moment où il se retrouva dans une pièce cernée de dalles blafardes. Sa femme était là. Elle souriait. Elle avança vers lui...
Elle s'éveilla très tôt, ce matin-là. Quand elle regarda sa main couverte de sang, elle comprit que c'était une impression d'humidité qui l'avait jetée hors du sommeil. Elle hurla quand elle vit l'homme qui gisait à côté d'elle, la gorge ouverte. Ouverte, c'était cela. A la gorge, elle s'en souvenait. C'était exactement cela.
Et c'était avec un rasoir que, dans son rêve, elle tuait son mari.
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FifrildiFifrildi   08 mars 2018
Au commencement, Dieu créa le chat à son image. Et bien entendu, il trouva que c'était bien. Et c'était bien, d'ailleurs. Mais le chat était paresseux. Il ne voulait rien faire. Alors, plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa l'homme uniquement dans le but de servir le chat, de lui servir d'esclave jusqu'à la fin des temps. Au chat, il avait donné l'indolence et la lucidité ; à l'homme, il donna la névrose, le don du bricolage et la passion du travail. L'homme s'en donna à coeur joie. Au cours des siècles, il édifia toute une civilisation basée sur l'invention, la production et la consommation intensive. Civilisation qui n'avait en réalité qu'un seul but secret : offrir au chat, le confort, le gîte et le couvert.
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Cinéma
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