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Joseph Duhamel (Éditeur scientifique)
ISBN : 2874230243
Éditeur : Mijade (15/05/2008)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Les corps se transforment, les êtres disparaissent, les lieux mènent vers nulle part, les objets ont d'étranges réactions, les miroirs reflètent des ombres, les squelettes s'animent, les trains ne s'arrêtent plus... 99 contes qui sèment le doute, frôlent l'absurde et sont remplis de mystère. 99 contes à servir glacés, pour provoquer frissons et sueurs froides.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  10 décembre 2012
Dans "Les Contes glacés" de Jacques Sternberg, la première chose qui choque, c'est le titre. Il s'agit presque ici d'un oxymore. Je m'explique : le mot "conte" représente souvent à nos yeux un monde féerique où le gentil prince viendra toujours à bout du dragon pour épouser sa belle (oui, j'ai été élevée aux contes de Grimm). Et pourtant... En y réfléchissant bien, les contes reflètent très souvent un aspect négatif afin d'en tirer une morale. Il n'y a qu'à lire ou relire "Le Petit chaperon rouge" ou "Barbe Bleue" pour s'en persuader.

Dans ce recueil, Jacques Sternberg essaie d'étudier l'angoisse, la peur de l'homme face à l'étrange, face au surnaturel. Cette sourde panique qui nous étreint lorsque nous ne sommes plus devant nos certitudes, notre logique... Cette déstabilisation sur laquelle, d'ailleurs, avait joué Rod Serling, le créateur de "La Quatrième dimension" ("The Twilight Zone") dans les années 60. Pour ce faire, l'auteur va utiliser la concision afin de surprendre les lecteurs et, surtout, il va terminer ses contes par des chutes, à la manière des nouvelles. L'adhésion est d'autant plus importante que les contes utilisent non pas du féerique mais un univers quotidien dans lequel l'irrationnel vient s'immiscer.

Il s'agit là d'une véritable prouesse technique et d'un auteur, décédé malheureusement en 2006, à découvrir ou à redécouvrir.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Luna26275
  20 mars 2015
J'ai bien aimé ce livre, c'est la couverture qui ma donné envie de le lire. Je trouve qu'il correspond parfaitement au titre : un paysage froid et un décor insolite.

Quand j'ai lu la quatrième de couverture j'ai été charmé ! " Un univers délirant qui bouscule les règles du quotidien: le temps et l'espace se modifient sans cesse, les objets vivent, les corps se transforment, les êtres disparaissent, les chemins ne mènent nulle part, les objets on d'étrange réactions, les miroirs reflètent des ombres, les squelettes s'animent, les trains ne s'arrêtent plus.
Tous pour provoquer frissons et sueurs froides !"
Un grand nombre de récits brefs, étrange et différent qui nous met les nerf à vif en nous transportant dans un monde irréel et surprenant ! Quelques fois compliquer à comprendre mais tout de même à mon gout.
Je suis quand même un peu déçu du contenu, car je m'attendais à plus de frayeur et de frisson mais très bien dans l'ensemble !
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tiri_noiret
  09 décembre 2018
J'ai gardé en tête pendant des années cette nouvelle des Contes Glacés intitulée le Tapis sans savoir qui l'avait écrite et dans quel ouvrage. Je la tenais pour le chef-d'oeuvre de la littérature fantastique, ce basculement subit et inéluctable entre le réel et l'imaginaire.
Il y a dans les contes glacés cette précision et cette concision qui rend notre réel tellement "questionnable". Notre univers est-il bien réel ou une autre oeuvre littéraire.
Prenez La Disparition ou encore L'Erreur ou n'importe lequel des contes et vous vous sentirez hésiter, tituber, vos mains s'agripperont à n'importe quel objet à l'allure bien objective mais vous hésiterez : existe-t-elle cette rampe, et moi-même, ne va-t-on pas m'effacer d'un trait ?
Voilà pourquoi je voue une très grande admiration à Jacques Sternberg, si jamais il a existé :-)
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Takalirsa
  20 août 2017
Quel recueil de contes étrange ! C'est un mélange de fantastique à la Maupassant (où la folie n'est jamais loin), de descriptions d'objets humanisés façon Francis Ponge (poète du 20e siècle) et d'absurde à la Beckett (auteur de théâtre). le style de ces courtes histoires (une page en moyenne) est percutant, avec des fins surprenantes, parfois atroces (main qui reste collée à la rampe d'escalier, robinet qui déverse du sang...), et honnêtement, souvent incompréhensibles !

Illusion et réalité se confondent sans cesse (reflet de miroir qui devient réalité ou qui agit en autonomie, personnages de tableaux ou de photos "vivants"), tout comme la frontière entre machines et humains : les unes fonctionnent en toute indépendance tandis que les autres errent, inactifs et déoeuvrés. le recueil, découpé en plusieurs parties ("Les objets", "Les lieux", "Les êtres humains", etc.) est un amoncellement sinistre voire morbide d'usines vides et de gares désaffectées, de villes-prisons aux trains qui ne mènent nulle part, d'hommes et de femmes égarés conduits à la mort.

On y décèle bien évidemment une lugubre métaphore de notre société et de son fonctionnement trop souvent aberrant, et une réflexion sur la vacuité de l'existence : "Elle commença à s'ennuyer. C'était là son véritable but". Avec Jacques Sternberg, on est donc bien plus proche des contes philosophiques de Voltaire que de ceux de Grimm ! Reste à savoir quels élèves seront en mesure d'en comprendre et d'en apprécier la teneur... L'idéal selon moi est d'utiliser ce recueil comme support pédagogique en cours de français !
Lien : https://www.takalirsa.fr/con..
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joellesence
  12 septembre 2013
Des contes, souvent très courts, racontent mille histoires, absurdes, mystérieuses, pleines de doute. L'auteur se moque du monde, mais ce monde l'inquiète. On peut avoir peur ! J'aime particulièrement les contes dans la partie "Les Animaux" : "les chats" ou "les esclaves" par exemple. Sternberg : un écrivain "spécial" à ne pas lâcher.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   10 décembre 2012
Le Communiqué
Il était sur le point de s'endormir quand, soudain, il vit briller dans la nuit la petite lucarne de sa radio qu'il avait oublié de fermer. Il se redressa et, machinalement, il fit passer d'un poste à l'autre l'aiguille de métal qui boucla le tour du cadran sans se heurter au moindre son, pas même un parasite. Il allait fermer le poste quand soudain l'aiguille se buta à une voix. L'homme s'étonna: il n'avait jamais obtenu le moindre programme sur cette longueur d'ondes.
- Cher auditeur... dit la voix.
De cela, l'homme était certain : la voix n'avait pas fait mention des chers auditeurs. Cher auditeur, avait-elle dit. Et cette voix ne semblait pas appartenir au monde des spectacles et diffusions. Elle n'en avait pas la sonorité classique, il lui manquait une certaine onctuosité, un certain pouvoir rassurant. Elle sonnait sèche, personnelle. Le ton était distant, neutre, légèrement froid.
- Cher auditeur, dit la voix sans aucun effet oratoire, il est maintenant zéro heure, zéro minute, zéro seconde. Votre programme est terminé. Nous vous donnons rendez-vous demain matin dans un autre monde.
L'homme, en effet, ne passa pas la nuit.
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LydiaBLydiaB   10 décembre 2012
Les chats
On s’était si souvent demandé, et depuis longtemps, à quoi les chats pouvaient bien penser. Tapis au plus profond de leur solitude, enroulés autour de leur chaleur, comme rejetés dans une autre dimension, distants, méprisants, ils avaient l’air de penser, certes. Mais à quoi ? Les hommes ne l’apprirent qu’assez tard. Au XXIe siècle seulement.
Au début de ce siècle, en effet, on constata avec quelque étonnement que plus aucun chat ne miaulait. Les chats s’étaient tus. On n’en fit pas un drame. En fin de compte, les chats n’avaient jamais été tellement bavards : sans doute n’avaient-ils vraiment plus rien à dire à présent. Puis, plus tard, on releva un autre fait. Plus singulier celui-là : les chats ne mouraient plus. Quelques-uns mouraient évidemment par accident, écrasés par un véhicule, le plus souvent; ou emportés en bas âge par quelque maladie particulièrement pernicieuse. Mais les autres évitaient la mort, lui échappaient, comme si cette fatale échéance n’avait plus existé pour eux.
Cette énigme, personne ne la perça jamais.
Leur secret était simple pourtant. Les chats, depuis qu’ils étaient sur terre, n’étaient jamais sortis de leur indolence native pour accomplir, comme les hommes, mille petits tours savants. Ils n’avaient jamais rien construit, pas même leur niche. Ils avaient toujours laissé les hommes s’occuper de leur sort, leur procurer la nourriture, le confort et la chaleur artificielle. Eux, libérés de tout, avaient toujours vécu dans une sorte d’hibernation idéale, bien dosée, parfaitement mise au point, ne songeant qu’à mieux se concentrer, douillettement lovés dans leur bien-être.
Les chats avaient eu beaucoup de temps pour y penser. Ils avaient beaucoup pensé. Mais alors que les hommes pensaient à tort et à travers, au superflu de préférence, les chats, eux, n’avaient pensé qu’à l’essentiel, sans cesse, sans se laisser distraire. Ils n’avaient médité inlassablement, au cours des siècles, qu’un seul problème.
Et, à force d’y penser, ils l’avaient résolu.
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LydiaBLydiaB   10 décembre 2012
Le rêve
Il écoutait, allongé sur le dos. Il écoutait la respiration de la femme qui dormait à ses côtés. Soudain, il vit un mot se dessiner devant lui. « Entrer » c'était cela le mot. Puis une idée se fondit dans ce mot, comme une goutte d'eau subitement aspirée par une autre goutte. Entrer dans un rêve... S'il avait pu entrer dans le rêve de sa femme...
C'est alors qu'il eut la sensation de tomber au ralenti, de tomber durant très longtemps, jusqu'au moment où il se retrouva dans une pièce cernée de dalles blafardes. Sa femme était là. Elle souriait. Elle avança vers lui...
Elle s'éveilla très tôt, ce matin-là. Quand elle regarda sa main couverte de sang, elle comprit que c'était une impression d'humidité qui l'avait jetée hors du sommeil. Elle hurla quand elle vit l'homme qui gisait à côté d'elle, la gorge ouverte. Ouverte, c'était cela. A la gorge, elle s'en souvenait. C'était exactement cela.
Et c'était avec un rasoir que, dans son rêve, elle tuait son mari.
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FifrildiFifrildi   08 mars 2018
Au commencement, Dieu créa le chat à son image. Et bien entendu, il trouva que c'était bien. Et c'était bien, d'ailleurs. Mais le chat était paresseux. Il ne voulait rien faire. Alors, plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa l'homme uniquement dans le but de servir le chat, de lui servir d'esclave jusqu'à la fin des temps. Au chat, il avait donné l'indolence et la lucidité ; à l'homme, il donna la névrose, le don du bricolage et la passion du travail. L'homme s'en donna à coeur joie. Au cours des siècles, il édifia toute une civilisation basée sur l'invention, la production et la consommation intensive. Civilisation qui n'avait en réalité qu'un seul but secret : offrir au chat, le confort, le gîte et le couvert.
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Luna26275Luna26275   20 mars 2015
Le rien
La scène ne représente rien. L'action ne se passe nulle part. D'ailleurs il n'y a pas d'action. Il n'y a pas non plus de personnages. Bien entendu, ils ne disent rien.
Le rideau ne se lève pas encore, car il est chez le teinturier.
Il est difficile de dire si la salle est vide ou pleine : elle n'a pas encore été construite. Pour l'instant, il n'est pas encore question de la construire. Le sera-t-elle un jour ? Qui sait ?
Quant à l'auteur qui, ce matin, avait décidé d'écrire la pièce, il vient de mourir cet après-midi.
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