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EAN : 9782846360395
272 pages
Éditeur : L'Esprit des Péninsules (15/04/2003)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :

Un document exceptionnel par son importance historique et sa force d'évocation , des pages brûlantes que traversent quelques-uns des protagonistes d'une tragédie dont l'ex- Yougoslavie ne connait toujours pas la fin : Slobodan Milosevic , Vojislav Seselj , Zoran Djindjic , Vuk Draskovic .....
Né en 1942 , auteur de nombreux livres traduits en une vingtaine de langues et récompensés par les plus grands prix littéraires de l'ex-Yougoslavie , Vidosav ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Tagrawla
  25 janvier 2018
Dans 99 % des cas, je choisis mes livres en fonction de critères mouvants : je connais déjà l'auteur, j'ai envie de découvrir la littérature d'un pays en particulier, le thème du livre m'intéresse. le 1% restant est constitué de livres que je trouve par hasard, et c'est le cas de Voleur de leur propre liberté. Je ne connaissais pas Vidosav Stefanovic, je ne me suis jamais particulièrement intéressée à la Serbie, et quelques mois d'histoire d'une télévision locale dans une ville serbe – Kragujevac – dont je n'avais jamais entendu parler n'est pas forcément le genre de choses auxquelles je m'intéresse. Mais parfois, on se dit « bah ! Pourquoi pas ! » Et paf, une baffe.
Car si l'auteur nous raconte en effet son histoire de tentative de création d'une télévision locale libre sous Milosevic, la réalité est plutôt qu'il tend un miroir à la lâcheté de chacun de nous quand il est question de notre liberté. C'est que Vidosav Stevanovic maîtrise bien le sujet. Poursuivi, persécuté, calomnié, jugé et exilé à cause de ses écrits, c'est tout à fait par hasard qu'il s'est trouvé un jour de l'hiver 1996 dans sa ville natale alors que la population manifestait contre la censure de Milosevic et qu'on lui confie la reprise en main de la télévision locale. Et comme il a l'air d'être une sacrée tête de noeud, il ne fait aucun compromis : pas de censure, pas de revanchisme, pas de collusion avec les politiciens, pas de langue de bois. La liberté et la vérité, rien d'autre. Forcément, ça s'est très mal passé pour lui. L'expérience a duré six mois, six mois durant lesquels il a écrit ce livre qui est son journal.
La baffe ne vient pas tant de toutes celles qu'il a du encaisser pendant cette période, mais du fait qu'en nous décrivant le peu d'exigences du peuple Serbe en matière de liberté et de vérité, il nous montre en réalité un problème universel. Nous nous résignons tous, même au pire. Face au recul des libertés, à la corruption, aux crises économiques, à la perte voire à la disparition de la vérité dans les médias, nous nous résignons. Et pire encore, une fois résignés, nous acceptons la création de boucs émissaires et nous participons activement à la déliquescence de nos sociétés par notre mépris, nos calomnies, notre inaction, notre repli sur nous-mêmes. Nous acceptons le plus passivement du monde la mutation de nos médias en spectacles juste bons à vider les cerveaux. Nous apprenons à nous débrouiller face au manque d'argent plutôt que de nous révolter de la gestion qui en est faite par les politiciens. Nous sommes, tous, les voleurs de notre propre liberté.
Stefanovic nous décrit un peuple Serbe résigné et méprisable, putride, même, dans son nationalisme. On commence par le trouver bien dur, et si l'on n'est pas trop intellectuellement malhonnête avec nous-mêmes, on finit par se reconnaître sur bien des points, par comprendre que le problème vient bien plus du peuple que des Serbes.
Ce journal a presque vingt ans, mais aujourd'hui, c'est chez nous, en Europe de l'ouest, qu'il est plus qu'urgent de le découvrir : il y a des baffes salutaires.
Maintenant que c'est fait, M. Stefanovic va rejoindre la liste des auteurs dont je ne choisis pas les romans par hasard.
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Hardiviller
  06 juillet 2016
Ce livre est en quelque sorte un journal des événements que connut l'auteur en ayant accepté d'être le dirigeant pour six mois d'une chaîne de télévision régionale opposée à la télévision d'état . L'auteur stigmatise la veulerie des habitants de son peuple , que je trouve exagérée , surtout en cette période ou durant environ six mois les gens ne cessèrent de manifester contre le régime de Milosevic . Si il est indéniable que les salariés de l'état soit par peur soit par intérêt ne bronchaient pas et au contraire collaboraient comme l'habitude en avait été prise durant les dernières années du régime communiste Yougoslave , l'opposition courageuse existait . Si ce livre est important en tant que document historique je le trouve néanmoins assez méprisant envers le peuple serbe . Un intellectuel , et c'est le cas ici , est souvent déconnecté des petites gens et de la réalité de leur quotidien .
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
HardivillerHardiviller   29 juin 2016
Extrait de la préface : A la mi- novembre 1996 le régime de Slobodan Milosevic avait déclaré nuls les résultats des élections municipales remportées , dans la plupart des villes de Serbie , par une opposition rassemblée au sein de la coalition Zajedno ( ensemble ) . C'était là un procédé typique, arrogant , irréfléchi , illégal , de ce régime et de cet homme . La coalition Zajedno , constituée avec peine par les trois partis d'opposition , le parti serbe du renouveau , le parti démocrate et l'Alliance civique de Serbie , avait invité ses partisans à protester contre cette décision . C'est alors que se passa quelque chose d'inattendu , d'imprévu , d'incroyable presque . Les gens sortirent dans les rues , et y restèrent . Plus personne ne pouvait les convaincre de rentrer chez eux . Cela marqua le début de "promenades ",
de manifestations quotidiennes contre le pouvoir . Elles durèrent jusqu'au mois de février 1997 , c'est à dire 101 jours . On exigeait des changements fondamentaux de l'Etat et de la société , du gouvernement et des méthodes de gestion , des médias et de leur utilisation . Tout au long de cet hiver , le souffle brûlant de la rébellion réchauffa le corps à demi mort d'un pays qui , contrairement à sa tradition historique , et pour tenter de sauvegarder un système dépassé , s'était exclu du monde .
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Video de Vidosav Stevanovic (1) Voir plusAjouter une vidéo

Vidosav Stevanovic : Prélude à la guerre
- A la Médiapole Sainte Césaire d'Arles, Olivier BARROT parle de Vidosav STEVANOVIC, écrivain serbe qui vit à Paris et de son livre "Prélude à la guerre", sorte d'élégie pleine d'humour noir dans laquelle il accuse les Yougoslaves d'aimer les armes et la dispute, ce qui a rendu la guerre entre Serbes et Croates inéluctable.
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