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Alain Jumeau (Éditeur scientifique)Jean Echenoz (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2070403548
Éditeur : Gallimard (23/06/2000)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 121 notes)
Résumé :
" Continué the Master of Ballantrae avec une très grande admiration. Si quelque chose pouvait me déplaire dans ce livre, c'est sa perfection même. " (Julien Green)

" The Master of Ballantrae. Curieux livre, où tout est excellent... " (André Gide)

Edition Folio, traduction Alain Jumeau - Postface de Jean Echenoz

Le Maître de Ballantrae (1889) est le chef-d'oeuvre de Stevenson. Ce roman d'aventures, qui commence en Ecosse... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
14 juin 2015
Quelle aventure ! de Robert Louis Stevenson, j'avais lu enfant « L'île au trésor » puis adolescent « Dr Jekyll et M. Hyde ». C'était tout. Récemment, je suis tombé sur un autre livre du même auteur, « le Maître de Ballantrae ». Pourquoi pas, me suis-je dit. En lisant l'avant-propos, j'ai appris qu'il s'agissait de son oeuvre la plus aboutie. Encore mieux. Je l'ai lu, j'ai adoré et j'en suis encore tout imprégné. Je confirme, il s'agit de son oeuvre la mieux réussie – et ce n'est pas peu dire ! –, une des plus passionnantes histoires que j'ai lues, tout auteur confondu. Ce roman est en fait une longue narration d'Ephraïm MacKellar, fidèle régisseur du domaine Durrisdeer, frappé par les luttes fraternelles. Quelques lettres du colonel Burke viendront combler les pièces manquantes.
En 1745, alors que le prétendant au trône d'Écosse Charles Stuart veut disputer sa couronne au roi d'Angleterre, lord Durrisdeer veut lui apporter son soutien mais ne veut pas tout perdre si la révolte jacobite échoue. Heureusement, il a deux fils. Pile ou face ? C'est l'aîné, James, le maître de Ballantrae, qui ira se battre. Mais, après la défaite de Culloden, ce dernier doit chercher refuge à l'étranger. Ainsi, son cadet Henry resté fidèle au roi Georges peut dorénavant jouir du manoir et des titres de noblesse de la famille. Ici commencent les vraies péripéties. Dans sa fuite, Ballantrae est capturé par des pirates et se voit forcé de devenir l'un des leurs. Il réussit à s'échapper du côté de New York et, de là, il parvient à se faire un chemin jusqu'à Paris où il trouve une position honorable. Mais le destin s'acharne sur lui et il doit à nouveau se faire un nom, dans les Indes britanniques cette fois-ci. Pendant toutes ces années, Ballantrae n'aura cesse de tourmenter son cadet pour lui rappeler qu'il lui doit sa position et pour lui soutirer de l'argent. C'est le début d'une longue lutte entre les deux frères qui se terminera dramatiquement sur les rives de la rivière Hudson.
Milord Henry est effacé, terne, ennuyeux, presque maladif. Il éprouve beaucoup de difficulté à tenir tête à son frère le maître de Ballantrae, vif, courageux et flamboyant. D'autant plus que la préférence du père semble aller à l'aîné et que même Milady Alison (fiancée à James avant sa démise) et sa fille Katharine ne peuvent s'empêcher que d'être séduites par cet homme plus grand que nature. Cette oeuvre est une véritable étude de caractères.
Si Ballantrae peut se montrer cruel et machiavélique, il n'en demeure pas moins un personnage sympathique. le lecteur, même s'il le redoute, ne peut s'empêcher de s'émouvoir sur son compte et espérer qu'il survive à toutes les péripéties que le destin lui envoie. Et que lui-même provoque, parfois… D'une rivalité grandissante entre frères – les protagonistes allant même jusqu'à comparer leur situation avec le récit biblique d'Esaü et Jacob, fils d'Isaac –, le récit s'engage dans une lutte entre le Bien et le Mal.
Ainsi, même s'il nous fait voyager des Highlands d'Écosse au Nouveau Monde, sur l'océan Atlantique et mêmes jusque dans les Indes, « le Maître de Ballantrae » est beaucoup plus qu'un simple roman d'aventures. Cette histoire peut sembler complexe mais, étonnamment, elle se lit facilement. La narration de MacKellar y est pour beaucoup. Il s'en tient à l'essentiel et se permet, ça et là, d'apporter quelques explications nécessaires à la bonne compréhension de son récit. Rien de superflu ! du grand art ! Aussi, il réussit à nous livrer fidèlement les états d'âmes et les passions de chacun des personnages, à nous y faire croire et parfois même à nous les faire vivre. Évidemment, derrière la plume du régisseur se trouve celle de Stevenson, un grand maître de la littérature.
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Renod
06 septembre 2017
En 1745, les Jacobites souhaitent chasser les Hanovre du trône de Grande-Bretagne pour y restaurer les Stuart. Lorsque le prince Charles débarque en Ecosse avec ses hommes, les Duries, une grande famille installée dans le Sud-Ouest du pays, doivent choisir un camp. le vieux Mylord décide de ménager la chèvre et le chou. Un de ses fils rejoindra les rangs des insurgés tandis que le second donnera des gages de fidélité à la couronne. Quant à savoir lequel des deux, personne ne s'entend, cela sera tranché à pile ou face. Il faut dire que tout oppose les deux frères. Henry n'est ni très mauvais, ni très capable ; c'est un garçon neutre et discret. James, son aîné, surnommé "le Maître de Ballantrae", est bagarreur, joueur, libertin et rusé. Ses défauts ne le privent pas des faveurs de ses proches. C'est lui que le sort désigne pour partir à la guerre. C'est le début d'une longue série d'aventures à travers le monde mais surtout d'une haine farouche qui consumera les deux frères.
L'histoire nous est narrée par MacKellar, le régisseur du domaine. Il raconte des événements dont il a été directement témoin ou qu'ils lui ont été rapportés, quitte à reproduire les lettres de tiers. Engagé dans ces péripéties, partie prenante pour Henry, on voit son regard sur les personnages évoluer au cours du récit. Il faut dire que l'histoire est truffée de stratégies et de calculs sournois, de surprises et de renversements. Le livre permet de se plonger dans l'Histoire de la seconde moitié du XVIIIème siècle : agitation politique et religieuse en Grande-Bretagne et guerres opposant les puissances européennes en Amérique du Nord et en Inde. "Le Maître de Ballantrae" est à la fois un roman psychologique avec des longueurs dans lesquelles je me suis empêtré et un récit d'aventures passionnantes se déroulant sur trois continents. Mais bon, si j'ai préféré les chapitres sur la piraterie et les guerres indiennes à ceux approfondissant l'analyse de l'évolution psychologique des personnages, c'est sûrement parce que je suis resté un grand gamin.
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Marple
09 juillet 2012
Récit d'aventures assez classique mais passionnant, 'Le Maître de Ballantrae' se lit aussi, et surtout, pour la formidable histoire de haine entre les 2 frères Durie, racontée par Mackellar, le fidèle intendant du domaine.
Brillant, séduisant, mais aussi cruel et machiavélique, l'ainé, le Maître de Ballantrae tient son cadet pour responsable de ses nombreuses déconfitures et considère qu'il lui a volé la vie lui revenant de droit. Dès lors, il le persécute à coup d'injures, d'extorsions de fonds et autres manipulation de ses proches. Jusqu'à ce qu'il réagisse ! Et c'est là que le livre devient passionnant, combinant étude psychologique très fine et rebondissements extraordinaires...
Car cette haine tenace traverse le temps et les continents, nous emmenant en Écosse, en Inde, aux États-Unis, sur les mers avec les pirates et dans les forêts avec les indiens,,, Lors de ces passages-là, on est vraiment dans un roman d'aventures, avec des personnages hauts en couleurs et des péripéties absolument irrealistes, et qui nous enchantent pourtant. du coup, la lecture est très riche et nous tient en haleine tout du long.
Si Mackellar n'est pas un conteur hors pair, il rend clairement compte des enjeux et de la personnalité des protagonistes. Et on se prend à aimer James l'honnête besogneux avec toute la tendresse qu'il a pour lui, ou à admirer Henry et son talent hors pair pour plaire à tout le monde ! Surtout, on se demande en permanence comment les 2 frères vont sortir de cette sombre impasse où ils se sont eux-mêmes enfermés/enferrés...
C'est le 1er livre de Stevenson que je lis, et je vais certainement enchaîner avec ses romans plus connus : Jekyll/Hyde et L'île au trésor... Je vous encourage tous à faire de même !
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raton-liseur
16 juin 2014
J'ai toujours eu du mal à imaginer que Stevenson avait pu écrire à la fois L'île au trésor et Dr Jekyll et Mr Hyde, deux romans dans des registres tellement différents. le Maître de Ballantrae, étrangement, semble réconcilier ces deux facettes d'un même écrivain. Il y est question d'une étude de personnages, en particulier le personnage éponyme, aventurier hâbleur, cruel beau parleur, et son frère, digne et conscient de ses devoirs, mesuré et droit. Un aîné flamboyant et un cadet terne, un seul titre, un seul domaine, et une seule cousine à épouser. Après avoir joué à pile ou face, au détriment de toute sagesse, qui rejoindrait la rébellion jacobite et qui demeurerait fidèle au roi en place (il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier…), l'aîné est porté disparu et le titre revient au cadet. Mais l'histoire connaîtra de nombreux rebondissements et le manoir de Durrisdeer sera le théâtre d'un affrontement à la violence contenue mais sans équivoque. Stevenson réussira dans la dernière partie du roman à nous emmener à l'aventure sur les terres hivernales d'Albany, sur les rives de l'Hudson.
Etrange combinaison dans ce livre qui me paraît un peu fait de bric et de broc, et dont certains enchaînements me paraissent peu crédibles, mais permettent l'avancée de l'histoire dans le sens que veut lui donner Stevenson. Tant que le vieux père n'est pas mort, qu'est-ce qu'Henry dispute réellement à James ? Pas le titre, ou alors seulement celui de dauphin ; pas la gestion du domaine, qui n'intéresse pas l'aîné pour deux sous. D'accord, il a épousé la femme destinée à l'absent, mais ce même absent n'a jamais eu d'inclinaison pour cette chère cousine qu'on lui avait imposée. Bref, je ne comprends guère quels sont les griefs qui déclenchent une telle haine fraternelle, une haine qui ne peut s'éteindre que dans la tragédie, les dés en semblent jetés dès le début du roman.
Et je ne parle pas des scènes finales qui sont d'un rocambolesque dignes des romans feuilletons qui ont fait les choux gras des journaux du XIXème siècle (Tiens, c'est l'époque à laquelle Stevenson écrit. Suis-je en train de dire qu'il écrit comme on le faisait à son époque ? Peut-être, mais dans ce cas c'est bien daté…). Invraisemblable, pas crédible pour deux sous, cela a gâché mon plaisir.
Et avec ça, aucun personnage qui soit vraiment attachant, qui soit comme un point d'ancrage pour le lecteur dans cette histoire. le maître de Ballantrae, James, est d'un sadisme qui le rend odieux (je ne peux comprendre l'admiration de Miss Alison pour ce sinistre personnage que sa flamboyance ne rend pas plus sympathique à mes yeux.) ; son cadet, Henry, est terne et campé sur ses principes, un personnage mal-aimé mais qui ne cherche pas à se faire aimer non plus. Et le narrateur, Mackellar, régisseur du domaine, est trop servile et influençable pour susciter quelque sympathie. Une belle brochette de personnages plus antipathiques les uns que les autres pour compléter cette histoire peu crédible…
Alors certes, Stevenson donne à lire une étude de caractère qui pourrait ne pas être dénuée d'intérêt. Les deux frères m'ont fait penser aux deux faces schizophrènes de Jekyll et Hyde, mais cette fois dédoublées dans deux personnages (dont les prénoms forment le nom d'un des amis de Stevenson, Henry James, drôle d'hommage à un ami, mais aussi peut-être une façon de montrer qu'ils sont les deux aspects d'une même personnalité). Les personnages évoluent aussi, il est bien vrai, et là où les frères semblaient si bien campés chacun dans leur camp, on voit la haine gagner celui qui se retranchait derrière les principes, et l'on voit peu à peu cette haine prendre le dessus sur toute autre forme de raisonnement, finissant par être le moteur de toute action, au-delà de toute raison ou toute rationalité.
Mais non, malgré tout, cette oeuvre ne m'aura pas convaincue. Je l'ai lue il y a quelques années, je viens de l'écouter. Mais rien n'y fait, je n'arrive pas à l'apprécier. Je m'aperçois que j'aime probablement des facettes de Stevenson moins connues, des oeuvres qui ne sont pas sur le devant de la scène mais qui me parlent ou me touchent plus que celles considérées comme ses chefs-d'oeuvre. Will du moulin, lu il y a peu m'avait beaucoup plu, il faut que je continue à creuser mon sillon dans les oeuvres mineures de cet auteur, c'est là que semblent être les pépites.
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Gwen21
29 septembre 2012
Le récit narre la terrifiante haine que se vouent deux frères, aristocrates écossais, pendant vingt ans, de 1745 à 1765.
L'écriture est superbe, d'une facilité à lire déconcertante et très évocatrice. En l'espace d'un peu plus de 300 pages pour l'édition Folio, vous voyagez des landes écossaises aux Indes en passant par une traversée chaotique de l'océan Atlantique et par les paysages sauvages du Nouveau Monde dans une ambiance digne du "Dernier des Mohicans".
L'aventure, nerf de la guerre de Stevenson, est au rendez-vous à chaque paragraphe et emmène le lecteur, témoin impuissant mais aimanté, dans une course folle vers un dénouement magistral qui vaut largement le meilleur des scénarios cinématographiques. D'ailleurs, difficile de ne pas évoquer pendant ma lecture les décors, les personnages et les effets spéciaux que j'emploierais si j'étais réalisatrice et si, par la seule force de mon imagination, je parvenais à transposer le récit en script.
En synthèse : passionnant, dépaysant et séduisant.

Challenge ABC 2012-2013
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
gillgill01 octobre 2013
Dans son héritage écossais, Stevenson n'avait pas trouvé seulement les scrupules puritains, mais aussi le goût des évasions. Il n'est que de suivre sa carrière dans l'attachant récit qu'en a donné Jean-Marie Carré pour voir que, dès sa jeunesse orageuse, il avait été un rebelle et un bohème avant de devenir un nomade.
Il n'ignorait rien des âpres réalités et il avait exploré bien des bas-fonds quand il vint s'établir, en 1887, sur les bords du lac Saragnac, dans le nord de l'état de New-York, à l'ouest du lac Champlain.
Il avait alors 37 ans et aurait pu dire déjà ce qu'il devait confesser plus tard à Marcel Schwob :
"Je suis pour six dixièmes artiste et pour quatre dixièmes aventurier".....
(extrait de la préface signée René Lalou et apposée en début de l'ouvrage paru aux éditions "Stock" en 1946)
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SachenkaSachenka07 juin 2015
C'était le Maître de Ballante, fils de Milord Durrisdeer, un jeune gentilhomme possédant des qualités et une bravoure exceptionnelles, conçu par la nature aussi bien pour être le fleuron d'une cour que pour moissonner des lauriers sur les champs de bataille.
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SachenkaSachenka14 juin 2015
"Vous êtes bien un civil pour penser que la guerre, ce sont des fanfares et des drapeaux, dit-il. La guerre (comme disaient les Anciens avec beaucoup de sagesse), c'est l'ultima ratio. Quand nous profitons de notre avantage implacablement, voilà quand nous faisons la guerre. [...]"
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RenodRenod01 septembre 2017
Deux personnes ne peuvent être plus étrangères l'une à l'autre que celles qui sont à la fois mariées et brouillées, au point qu'elles semblent trop éloignées pour s'entendre, ou bien ne pas parler la même langue.
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Gwen21Gwen2129 septembre 2012
Personnellement, j'étais déjà vieux ; je n'avais pas eu de jeunesse ; je n'étais pas fait pour les plaisirs du monde, je n'avais pas beaucoup de liens d'affection ; ça ne valait même pas la peine de tirer à pile ou face avec une piécette d'argent pour savoir si je serais noyé ici et maintenant dans l'Atlantique, ou si je durerais encore quelques années, pour mourir de maladie, dans mon lit, peut-être aussi affreusement, sans personne à côté de moi.
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