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EAN : 9782354088385
256 pages
Mnémos (08/10/2021)
3.63/5   36 notes
Résumé :
À seulement seize ans, Myriam est chargée d’écrire le livre de la Vérité qui manque à sa communauté de survivants de l’apocalypse. Elle n’a plus accès qu’à quelques ouvrages en lambeaux et à des récits oraux conservés tant bien que mal. Qu’à cela ne tienne, elle remplit sa mission.

Puisant à toutes les sources, de la chute de Lucifer aux chaussons de Cendrillon, en passant par Le Lac des cygnes et les pérégrinations d’Œdipe, elle trace des démarcation... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Exit Matthieu, Marc, Luc et Jean. Voici la nouvelle apôtre, Myriam. Mais son recueil de textes ne semble pas faire l'unanimité dans sa communauté, puisqu'elle va être brûlée en tant qu'hérétique. Heureusement pour nous, certains disciples ont recueilli ce livre et nous le transmettent. Il constitue un évangile composé de multiples histoires, toutes plus ou moins édifiantes, tirées des siècles passés : extraits de la Bible, des contes de Charles Perrault, mais aussi des chansons de Michael Jackson. Eh oui, cette histoire ne se déroule pas au Moyen-Âge, mais dans notre avenir, un avenir sans doute post-apocalyptique, où une communauté religieuse vit repliée sur elle.

Au début de ma lecture de L'évangile selon Myriam, je suis resté dans l'expectative, me demandant où j'avais mis les pieds et si j'allais continuer. Mais la petite taille du roman et la multiplication des courts chapitres, ainsi que le style agréable de Ketty Stewart m'ont convaincu de poursuivre. Et je n'ai finalement pas regretté.

L'action se déroule dans le futur. Un futur qui restera vague jusqu'au bout. On sait juste qu'il est de tonalité post-apocalyptique. Que les villes ont eu tendance à se refermer sur elles-mêmes, laissant à l'extérieur les moins « méritants », les personnes incapables de payer le droit de rester là où le confort régnait. Puis qu'on a fiché tous les citoyens systématiquement. Que des communautés ont refusé d'adhérer à ce modèle de société et se sont réfugiées dans la campagne, de plus en plus isolées, de plus en plus pauvres technologiquement parlant.

Et justement, le groupe dont fait partie Myriam, l'Église des Derniers Temps, officie loin du reste de la société, loin de Babylone et de sa technologie. Myriam est jugée sans intérêt pour sa communauté, car incapable de rien lui apporter. Heureusement pour elle, un prédicateur lui confie une tâche capitale : elle sera scribe. À charge pour elle de récupérer les quelques fragments qui leur sont restés des textes anciens et d'en faire une lecture cohérente et un ensemble uni. Elle a donc à sa disposition des textes qui viendraient d'Helen la Blanche, une ancienne prédicatrice, un recueil de citations de deux anciens auteurs (Milan Kundera et Stefan Zweig) et un chansonnier (avec les titres de Michael Jackson). Et de ces sources sans lien entre elles et appartenant à des univers totalement différents, elle va tirer un recueil divisé en six parties, destinées à nous permettre de comprendre mieux notre monde. le chapitre sur le mensonge, par exemple, montre le pouvoir de cet élément, car on peut être victime de mensonge, mais on peut aussi se complaire soi-même dans le mensonge, s'aveugler volontairement pour vivre plus facilement ou pour d'autres raisons tout aussi fortes. Pour aller dans ce sens, Myriam convoque le Petit Chaperon Rouge, appelé ici Caroline ; Jacob (de la Bible) qui se laisse tromper par son beau-père, l'empereur Huángdì qui paie une fortune une tenue qui n'existe pas ; les sept petits chevreaux qui vont se laisser tromper par le loup (enfin, six sur sept) ; Tamar, une veuve qui ne se résigne pas à être traitée comme un objet ; le vilain petit canard. On le voit, l'autrice pioche dans tous les domaines des textes classiques, puisque l'on va de la Bible aux contes mille fois ressassés dans notre enfance. Et elle reprend ces histoires selon un angle différent. En insistant, non pas seulement sur l'histoire, mais sur un point précis : ici, comment peut-on se laisser convaincre par un mensonge parfois grossier ? Quelle raison peut amener à se laisser piéger ? Jusqu'à la mort pour Caroline (le petit chaperon rouge).
Enfin, petite touche d'humour supplémentaire, mais pas que, le personnage d'Alphonse. Qui est-ce ? Eh bien, Alphonse, c'est le principe de réalité. Celui qui est toujours là à sermonner : « Je te l'avais bien dit ! ». Celui qui nous ramène toujours à l'ordinaire bassement trivial. Ce qui empêche de s'envoler, ce qui plombe les poches. Alphonse, quoi !

La lecture de L'évangile selon Myriam a été pour moi une source de plaisir, tout d'abord, quand j'ai redécouvert des contes sous un regard nouveau et avec une nouvelle optique. Mais aussi un occasion de m'interroger sur la place des textes reconnus dans notre imaginaire et notre vision du monde. Et, donc, sur mon rapport à ces récits inscrits dans notre imaginaire.
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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Ketty écrit, le lecteur lit ce que Ketty écrit. Et le blogueur de te dire ce que le lecteur en a pensé.
C'est l'ordre des choses.

Premier roman de Ketty Steward que je lis, enfin...

J'ai découvert cette autrice (oui même les femmes écrivent de nos jours...) dans une fiction sur France Culture. Et depuis, ce texte me trotte dans la tête, pas parfait, mais voilà, il fait partie de ma vie de lecteur. Ou plutôt d'auditeur. Mais peu importe, livre ou pièce radiophonique, les images émergent des mots.

Alors on regarde sa bibliographie, mais rien de long, ni de SF. On patiente, au détour d'une revue, on retombe sur sa plume, on lit quelques-unes de ses microfictions sur Twitter, on regarde quelques interviews ici ou là, on patiente... Elle fait partie de ton existence, pas très proche, mais toujours présente, en filigrane. Et puis un jour tu vois qu'elle va publier un roman, de SF en plus. SF entre guillemets, car tu sais que Ketty n'aime pas les étiquettes, donc elle les arrachent un peu et collent d'autres morceaux d'étiquettes. C'est elle qui décide, car c'est Ketty qui écrit. Toi ton rôle de lecteur, c'est de lire ce que Ketty écrit. Et le blogueur de te dire ce que le lecteur a pensé de l'écriture de Ketty. C'est l'ordre des choses. C'est ainsi et pas autrement. de toute manière c'est écrit d'avance, tout n'est qu'un éternel recommencement. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas s'amuser avec les écrits : on peut les réécrire, on peut même prendre des textes sacrés et les malaxer, les mélanger, avec des contes aussi, des mythes. de toute manière, textes sacrés, contes ou mythologies racontent la même chose, c'est juste écrit différemment.


Voilà ce que Ketty a écrit ici. Enfin pas Ketty, Myriam. le sacerdoce de Myriam, c'est d'écrire ce qui a disparu, pour ne pas oublier, pour que son peuple se rappelle. Mais bon, Myriam fait ce qu'elle peut, de ce qu'elle se souvient. Les souvenirs sont parfois mensongers, trompeurs. Alors un bout de ça et de ceci, quelle différence ? le principal, c'est ce qui est dit dans ces écrits. Et ces saynètes nombreuses, ces petits bouts de rien finissent par ce mélanger, s'amalgamer et finissent par ce lier, quelque chose en émerge, qui est plus que le total de ces bouts. Sans oublier les épices pour donner du goût. Et Myriam, ou Ketty, a choisi d'y incorporer quelques pincées d'humour. Pas trop, des légères, juste pour permettre aux bouts d'exalter tous leurs sucs.

Ketty écrit, le lecteur lit.
Si toi aussi tu lis, lis donc ce que Ketty écrit.
Et bonne nouvelle, il paraît que Ketty écrit encore.
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J'ai récemment découvert lors d'une escapade à Nantes un étrange ruban vert fluo matérialisé au sol. Je l'ai croisé à plusieurs reprises, lors de ma balade, de temps en temps, il me poussait à m'arrêter devant une oeuvre d'art contemporaine dotée d'un panneau explicatif attrayant et très pédagogique m'incitant à prolonger l' arrêt… Renseignements pris, cette ligne verte sillonne la ville et propose un « Voyage à Nantes » surnommé VAN qui mêle monuments incontournables, oeuvres d'art plus ou moins éphémères, aires de jeux, et même chambres d'artistes.
Le grand intérêt de cette ligne c'est à la fois qu'elle guide, mais on peut la quitter et puis on la retrouve, elle devient alors discrètement familière et démontre son intérêt car elle n'est pas fruit du hasard, elle a choisi des points de vue originaux, des angles intéressant dans une ville à la fois constituée et en constante évolution. Moralité : sans en connaître l'alchimie de sa fabrication ni même son sens, on se prend à la suivre …
Et bien, cher babéliote, voici un parcours « 3D », en écho parfait avec mon expérience du VAN que nous soumet Ketty Steward dans l'Evangile selon Myriam. Elle autorise plusieurs niveaux de lecture, s'impose en douceur, paraît à la fois éclectique, cohérente sans qu'apparaissent pour autant les critères de choix, et comme un voyage, lorsqu'il se termine, nous savons que si nous le refaisions, il serait tout à fait différent, dans les mêmes couleurs certes, mais tel un nouvel arrangement dans un kaléidoscope.
Myriam , jeune rescapée de l'Apocalypse, et dont la mission consiste à écrire l'Evangile et la Vérité avec un grand « V » connaîtra le sort de notre chère Jeanne d'Arc, elle possède aussi la même foi radicale que notre héroïne, je vous renvoie à l'excellent livre de Jacques de Trémolet de Villers, le procès de Rouen, et à ma critique sur Babélio, parenthèse que je m'autorise sans vergogne !

Le parcours de ce livre est fondé sur la conviction que nous détenons toutes les pièces de notre puzzle collectif.

Les six fois six parties forment un zigzag où se croisent mythes, personnages de Contes, fragments du récit biblique, considérations philosophiques.
Le combat inégal entre Dieu, qui reste glorieux et Tout-Puissant, Lucifer solidement épaulé par Alphonse, l'ex Porte – Lumière, archange en chef, qui un jour s'ennuya au paradis, fit sécession et poussa indirectement Dieu à créer expérimentalement l'homme, mortel, contingent, imparfait quoique quasi-divin surtout à ses propres yeux ! Ce combat sans fin est décrit, avec ses rebondissements au fil du récit.
L'ensemble est bien écrit, original, amusant. Par une curieuse alchimie, il explore de manière mystérieusement interactive, le fameux « la culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié ».
le récit restaure archéologiquement l'écrit, redonnant ainsi toute sa place à la lecture, chacun y retrouve des figures familières, et pourra creuser pour en savoir plus sur celles qu'il découvre. Pas sûr qu'il y ait une sortie lumineuse à ce labyrinthe, la quête de Sens, tellement d'actualité, est souvent évoquée par l'auteure, au fond, nous pouvons conclure que l'important c'est le chemin !
Bonne lecture et bon voyage ! je remercie l'opération masse-critique pour cette opportunité qui m'a ainsi permis de découvrir une auteure de science-fiction, un genre que je pratique très peu, particulièrement prometteuse.
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« Comment savoir où nous allons quand nous ignorons ce que nous sommes » ? Il s'agit d'un récit. le roman d'un récit universel. Sa construction. le remontage des temps. Des temps vécus, passés, contés, transmis. Comment recomposer le puzzle d'une histoire ? Bribes de légendes, de contes, de mythes, de chapitres d'un Livre. Myriam sera le scribe de ce nouveau peuple. Ce peuple qui a fui cette «  Babylone ». Ce peuple qui doit poursuivre une histoire, donner sens à son nouveau récit.
Mais peut-on bâtir un autre avenir en tentant de rassembler les pièces d'un passé morcelé, lacunaire ? Que peut apprendre à ce peuple ce remontage mnémonique ? Ces récits rassemblés aura-il valeur de fondation ou de prophétie ? Que devient-on, que peut-on espérer lorsqu'il est dit que tout est ( peut -être...déjà ) écrit ?
Quel nouveau récit émergera ? Ou bien est-ce que l'histoire se répétera ? Destin, mémoire, vérité, variables inconnues ... Vérité et mensonge tissent l'étoffe de nos récits et de nos « devenir ».
Recommencer est-ce se rappeler ? Commencer est-ce oublier ?
Le roman de Ketty Steward ouvre « le chant » de bien des possibles.
Astrid Shriqui Garain

opération Babelio/ Editions Mnemos – octobre 2021

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Fable à tiroirs et melting pot décisif de mythologies et de croyances réputées indispensables à la survie du peuple religieux, un redoutable roman d'humour sérieux pour écouter différemment les récits prétendant structurer nos visions du monde.

Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/11/05/note-de-lecture-levangile-selon-myriam-ketty-steward/

Confinés dans les interstices laissés libres par la puissante Babylone, les membres de l'Église des Derniers Temps (qui, attention, malgré l'apparente familiarité de leur nom, ne sont pas les Saints des Derniers Jours) survivent dans l'extrême discrétion, dans ce monde qui pourrait être post-apocalyptique, mais qui pourrait tout aussi bien être une simple poursuite naturelle de la pente, par la main réputée invisible du marché, des inégalités contemporaines criantes entre les plus riches (avec leurs cohortes de mercenaires et d'aspirants intégrés) et les plus pauvres (avec la masse de celles et ceux pouvant tomber et les rejoindre à tout instant). Toujours est-il que dans leur vie itinérante parfois si proche de la fuite pure et simple, ces croyants ont perdu l'écrit, ne disposant plus en guise de culture commune intellectuelle que de fragments dépareilllés de Bibles et de récits transmis plus ou moins soigneusement le soir à la veillée.

Mais voici que se lève Myriam, fille de prédicateur fameux mais côtoyant d'un peu trop près peut-être certaines opinions jugées ici hérétiques, fille au tempérament rebelle, peu douée – dit-on – pour les tâches vitales de chimie ou de mécanique, de culture des champignons ou de cuisine, mais miraculeusement particulièrement apte – visiblement – pour entreprendre, à la demande expresse – fût-ce par le truchement d'intermédiaires – de Dieu, la reconstitution d'un corpus écrit pour son peuple discutablement élu. Ce sera donc l'Évangile selon Myriam.

On sait depuis son magnifique roman autobiographique (« Noir sur blanc », 2012) à quel point Ketty Steward connaît de l'intérieur le phénomène religieux, pour avoir été rudement exposée, dans sa prime jeunesse, à quelques-uns des pires travers et perversités des croyances ritualisées, aveuglantes et masquantes. On sait aussi depuis les redoutables « Confessions d'une séancière » (2018) comme elle sait saisir un conte traditionnel, le réécrire, le re-poétiser et en sublimer le potentiel de surprise et de subversion. Quel bonheur alors de voir maintenant converger ces deux lignes de force de son travail, avec cet « Évangile selon Myriam » paru chez Mnémos en octobre 2021, en imaginant la re-création des mythes fondateurs d'une religion chrétienne (mais d'autres candidates auraient sans doute été possibles, avec d'autres corpus de textes « sacrés » à malaxer) ayant été partiellement atomisée, et devant faire renaître ses écrits fondateurs de leurs cendres, pour le meilleur et pour le pire. La joie redouble lorsqu'apparaît manifeste le parti pris de l'autrice, forte de sa maîtrise des codes, des motifs et des historiques science-fictifs (que l'on songe à ses belles nouvelles de « Connexions interrompues« ou à celles, plus récentes, figurant par exemple dans les anthologies « Au bal des actifs – Demain le travail« ou « Sauve qui peut – Demain la santé« ), d'inscrire cette quête langagière et sémiologique sous le signe du savoir disparu et du savoir à retrouver – aux risques majeurs et savoureux des bifurcations interprétatives – comme l'avaient imaginé les pionniers Walter Miller Jr. (« Un cantique pour Leibowitz« , 1959) et Russell HobanEnig Marcheur« , 1980).

Ketty Steward n'utilise pas la même forme de malice théologique que le James Morrow de « La trilogie de Jéhovah« ou de « Lazare attend« , ni la même forme de réécriture directe que l'Angela Carter de « La compagnie des loups« , mais englobe et subsume leurs possibilités à sa manière bien particulière désormais. En convoquant le Créateur et Lucifer (mais aussi l'exceptionnel Alphonse – dont on vous laissera découvrir la noirceur toute spécifique et le lien indéniable qu'il établit avec les analyses langagières performatives, aussi, de Sandra Lucbert dans « le ministère des contes publics« , justement), la Belle au Bois Dormant et Adam, Caïn, Abel et le Petit Poucet, Jacob, Ésaü et l'Ogre, Jonas et Cendrillon, Jésus, Marthe, Marie et Lazare aux côtés de Martin Guerre, le Petit Chaperon rouge et l'empereur Huángdì, sept chevreaux, un loup rusé et un vilain petit canard, Salomon et une peau d'âne, et bien d'autres, mais en les inscrivant sous la souple férule de citations récupérées de Milan Kundera, de Stefan Zweig et de Michael Jackson, l'autrice révolutionne avec un considérable humour sérieux la manière dont se construisent les mythes, la manière dont ils se structurent en corpus plus ou moins cohérent mais en tout cas toujours opératoire, pour le meilleur et pour le pire, et la manière dont les récits populaires partagés en systèmes flous de croyances peuvent émanciper ou contraindre, selon l'idéologie qui les sous-tend, consciemment ou non – rejoignant d'ailleurs les résonances sourdes du « New Italian Epic« chers aux Wu Ming et à Valerio Evangelisti. Leçon flamboyante de poésie et leçon discrète de science politique historique, à moins que ce ne soit le contraire, « L'Évangile selon Myriam » est de ces redoutables livres-jeux qui peuvent transformer secrètement votre propre façon de regarder le monde et d'écouter les récits qui luttent pour le structurer.
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Au commencement régnaient ténèbres, chaos et confusion.
Dieu, dont l’esprit flottait au-dessus des eaux stagnantes emplies de créatures aveugles, décida soudain d’apporter à l’univers lumière et compréhension, parole et organisation.
Cette révolution, nous la revivons quelquefois à titre collectif ou individuel en passant du doute à la vérité, de l’indéfini aux objectifs clairs et du brouillamini à l’ordre.
Comment savoir où nous allons quand nous ignorons ce que nous sommes ?
La Parole de Dieu nous apprend que tout ce qui existe a eu un commencement : la Terre que nous foulons et qui nous nourrit péniblement, mais aussi le verbe, la pensée et ces narrations qui nous aident à appréhender ce qui vient.
Nous expérimenterons très tôt notre besoin de faire des liens entre les bribes de perceptions et de doter d’un sens plus global notre vie qui a eu également un commencement.
« Tout ce qui a un début a une fin », disait souvent mon père.
Dans ma naïveté, j’entendais « commencement » et « terminaison » sans discerner, juste en dessous, l’autre signification de son assertion. Tout ce qui entre en mouvement a un objectif, une fin, un principe d’ordonnancement qui lui donne une raison qui nous est accessible.
Tout ce qui est amené à prendre place dans nos récits doit y jouer un rôle plus ou moins explicite.
Ce qui nous apparaît nébuleux ne l’est que temporairement, en attente de l’éclairage qui nous le révélera ; en attente de la mise en relation qui en fera jaillir le sens.
Nous, Communauté des Derniers Saints, nous nous donnons une date de naissance, un début, mais quel est notre commencement ?
Vers quoi tendons-nous qui puisse se formuler ? Quelle est la fin de nos tribulations, qui sera aussi leur achèvement, le dessein de notre voyage ?
Enfant, j’ai beaucoup entendu parler de ce qui n’avait pas convenu.
J’ai appris le récit de la fuite de nos parents vers des cieux plus favorables. Je n’ai pas oublié les descriptions de Babylone, la société déliquescente qui a chassé ceux qui nous précédèrent. Je sais encore ce qu’ils abandonnaient, seulement, je me demande s’il n’est pas temps, après avoir renoncé au pire, de construire un ailleurs, autre sinon supérieur, et de dessiner pour demain une destination plausible.
Ne plus se contenter de se déclarer contre Babylone, mais créer et actionner un moteur, enfin positif, un destin autoporté, délivré de ce qui fut.
Mes amis, mes sœurs et frères, le désordre et le brouillard rendent illisible notre feuille de route mais nous possédons, dans nos bagages, dans nos souvenirs et dans nos rêves, de quoi bâtir notre propre horizon. Nous détenons, éparses, toutes les pièces de notre puzzle collectif.
L’Esprit m’a montré une ligne, un sentier à peine marqué, dans les hautes herbes du savoir. Laissez-moi être votre guide dans le défrichage méthodique qui me paraît indispensable.
Aidez-moi à ouvrir la voie pour nous et pour ceux qui suivront.
Tout est déjà là, latent.
Tout est déjà là, stagnant,
n’attendant que la mise en mots, la mise en mouvement et le commencement.
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Malgré la conscience aiguë de mon indignité, je ne puis garder le silence sur ce dont je fus témoin. L’Esprit me pousse à clamer ma foi ainsi que ma conviction d’avoir eu part à des mystères et à des miracles qui surpassent ce que je suis, ce que nous sommes.
J’ai suivi Myriam, dès le début de son ministère, et, avec quelques autres sœurs et frères, nous l’avons assistée dans son œuvre de restauration de la Sainte Parole.
Hélas, il fallait que sa chair nous soit enlevée pour notre propre édification et la poursuite de sa mission. Nous l’acceptons, de la même façon que nous nous sommes soumis à la bénédiction et avons consenti à l’honneur d’être les premiers disciples.
Ainsi parla Myriam, messagère de l’Éternel, au dernier matin de sa vie :

« Nous y voilà.
Vous entendez me faire taire ?
Lune après lune, j’ai vu s’épaissir le livre des récits. J’ai partagé, avec tous, les histoires du passé, au fur et à mesure qu’il m’était donné de les retrouver.
J’ai consigné ces vérités afin de renforcer notre cohésion.
Mais aujourd’hui, vous n’en voulez plus. Vous doutez de moi ?
Mon père n’est toujours pas revenu de ce voyage où vous l’avez envoyé, ainsi pourrais-je, moi aussi, douter de vous.
N’avez-vous pas seulement cherché à vous libérer de sa présence ?
N’avez-vous pas tenté de vous défaire de son franc-parler, du regard accusateur qu’il portait sur vos compromissions ?
L’Esprit qui l’a désigné pour sa mission est le même qui me confia mon ministère.
« J’existerai par ta parole, car ta parole est la vérité. »
De quelle façon espérez-vous justifier le crime que vous projetez de commettre ?
Vous me reprochez de dénaturer la Sainte Parole de Dieu, sans être capables de m’indiquer en quoi, sans avoir un texte à m’opposer, sans autre argument que le malaise que vous ressentez en ma présence.
Faites de moi ce que vous devez, car cela aussi est déjà écrit.
En vérité, je vous le dis, ce qui passera par le feu en ressortira sanctifié. Quant à vous, jeûnez, priez, méditez et sondez vos cœurs, car ce n’est pas l’amour qui vous anime. »

Tête haute, malgré ses liens, Myriam était libre.
Plus libre que ses accusateurs.
Exempte du moindre tourment et de toute culpabilité.
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Jacob fut accueilli chez Laban, ses fils et ses filles tel un prince en son royaume, ou plutôt, tel un bénévole zélé, dans une association en sous-effectif.
Il travailla en effet pour son oncle, gratuitement, pendant des années, remboursant très largement le gite et le couvert.
Lorsque Laban s'enquit, finalement, du salaire qui conviendrait à son neveu - qui était également son meilleur employé - ce dernier, qui n'attendait que cette occasion, demanda la main de Rachel. (98)
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Les sens sont aussi fous que des enfants. ils ne peuvent pas distinguer le vrai du faux. l’illusion de la réalité. il suffit qu’on leur donne une nourriture. peu importe que ce soit des réalités et des rêves.
citation de Stefan Zweig pour introduire le chapitre 22 intitulé Patte Blanche ..
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Qui éprouve de vifs sentiments observe peu. Les gens heureux sont de mauvais psychologues. Seul l’individu inquiet aiguise ses sens au maximum. L’instinct du danger lui insuffle une perspicacité qui dépasse de loin celle qui lui est naturelle. Stefan Zweig, cette citation introduit le Chapitre intitulé 8 sept enfants.
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Entre prise de conscience éthique et confrontation au réel du bouleversement climatique. Le changement de nos habitudes alimentaires, de nos coutumes vestimentaires, et les mille manières que nous avons d'exploiter ou menacer l'existence des êtres qui cohabitent avec nous sur cette planète sont devenus des questions fondamentales. L'exploitation animale peut-elle être un humanisme ? Qu'en dit l'Imaginaire ?
Moderateur : Ophélie Bruneau Les intervenants : Simon Liberman, Ketty Steward, Christiane Vadnais
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