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EAN : 9782264072115
480 pages
10-18 (21/06/2018)
3.76/5   25 notes
Résumé :
New Jersey, 1916. Des jeunes femmes sont incarcérées à la prison de Hackensack sous les chefs d'inculpation les plus discutables : « insoumission », « sédition », ou encore « dépravation morale ». La place d'Edna Heustis, une patriote partie de chez elle pour travailler dans une usine de munitions, est-elle vraiment derrière des barreaux ? Et Minnie Davis mérite-t-elle d'être expédiée dans un camp de redressement fédéral parce qu'elle a fugué ? Oui, selon les lois -... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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⭐️Troisième opus de la saga mettant en scène Constance Koop, première femme shérif adjoint dans une Amérique en pleine métamorphose.⭐️


Quelques mois après avoir réussi à arrêter le baron von Matthesius (voir La femme à l'insigne) de manière assez mouvementé, Constance fait encore la une des journaux. Cette notoriété ne lui plait pas le moins du monde puisque de nombreuses demandes en mariage lui arrivent des quatre coins du pays. 😵 le mariage est pourtant la dernière chose souhaitée puisque son métier d'adjointe du shérif la comble et l'occupe.
Il faut aussi dire qu'elle a de quoi faire avec l'arrivée d'Edna Heustis, accusée de débauche pour avoir désiré uniquement s'émanciper de sa famille en trouvant un travail et un logement ; de Minnie Davis, accusée d'avoir vécu avec un homme sans passer au préalable par la case mariage...; et Fleurette, sa petite soeur (et fille cachée) qui s'est sauvée avec une troupe d'artistes.😓


Comme toujours, ne vous attendez pas à un roman policier. D'ailleurs, je ne comprends pas que cette série soit présente dans les Grands Détectives de la collection 10/18. Ce troisième opus présente plus le côté sociétal de l'époque concernant le rôle des femmes dans une Amérique en plein bouleversement. le côté policier est totalement absent puisqu'il n'y a pas d'enquête, pas de criminel à traquer. le seul côté "policier" de ce roman tient en la présence de Constance Kopp, première shérif adjoint de l'époque.


Amy Stewart dans La justicière et les filles perdues nous décrit la condition des femmes de l'époque au travers notamment d'une loi fédérale votée quelques années plus tôt : le Mann Act ou White-Slave Traffic Act (traite d'esclaves blancs). Cette loi a été dévoyée et poussée à l'extrême puisque certains tribunaux l'ont utilisé afin d'arrêter des femmes et des hommes quittant un état sans l'accord de la famille. Les hommes étaient accusés de traite de blanche et les femmes enfermées dans des centres de redressement voire, interner dans des asiles jusqu'à la fin de leur vie. Dans ce roman, Amy Stewart nous brosse le portrait de deux situations : celle d'Edna Heustis, une jeune femme désirant son indépendance et fuir l'avenir attendu (mari, enfants, ménage, lessive) et, celle de Minnie Davis, partie avec un homme dans un autre état pour fuir également cette monotonie.


Le point fort de cette série concerne le contexte historique réel. Les personnages ont réellement existés même si l'histoire a été romancée afin de la rendre plus captivante ; les événements et les bouleversements sociétaux sont décrits de manière vivante et réaliste. On sent le travail de documentation important en amont de la part de l'auteur et son attachement avec cette Constance Kopp, incroyable pour son époque. le tout est ensuite saupoudré d'un humour caustique et d'extraits de journaux de l'époque. D'ailleurs, la lecture de quelques unes des lettres demandant Constance en mariage, valent le coup d'oeil.


👉Pour résumer, ce troisième opus n'est certes pas une enquête policière au sens strict du thème. Oublier les criminels, les enquêtes à énigme et laisser votre esprit découvrir une autre époque, une autre manière de concevoir les choses. Votre côté féministe risque d'être titillé !😝
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Troisième tome d'une série qui commence avec " La fille au revolver", ce roman est librement adapté d'une histoire vraie , celle de Constance Kopp, première femme "shérif- adjointe " , au monde …
Moins d'action dans cet épisode, plus de social .
On est en 1916 dans le New-Jersey et il n'est pas rare que de très jeunes filles soient incarcérées dans une maison de redressement , un asile de fou ou en prison .
Leurs crimes ? Avoir fui une situation familiale précaire (ou sordide ), être partie avec un homme ( et avoir vécu dans le pêché avec lui) , s'être enfuie dans une grande ville…
Rien de grave pour nous,, mais pour l' époque cela donnait lieu à des années d'incarcération. Un destin qui part mal et que Constance va tenter de modifier avec toute l'énergie qu'on lui connait ! Les filles perdues ont trouvé une alliée, mais Constance ne sait plus où donner de la tête , sa petite soeur Fleurette a quitté le domicile familial, pour aller rejoindre une troupe de danseuses / actrices , "Les poupées de porcelaine".

Tout aussi malicieux que ces prédécesseurs, ce tome là est moins porté sur l'action et le suspens . Oubliez les enquêtes , on est dans le social et l'historique. Tout le travail de documentation apparait à la fin , si vous vous donnez la peine de lire les notes de l'auteur. L'équilibre entre les faits réels et ce qui sort de l'imagination d'Amy Stewart est fantastique à découvrir. D'ailleurs , la réussite de ses romans dépendent de cela, la documentation. le plus beau compliment vient du journal Le Point : " Ou bien Amy Stewart y était, ou bien c'est l'arrière- petite- fille de Calamity Jane ".
Il faut impérativement commencer par le premier tome . Cette série est féministe, malicieuse et très sympathique à lire.


Challenge Mauvais Genres .
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Troisième volet des aventures des soeurs Kopp. Ce volume est centré sur les jeunes filles qui quittent leur famille soit pour travailler (et garder leur salaire qui sinon doit être remis intégralement au père), soit pour suivre un homme afin d'échapper à leur famille et à un destin tout tracé : mariage avec un ouvrier, travail à l'usine jusqu'au premier enfant puis une vie de mère au foyer sans jamais espérer autre chose qu'un logement plus ou moins minable et pas de sorties.
Ena Hellis illustre le premier cas, elle est partie pour travailler dans une usine et s'est trouvé une petite chambre dans une pension sérieuse. Mais parce qu'elle n'a pas demandé l'autorisation de la famille qui de toute façon lui aurait été refusée, sa mère qui n'a plus d‘aide pour le ménage, porte plainte à la police. Tandis que Minnie vit dans une famille très stricte mais très pauvre et rêve d'autre chose que la vie monotone qui l'attend. Elle suit donc un homme qui l'installe dans une chambre meublée où elle est retrouvée par hasard par la police et incarcérée. Constance n'est pas d'accord avec le traitement infligé à ces jeunes filles
Par ailleurs, c'est Fleurette qui décide de suivre sans avertir personne une troupe de théâtre en tant que couturière en espérant dans un deuxième temps monter sur scène. Si Constance décide de la laisser suivre sa voie, Norma en fait tout un plat et mobilise toutes sortes de personnes pour surveiller Fleurette, entraînant Constance dans des complications.

Pas de véritables crimes dans ce volume mais une illustration des limitations dont souffrent les femmes et particulièrement les jeunes filles.

J'ai hâte de lire le quatrième tome.


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Dans ce troisième roman dont l'action se déroule en 1916 , pas vraiment d'enquête .
Amy Stewart ( bien documentée ) nous raconte le sort réservé aux jeunes filles qui ne filaient pas droit , celles qui voulaient travailler contre l'avis de leurs parents , celles qui voulaient s'affranchir de l'autorité familiale et s'en allaient vivre dans un autre état , et bien sûr celles qui fréquentaient de trop nombreux garçons . Les parents portaient plainte et ces « filles perdues » étaient jugées et placées en maison de redressement . Autres temps , autres moeurs …
C'est juste au moment où Constance Kopp , adjointe du shérif , vient en aide à deux d'entre elles que notre héroïne est confrontée au problème de la fugue de sa jeune « soeur » Fleurette . Celle-ci , artiste dans l'âme , rêvant de monter sur les planches , a quitté la maison pour « vivre sa vie » en suivant une troupe de music-hall , «  Les Poupées de Porcelaine » , au grand dam de la ronchonneuse Norma .
Le style d'Amy Stewart est toujours aussi fluide et plaisant . Comme les deux précédents , ce roman offre humour et plaisir de lecture .
J'attends le quatrième !
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Jamais deux sans trois ! Le proverbe se vérifie et en général, les suites sont moins biens que les premiers tomes. Dans cette trilogie, plus ça va, mieux c'est. J'ai été enthousiasmée par le personnage de Constance qui nous offre une vision plutôt positive de la police d'alors par des portraits de femmes malmenées par la vie, leur conjoint ou généralement par les hommes, et soutenues dans ce livre une femme policière. Au delà du roman et inspiré de la réalité, cette trilogie nous livre une description érudite de la société américaine dans les années 1900 et nous révèle combien c'était une société, notamment machiste dans laquelle les femmes devaient lutter pour pouvoir au minimum subvenir elles-mêmes à leurs besoins sans être dépendante et dans le meilleur des cas avoir un métier.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
— Désolé, madame, les femmes de policiers ne voyagent pas gratuitement.
Constance toisa de toute sa hauteur le conducteur du tramway.
— C’est un insigne de shérif, rétorqua-t-elle. Et il est à moi. Vous êtes nouveau sur cette ligne, n’est-ce pas ?
— Je connais le règlement. Les transports gratuits sont réservés aux agents assermentés, pas aux épouses, ni aux sténographes ou autres.
Constance ne se sentait pas d’humeur à argumenter. Dégageant les pans de son manteau, elle présenta son arme et ses menottes au conducteur, qui eut un mouvement de recul.
— Madame, c’est vraiment vous donner beaucoup de mal pour ne pas payer votre billet ! Vous feriez mieux de rendre tout ça à qui de droit avant qu’il n’arrive malheur à quelqu’un.
— C’est à vous qu’il va arriver malheur si vous continuez à ne pas comprendre ce qu’est un insigne d’adjointe au shérif !
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La même chose valait pour la population masculine : on remarquait toujours une chute de la criminalité en janvier et février, quand le temps était trop désagréable pour que l'on se donnât la peine de voler un cheval ou de poignarder son voisin de comptoir dans un bar.
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[ Des jeunes filles ] demeuraient recluses des mois durant, voire des années, pour des délits qui n'allaient pas plus loin qu'être sorties sans permission ou avoir eu un petit ami peu fréquentable.
Constance ne pouvait s'empêcher de constater que ces "petits amis peu fréquentables" n'étaient, qu'en à eux , jamais inquiétés pour leur participation au délit en question.
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Les adjoints le savaient, seuls les hommes sanglotaient assez bruyamment pour être entendus de toute la prison. Les femmes , elles, pratiquaient plutôt l'art de pleurer en silence jusqu'à l'endormissement.
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Mais oui, imaginez la foule de spectateurs que pourrait attirer une fille lancée à la poursuite d'un cambrioleur de banque, et qui finirait par lui mettre la main au collet ! Ce serait la cascade la plus excitante jamais vue dans un spectacle ! Bien sûr, pour en faire un film qui marche, il faudrait que la fille se marie ensuite avec le voleur. Quoique... Elle pourrait aussi épouser le chef de la police, ou le shérif, enfin, celui qui lui aura confié le poste au départ.. Ça pourra aller aussi... Non, non, je préfère qu'elle se marie avec l'escroc. Vous n'y avez jamais songé, Miss Kopp ? Vous n'avez jamais eu envie d'en épouser un ? Une fois qu'ils se sont rangés, bien entendu !
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