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Georges-Arthur Goldschmidt (Traducteur)
ISBN : 2859409661
Éditeur : Phébus (27/02/2004)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Le plus déroutant peut-être de tous les romans de Stifter, qui fut lui-même la figure la plus singulière, la plus énigmatique du post-romantisme allemand.
Un adolescent rend visite à son oncle, un vieux célibataire endurci qui vit cloîtré dans un étrange domaine : sur une île au milieu d'un lac perdu dans les montagnes. L'oncle parle peu, n'a pas l'air commode. À la fin du séjour, et sans que rien entre eux soit clairement formulé, il aura légué à son jeune ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
spleen
  25 décembre 2015
Si on ne considère que le canevas de l'histoire, ce court roman peut apparaitre assez basique:
Un jeune homme, élevé à la mort de ses parents par une mère nourricière à la campagne doit, avant d'aller prendre un poste d'employé quelconque dans une ville , rendre visite à un oncle qu'il ne connait pas et qui habite dans un ancien ermitage sur une petite île montagneuse.
Vieillard bougon et solitaire, il accueille son neveu de façon bien peu amène et le jeune homme se sent prisonnier sur l' île pendant les six semaines que durera ce séjour imposé.
De même, il ne faut pas s'attendre à de belles envolées lyriques, l'écriture est fort simple, les phrases sont brèves.
Cela étonne le lecteur lors des toutes premières pages , et pourtant, il se crée rapidement une bulle particulière dès que le propos de l'auteur s'engage sur les chemins que le jeune homme emprunte ou qu'il regarde par une fenêtre: les paysages pénètrent le lecteur et l'entourent dans cette ambiance très romantique ( en référence au romantisme allemand ) , une harmonie avec la nature, une nostalgie indéfinie.
C'est un voyage initiatique aussi, même s'il est bien écarté d'aventures ou d'expériences formatrices , c'est celui de l'apprentissage de la solitude, du regard tourné vers soi qui le fait ensuite refléter vers les autres et celui de l'exigence : c'est ce que va lui révéler cet oncle sans utiliser de grand discours mais faisant subir à Victor de longues périodes de désoeuvrement et de rébellion silencieuse ...
Il faut prendre aussi son temps pour apprécier ce texte et se laisser pénétrer par le message subtil qu'il veut délivrer .
Pour ma part, le message du jour est moins subtil mais tout à fait sincère : Joyeux Noël à tous
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cmpf
  02 novembre 2016

L'homme sans postérité, en allemand, der Hagestolz, le vieux garçon. le titre n'évoque donc pas d'adolescent Victor que Stifter nous invite à suivre tout au long de livre, mais un vieillard qui demande à son neveu Victor, un jeune homme orphelin, prêt à prendre son premier poste, de venir auparavant le voir dans son refuge, une île au milieu d'un lac de montagnes.
Le vieil homme a exigé que l'adolescent fasse le trajet depuis la maison où il habite avec sa mère nourricière et sa soeur de lait jusqu'à son île, à pied, voulant qu'il exerce son corps mais aussi qu'il se détache de sa vie passée.
Ils ne se sont jamais rencontrés, l'accueil est plus que sobre. En dehors des repas ils se voient peu mais apprennent tout de même à se connaître. le vieil homme veut transmettre son expérience de la vie, et la plus essentielle ligne de conduite : vivre de telle façon que l'on parvienne à la vieillesse sans regrets. Ce que lui même n'a pas su faire.
La nature est très présente mais toutefois sans précision sur les lieux. La maison de l'oncle dans un ancien ermitage, ressemble un peu à un labyrinthe, d'autant que de nombreuses grilles coupent de tout contact avec l'extérieur, sauf pour le vieux serviteur qui assure le ravitaillement. Il est très difficile de se représenter vraiment les bâtiments. de même les objets inutiles pour la plupart, souvent abîmés, s'entassent sur les meubles et dans les tiroirs. Il y a quelque chose du conte dans ce roman.

Adalbert Stifter, peu connu en France et assez peu en Allemagne, bien que parfois au programme, est presque contemporain de Victor Hugo ou Alexandre Dumas auxquels il ressemble si peu. Je regrette de ne pouvoir l'apprécier directement dans la langue d'origine.
Cette première rencontre me laisse dubitative, il me faudra lire d'autres textes de lui pour vraiment le cerner.

Challenge ABC 2016-2018
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Dune00
  04 septembre 2014
Arrive pour Victor, un orphelin, le moment de quitter la maison où il a grandit
ainsi que sa mère adoptive et sa soeur de lait pour prendre le poste que son tuteur lui a procuré. Mais avant ça, il doit se soumettre à la demande expresse de son oncle inconnu reclus sur une île à venir lui rendre visite. Victor va donc se lancer dans un voyage de plusieurs jours traversant une nature merveilleusement décrite, passage ou trait d'union entre sa vie d'enfant et la vie remplie des découvertes qui l'attendent. Arrivé sur l'île, endroit difficilement accessible et fantomatique, il fera la rencontre
de son oncle fortuné au caractère rude. le décor dans ce livre, est un personnage à part entière, reflet miroir de ce vieil oncle, avec cette île sur un lac quasi inaccessible entourée de montagnes et d'un monastère laissé à l'abandon. La nature y est en friche, tout ce qu'il y a de plus de sauvage.
La maison de l'oncle où séjourne Victor comporte des barreaux, différentes grilles, et un labyrinthe de portes trompe l'oeil parabole de la vie qui pourrait l'attendre et des différents chemins que l'on peut emprunter.
Victor sera en attente pendant plusieurs semaines des intentions de son oncle avec qui les dialogues se feront rares, et les relations tendues. Il ne sait pas encore qu'en repartant de l'île, l'oncle lui offrira le plus beau des messages et la plus belle preuve d'amour, lui permettant de repartir sur de nouvelles voies essentielles à son épanouissement et à son bonheur personnel.
On ne peut s'empêcher de faire un parallèle entre la vie d'Adalbert Stifter et l'oncle, sachant que lui même n'a pas pu avoir d'enfants naturels et semble hanté par la postérité, l'héritage et l'empreinte laissés après notre passage sur terre. Comme il l'écrit: "Son existence n'a pas formé d'empreinte, ses bourgeons ne descendent pas avec lui le courant du temps"
Magnifique roman.
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zohar
  22 février 2011
« L'homme sans postérité » est le récit d'un jeune adolescent, Victor, qui quitte un jour sa famille nourricière pour aller rejoindre un oncle (inconnu) qui vit comme un ermite, sur une île au milieu d'un lac.
Stifter plante, dans son roman, un décor rustique sans ornement (on évolue dans un cadre campagnard avec des auberges, des villages enfouis dans les montagnes, et l'île est, en elle-même, une enceinte à hauts murs) et l'essentiel du récit se passe dans l'observation et la contemplation (du calme, du silence des montagnes, et de l'étendue du lac…).
Mais au-delà des reflets chatoyants de la surface des choses. Stifter nous révèle un monde plus sérieux ! On découvre que la vie de réclusion de Victor (six semaines sur l'île, donc une vie loin du monde où il n'y a plus d'attache sociale et économique) lui a appris à se centrer sur lui-même, à prendre conscience de lui-même, et à se former une identité.
Plus précisément, être attentif à la beauté des paysages, ou de ses moindres paroles et gestes. Ce sont là autant d'évocations (dans le roman) qui saisissent la vie dans ce qu'elle a de plus immédiat, ce qui lui donne, par conséquent, toute sa saveur.
Elle comporte des instants si fugitifs qu'on ne se donne guère la peine de les fixer, alors qu'à l'évidence ils contiennent, peut-être, l'essentiel. C'est là une des idées majeure du récit !
Stifter nous invite à la pureté et à la sagesse de la vie à travers les choses les plus simples : s'écouter et écouter la voix de la différence pour (comme l'indique la présentation de l'éditeur) « être soi », tout simplement.
Par rapport au récit, sa prose est impressionniste par sa technique et son style d'écriture (ce qui ne doit pas nous surprendre puisqu'il était également peintre).
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JMLire17
  21 juillet 2017
C'est mon libraire qui m'a fait découvrir ce petit joyau littéraire. En effet, comment en venir à lire " L'homme sans postérité " d'un auteur autrichien du 19 ème siècle, Adalbert Stifter, inconnu (pour moi), autrement que par hasard, où par recommandation. L'écriture de ce conte initiatique est d'une grande beauté par sa simplicité, elle est neutre, et malgré tout le lecteur est accroché par de sublimes descriptions de paysages, évoqués comme dans les tableaux impressionnistes. L'auteur ne décrit pas ce que voit les personnages mais les sensations qu'ils en ressentent. Un adolescent orphelin quitte la maison de sa mère nourricière et de sa soeur de lait, et entreprend, à pieds, accompagné du chien de la maison qui l'a rejoint, un long voyage, afin de rendre visite à son oncle qui a élu domicile dans un ermitage perché sur une île au milieu d'un lac. Dans ce lieu étrange, le vieillard vit reclus, parle peu et n'est commode ni avec ses serviteurs, ni avec son neveu qu'il reçoit assez rudement, et qu'il ne tardera pas à retenir contre son gré. Pendant ce séjour forcé, le vieux célibataire, plein de force et de sagesse, réussit à révéler au jeune homme sa vraie nature, la chance qu'il a de sa jeunesse, de sa beauté, en l'obligeant à une rébellion maîtrisée. La fascination que les personnages ont les uns pour les autres, se transmet au lecteur. le domaine dans lequel vit l'oncle est totalement irréel, les paysages que traverse, Victor l'adolescent, sont imaginaires, tout est hors du temps. Malgré l'écriture d'un extrême dépouillement, malgré une histoire assez simple, un peu fantastique, on est soi-même prisonnier de ce texte, et probablement transformé par sa lecture.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   18 novembre 2014
Toujours et toujours le soleil fera descendre sa lumière, toujours le ciel bleu sourira, de millénaire en millénaire, et la terre se revêtira de son ancienne verdure et les générations descendront leur longue chaine jusqu'au dernier enfant : lui seul est exclu de tout cela, parce que son existence n'a formé nulle image, parce que ses bourgeons ne lui permettent pas de descendre le fil du temps. Même si il a laissé après lui d'autres traces, celles-ci s'effaceront comme s'efface tout ce qui est terrestre, et quand enfin tout aura disparu dans l'océan des jours, les choses les plus grandes, les plus grandes allégresses, lui disparaitra d'abord parce que tout en lui sombre déjà tandis qu'il respire, tandis qu'en lui persiste la vie.
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WilkinsonWilkinson   11 août 2012
"Chacun existe pour soi, mais n'existe qu'autant que les forces qui lui ont été données en partage se sont transformées en actes et en faits : c'est cela qui s'appelle vivre et jouir. Il n'existe que quand il a bu à fond la vie. Aussitôt qu'il est fort pour déployer ses forces en toutes choses, les grandes comme les petites, il peut alors donner le meilleur de lui-même aux autres puisque aussi il ne peut en être autrement : nous devons agir sur ceux qui nous entourent; car la compassion, la pitié, l'obligeance sont elles aussi des forces qui demandent à agir. Je te le dis : même le sacrifice de soi-même pour autrui, la mort y compris, n'est précisément rien d'autre, passe-moi l'expression, que la fleur la plus vigoureuse et la plus épanouie de la vie. Celui qui dans sa pauvreté n'exploite qu'un seul ressort en lui pour n'apaiser qu'un seul besoin, serait-ce celui de la faim, celui-là n'est qu'une pitoyable caricature de lui-même, il ne fait que nuire à ceux qui l'entourent."
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YANCOUYANCOU   15 mai 2016
"L'oncle avait une bibliothèque, mais on ne lisait plus ici depuis fort longtemps ; aussi tous les ouvrages étaient-ils plein de poussière et de mites. Il donna la clé de cette pièce à Victor qui s'en réjouit beaucoup. Jamais il n'avait vu une telle collection de livres, si ce n'était à celle de la ville, où il n'avait pas, ce qui va de soi, le droit de fouiller. Il nota par quelle galerie il fallait passer et s'y rendit souvent. Il mit d'abord l'échelle contre les rayons, commença à nettoyer tous les livres, puis il lut, regardant textes et images dans l'ordre où il tombaient sous sa main ou selon l'attrait qu'ils exerçaient sur lui."
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AuroraeLibriAuroraeLibri   01 mai 2017
Autour d'eux, les branches verdoient; sur leurs joues et dans leurs regards étincelle leur inébranlable confiance dans le monde. Partout, c'est le printemps, aussi inexpérimenté, aussi ingénu qu'eux. (...)
Pendant qu'ils débattaient ainsi de ce qu'ils croyaient être de grandes choses, il s'en passait autour d'eux qui leur semblaient assurément bien petites. Les buissons se couvraient de verdure, la terre couvait et germait, jouant déjà avec les tendres pousses printanières comme avec autant de pierres précieuses.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   28 avril 2017
Gorgés des rumeurs et des flots de sève montante de leur jeune vie à peine commencée, les jeunes gens escaladaient la pente entre les arbres, parmi les chants des rossignols. Tout autour d'eux se déployait un paysage resplendissant où couraient les nuages. Dans la plaine, en contrebas, on pouvait apercevoir les tours et la masse des demeures d'une grande ville.
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Videos de Adalbert Stifter (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Adalbert Stifter
Adalbert Stifter - der Film "Adalbert Stifter" ist ein Unterrichtsfilm im Auftrag des BildungsMedienZentrums (Bimez) des Landes OÖ für den Einsatz in österreichischen Pflichtschulen. Darsteller: Karl Glaser (Adalbert Stifter), Daniela Wagner (Journalistin), Matthias Märzendorfer (Adalbert mit zwölf) u.v.a.
Comenius Edu-Media-Preis 2005 der GPI (Gesellschaft für Pädagogik und Information e.V.)
"Adalbert Stifter - der Film" is an educational filmon behalf of the BildungsMedienZentrum of Upper Austria. Cast: Karl Glaser (Adalbert Stifter), Daniela Wagner (journalist), Matthias Märzendorfer (Adalbert at the age of 12).
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